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Chapitre IV. — Médecine populaire

Fontaines, pèlerinages, sorcellerie, remèdes.

Angelures. — Pour les guérir, se couvrir les mains de pâte, les recouvrir d’une peau d’oignon.

Aveugler. — Si un crapaud vous pisse aux yeux, vous pouvez devenir aveugle.

Avortement. — Pour avorter, boire sur de la graine de navet (infusion).

Barbe. — Pour avoir de la barbe, se frotter la face avec de 1a, crotte de poules.

Berloque. — Pour guérir les piqûres de la ber loque ( picris echinoïdes ), il faut, en se levant, couper un pied de cette plante et le jeter derrière soi sans regarder. Var. — Arracher la plante, la mettre sur un pied de bret blanc

(aubépine), et, quand elle sera sèche, le mal sera guéri. Var. — Faire bouillir de la crugerolle (< Aristolochia clematitis) avec du vin blanc et laver la blessure.

Brûlures. — Quand on se brûle, crier : A Saint- Laurent, le diable se brûle .

Carnail. — Le carnail est une maladie des vaches, celles qui en sont atteintes ont le remeuil (mamelles) enflé, plein de vent, et donnent du lait jaune très mauvais. — Pour les guérir, leur mettre au cou un collier de visogue ( clematis vitalba).

Coliques. — Pèlerinage à Saint-Fiacre, commune de Saint- Ciers-la-Lande, pour la guérison de 1a. colique des enfants. L’eau de la fontaine de Saint-Brice , près Mios , fait passer la colique. [Soc. archéologique de Bordeaux , Comptes-rendus, 1887, p. 88.)

Couleuvres. — On raconte que des individus ont avalé des couleuvres et des grenouilles en buvant de l’eau des fossés.

Chutes. — Boire des infusions de feuilles de myrthe pour le contre-coup .

Dartres. — Souffler sur la figure de quelqu’un peut donner des anderses (dartres). ■ — Pour les guérir, se laver avec de l’urine ; mettre du sel dans sa bouche et se laver avec sa salive ; ou bien encore se laver avec de la suie détrempée dans du vinaigre.

Dentition. — Pour faciliter l’émission des dents, on suspend au cou des enfants un collier dont les perles sont faites de racines de lierre ; il faut que ces racines soient vertes et que les perles soient en nombre impair. (Idem. Bul. Soc. d’ Anthropologie, Paris, 1887, p. 292). — - On suspend aussi, à cet effet, au cou des enfants des dents de loches, osselets de Limax maximus.

Dents. — Le mal de dents est dit mal d'amour. — Pour éviter les maux de dents, mordre trois fois dans la première tige de fougère que l’ont voit au printemps. — Prendre un os de crapaud tué au mois d’avril, en frotter

la dent douloureuse. — Quand on arrache une dent de lait il faut la conserver ou la brûler, car si un chien ou un porc la mangeait, une dent de chien ou de porc pousserait (en remplacement). — Quand un enfant s’arrache une dent, il doit la placer sous son oreiller en allant se coucher, la vierge prendra la dent pendant la nuit et la remplacera par une pièce de monnaie ou un jouet. — L’eau de la fontaine de Saint-Brice, près Mios, guérit les maux de dents. (Soc. archéologique de Bordeaux , Comptes-rendus, 1887, p. 88). — Sainte Appolonie guérit le mal de dents. — Ceux qui naissent avec des dents ont un don de guérir. — Avoir une dent contre quelqu'un , c’est lui vouloir mal.

Diarrhée. — Pour la guérir boire des infusions de feuilles de figuier Marseille.

Dons. — - Il y a des gens qui ont des dons, soit de guérir, de donner du mal de découvrir les sources, etc.

Douleurs, rhumatismes. -—31 mai, pèlerinage à l’église de Samonac, dédiée à saint Justin, pour la guérison des douleurs. — Saint Jouin a le même don. — L’eau de la fontaine de l’Hermitage, commune de Saint-Emilion, calme les douleurs. (Soc. archéologique de Bordeaux, t. VIII, p. 208.

