LA BATAILLE D'AUSTERLITZ
Air : Ami près de la bouteille^ etc.
Amis, chantons la victoire, Nos ennemis sont détruits !
Il faut chanter, il faut boire Au vainqueur d'Austerlitz.
Portant la terreur, les alarmes, Des monstres du Nord sont venus ; Napoléon reprend les armes, Un jour suffit... ils ne sont plus!
Amis, etc.
Reviens, idole de la France,
Brillant modèle des guerriers !
Nos cœurs seront ta récompense ;
Est-il de plus touchans lauriers ?
Amis, etc.*
Par M. GA.UD0Z.
Air : Touts les Bourgeois de Chartres^ etc.
Les dieux, après la terre,
Ont taxi le genre humain ;
L'homme a créé la guerre,
BacchuB a fait le vin ;
Vénus a fidt Tamour,
D'agréable mémoire ; Mais Napoléon, à son tour, Par ses exploits a mis au jour
La Victoire et la Gloire.
C'était erreu^e croire • Qu'il en était Tenfant ;
Car le fils de la gloire
Serait-il si puissant ?
A son commandement,
D'une ardeur sans seconde.
En arrière, comme en avant, Elle s'en va, tambour battant,
Faire le tour du monde.
Par M. Bàrdbl.
Air : Du Peu de charge.
Le voilà sur les bords du Rhin
Le héros de la France !
C'est Mars qui, la foudre à la main,
Vers les combats s'avance.
Il part, il vole, il est porté
Par son noble courage, Et le Danube épouvanté
Le voit sur son rivage.
Air : De la retraite.
Peuple du Nord,
Avides d'or
Et de carnage, Fuyez, fuyez, on le permet encor.
Lâches anglais
Tous vos forfaits
Et votre rage Font aujourd'hui l'honneur du nom Français !
Air : M'ait enfifi, après Vorage^ etc.
Douce Paix,- tmt de la gloire^ Viens nous rendre les beaux jotunë ; Sur les pas de la yictoire Ramène aussi les amours !
Viens dé nos cheyaliers, Des Français dignes de^ mémoira.
Orner les fronts guerriers De myrthe et dé' latnieirs.
Par M. Mauclerc.
15 Février 1806. — Ua décret impérial, donné aux Tuileries, organisa pour le 25 mai suivant une exposition des produits de Tindustrie française, qui devait faire partie des fêtes consacrée» à célébrer les triomphed des armées françaises.
La pkipart des industriels de notre ville y firent figurer les productions de leur maison, et le jury chargé d'examiner les objets exposés, dans son rapport en date du 14 novembre 1806, décerM une mention honorable à la ganterie de Grenoble, dont les échantillons « parfaitement bien travaillés > avaient été présentés par MM. Ducruy aîné, Massu cadet, Ënnemond Durand, Dumoulin, Thibaud et M"* Victoire Chalvet, veuve Romand, tous fabricants de la même ville. Le môme jury donna également une mention honorable à M. André Jay, de Grenoble, pour son assortiment complet de peignes à sérancer le chanvre, c con^ truite avec soin et* généralement adoptés pour le sérançage ».
Puisque Toccasion s'en présente naturellement^ nous croyons devoir donner qu^qaes renseignements statis-* tiques sur l'industrie grettéKioisè- att' commencement de ce siècle.
En première ligne, nous placerons la ganterie, qui comptait comme principaux fabricants :
Jean Dacray (1705), occupant 280 ouvriers et produisant 12,000 douzaines; — Victoire Ghalvet, veuve Romand (1704)^ occupant 160 personnes et produisant 3,000 douzaines; — Jean Dumoulin (1778), occupant 270 personnes et produisant 4,000 douz.; — Joseph Thibaud (1720), occupant 210 personnes et produisant 3,000 douz. ; — Ennemond Durand (1768;, occupant 266 personnes et produisant 3,600 douz.; Jean Massu cadet (1780), occupant 244 personnes et produisant 4,000 douz. (1).
On comptait en 1806, â Grenoble, 50 maîtres gantiers enviroui 160 coupeurs, 50 dresseurs, 120 coloristes ou parenrs, 1>600 couturières et 800 brodeuses. La journée de travail variait, pour les hommes, de 2 à 3 francs, et pour les femmes, de 1 fr. à 1 fr. 50 c.
