CLXXVIII
Les premiers coupables, dans l'affaire de la Commune de 1871, sont ceux qui l'ont laissé faire (du 22 janvier au 18 mars). On laissa, dans cet intervalle de près de deux mois, tout préparer, tout mijoter.
Le Comité central affichait ses provocations, ses appels aux armes ; le drapeau rouge était arboré à la Colonne de Juillet ; les canons, braqués sur Paris du haut de Montmartre. — Lorsque l'insurrection éclata le i8 mars, par suite de la proclamation tardive et provocatrice de M. Thiers, le gouvernement, comme pour mieux faciliter l'explosion, donna ordre à tous ses agents de quitter Paris. — Le peuple de Paris se laissa prendre dans cette souricière.
« Pour les femmes, il n'y a pas de chef-d'œuvre qui vaille une belle heure d'amour. »
(Arsène Houssaye).
Quand je vois un bel édifice dans un quartier solitaire de petite ville, je pense, malgré moi, que quelqu'un Ta déposé là provisoirement, en passant, pour le reprendre au retour, mais qu'il n'est pas à sa vraie place. Je ne comprends pas la beauté des monuments sans la vie qui les entoure, et qui se communique (pour ainsi dire) à eux. La verdure seule n'y suffit pas, il y faut la vue d'une population active, sympathique, — sans quoi je me crois seul de vivant dans un cimetière. — J'ai éprouvé cette impression à Gênes. — Ma mélancolie s'accroît de la vue d'un
Palais inhabité, devenu par la force des choses le château de la Belle au bois dormant, — et qui ne se réveillera pas. — Au contraire, dans les rues et ruelles ouvrières des petits quartiers, la vie reiMût: tout est à sa place dans ce cadre étroit et pittoresque disposé pour le travail : j'y comprends la vie et la force de la Commune au moyen âge.
Les rois se font un tel jeu de la vie des .peuples qu'il n'est pas étonnant que les peuples se fassent un jeu de la vie des rois. Quand on massacre les populations, qu'on les décime, qu'on les déporte, qu'on en dispose tout à fait comme le berger dispose du troupeau, on doit s'attendre à d'atroces représailles. Les rois n'ont pas besoin de conspirer pour envoyer les peuples à la boucherie : ils n'ont qu'un mot à dire. Les esclaves sont bien forcés d'user de ruse, et la lâcheté n'est pas toujours de leur côté.
Le pouvoir rend réactionnaire, absolument comme toute irrégulière, mariée, devient rigoriste et impitoyable pour celles qui ne sont pas dans la règle.
NOTES ET PENSÉES 6l