Dragon (le). — (Ophtalmie). Les enfants posthumes ont le don de guérir la maladie du dragon; il leur suffit de passer l’alliance de leur mère sous la paupière du patient. — La bague d’une mariée guérit aussi du dragon , mais il faut pour cela que l’épousée n’ait pas couché avec cette alliance la première nuit de son mariage.

Ecrouelles. — Ecruelles. — Le septième enfant issu d’un même mariage a le don de guérir cette maladie ; il lui suffit de toucher le mal en récitant des prières. Le guérisseur ne doit pas se faire payer, mais il peut accepter des cadeaux. Le malade doit se rendre chez le panseur les jours de bonnes fêtes avant le lever du soleil. — Les enfants posthumes guérissent les humeurs, les glandes (Sauveterre). — L’eau du Guichet des Fontenelles, commune de

Comps guérit les humeurs froides. — Manger des demoiselles (maïs grillé) donne les écrouelles. — Manger du reybichet ou robiquet (roitelet) donne les écrouelles. — Manger de la cervelle de porc avant Page de sept ans donne les écrouelles. — Ceux qui ont eu les écrouelles ne doivent pas manger de tête de porc ni boire du bouillon fait avec une tête quelconque, ça leur ferait revenir le mal .

Entorses. — Deux jumelles nées d’une première couche ont le don de guérir les entorses. — Les enfants nés coiffés ont le même don (Saint-André-du-Bois).

Épidémies. — - On se rend à la fontaine de Saint-Antoine à Cadarsac, commune d’Arveyres, en temps d’épidémie. (Soc. archéologique de Bordeaux , t. VIII, p. 208.) — Durant une épidémie de porcs, mettre des crapauds dans les pcircayres (étables à porcs) pour qu’ils pompen t le vérin (absorber le virus par les pores). — En temps de picote (variole), on met, aussi des crapauds dans un vase quelconque sous le lit du malade, pour qu’ils pompent le vérin ; si les batraciens meurent, le malade est sauvé.

Epilepsie. — Celui qui n’a jamais vu tomber du haut mal (épilepsie), a le don de guérir cette maladie ; il lui suffit de faire saigner le petit doigt (auriculaire) du malade. — On doit mettre un linge sur la figure d’un épileptique pour l’empêcher de baver.

Escorpion. — Les tritons et les salamandres dits escorpions passent pour des reptiles dont la piqûre est mortelle.

Estomac (maux d’). — Boire des infusions de feuilles de verveine.

Eternuer. — Quand un malade éternue, c’est signe qu’il va mieux. — A un individu qui éternue on répond: A vos souhaits, ou, que le diable t’emporte.

Femme. — Si la femme se chauffe le dos, on dit qu’elle aura une fille à Pâques. — Quand la thiouque (petit duc) chante près de l’habitation d’un jeune ménage, c’est signe que la femme est enceinte.

Fièvre. — Tuer la grignaoude d’égay (grenouille de rosée), (rana. agi lis) donne la lièvre. — Pour couper les mauvaises fièvres , boire du vin blanc dans lequel on aura fait macérer de Yœil de perdrix ( anagalis arvensis ) au serein (à l’air), pendant une nuit.

Fleur de sang (Flux de sang). — Manger des motives (fruit de la ronce) donne flux de sang.

Fluxions. — Pour les guérir, plonger des feuilles de lapasse (verbascum montanicum) f'dans du lait bouillant et les appliquer sur la partie malade.

Folie. — Se chauffer la chute des reins rend fou. — Pèlerinage à l’église de Saint-Genès-de-Queil, le jour de la Saint-Barthélemy (24 août), pour obtenir la guérison des aliénés.

Force. — Pour donner deda force aux enfants, les faire coucher sur un matelas fait de fougères mâles. — Commune de Saint-André-de-Cubzac, pèlerinage à la chapelle de Cabarrieux dédiée à saint Sicaire, (pour donner de l’embonpoint aux enfants (Jouannet> Statistique de la Gironde , t. I, p. 176). — On place les enfants sur le tombeau de Saint-Sicaire, à Bassens, pour leur donner de la force (A. Briolle, réponse au Questionnaire archéologique , Bordeaux, 1859).