On employait par jour, en moyenne, 26 grosses de peaux de chevreau ou d'agneau, ce qui donnait par an 1,123,200 peaux, dont les deux tiers au moins de chevreau. Ces peaux étaient, pour la plupart, tirées d'Annooay, de Millioz, du Cheylard, de Romans et de Levignan.
La production s'élevait annuellement à environ 2 millions 300,000 fr., distribués ainsi qu'il suit : 920,400 fr. pour achat de peaux en poil, â raison de 118 fr. la grosse* 234,000 fr. aux mégisseurs, à raison de 30 fr. par grosse; 03,600 fr. aux teinturiers et pareurs, à raison de 12 fr. la grosse; 94,500 fr. aux dresseurs et coupeurs, à raison del fr. 50 c. par jour; 705,000 fr. à 2,350 couturières, bordeuses, cordonneuses ; 60,000 fr. à 200 brodeuses , et 192j500 pour frais d'entretien des ateliers et bénéfices.
Les lieux de débit de cette industrie étaient les départements français, TAmérique, l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie.
(I) Les chiffres entre parenthàses indiquent la date de la fondation de la fabrique*
Lt doozaiiie de gmnts ûçonnés TaUit de 18 i 33 franea. Si l'on compare la ganterie grenobloise, durant les premières années de ce siècle, arec ce qu'elle était ayant 1789, on troaye une sensible diminution dans ses produits^ que Ton peut éyaluer la moitié moins. CSette diminution était due principalement aux bouleyersements que yenait de trayerser la France et aux guerres continueUet qu'elle ayait soutenues, aux règlements prohibitif de l'Angleterre et â l'achat considérable que cettd natlcm faisait des peaux mégissées, enfin i l'établissement de manufactures de gants que l'on créait en Angleterre, em Saxe et en All^nagne.
Pour préyenir la concurrence étrangère, les gantieii#.^ de Grenoble sollicitèrent ardemment, â diyerses reprises^-; la prohibition absolue de l'exportation des peaux en poilj et un fort droit sur celle des peaux mégissées. l
Après la ganterie, l'industrie la plus prospère de Gre? noble était celle du peignage du chanyre. Les fabriqui les plus considérables étaient celles : de Pierre (1756), occupant 20 ouyriers et produisant 1200 qniii« taux ; de Jean-Baptiste Ghaloin, père et fils'^ occupi 15 ouyriers et produisant 300 quintaux ; et de Pli Jalifier (1710), occupant 15 ouyriers et produisant quintaux.
Les ouyriers gagnaient de 1 fr. 50 c. â 3 fr. par joui Les matières premières étaient tirées des enyirons Grenoble, et ensuite le chanyre peigné était yendu d; les départements du Midi, à raison de 90 â 250 francs quintal. La matière première était payée de 20 à 50 tram le quintal.
On comptait encore les fabriques suiyantes à Grenoble, Fabriques de ratafia de Camille Teisseire ; de Piei et Joseph Teisseire, père et fils (1720) ; de Pierre Pay*v raud et André Ferouillat (1750). Cette liqueur qui sè^ yendait 3 francs le litre était principalement yendue en^^ France, en Italie, en Allemagne et en Espagne. Les ou-^e^
Triant qui j trtYaillaient gagnaient 2 fr. 25 c. par jour.
Tunerie de XàornB Arnaud (1785), oeonpant 3 ouyriers
iifr. 50 c. par Jonri et prodoisant 400 coin vache et
SOOcDim yean, débités dans les environs de la ville, au
jfàtàe 1 fr. 35 c. i 1 fr. 40 c* la livre vache et de 2 fr.
Delà livre veau. Les matières premières tirées de
; GniKible, de Moirans et de Genève étaient payées, le
m en poU, 26 sous la livre, le tan, 7 fr. le quintal et
iTÉSiA, 1 fr. la livre.
Mégisserie de Joseph Pourat (1802), occupant 15 ou-
vfan ajant une rétribution de 2 francs par Jour. Cette
Ikriqne qui tirait ses produits des départements du Midi
Ati Piémont au prix de 12 fr. la douzaine de peaux,
kl éeoulait i Grenoble même moyennant 1 fr. 50 c. la
|ai; on en mégissait 360 grosses environ, par an.
