‹ Notes photographiquesChapitre 3 sur 30 · PYROXYLE · texte numérisé non relu

PYROXYLE

entre deux baguettes de verre et on le lave rapidement dans plusieurs eaux. Pour éloigner toute trace d'acide, on le laisse au moins vingt heures dans un courant d'eau, et l'on finit en le lavant dans do Feau chaude.

Le pyroxyle est alors étalé par petits flocons sur de grandes feuilles de papier buvard et séché a l'air. On le conserve dans des flacons qui ne sont pas fermés par un bouchon de liège, mais seulement avec du papier. Dans un vase fermé, ainsi que dans l'air humide, le coton tend à se décomposer en devenant brun et fluide.

Le coton, préparé d'après cette formule, se dissout complètement et rapidement dans le mélange d'alcool et d'éther, sans déposer d'impuretés ou de précipités.

En le préparant, il faut avoir soin surtout que l'acide nitrique soit assez fort.

On ne peut pas employer les mômes acides deux fois ; il faut remuer le coton pendant le temps entier de son immersion. Les causes d'insuccès sont principalement :

Des acides d'une trop grande concentration, ou à une température trop élevée;

Si l'on prépare plus de 20 à 30 grammes de coton en une seule fois ;

Si l'on ne lave pas assez, ou si l'on prend du coton humide.

Un indice caractéristique de la mauvaise préparation du coton, c'est qu'il ne se dissout pas complètement dans le mélange d'éther et d'alcool, mais dépose un précipité dense au fond de la bouteille. Si on laisse déposer un coUodion semblable et qu'on de'cante le liquide devenu clair, il donne une couche qui, à l'état humide, se laisse facilement enlever du verre, et qui, par la moindre poussière ou impureté, donne lieu h des taches d'argent. Pourtant, devenue sèche, la couche est bien attachée au verre et elle est sans structure.

Par le traitement des acides, le coton augmente de poids ; c'est déjà un indice qui peut servir à reconnaître si le collodion préparé avec tel pyroxyle aura ou non de bonnes qualités. Le défaut indiqué plus haut se fera remarquer si le poids du pyroxyle est presque égal au poids du coton non préparé. Avec une augmentation de poids de 2o pour 100, on peut compter que le pyroxyle est bon; mais si le pyroxyle est

COLLODIOM HUMIDE.

devenu de 50 pour 100 plus lourd, le collodiou ne sera pas fluide et donnera des épreuves rayées. Dans ce cas, il faut ajouter un peu d eau au mélange des acides.

Le papyroxyle est préparé de la manière suivante : On verse lentement, en agitant avec une baguette de verre, 1 litre d'acide sulfuriquc de 66'' dans un vase contenant 1 litre d acide nitrique de 1,4''.

Lorsque le mélange s'est refroidi, on y immerge une à une des feuilles de papier de soie blanc bien sec : 60 grammes environ rempliront le volume du mélange, en y laissant une couche de liquide su ffisanle. Avec la baguette de verre, on chasse les bulles d'air emprisonnées entre les feuilles, et l'on couvre le vase avec une feuille de verre. En quatre ou six heures, le papier sera transformé en papyroxyle ; on essaie un petit morceau en le lavant à l'eau, le séchant et le dissolvant dans un mélange à parties égales d'alcool et d'éther. S'il se dissout complètement, on prend les feuilles de papier entre deux baguettes de verre, on les immerge Tune après l'autre dans une grande cuvette remplie d'eau froide, et on les lave dans un courant d'eau jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de trace d'acide.

Un séjour prolongé de douze heures dans le mélange d'acides ne nuit i)asà la qualité du produit.

Pour la préparation d'un bon collodiou, je recommande la formule suivante :

Alcool 40''. , . . , 150 grammes.

Ether 65« 150

Papyroxyle 4 n

Coton soluble 5 //

On fait dissoudre et reposer jusqu'à ce que le liquide soit clarifié, ou Ton filtre dans un appareil qui ne permet pas aux dissolvants de s'évaporer.

Le collodiou normal se conserve ti'ès-longtemps ; seulement, il faut le tenir dans un endroit frais et mal éclairé, et dans des flacons bien fermés.