Similia similibus curantur. — Pour donner de la force aux enfants on les porte au tombeau de Saint-Fort (16 mai), à l’église Saint-Seurin à Bordeaux (Jouannet, loc. cil ., t. I, p. 176). — On se rend le 16 mai, à la chapelle dédiée à Saint-Fort à Saint- Üenis-de-Pile. — On conduit les enfants le jour de Saint-Fort, à Saint-Etienne-de-Lisse, où on leur fait toucher le carrouy (le verrou) pour leur donner de la force. — On les porte aussi à La Ruscade, le jour de Saint-Fort. — Les enfants , rachitiques sont conduits dans le même but , à la fin d’août, à Saint-Seurinde-Cussac. — Les enfants sont conduits encore dans le même but, le 8 septembre, à la Chapelle-du-Bois, commune de Reignac.

Fourcat (le). — Est une grosseur qui vient entre les orteils, dans la fourche, de là son nom. Pour le guérir, se rendre avant le soleil levé, à la jonction de quatre routes (une croix), choisir un point où il y a de l’herbe, y appuyer fortement son pied nu, enlever la gobe (le gazon) avec une pioche, la placer les racines en F air sur un pied de bret (aubépine), le mal s'en ira à mesure que l’herbe séchera. — Les tonneliers de père en fils depuis trois générations ont le don de guérir ce mal en le palpant. — Quand on change les bourres de ses sabots (voir «Marée » p. 41), il faut avoir soin de cracher dessus avant de les jeter, pour éviter d’avoir le fourcat. — On 11e doit pas jeter un bourre de sabot dans une étable, sur la litière, car si un bœuf le trèpait (marchait dessus), ça lui donnerait le fourcat.

Furoncles. — Pour panser les argeaous ou argeaux (furoncles), il faut les toucher avec une bague vierge (qui n’ait pas couché avec sa propriétaire la première nuit de ses noces). — L’eau de la fontaine de Saint-Julien, commune de Cubzac, a aussi la vertu de guérir les furoncles {Soc. archéologique de Bordeaux, t. VIII, p. 208). — Pour faire passer les furoncles mettre dessus des morceaux de feuilles de coeur ot ( arum italicum).

Ganipautes (Loups-garous). — ■ Les enfants baptisés par des prêtres qui ne sont pas à l’état de grâce, commencent à courir la ganipaute à l’âge de sept ans et continuent jusqu’à ce qu’ils soient rebaptisés ; il faut, pour cela faire, que leurs parrain et marraine primitifs soient encore vivants. — Pour guérir un gallout ou une ganipaute (synonyme) prendre un couteau, le planter neuf fois dans la terre (sans cela on ne pourrait pas entamer la peau du malade) et, si la ganipaute vous monte sur le dos, il faut lui donner des coups de couteau jusqu’à ce que le sang coule, le gallout vous laissera dès que le sang aura coulé et il restera tranquille pendant neuf ans, si vous avez le soin de bien garder le secret. — Pour faire rendre aux ganipautes ce qu’elles ont absorbé durant leurs courses vagabondes, il faut mettre du sel dans leur vin.

Gastrites. — L’eau de la fontaine de Saint-Côme, commune de Saint-Côme, a la vertu de guérir les gastrites [Soc. archéologique cle Bordeaux , t. VIII, p. 210).

Gâteux. — Pour guérir ceux qui pissent au lit, il faut leur faire manger des taupes frites. — Faire infuser des figues blanches sèches dans du vin blanc et en faire boire aux enfants atteints de cette maladie.

Hémorragie. — On se sert d Hrantelles (toiles d’araignées) pour arrêter les hémorragies.

Hémorroïdes. — Avoir des marrons d’Inde dans sa poche pour prévenir ou guérir les hémorroïdes (Idem, Bul. Soc. d’ Anthropologie, Paris, 1887, p. 374. — Porter sur soi, dans le même but, un bout d’os de gigot (partie inférieure d’un fémur de mouton). — On se baignait, autrefois, dans la fontaine, la Font Lanière, commune de Cartelègue pour obtenir la guérison des hémorroïdes.