Ghunoiseries de Navizet atné (1719), Charles Buisson, Jbfliien Paul aîné et Marc Avril. Ces fabriques qui occu- 16 oavriers, i raison de 2 fr. et 2 fr. 25 c. par (Vendaient aux départements du Midi, i l'Espagne, àniilie et A TAllemagne environ 1200 peaux de veau, Mds chèvre et 1200 de mouton, à raison : le veau, do &fc fli 5 fr. 50 c, la chèvre, de 5 fr. et le mouton, de fr.— Les peaux étaient tirées : celles de veau, du ten et dn Nord de la France, à raison de 3 fr. à 3 fr. •.; celles de chèvre, de l'Isère, du Mont-Blanc, de st de la Corse, à raison de i fr. 50 c. ; celles de , de la France, â raison de 2 fr. la peau.
e de bergame ou tissu de poil de chèvre et
de Charles Martin (1727), produisant 2è pièces
IB| fcbriquées par un ouvrier gagnant 1 fr. 25 c,
2fr. 50 c. le mètre dans les environs. Le poil de
valait 60 c. le kilogramme et les étoupes 60 c.
lUvique de tissus de coton de Thomas Hache-Dumi-
(ITrë), occupant 12 ouvriers rétribués à raison de
1 80 c. la Journée. Elle produisait 7000 aunes de
v^us à raison de 4 francs Faune dans les dép.
de l'Isère et du Mont-Blanc. Le coton était tiré de Marseille, à raison de 2 fr. 25 la livre, et le ôl de Grenoble, à raison de 2 fr. la livre.
Les mêmes possédaient encore à Grenoble une filature de coton, occupant 30 ouvriers payés 1 fr. 25 c. et 1 fr. 50 c. et produisant 200 quintaux, vendus dans les dép. de risère et du Mont-Blanc, à raison de 3 fr. 60 c. à 12 fr. la livre. La matière première était tirée de Bordeaux et de Marseille moyennant 2 fr. à 5 fr. la livre.
Grenoble possédait encore une fabrique de tissas de coton rayés et chinés: celle de François Pivot (1801). Les 4 ouvriers qui y étaient employés confectionnaient 1200 aunes vendues dans le département, à raison de 3 fr. 50 c. et de 4 francs l'aune. Le coton qui venait de Marseille était payé Tuni 3 fr. la livre et le chiné 4 fr. 50 c.
La veuve Sandrot exploitait une chapellerie, occupant 16 ouvriers à 2 fr. par jour, produisant 900 douzaines, vendues dans les dép. de Tlsère, des Hautes-Alpes, du Mont-Blanc et du Léman, 5 fr. 50 c. la pièce montée.
Le sciage et polissage mécanique des marbres qu'exploitait, depuis 1793, le sieur Etienne Bernard, occupait 4 ouvriers et rendait 4,000 francs.
On comptait enfin à Grenoble 32 fabricants de toiles occupant 139 métiers.
Î5 Juin 1806. — Une députation que le Conseil municipal de Grenoble avait envoyée à Paris pour féliciter l'Empereur sur ses nouveaux triomphes, est reçue ce jour-lâ â Saint-Gloud par Napoléon et Tlmpératrice.
M. Renauldon, maire de la ville, lut l'adresse suivante :
« Sire,
€ Vos fidèles sujets de la ville de Grenoble viennent « déposer aux pieds de Votre Majesté Impériale et € Royale le tribut d'admiration que leur imposent vos « triomphes, et le tribut plus doux encore de leur recon-
€ naissance pour toas les actes de votre goavernef ment.
< Yos victoires éclatantes, vos lois dictées par la sa-
< gesse ont également pour but d'assurer le bonheur des « Français et de pacifier l'Europe.
€ Les prodiges opérés par Votre Majesté ne sont dans € ses mains que des moyens de fonder la prospérité pu- € bliqne, de faire fleurir dans ses Etats l'agriculture, le I. c commerce et les arts. C'est la plus solide gloire; et Sa f Majesté l'a dit plus d'uno fois, c'est celle que préfère € son cœnr paternel.
< Noos supplions Votre Majesté de nous permettre de
< lai rappeler que, l'année dernière, elle daigna témoi- € gner, i Gbambéry, quelque regret de n'avoir pas di- € rigé sa route par la ville de Grenoble. Puissions-nous 4 jooir de cette faveur, lorsque Votre Majesté Impériale « ira visiter ses Etats ! Elle jugerait le bon esprit qui « anime nos concitoyens, déjà comblés de ses bienfaits ; € sa présence serait le plus grand.
< Les habitants de Grenoble se distingueront toujours € par leur fidélité au gouvernement de Sa Majesté, et € par leur respectueux dévouement à son auguste perm sonne.