COLLODION lODURÉ.

La solution des iodures est composée comme suit :

Alcool à40*' 100 grammes.

lodm-e de strontium ... 4 «

lodure de cadmium ... 2 »

Bromure d ammonium . . 2 »

On filtre a travers du papier.

Celte quantité sert à iodurer 300 grammes de coUodion normal.

Autre formule.

Alcool à 40^ 100 grammes.

lodure de lithium blanc. . 4 //

lodure de cadmium ... 2 n

Bromure d'ammonium . . 2 «

Pour préparer le coUodion sensible on mélange en quantité suffisante pour quelques semaines :

3 parties de coUodion normal; 1 partie d alcool ioduré.

Le coUodion ioduré au strontium donne des clichés brillants et vigoureux ; celui au lithium, des clichés harmonieux et doux.

Selon le genre de travail à exécuter et les effets à produire, on se sert de lun ou de Tautre, ou d'un mélange des deux coUodions.

Le coUodion au lithium conserve ses bonnes qualités pendant un an, ou plus longtemps môme. Il s'améliore en devenant plus vieux. Il garde sa couleur légèrement jaunâtre et ne rougit pas.

Pour éviter dans les épreuves des taches produites par les poussières entrainéiîs par le coUodion et qui viennent troubler tout le contenu du flacon, on reçoit l'excédant du coUodion dans un autre flacon. Pour diluer le coUodion devenu trop épais, on y ajoute une quantité suffi-

COLLODION HUMIDE

santé dïiu mélange de deux parties d'élher et d'une parlie d alcool ; on mélange bien, et on le laisse reposer pendant plusieurs jours.

Si la couche nitratée est bleuâtre et très-ti'ansparente, on ajoute un peu de solution iodurée au coUodion. Si la couche est opaque et trèsintense et traversée de stries granuleuses, il faut y ajouter du collodion normal.

Le bain tV argent ne doit pas être trop faible. Je recommande les proportions suivantes :

Azotate d'argent 100 grammes.

Eau de rivière. ....... 1 litre.

Solution iodurée 10 grammes.

Alcool iodé (alcool 10, iode en paillettes 1) 15 gouttes.

Ceci est versé dans une bouteille de verre blanc, bien secoué et exposé à la lumière du jour ou du soleil, s il yen a. Dans quelques jours, et au soleil môme dans quelques heures, la solution se trouble ; elle finit par déposer un précipité noir. On filtre le bain. Lorsqu'il donne une épreuve voilée, on y ajoute encore une dizaine de gouttes d alcool iodé. Il ne sera jamais nécessaire d'ajouter de lacide.

Beaucoup de papiers à filtrer contiennent des impuretés qui perdeut les bains; il faut choisir un papier très-pur, ou, ce qui vaudra mieux, se servir d un filtre de coton-verre.

Si le bain est, par l'emploi, saturé d'alcool, on devra le faire évaporer en le plaçant dans une capsule et en le faisant bouillir au-dessus d'une lampe à l'esprit-de-vin jusqu'à ce qu'il ne reste que lamoitié du volume primitif.

On verse ce bain concentré dans la même quantité d'eau, et on le filtre.

Plus il y a de temps qu'un bain est en usage, et plus les couches de collodion doivent rester dans le bain; les épreuves deviennent aussi plus flou; pour corriger ce défaut, on y ajoute autant d'eau distillée qu'il en faut pour que le volume primitif du bain soit rétabli ; le liquide devient laiteux, parce que l'iodo-azotate d'argent dont je parlerai encore se décomposCj et que Tiodure d'argent se sépare. On filtre avec du pa-

BAIN IK\1\GKM'.

picr nouveau et, après, on ajoute 10 grammes d'azotate d'argent par 100 grammes d'eau qu'on a ajoutés.