Hernies. — On visite, le 8 septembre, la vierge de la Chapelledu-Bois, commune de Reignac, pour obtenir la réduction

des hernies.

Hoquet. — Pour arrêter le hoquet, dire trois fois vivement :

J’ai le hoquet^Dieu me l’a fait ;

Je ne l’ai plus, vive Jésus ?

Ivrognerie. — Pour guérir un ivrogne, il faut lui faire boire du sang d’anguille.

Jable (maladie indéterminée). — Les tonneliers de père en fils depuis trois générations, ont le don de panser le jable (jable des tonneaux, similia...).

Jambe. — On porte les enfants, le 30 avril, à la chapelle de Saint-Eutrope, commune de Roaillan, pour que leurs jambes soient bien tournées.

Jaunisse. — Pour la guérir, boire des infusions de carottes (similia).

Lait. — Pour que les nourrices aient du lait, il faut leur faire boire des infusions de gros pois blancs. — Les nourrices se rendent en pèlerinage à Aillas-le-Vieux, commune d’Aillas,

le 8 septembre ; elles adressent des prières à la Vierge et font bénir des boules de verroterie dites grains, de lait . — Pour avoir du lait, les femmes se rendent aussi à la chapelle de Rétis, commune d’Hos teins, le 1er dimanche de mai et le dimanche qui suit le 25 novembre. (Soc. archéologique de Bordeaux, t. VIII, p. 201.)— Les femmes vont boire de l’eau à la fontaine de la Poupe , au lieu dit le Tait, commune de Ruch, pour être meilleures nourrices. (Jouannet, loc. cit ., t. I, p. 47). — Pour le faire partir (disparaître) boire des infusions de bouchons (liège). — - Les femmes qui veulent faire passer leur lait n’ont qu’à toucher du persil . — Pour faire disparaître le lait des chiennes ou des chattes, leur mettre un collier fait avec des rondelles de bouchons ; leur faire manger de l’omelette au persil, ou bien encore leur faire boire des infusions de canevelle.

Lèpre. — L’eau de la fontaine de Saint- Aignan, commune d’Espiet, guérit les lépreux.

Longévité. — On passait les enfants au trou dans l’église de Saint-Michel-de-Rieufret, pour leur assurer une longue vie (Jouannet, loc. cit., t. I, p. 176).

Loucher. — D’un individu qui louche : il est guerlle.

Loupes. — Un enfant posthume a le don de panser les loupes : le malade doit se rendre chez le guérisseur qui récitera des prières en touchant les loupes, mais avant le lever du soleil.

Lumbago. — Quand on entend chanter le cocut (coucou) pour la première fois de l’année, il faut se laisser tomber en arrière (sur le dos), pour éviter d’avoir le mal de reins, dans le courant de l’an.

Machures (contusions). — Les frictionner ou les couvrir de compresses de fiel de porc.

Maigreur. — Saint Sicaire, commune du Carbon-Blanc, est invoqué contre la maigreur (Bernadeau, Antiquités hordelaisses, p. 146).

Maigrir. Pour se faire maigrir, boire du vinaigre.

Mal bleu, ou mal de Saint- Antoine (affection impétigineuse du cuir chevelu). — Le bras de Saint Antoine, qui est placé dans la chapelle dédiée à ce saint, commune de Saint-Antoine, guérit ou préserve les enfants du mal bleu (Jouannet, loc. cit ., t. I, p. 178). — On porte à l’églis,e de la commune de Lansac, le jour de Saint-Antoine (17 janvier), les enfants atteints du mal bleu. — Notre-Dame de 1a. Rivière, à l’église de la Rivière, a le même pouvoir. (Soc. archéologique de Bordeaux , t. IX, p. 131'