4C De Votre Majesto Impériale et Royale, les très- « fidèles sujets, députés de la ville de Grenoble. >
L'ESmpereur répondit qu'il était très-sensible à tous les sentiments que lui portaient les habitants do sa bonne ville de Grenoble ; qu'il venait de promettre aux députés de Venise de visiter leur cité dans le courant do Tannée, et que, très-certainement, il passerait à Grenoble ou en allant ou en revenant d'Italie.
Outre M. Renauldon, la députation se composait de MM. de la Porte; Charles Durand, n/goci an t; Augustin Perrier, négociant ; Berlioz, négociant; Camille Teissère, négociant, tous membres du Conseil municipal; de Saint- Vallier, ancien capitaine de vaisseau et membre du col-
lége électoral; Barrai, colonel da génie; Rolland, Juge suppléant â la Cour criminelle; Lemaistre, inspecteur de renregistrement ; Aohard, receveur des contributions ; Lestelet, garde d'honneur de Sa Majesté; Pasquier, membre du Conseil général du département, et Jaj, con* servateur du musée de peinture.
â9 Juillet 1806. — Un arrêté du maire de Grenoble ouvre les nouveaux abattoirs que venait de faire construire la Ville sur le quai de la Graille^ hors la porte Gréqui^ en remplacement de Tancienne tuerie, dont TStat avait acquis remplacement pour ragrandissement de l'arsenal.
Durant le même mois de juillet, les ingénieurs chargés d'établir un télégraphe entre Lyon, Grenoble, Turin et Milan, choisirent le sommet de la Bastille pour j emplacer un signal.
3 août 1806. — L'empereur reçoit en audience, à Saint-Gloud, une députation du conseil général et des conseils d'arrondissement du département de Tlsère, qui était allée le féliciter sur ses triomphes. Napoléon s'en<quit avec intérêt des besoins du département et particu* lièrement de divers détails sur la route d'Italie par le Mont-de-Lans et le Lautaret. Cette députation était com«* posée : pour le conseil général, de MM. Louis Rojer, Joseph Pasquier (1), Jean-Baptiste Rogniat (2), Louis-
(1) Né à Grenoble en 1753 et décédé en 1826. Ancien receveur du grenier à sel, il fut nommé conseiller général en Tan XII.
(2) Né à Saint-Priest, le 8 octobre 1750. Ancien notaire à Chanas, il devint administrateur et membre du directoire du département de Tlsère en 1790; député à l'Assemblée législative en 1791 ; membre du conseil général en l'an VIII et maire de Ghanas.
Bdthaur Farcoqaetp-IUchaino&t (1) et Prtnçois Dtvid ; flt pour les conieilfl d'arrondiisement, de MM. Jean- Pul Didier, Aagastin Perier, Lonis Broal, Claude Mu« rj!, Jean-Antoine-François Tranchand, Jean-Marie PeeoQd, Pierre-Joseph-Didier de Boissieu (2) et Victor Gérard.
iS août ±806. — Célébration pour la première fois, irec grande pompe et solennité, de l'anniversaire de la Biissance de Napoléon.
Dans Tapréa-midi eut lieu i la cathédrale un Te Deum précédé d*ane Invocation et d*un hymne d'allégresse que éhaatèrenty avec accompagnement d'orchestre, M. Lamptrelliy membre de la musique particulière du roi d'Ësfigne, et M"'* Giorgis, artistes de passage; les paroles et Il musique de ces chants avaient été composées pour la
dreonstance par MM. Bardel, de Grenoble, Lamparelli
et GiorgiSy premier violon du roi de Sardaigne.
Invocation.
Dieu toat-puisaaat ! protège, affermis la couronne Da Grand Napoléoa, du Héros des Français !
Ha reçu de toi les vertus et le trône
le loi remis ta foudre... Il nous donne la paix;
Qu'il rè^e dans nos cœurs pour prix de ses bienfaits !
Strophe.
Peuplas et vous guerriers, compagnons de sa gloire. Célébrons par nos chants, dans ce jour solennel,
(l) Né A Tullins en 1752, décédé en 1829. Banquier à Lyon, l^monbre du directoire et de Tadministration centrale du ilfirtementde l'Isère et ensuite membre du conseil général.
P) Fila d*un médecin, il naquit à Saint-Marcellin le 15 mars flSl et y mourut le 25 novembre 1812. Avocat et lieutenant fc police à Saint-Marcellin, il fut nommé membre du directe du éépartement en 1790, et ensuite envoyé à la Conven- Oû remplacement d'un membre absent en 1792.