Quelquefois, il est nécessaire de séparer du bain d'argent les différents sels et composés organiques qui s'y amassent par un usage prolongé; pour cela, on fait bouillir la solution dans une bassine de porcelaine sur une lampe à Tesprit-de-vin jusqu'à ce que l'eau entièrement soit évaporée ; on continue à chauffer le résidu en le remuant avec une baguette de verre jusqu'à ce qu'il redevienne fluide ; on le fait refroidir lentement, cl on le dissout dans dix fois son poids d'eau. La solution, qui se trouble par l'iodure d'argent mis en liberté, est filtrée, et l'on peut s'en servir de nouveau.

Il est très-important de n'employer que du nitrate d'argent bien pur et non falsifié; il faut aussi préserver le bain de toute impureté, par exemple d'hyposulfite de soude, d'acide pyrogalliquc, etc., parce que la présence de ces corps le corrompt et produit des voiles et un manque de vigueur. La poussière, et les autres impuretés de cette nature, peuvent être éloignées par une filtration soignée.

La solution de nitrate d'argent dissout Tiodure d'argent; la quantité dissoute ne sera jamais très-grande, mais elle croît avec la concentralion de la solution de nitrate; si l'on oubliait cette circonstance, en ne saturant pas le bain avec de l'iodure d'argent, une partie de l'iodure enfermé par la couche de collodion se dissoudrait dans le bain fraîchement préparé.

Par cette raison, on ajoute à chaque bain nouveau une petite quantité de la solution iodurée.

J'ai indiqué plus haut de préparer le bain d'argent avec de l'eau do rivière. Il est très-difficile d'obtenir de l'eau pure; en est incliné à considérer comme telle l'eau distillée des pharmacies ; mais bien souvent on se trompe, parce qu'elle contient justement ce qui est nuisible dans le bain d'argent : de la matière organique. J'ai rencontré des cas remarquables d'insuccès qui provenaient de cette source, à Paris comme ailleurs. Des photographes de longue expérience m'ont fait voir leurs clichés voilés, faibles; ils m'ont dit que, pendant des semaines entières, il leur a été impossible de faire un Idou négatif, quoiqu'ils aient essayé tous les moyens, changé les produits, etc. Et chaque fois, quand,

COLLODION HUMIDE

sur ma demande, ils m'ont répondu qu'ils avaient employé de Teau distillée des pharmacies, j'ai pu leur indiquer ce moyen efficace de dissoudre leur nitrate d'argent dans de l'eau de puits ou de l'eau de rivière, et d'exposer la solution pendant quelques heures k la lumière du soleil. Dans chaque cas, les difficultés se sont évanouies comme par miracle.

Les carbonates et les autres sels solubles que Teau de puits contient sont précipités par le nitrate d'argent, mais la quantité est insignifiante. Par la filtration, ils sont éliminés. L'eau de pluie contient aussi quelquefois des impuretés de nature organique.

Je recommande vivement l'emploi de l'iode (ou alcool iodé) pour harmoniser le bain d'argent. J'entends par harmonisation la mise en accord des divers bains et solutions photographiques, principalement du coUodion et du bain d'argent. Dès que je me sers de l'iode pour ce but, je ne vois plus le désordre du bain d'argent. Il est certainement beaucoup préférable à l'acide nitrique qu'on emploie souvent. Si avec un bain frais ou avec un coUodion alcalin on trouve l'image couverte d'un voile chimique, on n'a qu'à ajouter quelques gouttes d'alcool iodé, et le voile disparaît. Autrefois, on ajoutait l'iode au coUodion, mais alors la beauté des résultats en souffrait. Il ne faut jamais ajouter une substance décomposante au coUodion, qui se décompose déjà si facilement lui-même.

Pour neutraliser un bain d'argent devenu trop acide, on emploie Toxydc d'argent, qu'on prépare en dissolvant, d'une part :

1 gramme de nitrate d'argent dans 20^^- d'eau ; et, d'autre part :

1 gramme de potasse caustique dans SO^'^* d'eau.

Cette dernière solution est ajoutée goutte à goutte à la dissolution de nitrate jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité olivâtre. On laisse reposer quelques minutes, on rejette le fluide clair et on verse de leau fraîche sur le précipité pour le laver; on répète cela quatre fois au moins.

