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LES PREMIERS COLONS

Quel fut le premier habitant de la paroisse de Saint-Guillaume? Il est assez difficile de répondre à cette question d'une manière absolument certaine. Cependant, il y a raison de croire que ce fut Michel Houle, époux de Théotiste Lesieur-Desaulniers, et qui venait de la paroisse d'Yamachiche où sa femme était née. Quoiqu'il en soit, à son acte de sépulture, le 20 avril 1848, en marge du registre, on lit ces mots significatifs et qui ont une grande valeur historique : " Michel Houle est regardé "comme le fondateur de cette paroisse (i)." Les vieillards d'aujourd'hui s'accordent tous à dire que Michel Houle avait de la fortune et fut un bienfaiteur insigne des défricheurs qui vinrent, dès 1820, se fixer au Ruisseau-des-Chênes. En 1837, le 28 aoiit, le gouvernement de la province du Bas-Canada lui octroya des lettres-patentes pour une étendue de 200 acres de terrain, dans la localité alors en pleine forêt. Après l'honorable C. W. Grant, il fut donc le premier grand possesseur du sol dans la paroisse naissante. Il n'est pas en preuve absolument certaine, cependant, qu'il fut le premier colon arrivé au Ruisseau-des-Chênes.

Avant de porter celui de Saint-Guillaume, on désignait la paroisse sous le nom de Ruisseau-des-Chênes, dans le grand Yamaska dont elle faisait partie avant la date de son érection en municipalité distincte, c'est-à-dire avant son démembrement d'avec Yamaska. C'est sous le nom de Ruisseau-des-Chênes qu'ont été rédigés les plus vieux titres de concessions de terrains aux pionniers, depuis 1818, jusqu'à 1833. Les colons, venus de la Rivière-du-Loup, de Maskinongé, d'Yamachiche, disaient invariablement, en quittant leurs vieilles paroisses: Nous allons nous établir au Ruisseau-des-Chênes, dans la paroisse d'Yamaska.

(i) Ces mots ont été écrits de la main de M. le curé Napoléon Kéroack.

Le plus ancien contrat de terre, au Ruisseau-des- Chênes, est l'acte d'acquisition de Louis Dupont et sa femme, passé devant le notaire Pierre-Joseph Chèvrefils, en date du 21 juillet 181 5. Ce jour-là, Louis Dupont vendait à Gabriel Danis, père, une pointe de terre joignant les propriétés de Simon Trudel et d'Augustin Lambert. Rien n'indique, cependant, qu'à cette date il y t\xt des colons résidants.

En 1818, dans un acte d'échange, entre Pierre Salois et Pierre Letendre, d'Yamaska, Joseph DeSerre, garçon majeur, de la Riz'icre-dii-Loup, figure comme témoin. Ce même J oseph De- Serre est l'un des plus anciens colons de Saint-Guillaimie. Il était Toncle de ^L Léon DeSerre, qui vit encore, au village de cette localité fi). A cette époque, Joseph DeSerre résidait donc encore sur le patrimoine paternel, au rang du Petit-Bois, de la Rivière-du-Loup.

En 1818, le 30 juin, Gabriel Danis, vend à Paul Gélinas, garçon majeur, de la Rivière-dv.-Loup, une terre située au Ruisseau-des- Chênes, d'un arpent de front sur trente de profondeur, voisine de celle de Joseph Régnière et de Gabriel Danis. fils. Cette terre avait été concédée, antérieurement, par Louis de Guire.

En 1818, le 25 juillet, J. A\'. AVùrtèle (2) vend à Gabriel Danis, cultivateur d'Yamaska, au Ruisseau-des-Chênes, une terre, '* sise " dans la concession qui se trouve entre le Ruisseau-des-Chênes '' et la grande concession aboutissant à la grande fourche de la " Rivière David, et portant le Xo 2. partant de la ligne du town- " ship d'Upton, en descendant en profondeur en gagnant au cor- " don de la grande concession à Guillaume Généreux.''