La fête du Héros, enfant de la Victoire, Et bénissons en lui la main de l'Eternel.
Le soir, le Jardin de Ville et tous les édifices forent illuminés ; des danses et des concerts publics se prolongèrent jusqu'à une heure avancée de la nuit.
17 mars 1806. — Quelques habitants de Grenoble, voyant avec peine que cette ville était menacée de manquer de spectacle^ et voulant prévenir la chute du théâtre, proposèrent une souscription qui pût assurer au directeur une partie des fonds nécessaires pour le soutenir avec le plus d'éclat possible. La circulation d'un prospectus répandu à cet effet ayant réupi un grand nombre de souscripteurs, par arrêté du 17 mars 1806, le maire form^j parmi eux une commission chargée de surveiller l'emploi des fonds provenant des souscriptions, ainsi que l'exécution des engagements du directeur.
Quelques jours plus tard, le 2 avril, les membres de la commission théâtrale dressèrent un cahier des charges qu'accepta le sieur Colson, directeur de spectacles. Le prix de l'abcmnement était, pour un homme, de 96 francs, et pour une dame de 60 francs. Le directeur devait donner au moins 170 représentations pendant Tannée théâtrale, du V^ mai au 15 juin et du 15 septembre à la veille des Rameaux.
L'établissement d'un théâtre permanent et régulier à Grenoble ne remontait qu'à l'année 1768. Auparavant, les représentations de troupes ambulantes avaient lieu sur des tréteaux m*^^ biles élevés pour la circonstance, dans le jeu de paume de l'ancien hôtel de Lesdiguières, au lieu où se trouve encore de nos jours le théâtre actuel. C'est ainsi que Molière avec sa troupe donna plusieurs représentations à Grenoble, en 1658.
Le 27 févHer 1736, la représentation des pièces intitulées le Glorieux et la Pupille^ donnée au bénéfice des
^paiiTres de THôpital général, par la troupe d'un nommé Le Sage, prodaisit 312 liyres 17 sols et 9 deniers, sur lesquels on dut prélerer les frais, qui s'élevèrent i 79 1. 17 8. (location da jea de paume, chandelles, six symphonistes^ acteurs, affiches, ralets, souffleur et perruquieri>) .
En 1767, des lettres-patentes du roi, données à Versulles le 30 ami, autorisèrent la Ville de Grenoble à acquérir^^ pour la construction d*une salle de spectacle, une portion de la maison et le jeu de paume, qu'elle avait éUe-méme acheté des héritiers de Villeroy, en 1719, et revenda l'année suivante à M. Morel de Montrivier*, conseiller au Parlement.
La salle fut construite en huit mois, et la première pièce y fut jouée le 27 novembre 1768, par une troupe dirigée par Baron, arrière-petit-fils du célèbre collègue de Molière.
Le règlement du 25 avril 1807, rendu en exécution du décret du 8 juin précédent sur les théâtres, comprit la ville de Grenoble dans lé troisième arrondissement théâtral, et décida que sa troupe donnerait également des représentations dans les villes voisines : Vienne, Valence, Montélimar, Romans et Ghambéry.
A cette époque, la troupe de Grenoble comptait 9 acteurs ayant part dans les bénéfices, 12 artistes à appointements fixes^ 11 musiciens^ 10 gagistes (buraliste, portier, habilleuses), 3 garçons de théâtre et 1 perruquier.
En 1815, Grenoble fut compris dans le dix-huitième arrondissement théâtral et sa troupe devait parcourir les localités suivantes : Grenoble, en avril et mai ; Ghambéry, en juin et juillet ; Grenoble, du 1" au 20 août; Valence, du 21 août au 15 octobre ; Grenoble, du 16 octobre à la fin du carnaval ; enfin Ghambéry, le reste de Tannée.
L'ordonnance royale du 8 octobre 1824 classa la ville de Grenoble dans le quatorzième arrondissement : la troupe alors se composait d'un directeur, d'un sous-di-
recteur, de deux régisseurs, douze artistes hommes, huit actrices, six aory^^hées tant hommes que dames,
En 1833^ Il troupe théâtrale de Grenoble avait acquis une importance plus considérable ; outre dix personnes attachées à Tadministration, elle se composait de quatorze acteurs ou chanteurs, de onze dames et de seize musiciens. Elle représentait tous les genres, opéras^ opérettes, comédies, yaudeyiUes et drames.
