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Chapitre II

§ I. — Formulettes d’élimination aux jeux.

Quand les enfants veulent faire à la cachecachotte (cachecache), ils forment le cercle; l’un d’eux, récite autant de fois qu’il y a de joueurs, une formulette, en touchant du doigt ses camarades l’un après l’autre. Celui qui reste le dernier clume (clumer ou cluer , fermer les yeux) et reste à la sauve pendant que les autres s’en vont. Dès qu’ils sont cachés, l’un d’eux crie fait. Celui qui clume va alors à leur recherche et, pour se faire remplacer, il est tenu de toucher un des joueurs avant qu’il ait atteint le ou la sauve (le camp). — Les formulettes ci-dessous servent à divers jeux, mais sont en quelque sorte spéciales à la cachecachotte.

Un, deux, zéro, Capulaire isto, Ristoraine, Convaincquaine, Du bon vin tantôt, Capulaire isto.

A la ca-che-ca-chotte, Birobotte,

Pou II.

Pompon, d’or,

A la révérence,

Il n’y a qu’un roi (ou qu’un Dieu) Qui nous reste en France.

Allons, mes amis,

La guerre est finie , Pompon d’or,

La plus belle Sort Dehors.

Un I, une L,

Ma tante Michelle, Des figues nouvelles, Des raves, des choux, Du raisin doux.

Poun, poun, Mourilloun,

Cadeci, cadeça,

Lou pey — le père.

La mey — la mère.

Lou derney — le dernier.

S3 en bey — s’en va.

Un loup passant par un désert, Le cul ouvert,

La queue en l’air,

Il fît trois pets,

Que la quille buchine Te casse l’échine Du coup.

Cage sur cage,

Roi des papillons, En se faisant la barbe, S’est cassé le menton, Tout rond.

Un petit prêtre sortant du Paradis,

Mon ami.

Sa bouteille pleine jusque demain midi, Mon ami.

Çlarinon, clarinette,

Tes souliers font des lunettes,

Un, deux, trois,

Ya manger tes pois.

Petit couteau d’or et d’argent,

Ton père t’appelle au bout du champ Pour manger Du lait caillé

Que les brebis ont gassouillé, Pendant une heure de temps,

Petit couteau va-t-en. •

Une poule sur un mur,

Qui pigoce du pain dur,

Pigoci, pigoça,

Adieu poule,

Je m’en va.

Les gamins forment le cercle, prennent un béret, s’accrochent au bord extérieur, avec l’index, et non pas avec le

majeur qui est appelé dît m’ redoux, (doigt m . ) Si ce doigt

se présente, on tape dessus; Lun des enfants dit :

Une sardine , Une sardine,

Un boucin de pan, Un morceau de pain

Lèbe la man. Lève la main.

Pince, pince ma mourille,

Ton petit chien vat à conilhe.

Passe avène, passe avon Yas-y, toi, mon grand nez long.

Binagre , Tout agre , Brejus Tou jus.

Vinaigre Tout aigre, Verjus Tout. jus.

§11. — Formulettes diverses.

Berceuse :

La petite fontaine où l’alouette va boire (la mère indique le creux de la main de l’enfant).

Celui-ci Ta tuée Celui-ci Ta plumée Celui-ci fait rôtir Celui-ci mangé Et le petit petit, n’a rien eu

indiquant le pouce.

» Tindex.

» le majeur.

» l’annulaire.

> l’auriculaire.

Allons à Bordeaux Sur un cheval gros; Allons à Lyon Sur un cheval blond ; Allons à Paris Sur un cheval gris ; Allons à Rouen Sur un cheval blanc; Allons à Toulouse Sur un cheval rouge !

La Lune

Cargade de prunes De bignes De bagues.

De cornes ,

De crabes.

De pets d’agniets ,

Croque martèt.

Var. — La Lune

Cargade de prunes De bigues , de bagues ,

De cornes de crabes ,

De pels d’agnièls Courage Michèou.

A un boudeur :

Tu bisques Tu rages Tu manges Du fromage.

Rapporteur à la maison Mérite cent coups de bâtons.

Rapporteur à la boutique Mérite cent coups de trique.

La Lune

Chargée de prunes De bigues (pioches)

De bagues.

De cornes De chèvres De peaux d’agneaux Croque marteau.

La Lune

Chargée de prunes,

De bigues, de bagnes,

De cornes de chèvres,

De peaux d’agneaux,

Courage Michel.

D. Dis grégue (provocation).

R. Grègue grégot Si tu ne le fais pas,

Tu es un gros sot Var. Dis : Tchiche.

Surin, la canne à la main,

La pipe à la bouche,

La bouteille au cul.

Si tu la casses, tu seras battu.

A un enfant tondu :

Tondut

Barnambut,

Saque ton nez Dans mon eut.

Compliments du jour de l’an :

Tailleur, voleur Mangeur de prunes De quatre paniers N’en laisse qu’une

Si j’avais une couronne d’argent Je vous en ferais présent;

Je n’ai que mon cœur pour étrennes Donnez-moi les miennes.

Je vous souhaite une bonne année, parfaite santé, une femme ou un homme à pâques (aux célibataires).