En 1819, le 8 avril, il se fait un échange de terre entre Joseph Gagnon et sa femme " résidant au Ruisseau-des-Chênes " et Simon Trudel, leur frère et beau-frère, résidant au même lieu. La terre échangée " sise au dit Ruisseau- des-Chênes, dans la pré- " tendue seigneurie de feu Louis DeGuire, de la contenance d'un " arpent et demi de front, sur la profondeur de trente arpents " environ, prenant, par devant au dit Ruisseau-des-Chênes et par " derrière à la grande fourche de la Rivière-David, joignant d'un " côté, en bas, à Augustin Lambert, et de l'autre côté, en haut, " à la terre que le dit preneur va donner en échange aux dits " cédans, ensemble une écurie et une cabane dessus construites. " tel et conformément que le dit Joseph Gagnon là eu d'acquisi-

(i) Depuis, M, I^éon DeSerre est décédé, presque subitement, le 5 mars 1905, âgé de S7 ans (2) C'est le père de feu l'honorable juge J. S. C. Wurtèle, ancien député du comté d'Yamaska, à la législature de Québec, puis juge de la Cour d'Appel.

tion de Joseph Crépeau et sa femme, par acte passé devant le dit notaire soussigné, le 20 juillet dernier. Et, en contréchange le dit Simon Trudel a aussi cédé aux dits Joseph Gagnon et à sa dite femme, ses sœur et beau-frère ce acceptant, une terre située au' même lieu du dit Ruisseau-des-Chênes, de la contenance d'un arpent et demi de front, sur trente arpents environ de profondeur, prenant par le devant ou nord-est du dit Ruisseau-des-Chênes, en profondeur et à la grande fourche de la Rivière-David, joignant d'un côté en haut à Gabriel Lambert et, de l'autre côté, à la terre ci-dessus désignée, que le dit Simon Trudel a donné en échange, ensemble une maison, une grange et un étable dessus construites, l'ayant eu d'acquisition d'Antoine Généreux, par acte passé le 20 juillet 1818."

Eglise et presbytère actuels de Saint-Guillaume.

En 1820, le 17 mars, vente d'une pointe de terre par Gabriel Danis à Simon Trudel et Louis Trudel, frère '* mineur absent ", la dite pointe de terre ou campeau de terre, située dans la dite prétendue seigneurie de feu Louis DeGuire, faisant partie à la profondeur, de la terre que le dit vendeur a eu d'acquisition de

Louis Dupont et sa femme, par acte passé devant le dit notaire, le 21 juillet 1815; laquelle pointe de terre sus vendue, les parties n'ont pu déclarer de ce qu'elle peut contenir, mais le dit vendeur vend de ce qu'il pourra - avoir, à prendre *' par devant au *' fossés de travers qui se trouve actuellement faite au Pays " brûlé qui sépare les pièces de terre faite qui servira de ligne de " séparation entre les dites parties à perpétuité ", tel que le dit vendeur l'a eu du dit Dupont et sa femme, joignant d'un côté en bas au dit Simon Trudel et de l'autre, en haut, à Augustin Lambert. Sans aucun bâtiment dessus construit.

En 1823, le 29 septembre, bail à J. -Baptiste Tessier, de la Rivière-du-Loup, d'une terre faisant partie des lots 32, 33 et 34 du 5e et 6e rangs du dit township d'Upton. Ce dernier contrat a été passé en la demeure de Joseph Régnière.

En 1826. le 23 septembre, bail à constitut de rente foncière rachetable, par J.-O. Arcand, procureur de C. W. Grant, à Joseph DeSerre, concernant '* un morceau de terre situé dans le " township d'Upton, district de ^^lontréal, faisant partie sud- *' ouest du lot 36e, de la 4e rangée du dit township, numéro 5 " de la division actuelle, de 2 arpents et demi de front sur 29 de " profondeur ; en tout ^2 arpents " avec les maisons et autres bâtiments dessus érigés, s'il y en a, à charge de payer au dit C. \V. Grant, 2 livres, 5 shelings et 10 deniers de rente pendant les 8 premières années et à perpétuité après, 3 Ibs. 8 sh. 9 deniers, rachetables en payant 38 livres, 3 shelings et 9 deniers.

