Chapitre III. — Préjugés
§ I. — Porte bonheur.
Chat noir porte bonheur à la maison qu’il habite.
Corde de pendu, en avoir sur soi, porte bonheur.
Fer a cheval, trouvé sur la voie publique, porte bonheur. — En Algérie, un fer ainsi trouvé, un jeudi, est cloué à la porte de l’habitation. (Idem, C. Pline, loc. cit., t. II, chap. xx, p. 335). — « Car on tient qu en serrant en quelque lieu à part un fer à cheval qu’on aurait trouvé par chemins ( comme advient souvent qu’un cheval se déferre), il guérira du hocquet , se souvenant du lieu ou on aura mis ledit fer. »
Grillon qui chante dans l’âtre porte bonheur (signe de richesse).
Hirondelles portent bonheur* aux maisons où elles accrochent leurs nids (signe de richesse) .
Queue d 'angrotte ( lacerta muralis ), mise dans la poche, porte bonheur au jeu.
Toucher quelque chose de sale porte bonheur au jeu.
Trèfle à quatre, trouvé par hasard, porte bonheur.
| II. — Porte malheur.
Accouchée. — Si une accouchée entre dans un chai avant ses relevailles, ça porte malheur.
Araignées ( iragnes ), les tuer porte malheur.
Arbre qui fleurit deux fois dans l’an porte malheur.
Assiette que l’on fait tourner, signe de mort.
Bâtir. — Faire bâtir porte malheur ; quand la cage est faite, l’oiseau s'en va.
Bénédiction nuptiale et enterrement, le même jour, dans la même église, porte malheur.
Chaise que l’on fait tourner, signe de mort.
Chat. — Tuer un chat dans sa maison porte malheur. — Celui qui marche sur la queue du chat ne se mariera pas dans l’an.
Chat-huant. — Oiseau de malheur, sent les malades , va chanter sur la fenêtre des agonisants.
Chiens qui hurlent, présage de mort. (Idem, Ololygmancïe , Encyclopédie militaire et maritime , De Chesnel, t. II,
Couteau que l’on fait tourner sur la table porte malheur. — Couteaux et fourchettes mis en croix portent malheur.
Crinières des chevaux nouées malicieusement par le luttin : ne pas les peigner, ça porte malheur ; si on la coupe, la bête maigrit ; si on la laisse, la bête engraisse.
Epoux. — Les époux ne doivent pas chanter à leur repas de noce, ça porte malheur.
Glace. — Casser une glace porte malheur.
Nombre treize, compte malheureux.
Œufs. — Faire couver un œuf coca trix porte malheur.
Oignon entamé laissé sur la table porte malheur.
Paille en croix. — Si on trouve deux pailles en croix sur un chemin, ça porte malheur.
Pain posé sur la croûte noire, le ventre en l’air, fait pleurer la Sainte Yierge et porte malheur.
Persil. — Ne pas le transplanter, ça porte malheur.
Persil, ne pas le sarcler, ça porte malheur.
Pinson qui chante avec acharnement autour de vous, quand vous travaillez loin de chez vous, indique qu’il est arrivé malheur à la maison.
Plumes de paon dans la maison portent malheur.
Poule qui chante le coq (comme le coq) porte malheur, il faut la tuer.
Prêtre ou moine rencontré en voyage porte malheur ; toucher du fer pour éloigner le maléfice. (Idem, de Maricourt, Sortilèges et maléfices dans VItalie méridionale. — But. Soc. d’ Anthropologie de Paris , 1883, p. 31).
Sang-. — Si on rêve sang ou qu’on ait du sang devant les yeux, signe de malheur.
Sel répandu sur la table porte malheur, à moins d’en jeter une pincée par dessus l’épaule gauche.
Souhaiter bonne pêche, bonne chasse, porte malheur : on ne prend rien.
Vendredi. — Jour néfaste : ne rien commencer ce jour-là, ça porte malheur.