Marée (la). — La marée est une enflure qui vient à la suite d’une opération quelconque ou d’une blessure. — Pour ne pas attraper la marée , si l’on va sur l’eau, il faut mettre du sel dans sa poche. — Pour se guérir de la marée, prendre neuf cailloux, un bourre cle sabot (petit matelas de foin ou de paille que les cultivateurs mettent dans leurs sabots). — Var. Neuf cailloux, une poignée de foin et des queues de poireaux. — Var. Neuf cailloux, neuf bottes de foin et neuf morceaux de bois de vergue (aune). — Var. Neuf cailloux, neuf bottes de foin et neuf feuilles d'herbe de marée , faire bouillir le tout dans un piché (pot), verser le contenu dans une gardalle (grande terrine), plonger le piché dans l’infusion 1a. gueule en bas, recouvrir le tout d’un linge, appuyer la partie malade sur le po.t et, si on entend la marée (l’eau monter dans le piché, tandis que les objets infusés restent dans la gardalle le mal s’en va.

Meaux de gorge. — Pour les guérir, mettre la cendre d’un sarment de vigne blanche dans un bas sale et se l’attacher autour du cou.

Maux de tête. — L’eau de la fontaine de Saint-Jean, à Mios, guérit les maux de tête (Soc. archéologique de Bordeaux, t. VIII, p. 208). — On se rend, le 25 mai, à la chapelle de Saint Urbain, commune de Pugnac, pour ne pas avoir de maux de tête dans l’année.

Maux de tête et sueurs rentrées. — Se couvrir la tête avec des feuilles clapcisse (Lappcc major) que Ton a fait chauffer ;

recouvrir le tout d'un morceau de molleton et, si l’on sue de la tête, on est guéri.

Médecin. — Pour ne pas être malade il faut, toujours devoir à son médecin.

Mort. — - Quand un malade tire à lui ses draps ou ses couvertures, indice de mort prochaine. — « C'est mauvais signe quand ils (les malades) replieni le bord de la couverture du lit » (C. Pline, loc. cit ., t. I, chap. lu, p. 219). — Un malade meurt toujours au moment de la marée ou de la pleine mer. — « Aristote dit , que les animaux qui ont à mourir , meurent seulement quand le flot se retire . » (C. Pline, ibid, t. I, p. 71).

Ophtalmies. — On va toucher les reliques de Saint-Clair ( similia ...), dans l’église d’Aubie, pour les maux d’yeux Jouannet, loc. cit., t. I, p. 178. — On se rend, le 1er juin, à la fontaine de Saint-Clair, à Mons, commune de Belin, pour les meaux d’yeux. (Soc. archéologique de Bordeaux , t. VIII, p. 207). — Le jour de Saint-Clair, pèlerinage à l’église Sainte-Eulalie de Bordeaux (Jouannet, loc. cit., t. I, p. 178). — L’eau de la Font Danière, commune de Cartelègue, a la même vertu. — Pèlerinage le jour de Saint-Clair, à l’église de Comps, pour la vue. — L’eau de la fontaine de Saint-Aignan, commune d’Espiet, guérit les maux d’yeux. L’eau de la fontaine de Saint- Jean, commune de Lamotte, a le même don. (Soc. archéologique de Bordeaux, t. VIII, p. 208). — L’eau de la fontaine de Saint-Martial, commune de Saint-Sulpice-de-Faleyrens, a le même privilège. (Soc. archéologique de Bordeaux , t. VIII, p. 209). — L’eau de la Font Galline, commune de Tauriac, guérit les maux d’yeux. — Le genévrier du Puyde-Cut, commune de Saint-Romain-la- Virvée, a la même vertu.

Oreilles. — Tintements d’oreilles : si c’est la droite qui sonne on dit du bien de vous ; si c’est la gauche, on dit du mal ; mordez-vous le bout du petit doigt (auriculaire), celui qui parle de vous se mordra la langue. — Quand les deux

oreilles sifflent, l’un dit du bien de vous, l’autre du mal, ils se combattent. — Idem : « Davantage on tient pour résolu que quand les oreilles nous tintent on parle mal de nous • » (C. Pline, loc. cil., t. II, liv. xxvn, chap. n, p. 299). — On prétend que le cure oreilles (perce oreille) et le turc, (larve du hanneton) s’introduisent dans l'oreille et pénètrent dans le cerveau.