On prend un peu de cet oxyde d'argent avec une baguette de verre, et on l'ajoute au bain acide; on le remue et on le laisse reposer pendant quelques heures. Après cela, on filtre le bain et on y ajoute quelques gouttes d'alcool iodé.

i;évélati:lu.

Révélateur.

Pour clichés br

Eau

Sulfate de fer .

Sucre blanc .

Acide acétique .

Esprit de via .

niants, 100 parties.

Eau. . . .

Sulfate de fer.

Sulfate de cuivre Acide acétique Esprit de vin .

Pour clichés doux,

100 parties.

En été^ et pour les sujets trcs-éclairés, on peut se servir de la solution suivante :

Eau de pluie 40 parties.

Sulfate de fer 1 «

Acide acétique 1 »

Esprit de vin 1 n

Formule d'un révélateur concentré.

Eau 400 parties.

Sulfate de fer 40 »i

Sulfate de fer et d'ammoniaque 40 "

Sulfate de cuivre .... 10 n

On conserve celte dissolution dans un flacon bien bouché. On mélange :

Eau de pluie 16 parties.

Eévélateur concentré ... 1 •

Acide acétique ..... 1 "

Esprit de vin 1 n

COLLODIOX HUMIDE.

Solutions pour le renforcement.

Si les clichés n atteignent pas Tintensilé nécessaire pour produire une bonne épreuve, on est obligé de les renforcer.

Nitrate d'argent 1 partie.

Eau de pluie. ..... 100 parties.

2. N« 2. Acide pyrogallique . 2 parties. Sulfate de fer. . . 5 parties. Acide citrique. . . 5 « Acide citrique. . . 1 partie. Eau 200 // Eau 100 parties.

Au moment de l'employer, on mélange des parties égales du n^ 1 et dun" 2, ou on ajoute quelques gouttes du n^ 1 à la quantité suffisante du n« 3.

Fixage : Solution concentrée dliyposulfite de soude dans l'eau, ou : Cyanure de potassium, 1 partie sur 40 parties d'eau.

Le cyanure agit plus énergiquement que l'hyposulfite, mais aussi il donne plus de transparence aux clichés. Les propriétés toxiques de ce sel le rendent très-dangereux.

Laboratoire et Chambre noire.

La couche nitratéeest très-impressionnable, et la moindre trace de lumière blanche la rendrait impropre a donner un cliché brillant. Le verre jaune, par lequel la lumière est admise au laboratoire, doit être de couleur assez intense ; il vaut encore mieux employer deux verres superposés, surtout si la fenêtre est exposée au soleil.

La chambre noire ne doit pas admettre d'autre lumière que celle qui passe par l'objectif: un petit trou produii'ait du x'oile. Avant de lever la planchette du châssis, il est bon de couvrir la chambre noire et le châssis d'un drap noir.

L'objectif lui-môme doit être protégé de la lumière, qui est étrangère

LABOUATOIKE ET CIIÂMBHE NOlllE.

à 1 épreuve. La longueur du tube eu cuivre suffit rarement et doit être prolongée par un tube conique en carlon Jti eii fer-blanc, noirci intérieurement ; ou on placera autour de robjectif une bande A B C

qui traverse une feuille de carton noirci dans la manière indiquée dans la gravure ci-dessus. On tourne le carton du côté des reflets nuisibles.

Lorsqu'on regarde sur le verre dépoli, on ne doit pas voir d'autres objets fortement éclairés que ceux qui doivent former l'image. Si on en voit d'autres, ou si l'image paraît voilée, surtout en été, il faut adapter ce cône. S'il y a de la lumière diffuse dans l'objectif et dans la chambre noire, il est impossible de faire des clichés brillants.

Le verre. — On se servira déglaces ou de verres de premier choix. Je recommande de dépolir les bords des verres, soit avec du papier à l'émeri, soit avec de la pierre ponce.

Si le polissage ne réussit pas de suite, s'il reste des taches, il ne faut pas trop insister, car plus on frotte, plus cela dure.

Mieux vaut plonger les verres dans une cuvette remplie d'acide sulfurique ordinaire et les y laisser au moins pendant un jour, alors bien les laver sous le robinet pour éloigner toute trace de Tacide. Les verres ou glaces peuvent rester dans l'acide pendant des mois entiers.

