‹ Notes historiques sur la vallée de la MatapédiaChapitre 16 sur 31 · VERSION BARTHOLOMEW · texte numérisé non relu

VERSION BARTHOLOMEW

D'après Bartholomew, le seigneur primitif, Charles-Nicolas- Joseph Damours, décédé en 1728, aurait laissé une descendance dont serait issue Dame Françoise Damours, épouse de Sieur

Jean-Baptiste Raymond, marchand de la paroisse de la Tortue, dans le District de Montréal. (1)

Le 3 août 1797, le Sieur Jean-Baptiste Raymond était seul propriétaire de la seigneurie, tant par lui-même que par son épouse Dame Françoise D'Amours. A cette date, ce domaine fut vendu par ordre de cour, par le shérif du district de Québec, en exécution d'un jugement de la Cour du Banc du Roi, porté contre le dit Jean-Baptiste Raymond, à la poursuite du Sieur John Mc-Kindlay, marchand de Montréal.

Patrick Langan s'en porta acquéreur. Le 18 avril 1804, comme on le voit au Vol. III des "Actes de Foi et Hommage", il fit une déclaration sous seing privé, à Montréal, dans laquelle il attestait avoir acquis cette seigneurie deux-tiers pour lui et un tiers pour John McKindlay, qui l'a payé. En 1797, John Mc-Kindlay et Patrick Langan étaient co-propriétaires de ce domaine.

En 1831, Patrick Langan cédait par testament sa part à ses trois filles : Charlotte, épouse de Henry-George Forsyth, marchand de Québec ; Maria, épouse de Archibald Kennedy Johnson; et Julia, épouse de James Leslie, marchand de Montréal. John Mc-Kindlay, propriétaire de l'autre tiers, résidait alors à Edimbourg, en Ecosse.

Le 26 janvier 1855, John Mc-Kindlay était mort en Ecosse laissant sa part à James Leslie. Maria Langan, épouse de Archibald Kennedy Johnson était décédée elle aussi, laissant sa part à sa soeur Julia, épouse de James Leslie. Ce dernier et Henry-Georges Forsyth, restaient donc, par leurs femmes, les deux propriétaires de la seigneurie. A cette date, ils la vendirent à Alfred Grill, Ecuyer, de Hartford, Connecticut.

(1) Ceci n'a cependant pas été prouvé.

Le 13 août 1858, Alfred Gill la transporta à George Ward Bartholomew.

Le 15 août 1872, G. W. Bartholomew la revendit à George (). Holbrooke, aussi de Hartford, Connecticut.

Georges O. Holbrooke, ayant négligé de payer Bartholomew, celui-ci lui fit un procès devant la Cour Supérieure du district de Québec. Le 6 novembre 1874, la Cour ordonnait la vente par shérif de cette propriété. La vente eut lieu le 30 décembre de la même année. Bartholomew racheta la seigneurie au nom de son fils, pour la somme de $20,000.00. Citons plutôt le titre du Shérif Fournier qui exécuta cette vente.

Province de Canada.

District de Rimouski.

A tous ceux qui ces présentes verront, Achille Fournier, Ecuyer, Shérif du district de Rimouski, dans la Province du Canada,

Salut :

VU QUE, le sixième jour de novembre mil huit cent soixante-quatorze, un certain Bref de Venditioni Exportas a été émané de la Cour Supérieure de Sa Majesté dans et pour le district de Québec, à la poursuite de George Ward Bartholomew, Ecuyer, Gentilhomme, de la cité de Hartford, dans l'Etat du Connecticut, un des Etats-Unis d'Amérique, Demandeur, contre George O. Holbrook, Ecuyer, Gentilhomme, de la dite cité de Hartford, dans l'Etat du Connecticut, un des Etats-Unis d'Amérique, maintenant dans la cité de Québec, Défendeur; la dite poursuite sous le numéro deux mille cent vingt-sept, à moi adressé et remis en la forme que requiert la loi, pour être exécuté: en vertu duquel dit Bref. Je Shérif, susdit, ai saisi et vendu comme appartenant au défendeur.

l'immeuble suivant désigné en l'avis du Shérif sous le numéro deux :