Maux d’oreilles. — Pour guérir, se faire mettre du lait de femme dans l’oreille.

Parturition. — Les femmes grosses se rendaient à la chapelle de Saint-Raphaël, commune d’Avensan, pour avoir à leur choix des tilles ou des garçons; de nos jours, on porte à domicile, dans la commune d’Avensan, la médaille de Saint Raphaël qui facilite les accouchements laborieux. — Il y avait autrefois sur ce même territoire une pierre dont les croyants emportaient des fragments dans le même but. — (Note de MM. Anthoune et E. Maufras.)

Peste. — Saint Roch chasse la peste.

Peur. — Pour faire passer la peur ou pour empêcher d’être peureux on se rend : à l'église de Baron où est la statue de Notre-Dame de la Peur (Soc. archéologique de Bordeaux, 1881-1882, p. 38 ; à la veyrine de l’église de Saint-Jean-de-Goualana, commune de Bellefond [Soc. archéologique de Bordeaux, 1881-1882, p. 38); à Blazimont, près de l’église en ruine de la Veyrine [Soc. archéologique de Bordeaux , ibid , p. 38) ; au tombeau de Saint-Fort, église de Saint-Seurin de Bordeaux. (Jouannet, loc. cit., t. I, p. 176; à l’église de Campunan, le jour de la Saint- Jean (24 juin) ; à l'église de Saint-Genès-de-Queil, le jour de la Saint-Barthélemy ; à la chapelle de Saint-Michel, château de Roquetaillade commune de Mazières (Soc. archéologique de Bordeaux, ibid, p. 38) ; à l’église de Saint-Michel-la-Rivière ; à Mouillac, le 16 mai, on fait embrasser la statuette de Saint-Fort aux croyants ; à la chapelle de Sainte-Présentine, commune de Sallebruneau , pèlerinage le jour de la Saint-Jean ; on passait les enfants au trou de Saint-Jean (le 24 juin), commune de

Mar camp s. Ce trou, qui était dans une muraille, a perdu sa vertu depuis qu’une impie y a fait passer son chien.

Plaies. — Laver le mal (les plaies) avec du lessif (lessive) fait avec de la cendre de queues d’ail. — Laver les plaies avec une infusion de feuilles d’un noyer qui n’a pas porté de fruits.

Poux.-- Manger des pois crus ou manger des marrons crus donne des poux.

Rage. — Faire boire les chiens mordus sur de la passe-rage , infusions d 'iris germanica. — Les guérisseurs de rage sont relativement nombreux, leurs remèdes sont variés, mais une omelette spéciale est un des plus répandus.

Rate. — • Celui qui naît coiffé a le don de panser la rate. Le malade doit se rendre chez le guérisseur, les jours de bonnes fêtes , avant le lever du soleil. — Cette coiffe (poche amniotique) est précieusement conservée par les parents. — La cinquième fille d’un même lit a aussi le don de panser la rate.

Rousseurs (taches de). — Pour faire disparaître les éphélides, se laver le visage avec de la sève de vigne.

Sang. — Pour les tempéraments sanguins, boire des infusions de pique-langue (ruina perigrina ). Si vous en buvez un verre, c’est un verre de votre sang qui sc tournera en eau (se transformera).

Sorcier. — Les sorciers donnent du mal, jettent des sorts ou donnent le barbot. — Les parents d’un enfant très malade, abandonné par le médecin et la somnambule, consultent le sorcier : « éventrez son traversin et sortez ce qu’il y a dedans ». On en retira une curure de sabots et une couronne de plumes, et Tentant fut guéri. Ces couronnes de plumes sont dues aux fils cirés que les couturières laissent par mé garde dans les couettes et les traversins. On doit porter ces couronnes aux quatre chemins (croisement de deux routes) pour les brûler. — Certains sorciers ont le don de faire crever les arbres en les prenant à brassée. —