Le papier Joseph, humecté par un mélange d'acide acétique et d'alcool additionné de quelques gouttes d'alcool iodé pour les verres qui ont déjà servi, est très-bon pour nettoyer. La poudre Dopchy aide beaucoup à nettoyer les verres neufs.

COLLOmON HIMIDE.

Albuminage des verres, — Un moyen infaillible contre les voiles qui proviennent des impureté* du verre et contre les soulèvements de la couche de collodion, c'est le blanc dun œuf bien battu en neige, reposé et décanté, puis additionné de 750^^- d'eau, de 15 gouttes d'ammoniaque liquide et de lO'^- d'éther. Cette dissolution est filtrée avant l'emploi, en ayant soin que le tube de lentonnoir touche le fond du vase récepteur; de celte manière, on évite la formation des bulles d air. En versant l'albumine sur le verre, on fera bien attention qu'elle n'arrive pas au dos. On peut l'appliquer sur les verres après le lavage à la fontaine et pendant qu'ils sont encore mouillés, puis on applique une seconde dose qu'on laisse prendre, et on sèche. On verse l'albumine sur des verres secs, et, avec un bâton de verre tenu horizontalement, on entraîne d'un seul coup le liquide sur toute la surface jusqu'au bas, où il s'écoule. Les verres sont reposés sur du papier buvard propre, à l'abri de la poussière, et en ayant soin de les changer de place après le premier écoulement. Ces verres se conservent en bon état, si on les enveloppe dans des feuilles de papier buvard.

On enlève la poussière à l'aide d'un pinceau de martre, et on verse le collodion.

Lorsqu'on a de longues expositions à faire, comme pour les intérieures d'églises, etc., il est préférable de verser une seconde couche de collodion sur la première aussitôt que celle-ci a fait prise, mais, avant qu'elle soit parfaitement sèche ; la couche nitratée reste alors pendant deux heures en bon état, sans donner de taches.

11 ne faut pas plonger la glace dans le bain avant que la couche de collodion soit suffisamment prise. Si on l'y plonge trop tôt, la couche sera impure et aura des taches irrégulières qu'on remarquera déjà, par transparence, quand le verre sortira du bain.

En faisant bien sécher le collodion, ce défaut ne se montrera jamais. Dans le bain, on agite doucement le verre; en trois ou quatre minutes, la couche aura perdu toute apparence huileuse.

Pendant les temps froids, il faut un peu chauffer le bain, ainsi que le révélateur.

OKVELOPPEMFNT.

Développement.

On retire la glace du châssis en la laissant tomber horizontalement sur la main gauche, ou, ce qui est toujours préférable, on la prend au moyen d\in porte-glace pneumatique, et on y verse rapidement une quantité suffisante de révélateur, sans en laisser trop couler sur le bord de la glace. Cette extension doit se faire très-uniformément, parce qu'il se forme facilement des taches. Si on opère avec un bain d'argent récemment préparé, le révélateur — même s'il ne contient pas d alcool — se distribue rapidement et facilement sur la glace ; mais si le bain d'argent est depuis longtemps en usage, le révélateur ne se partage plus si bien, et il faut faciliter l'extension égale en inclinant la plaque avec la main gauche. On ne verse pas plus de révélateur sur la couche impressionnée que leverre ne peut en contenir. Tout en cherchant à mélanger, par un tour de main circulaire, le révélateur avec le bain d'argent qui est resté sur et dans la couche, ou tache de le maintenir sur le verre. Plus de révélateur on verse, plus faible sera le négatif. On maintient le révélateur sur la couche jusqu'à ce que tous les détails des ombres soient bien venus ; mais, en cas de trop de pose, il faut jeter le révélateur et laverie cliché avant que les ombres se voilent. Si cela arrivait, on verserait dessus, après le lavage, une solution d'iode etd'iodure de potassium (1), et on le laverait encore avant de le renforcer.

Le renforçage se fait ou avant, ou après le fixage; dans le dernier cas, le cliché offre plus de constraste, ce qui est avantageux pour les clichés qui ont eu trop dépose dans la chambre noire.