Toute cette étendue de terre ci-devant formant et connue sous le nom de la Seigneurie du Lac Matapédia, savoir : le dit lac Matapédia avec une lieue de terre de profondeur tout autour du dit lac, ensemble les Isles et Islets qui se peuvent trouver sur icelui, situé dans le comté de Rimouski, Province de Québec, le dit lac se déchargeant par la rivière du même nom dans la rivière Ristigouche, avec tous les endroits y-attenants, circonstances et dépendances, le tout maintenant en franc et commun soccage, borné alentour aux terres du domaine de la Couronne, sous la réserve du droit de préemption en faveur de Marcel Brochu, Joseph Poirier, Auguste Poirier, Philippe Renouf, Barthélémi Fréchette, et les héritiers de feu Pierre Brochu, pour les terrains qu'ils occupent dans la dite ci-devant Seigneurie du Lac Matapédia ;

Et vu que Moi, le dit Shérif, (les dites prémisses ayant été saisies et prises en exécution comme susdit) et aj^ant fait annoncer icelles dans la Gazette de la Province de Québec et crier à la porte de l'église de la paroisse de Saint- Jérôme de Matane, pour être vendues et adjugées au plus haut enchérisseur, au bureau du régistrateur pour le district d'enregistrement du comté de Rimouski, à St- Jérôme de Matane, le trentième jour de décembre dernier, et les dites prémisses étant offertes alors en vente en la manière accoutumée, au lieu susdit, le dit George Ward Bartholomew, le demandeur sus-nommé étant le dernier et le plus haut enchérisseur, est devenu l'acquéreur d'icelle, moyennant le prix de vingt mille piastres courant.

SOYEZ EN CONSEQUENCE informés que moi, le dit Achille Fournier, Shérif comme susdit, pour et en considération de la dite somme de vingt mille piastres courant par le dit George Ward Bartholomew entre mes mains payée et

dont quittance est par le présent reconnue, lors de ou dès avant les scellés et remise des présents ;

J'ai engagé, vendu et assigné et en vertu du dit Bref de Venditioni exportas et de mon dit office de Shérif et de ces présentes, en autant qu'il est en moi et que je puis légalement, engage, vends et assigne au dit George Ward Bartholomew les dites prémisses et accessoires attachées à icelles, telles que cidessus désignées, dans l'état où elles se trouvaient le dit trentième jour de décembre dernier, date de l'adjudication d'icelles sans égard aux détériorations ou augmentations qui sont survenues depuis la saisie d'icelles, de plus sans garantie quant à la contenance du dit immeuble, et aussi tous et chacun les droits, intérêts, titres, propriété, prétentions et réclamations quelconques de moi, le dit Shérif de, clans ou sur les dites prémisses, ainsi que chaque part ou portion d'icelles et généralement tous les droits inhérants au dit immeuble, que le dit saisi pouvait exercer ainsi que les servitudes actives attachées à icelui : Pour avoir et posséder, le dit George Ward Bartholomew, ses hoirs et ayants-cause, les dites prémisses et accessoires pour le seul et propre usage, utilité et bénéfice de propriétaire le dit George Ward Bartholomew, ses hoirs et ayants-cause à toujours; à la charge de tels devoirs, rentes et prestations auxquelles sont sujettes les dites prémisses.

EN FOI DE QUOI, Je, le dit Shérif, ai apposé aux présentes mon seing et sceau, en la paroisse de Saint-Germain de Rimouski, ce sixième jour d'avril, dans la trentième année du règne de Notre Souveraine Dame Victoria, par la Grâce de Dieu Reine du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande, Protectrice de la Foi, et dans l'année de Notre- Seigneur, mil huit cent soixante et quinze.

(Signé) A. FOURNIER, Shérif.

G. W. Bartholomew acquit donc, pour son fils, la Seigneurie du Lac Matapédia, au mois de décembre 1874. En 1875, comme nous le verrons dans l'article suivant, il fut troublé dans la paisible possession de son domaine.

Enfin, le 26 août 1881, il la transportait, pour la somme de $35,000.00, à la Cie King Bros., formée de Charles King, de Lister, James King, de Québec, et Edmund-Alexander King, de St-Pacôme.

Voilà, d'après G. W. Bartholomew et son plaidoyer dans la fameuse cause, la succession complète des seigneurs du Lac Matapédia, depuis l'origine jusqu'à 1881. Il y aurait ici bien des remarques à faire; mais, pour plus de clarté, nous y reviendrons plus tard, après que nous aurons exposé la version D'Amours.

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