Pour éviter les sorts , (sortilèges) mettre ses bas, chaus* settes, jupons ou sa chemise à l’envers. — Mettre le pouce en croix en le passant sous l’index et dire : Sorcier, je doute passe ton chemin, moi ma route. — Var. — Sorcier je doute que le diable t’étouffe. Idem : « Pour se préserver du ma! ochio . . . , on peut aussi faire la figue, geste insultant qui consiste à mettre le pouce entre l'index et le médius. » (De Maricourt, Sortilèges et maléfices dans V Italie méridionale). — Bul. Soc. cl anthropologie, Paris, 1883, p. 32). — Mettre deux épingles en croix et dire : Sorcier je doute; tu n’auras pas plus de pouvoir sur moi que le diable sur la croix. — Quand un sorcier vous touche, touchez-le plus haut, s’il vous touche le bras touchez lui l’épaule, pour éviter qu’il vous donne un sort. — Porter sur soi un morceau d’essieu de charrette que l’on aura préalablement fait bénir, car, pour qu’un sorcier vous donne du mal, il faut qu’il fasse autant de tours autour de vous, que la roue en a fait autour de l’essieu.

Sorts. — - Si deux époux veulent éviter d’être liés par le curé, le jour de leur mariage (sorte d’ensorcellement), il faut que la mariée mette du mil dans ses souliers, avant de se rendre à l’église, et que le mari s’agenouille sur la robe de sa femme. — Pour se faire d’esensorceler, verser du vinaigre dans une clef forée et la mettre au feu.

Stérilité. — Les femmes infécondes se rendaient jadis à la chapelle de Cabarieu, dédiée à Saint-Sicaire, commune de Saint-André-de-Cubzac. — La fontaine de l’Ermitage, à Saint-Emilion, était aussi visitée par les femmes stériles (Soc. archéologique de Bordeaux, t. VIII, p. 109). — Les femmes allaient en pèlerinage, dans le même but, à la chapelle de Verdelais (Gironde) (Bernadeau, loc. cit.

Surdité. — Recueillir le liquide qui sort du bois des bûches de chêne incomplètement sèches, que l’on fait brûler, en imbiber du coton que le malade introduira dans ses oreilles.

Tatouage. — Certains marins prétendent qu’on peut faire disparaître les tatouages, faits à l’encre de Chine ou au piero-carmin, en pratiquant, de nouvelles piqûres sur les anciennes, avec des aiguilles trempées dans du lait de femme.

Verrues. — Pour faire passer les fis (verrues), il faut les frictionner avec trois loches (limaces) ; l’opération terminée, enfiler les loches dans trois petits morceaux de bois : dès qu’elles sécheront, les fis disparaîtront. — Certains individus ont le don de guérir les verrues en les touchant. — Couper une pomme en deux, en frotter les fis, enterrer la pomme; quand elle sera pourrie, les verrues passeront. — Si on trouve un os, sans le chercher, frotter les verrues et jetter l’os derrière soi sans regarder où il tombe, on est sûr d’obtenir guérison. — Les enfants posthumes ont le don de guérir les fies. — Frotter ses verrues au gilet d’un cornard sans qu’il s’en aperçoive. — Les imbiber avec le suc blanc de la queue des figues vertes. — Faire griller les pattes d’un poulet et frictionner les fis avec. — Frotter les fies avec neuf pois, les enterrer dans un chemin où il passe beaucoup de monde pour qu’ils ne poussent pas. — Frotter les verrues avec un crapaud vivant. — Faire tremper du vime (osier) pendant six jours, se laveries mains dans cette infusion, avant le lever du soleil ; renouveler cette opération trois fois. — - Si on compte les fies d’un individu, on est sûr d’en attraper.

Vers. — Les enfants n’ont de vers qu’en nouvelle lune.

Yeux. — Pour guérir certains maux d’yeux, il faut se faire mettre de petits anneaux d’or aux oreilles. — Les hommes qui ont des boucles d’oreilles ne les portent que dans ce but. — - Quand on a quelque chose dans un œil on doit fermer l’autre et le frotter. (Idem, C. Pline, loc . czt., t. II, liv. xxvn, chap. vi, p. 303.)

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