VERSION D'AMOURS
La version Jules D'Amours est beaucoup moins compliquée. D'après lui, tous ces titres de Bartholomew sont frauduleux et de nulle valeur.
Le seigneur primitif, Charles-Nicolas-Joseph Damours, mort intestat, aurait laissé des enfants, morts eux-mêmes sans descendance ou qui seraient entrés en religion. Par suite, la seigneurie du Lac Matapédia aurait passé aux héritiers de Jean Damours, frère du concessionnaire, et de lui à ses descendants.
Le représentant de Jean D'Amours avoue cependant au tribunal qu'il n'y a que vingt-cinq ans, c'est-à-dire depuis 1855 à peu près, qu'on parle de cette seigneurie dans sa famille, et que ce n'est qu'en 1875, qu'il a commencé à réclamer ses droits de propriétaire.
Voilà, les deux théories sur cette question embrouillée. A tout prendre la version D'Amours vaut bien l'autre. Elle a au moins l'avantage de n'être pas hérissée de circonstances
inexplicables que nos lecteurs ne manqueront pas de remarquer, quand nous ferons le résumé de la cause.
Art. 4 — Préliminaires de V affaire Bartholomew- G agnon- IV Amours.
Le ê>0 décembre 1874, avons-nous dit plus haut, la seigneurie du Lac était vendue par ordre de cour, à la poursuite du Sieur W. Bartholomew, qui s'en porta lui-même adjudicataire, au nom de son fils, pour la somme de $20,000.00.
Ces procédures avaient fait quelque bruit et attiré l'attention des familles D'Amours, de Trois-Pistoles, qui croyaient avoir des droits à la possession de ce domaine. Le temps était venu pour elles de protester publiquement contre les prétentions de G. W. Bartholomew qu'elles avaient toujours considéré, depuis vingt ans, comme un usurpateur. Aussi, en avril 18T5, l'avis suivant fut affiché dans les endroits publics du voisinage, et jusque dans la seigneurie elle-même, sur les bords du grand chemin Matapédia.