Quand un enfant trouve un objet, il le renferme dans sa main et dit :

Qui a perdu, qui a gagné La monnaie d’un sou marqué.

Si je le dis -trois fois,

La monnaie sera pour moi.

Un enfant renferme une ou plusieurs billes dans sa main et dit à un camarade :

D. Tarrouille, tarrouille ma porte. — R. Tronc.

D. Combien elles sont?

S’il devine, il prend les boulettes; s’il se trompe, il paie la différence.

On place un barbot de Saint- Jean (méloë) dans le creux de la main, et, crachant dessus, on dit :

Barbot de Saint- Jean, Crache-moi du sang ; Quand j’en aurai,

Je te le remettrai.

Pour faire sortir un grit (grillon) de son trou, on y introduit une paille, puis on dit :

Grellet, grellet,

Sort de ton creux,

Ton crœux, tes œufs (bis).

Balzane deux,

Cheval de gueux;

Bals aux trois, Cheval de roi ; Balzane quatre, Bon à abattre.

Deux chiens qui se rencontrent :

Comment te portes -tu ?

Sens mon cul.

Tu te portes bien ?

Sens le mien.

Araignée du matin, Signe de chagrin ; Araignée de midi, Signe de plaisir ; Araignée du soir (*), Signe d’espoir.

Les enfants font des pifres , des putes , des rossignols et des sifflets , avec des branches de saule vertes. — ■ Pour faire saber (déprendre l’écorce), ils frappent dessus avec le manche d’un couteau, leur genou servant d’enclume, et chantent :

Déprends-toi,

Peau de chèvre ;

Si tu ne veux pas te déprendre,

Je te jetterai dans la grande mer !

Déprends-toi, déprends-toi,

Ou je te couperai La barre du cou.

Sabe sabe,

Pet de crabe ;

Si tu ne bo pas saba ,

Te jetterey dans la gran ma !

Sabarrit, sabarrot ,

Te couperey La barre d’ou, cot.

En effeuillant une marguerite ou une feuille d’acacia :

Elle m’aime, Un peu,

(\) Si on la tue : L’espoir est pour moi, la mort est pour elle.

Beaucoup.

Passionnément, A la folie,

Pas du tout.

■III. — Formulettes, contes.

Sabi un counte,

Que Vaygue mounte ;

N’en sabi un aoute ,

Que l'aygue saoute.

Sabi un counte ,

Darnaou moun ouncle ,

Que cagut dan sés bastes,

Pre que tu z’ou amasse.

Un homme et une femme ,

Qui mingien la soupe ensemble , La femme hère si bète ,

Quelle aballut la hourquette , L’homme hère si^ot,

Qu’il m’injut la culey et lou pot.

•Je sais un conte,

Que l’eau monte;

J’en sais un autre,

Que l’eau saute.

Je sais un conte D’Arnaud, mon oncle,

Qui ch... dans ses bastes Pour que tu le remasses.

Un homme et une femme, Mangeaient la soupe ensemble ; La femme était si bête,

Qu’elle avala la fourchette ; L’homme était si sot,

Qu’il mangea la cuillère et le pot.

| IV. — Chansons et rondes.

Les enfants placent une pivolle (coccinelle) sur la main et chantent :

Vole, vole, ma pivolle,

Ton mari est à l’école,

Si tu ne veux pas voler,

Tu n’auras pas à manger.

Pour faire voler les broutards (hannetons) :

Hanne, hanne, hanneton,

Vole, vole, vole,

Hanne, hanne, hanneton,

Vole, vole donc.

Si tu 11e veux pas voler,

Tu n’auras pas à déjeuner (bis, ter)

Var. Marmotte, vole, vole,

Ton grand-père est à l’école,

Qui ma dit coum ça,

Que si tu ne volais pas,

Il te couperait la gorge,

Avec un grand couteau,

D’or et d’argent ;

Vive les lumières Du moulin à vent !

Quand il pleut :

Mouille , mouille ,

Ma cagouille ,

Fliou , flaou ,

Sur les caillaou ,

Mé pas pre nous aou.

Quand les grues p

Rolez, volez (tournez, roulez;,

Mes dames les grues,

Vot’ maison qu’est abattue,

Vos petits qui sont dedans,

Y criant tant qui pouvant :

Rolez, rolez...

Les buveurs chantent :

Mardi-Gras ,

Ne t’en vas pas,

Je ferons des crêpes,

Tu en mangeras ;

Mardi-Gras s’en est allé,

Point de crêpes il n’a mangé.

Aux repas de noces :

Je tiens de la liqueur Dans ma bouteille ;

Mouille, mouille,

Ma cagouille (hélice), Fliou, flaou,

Sur les cailloux,

Mais pas pour nous.

)assent :

Leu (celui) qui n’en veut,

Fot qui n’en paie

Pour un sou, pour deux sous,

A la santé de nos époux.

Chanson gavache :

Allons z’au lit, cher camarade, cher camarade, Allons z’au lit, cher camarade, il est minuit;

Quand ça me prend au me tein, au me laisse, Quand ça me prend, au me tein longtemps (bis, ter).

Les Saintongeois, bonijean (bonnes gens),

Y mangean point d’anguilles,

Y mangean des serpents bonigean,

Rôtis sur la grille (le gril).

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