Le mélange des deux solutions ne doit être fait que dans le moment où on veut s'en servir.

Un excellent moyen pour renforcer un cliché un peu faible est souvent de ne le fixer qu'après l'avoir exposé pendant un certain temps à la lumière diffuse.

(1) Eau 200 c. c.

lodure de potassium.

Iode en paillettes. .

10 grammes.

ÉMULSION AU COLLODION

ÉMULSION AU COLLODION

La préparation des glaces sèches a été beaucoup simplifiée par l'emploi dun mélange de coUodion normal et de bromure d'argent que l'on désigne par le nom de collodio-bromure ou d emulsion.

Ce procédé, qui réunit la simplicité de la manipulation (1) avec l'excellence du résultat, n'a pas encore reçu, au point de vue pratique, toute la considération dont il est digne.

Il se recommande surtout au paysagiste et au voyageur, la pose étant encore trop longue pour le portrait. Mais les .efforts réunis de tant d'habiles photographes et amateurs qui s'occupent déjà du procédé, nous feront sans doute arriver à de meilleurs résultats. Dans les essais, on rencontre quelquefois des conditions qui permettent d'opérer plus vite qu'au collodion humide, mais je crois qu'on n'a pas encore pu fixer ces conditions.

Le procédé tel que je le donne est sûr et parfaitement approprié aux exigences de la pratique.

L'épreuve qui accompagne ce volume montre que la reproduction du feuillage réussit aussi bien qu'avec le collodion humide.

(1) M. le docteur Carey Lea dit dans son Manuel : « La première ide'e de sensibiliser le Collodion en y ajoutant du nitrate d'argent est dû à M. M. -A. Gaudin. Le procédé négatif avec un collodion sensible à la lumière a été perfectionné par le docteur Liesegang, en Allemagne, et par MM. Sayce et Bolton, eu Angleterre. »

ÉMULSION AU COLLODION

L emulsioli est, comme nous l'avons dit, du collodion avec une certaine quantité de bromure d'argent, à I état de poudre impalpable. On la prépare en ajoutant du nitrate d'argent au collodion bromure. Mais une telle émulsion, bien quelle ne nécessite plus de bain d argent, donne, quand on la verse sur une glace, des cristallisations irrégulières, parce qu'elle contient des nitrates solublesqui produisent dans le cliché une grande quantité de points transparents. On peut laver la glace collodionnée et la couvrir d'un préservateur quelconque; mais ceci est déjà une complication.

On arrive à une simplicité beaucoup plus grande avec une émulsion tout à fait exempte de sels solubles et cristallisables. Cette émulsion se fait en versant le collodion nitraté dans de Teau pure, dans laquelle le mélange de coton soluble et le bromure d'argent se précipitent ; on lave bien dans Feau, on sèche, et on redissout ce qui reste dans un mélange dether et d alcool.

Il est vrai que par cette double préparation le prix du produit sera plus élevé quecelui de 1 émulsion non-lavée, maisencoreil n'est pas exagéré. Pour douze glaces de 21 sur 16 centimètres nous mettons 60 cent, cubes de l'émulsion lavée. Si le litre coûte 50 francs, cela fait une dépense de 25 centimes pour chaque glace. Ces 12 glaces sont nettoyées et couvertes de collodion en 45 minutes.

On lit dans plusieurs ouvrages qu'il faut un coton spécial pour le procédé à émulsion, et mêmeen Amérique, où MM. Carey Lea et Nev^ ton se sont beaucoup occupés de cette question, on dit qu'il faut employer le coton numéro tel d'un certain fabricant, et que sans ce coton on ne réussira jamais. Je trouve que le même bon coton qui réussit avec le procédé humide est tout ce qu'on peut désirer de mieux ; et je ne me sers jamais d'autre. Je n'ai trouvé aucun avantage dans l'emploi du coton gélatiné recommandé par plusieurs auteurs anglais.