En 1826, le 23 septembre, même achat, par le même, de 3 arpents de front sur 23 arpents de profondeur ; en tout 71 arpents.

En 1826, le 23 septembre, bail à Louis Rivard-Laglanderie, de Saint-Léon, d'une terre de 80 arpents et 3 quarts, et autre bail du même C. W. Grant, au même Louis Rivard, deux terres de 60 arpents.

En 1826. le 23 septembre, bail à Joseph Bibaud, de Saint- Pierre de Sorel, d'une terre de Sj arpents.

" IMême date, bail à Louis Bibaud, de Saint-Pierre de Sorel, d'une terre de 58 arpents. Le 29 du même mois, bail à Pierre LeBlanc et à David Grenier. Le jour suivant. 30 septembre, font des acquisitions de terres, les colons suivants : Prosper Dcvon, Jean-Baptiste Grenier, François Lemire, fils, Louis \'anasse-Vertefeuille, Augustin Baribcau. François Pagtau, Antoine Ayotte, Jean Vierge, François Lemire, père, Alexis Milette, Eustache Branchaud, Honoré Chassé, Benjamin Thérien, notaire, Thomas Perreault, Charles Landry et Pierre Portier.

En 1826, le 29 septembre, bail à Pierre Gélinas, demeurant dans le township, d'une terre, partie des lots 34, 35 et 36 du 3e rang; étant le No 5 des établissements actuels du Ruisseau-des- Chênes ; en tout : 85 arpents.

En 1826, le II septembre, bail à Joseph Bastien-Vanasse, résidant au Ruisseau-des-Chênes, d'une terre de 2 arpents de front, sur 25 arpents et 4 perches de profondeur ; en tout 50 arpents et 80 perches, avec les maisons dessus érigées, s'il y en a.

Le 9 octobre 1826, bail à François Vanasse-Bastien, de Maskinongé. Le 14 du même mois bail à Olivier Vanasse- Vertefeuille et à Edouard Lesmerises.

Le 15 décembre achètent des terrains: Joseph DeSerre (résidant là), Antoine DeSerre, Michel Lamothe, Charles Doyon, Augustin Régnière, Paul Gélinas, Joseph Lesage, fils, Jean-Baptiste Delaunay, François Lesage, Augustin Sicard, Gabriel Danis, Joseph Régnière, fils, Joseph Gagnon, Sim.on Trudel, Pierre Bibaud, Alexis Foucher, Charles Lacourse, Jean-Baptiste Bruneau, Alexis Milette, Charles Bibaud, Ignace Mélançon et Jean- Baptiste Mélançon.

Enfin, en 1833, bail à David V<inasse-Vertefeuille.

Cette nomenclature est i^n peu longue et n'offre qu'un pauvre intérêt aux amateurs de récits attrayants. Cependant, pour plusieurs, surtout, pour les enfants de Saint-Guillaume d'aujourd'hui, cette nomenclature aura des charmes tout particuliers, parce qu'elle renferme les noms des premiers possesseurs du sol, au Ruisseau-des-Chênes. Tous les noms cités plus haut sont ces intrépides et très honorables colons qui, les premiers, vinrent entreprendre courageusement la lutte contre la forêt séculaire. Leurs noms ne doivent pas être mis en oubli. Bien au contraire, ils doivent figurer avec honneur au livre d'or de la famille, parmi les paroissiens actuels de Saint-Guillaume, pour la plupart, leurs propres descendants. En gardant bien le souvenir de ses pionniers ; en vénérant ses défricheurs, une paroisse se grandit dans l'estime des personnes bien nées.

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