‹ Notes historiques sur le culte de la sainte Vierge dans le diocèse de LimogesChapitre 2 sur 9 · M*. CC*. XII · texte numérisé non relu

M*. CC*. XII

E a cbascnn menjar deu dir lo ebapelas de la cofrairia una tncssa per los mortz, e far lapsolucio cuminal , e deu hom a la processio deu Miracgles portar II tortilz ardeus. Àctum ut supra. Scriptio bec facta post datum , lUit facta ante appositiouem sigilli.

un legs à la confrérie s'il est en

moine ; en retour, nos confrères donnent à ceux-ci une part semblable è leurs bonnes œurres s'ils en axaient besoin. A la mort d'un de nos confrères , on doit donner la croix d’argent et le drap mortuaire; le chapelain et le clerc doirent assister li la sépulture , et recevoir, le chapelain , deux deniers , et le clerc , un denier.

L’homme employé pour porter la croix recevra un septième de cet honoraire. Le confrère mort anra dd laisser pour les frais d’inhumation s’il l’a pu; et, s'il en était incapable , pour indemniser le monastère , les confirères donneront généreusement ce qne donnent les antres confréries en pareille circonstance. Dans le cas où un confrère aurait à se plaindre d'un autre, il ne doit pas en parler aux seigneurs juges avant d’en avoir averti les trésoriers, qui prendront des informations, et, connaissant la cause, les réconcilieront. Quiconque n'accepte pas ce règlement doit être diassé de la confrérie. Si un confrère mourait hors de la ville, on lui doit les mêmes prières que s’il était présent : aussi doit-il lui même état de le faire. Le courrier doit

avertir le sacristain de la mort de chaque confrère , et le sacristain doit en donner avis en chapitre , car les moines doivent faire un service pour lui. Fjf( {‘an du Seiffneur mil deux cent douze.

Chaque mois , le chapelain de la confrérie doit dire pour les morts une messe qui sera suivie de l’absoute. On doit porter à la procession des Miracles deux torches allumées. Même date. Cette addition a été faite quand déjh la date était mise , mais avant qu'on apposftt le sceau.

Déjà l’abbé Pierre de Pétiviers , qui gouverna l’abbaye de Saint-Martial de 1156 à 1160, avait composé en l’honneur de la sainte Vierge deux proses que nous avons cherchées vainement dans le Missel limousin imprimé en 1505. L’une commençait ainsi :

. .^ve , Maria , flos virginum ;

l’autre, par ceux-ci :

Gabrieli , cœlesti nuntio.

Dès 1209, sous l’abbé Hugues de Brosse, on exauça, dans le même monastère , le pieux désir de G. Trobat, chantre du sépulcre de Saint-Martial , en chantant chaque jour, dans ce même sépulcre , une seconde messe de la Sainte-Vierge.

Coofrérie du Rosaire.

Saint Dominique, fondateur de l’ordre illustre des frères Prêcheurs ou Dominicains , et qui avait recommandé le rosaire comme une arme toute~puh~ santé contre les hérésies et les vices (xiii* siècle), parait avoir institué cette confrérie. C’est pour cela que les Dominicains ont le privilège exclusif d’ériger et d’agréger les confréries du Rosaire dans toute l’Eglise. Le Rosaire , aussi nommé Psautier de la sainte Vierge , consiste à réciter quinze dizaines dîAve Maria avec un Pater au commencement de chaque dizaine ; mais , pendant cette prière vocale , il faut méditer sur quinze des circonstances de laviedeNotre Seigneur et de la sainte Vierge, circonstances que l’on désigne par le nom de mystères , et qu’on divise en cinq mystères joyeux , cinq mystères douloureux et cinq mystères glorieux. Cette méditation fait, comme on l’a dit , un livre de doctrine chrétienne du Rosaire;, simple et monotone prière vocale , du reste justifiée avec tant d’éloquence par le R. P. Lacordaire dans la Vie de saint Dominique (p. 130-134).

Non , la Mère de Jésus-Christ ne fait jamais oublier le Fils ; car ses grandeurs et ses privilèges rappellent toujours la bonté , la puissance et la sainteté incom-

parables de celui pour l’honneur de qui elle est faite si grande. L’Ave Maria est ici plus spécialement répété , parce qu’il rappelle mieux qu’aucune autre prière la maternité divine , que l’on veut surtout honorer en Marie. Saint Dominique, désirant faire du Rosaire une arme hénie contre les Albigeois hérétiques , mit avec raison en tête de cette prière la récitation du Symbole des apôtres , afin que chaque confrère commençât par confesser la vraie foi et sa confiance en l’Eglise , épouse mystique du Sauveur des hommes enfanté par Marie. — La dévotion du Rosaire , répandue bientôt dans tous les royaumes et dans tous les rangs de la société , a produit partout des fruits nombreux de salut. Aussi Casimir III, roi de Pologne , écrivant au général de l’ordre des Dominicains , disait : « Je vous prie de m’envoyer des prédicateurs du Rosaire ; ce sont les meilleurs réformateurs du peuple ». (Voyez le Manuel du Rosaire de M. Sambucy, et le Règlement des confréries du diocèse , par Mgr de Tournefort.)

Cette confrérie est érigée dans les paroisses dont le nom suit :

Archiprêtré de Limoges. — Sainte -Marie de Limoges : les Dominicains l’y établirent dès sa construction, en 1241. On l’y a rétablie seulement

ie 2 juillet 1829 , quoiqu’elle servît d’église paroissiale depuis le concordat , au commencement de ce siècle. — Châteauneuf : il y fut établi, le 16 novembre 1659, par le R. P. Bonnardeau, prieur des frères Prêcheurs de Limoges (1). — Solignac,

(1) Copie de l'acte d’institution de la confrérie du] Rosaire dans l'église de Ste-Harie-la-Claire de Châteauneuf.

« Les babitaats de chiteiiuDeuf, ayant entendu le grand bien et fruit spirituel (jne la confrérie de Notre-Dame du Rosaire produit où elle est canoniquement instituée , et las statuts d’icelle euctement obserrés , et étant d’aiUeurs bien certifiés du pouvoir que le saint siège apostolique a donné, par privilège spécial , i l'ordre des frères Prêcheurs d'instituer ladite confrérie dans les lieni qui la demandent, ont tres-hnrobleioent supplié ledit révéreod prêtre Bonnardeau vouloir, selon la pouvoir qui lui a été donné, instituer dans l'église de Ste-Marie la susdite confrérie de Notre-Dame du Rosaire avec tous les privilèges. Destinant et déterminant lesdits suppliants pour les exercices d'icelle à perpétaité la chapeUn du Breiiil, qui est apposée au cêté gauche et é l'entrée du chœur de ladite église de Ste-Haric, laquelle portera dorénavant le titre de Notre-Dame du Rosaire, et laquelle on a ornée d'un tableau dn mystère; s’obligeant de l’entretenir de tout ce qui est nécessaire pour y faire l’office de la Vierge; observer et faire observer tous les statuts et réglés d’icelle ; faire chanter la messe haute de Notre-Dame , et faire la procession en chantant les litanies de la Vierge tous les premiers dimanefaes dn mois , et vêpres , et toutes les fêtes de la même Vierge ».

[Il est d'autres conditions que je n’ai pu lire sur l'original. )

Pour copie conforme :

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