On commence a préparer le collodion bromuré en dissolvant 3 gr. de pyroxyleet 3 gr. de bromure de lithium dans un mélange de 80 gr. d'élher et de 80 gr. d'alcool; on le filtre et on y verse par petites parties 6 gr. de nitrate d'argent dissout dans 8 gr. d'eau distillée. Il faut fortement agiter le collodion pendant qu'on ajoute le nitrate. Est-il néces-

ÉMULSION AU COLLODION

saire de mentionner ici que la préparation doit se faire k labri de la lumière blanche, dans le cabinet obscur?

Le collodion devient de plus en plus laiteux.

On agite de temps en temps lemulsion ainsi formée, pendant deux ou trois jours. Alors on y verse goutte par goutte 1 gr. de lactale d'ammoniaque dissout dans 2 ou 3 gr. d'eau.

Nous avons dans cette formule une très-grande quantité d'eau comme on n'en introduirait jamais dans le collodion. Cette eau nest ici d'aucune manière nuisible, puisque par le traitement que Témulsion aura encore à subir elle sera tout à fait éliminée.

Sous l'influence du nitrate d'argent en excès qui se trouve dans l'émulsion, celle-ci change de propriétés de jour en jour. Nous suivons ces changements par des essais, et nous les arrêtons au moment où nous reconnaissons que l'effet voulu est arrivé.

C'est après avoir ajouté le lactate que nous commençons notre série d'essais. Chaque jour on fait l'expérience suivante : On secoue bien la bouteille et on verse quelque cent, cubes de l'émulsion dans de l'eau de pluie ou de rivière en agitant avec une baguette de verre. On lave le précipité dans de l'eau courante, pendant deux heures. On recueille alors le précipité et on le place sur une feuille de papier buvard où on le fait sécher. C'est ce qu'on appelle l'citiulsiou scelic. On la dissout dans le mélange d'éther et d'alcool.

On secoue jusqu'à ce que le précipité soit redissout, et on essaye une glace avec celte émulsion de la manière que nous décrirons plus tard.

On fait cette expérience chaque matin avec une nouvelle partie de l'émulsion, et on trouvera que sa sensibilité, la clarté et rintensilé de l'image développée gagnent de jour en jour. Après quelques jours, on trouvera que le résultat reste constant pour quelque temps. Cela peut arriver entre les 3'"^ et 8'"*^ jours.

Lorsqu'on a, de cette manière, constaté que l'état de l'émulsion est tel qu'on le désire, on lave tout le contenu du flacon ; dès ce moment aucun changement ne se produit plus, et la préparation reste comme elle est.

La précipitation de l'émulsion se fait encore (1) à l'obscurité. On

(l) Je me sers de l'eau de rivière.

ÉMULSION AU COLLODION

fait couler de Teau k travers une cuvetle en porcelaine et on verse lemulsion par petites quantités dans Teau courante, tout en agitant avec une baguette de verre. Il faut un très-grand excès d'eau, parce qu'il est difficile d éliminer 1 ether et lalcool. Si Ton ne verse pas trèslentement, il se forme de grands flocons de collodion entourés d une couche de pyroxyle précipité par l'eau, et dans ce cas Teau n'arrive pas à l'intérieur du flacon si on ne le divise pas méthodiquement.

Le tout étant précipité on continue a laver pendant quelques heures.

Il faut de temps en temps essayer l'eau de lavage ou y ajoutant une goutte d'acide chlorhydrique dans un verre à expérience. 11 est de toute nécessité qu'il n'y ait pas de précipité, qui indiquerait la présence du nitrate d'argent libre.

Le lavage terminé, on recueille le précipité sur des feuilles de papier buvard et on le laisse sécher à l'obscurité et dans un endroit où la poussière ne peut pas entrer.

L'émulsion sèche se conserve très-bien à l'abri de la lumière. J'en ai qui compte des années sans avoir rien perdu de ses bonnes qualités.

Les essais dont j'ai parlé étant nécessaires pour une grande quantité d'émulsion aussi bien que pour une petite, on comprend qu'il y a avantagea préparer k la fois autant d'émulsion qu'on peut en employer dans un long temps.

Pour préparer l'émulsion, on verse, dans le cabinet obscur, 20 gr. d'émulsion sèche dans un grand flacon qui contient déjà 280 c. c. d'alcool, on secoue et on ajoute 320 c. c. d'éther (1). Il se forme de nouveau une liqueur laiteuse. Quand tout le coton s'est dissout, on filtre k travers un linge fin ou k travers du coton de verre. Ce dernier est préférable.

Le collodion émulsionné se conserve pendant plusieurs mois, et

(1) L'émulsion lavée ne peut pas contenir des substances solubles dans l'eau. Quand donc on a l'intention d'y ajouter des réducteurs ou préservateurs solubles, on le fera après la réémulsion. On peut ajouter des extraits alcooliques de thé, de café, du tannin, enfin une variété de préparations, comme dans tous les procédés secs. M. Chardon recommande la quinine. Je n'ai pu constater aucune amélioration.

ÉMLLSION AU COLLODION.

même il s'améliore avec le temps. Dans les premiers jours il donne souvent une couche un peu irrégulière et couverte d un réseau, parce que le coton ne s'est pas encore complètement redissout; aussi trouve-t-on quelquefois dans les couches obtenues avec une émulsion fraîchement préparée des petites taches rondes où Timage manque. En quatre ou cinq jours ces défauts auront parfaitement disparu. Si avec le temps rémuUion devenait trop épaisse, on y ajouterait un peu d'éther pour la diluer. Il faut garder Témulsion k l'abri de la lumière blanche (1).

Avant de se servir de l'émulsion, il faut bien secouer le flacon qui la contient, parce qu'une partie du bromure se dépose. Si le flacon n'a pas été agité pendant quelques semaines ou plus longtemps, on fera bien môme de remuer le précipité blanc avec une baguette de verre.

En tout cas, il faut attendre quelques minutes ou une demi-heure pour permettre aux bulles d'air de disparaître.

On attache la glace nettoyée et époussetée au porte-glaces, et on y verse l'éiTiulsion comme on verse du collodion, seulement un peu plus lentement, pour obtenir une couche laiteuse. Alors on pose la glace sur du papier buvard contre le mur, le coté collodionné en dehors. Si on est très-pressé, on fait sécher au feu sombre en interposant une plaque de tôle.

Les glaces conservent leur sensibilité pendant quelques mois.

Le temps de pose pour une vue varie avec l'objectif, la lumière et le sujet; avec l'objectif simple de 12 centimètres foyer, diaphragme de 1 centimètre d'ouverture, une pose de 30 secondes suffit ; avec Taplanéliquc de 4 centimètres de diamètre, diaphragme de 2 centimètres d'ouverture, on pose 10 a 15 secondesau soleil, une minute à l'ombre.

La couche de collodion a quelquefois une tendance à se séparer de la glace pendant le développement. Pour obvier à ce défaut, on peut cou-

(1) L'effet de la lumière sur rémulsion liquide est curieux.

Quaud on expose un flacon d'e'mulsion pour un temps très-court à la lumière diffuse, et qu'on en couvre de suite une glace, on obtient une image voilée. Mais si le lendemain on pre'pare une glace avec la même e'mulsion, on aura une image très-clairc dans les ombres, mais la glace sera moins sensible qu'avec l'emulsion qui n'a pas vu de lumière.

ÉMULSlON AU COLLODION.

vrir la glace d'une solution de caoutchouc ou en entourer les bords ; lalbumine se dissout dans le liquique alcalin : je ne la recommande pas. Un moyen très-simple, que j'emploie de préférence, consiste à recouvrir de vernis k l'ambre (1) le bord de la couche sur une étendue de 1 ou 2 millimètres. Je fais cela juste avant de développer. Le vernis sèche instantanément.

Pour le développement, ayez deux flacons de 125 c. c. et trois compte-gouttes. Marquez les deux flacons avec les numéros 1 et 2, et versez-y :

N*" 1. Esprit de vin, ou mélange de 1 partie d'eau et de 1 partie d'alcool.

N*" 2. Eau 120 grammes, acide pyrogallique 2 grammes (filtrez). Sur les 3 compte-gouttes, mettez A. B. C.

A. Ammoniaque liquide 3 grammes, eau gr. 20.

B. Bromure de potassium 1 » » » 20.

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