Î7 mars 1806, -^ Un décret impérial affecte au ma<^ réchal Nej la présidence à vie du Collège électoral du département de Tlsère, séant à Grenoble.
3 novembre 1906. — Ouverture du Grand«Sémi* naire de Grenoble, placé sous la direction de M. Tabbé Clément Bossard, ancien directeur d'un séminaire de Paris. La bénédiction solennelle de la chapelle de cet établissement eut Heu le ?S mars de Tannée suivante.
10 décembre 1806. — Ouverture des cours dé TEcole de médecine, de chirurgie et de pharmacie de Grenoble, qui avait été réorganisée par un décret impérial rendu à Berlin le 20 novembre précédent. Ces cours, réglés par un arrêté du ministre de l'intérieur^ du 17 septembre 1807, furent remplacés, en 1823, par une Ecole secon-r daire de médecine, aujourd'hui désignée sous le nom d'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie. Les premiers professeurs de cette école furent : François BiUerey (clinique interne, matières médicales et théra-!peutique); François-Marie-Hippolyte Bilon (anatomie et physiologie); Jean-Baptiste Bilon (clinique externe) ; Gabriel Silvy (pathologie externe), et Bernard Fournier (opérations et accouchements).
12 février 1807. — Décès, i Grenoble, du médecin Etienne Trousset-Berard^ dont 90us nvons eu déj|i
owirion d'atquiflMr la biographie, à propoi de Tépidëlia qjn ddaola notre Tille en Tan YIII. Ses obaèqaea, moelles aanatèrent tous lea membres des sociétés sauta de Grenoble et les personnes les plus distinguées , mat lîea le 14 février. Le 20 avril sairanti M. Gham* nDion-Figeac prononça son éloge A la Société des scien-
■ et artSy et le Mag<uin encyclopédique de Miilin lu i OBsaera une notice biographique. On tronvera Ténumé- Ition dee osoTres de Trousset dans la Biographie du ïtmphiné^ d'Adolphe Rochas, ce qai nous dispense de
■ éanmérer ici ; cependant nous ajoaterons qu'il avait aUîé dans lee Annales de Chimie une savante disserition sur la Dranepiration du gax azote^ dont il avait Ktla découTerte, et qu'il avait lu à la Société des scien- SB et des arts de Grenoble, dont il était membre, les fthnoires suivants : Mémoire sur les eaux minérales h département de V Isère; — Mémoire sur l'organe b la voiœ ; — - Notice sur les mines et eaux minérales h département de V Isère ; — Consultation sur une Mladie compliquée de calculs et de goutte. Enfin, IL Benriai«-Saini-Prix, auquel Trousset avait légué ses ■Monrits, donna lecture à la Société des f[ci6Dces et arts h Grenoble^ d'un travail que ce dernier avait préparé ID la Fièvre puerpérale.
iî février 1807. — Le nommé Perret, qui avait 4ti condamné à la peine de mort par le Tribunal criminel
Grenoble, est conduit sur la place Grenette pour j sulUrrezécotion de son jugement; mais, soit que Tinstru-
it du supplice fût détérioré, soit que l'exécuteur n'eût lu ]^s tontes les précautions désirables, l'instrument ne Fodoisit point son effet habituel, et, déplus, l'exécuteur, ift voulant remonter le couperet, cassa la corde qui le nteiudt, et se trouva ainsi dans l'impossibilité de mettre Ihirexécution. Alors, les spectateurs, emportés par un dsioal entendu, se précipitèrent sur l'écha&ud, renver-
gèrent l'exéeotear, le roaèrent de coups et le foolèreiC; aox pieds ; ce ne fat qu'à grand'p^e qae la gendarmerie^ parvint â Tarracher des mains de la popolace et à le tran»» porter à l'hôpital, où il ne tarda pas à expirer. De soi côté, le patient) qui avait été mntilé par le coateao^: s*était aossi réfugié à l'hôpital, d'oà il fut, le soir mômCi transféré i la maison d'arrêt. Trois jours après, le 14 du même mois, il fut de nouyeau conduit sur le lieu du supplice, dont toutes les avenues étaient gardées par de forts piquets de troupes et plusieurs brigades de gendarmerie. Il fallut toute la force et toute Tadresse de l'exécuteur de Ghambérj et de ses aides, qu'on avait mandés tout exprès pour terminer cette exécution, car le supplicié, doué d'une force peu commune, fit une résistance désespérée.
20 mars 1807. — Un décret impérial donné à Osterode, désigne la ville de Grenoble pour être Tune des cinq villes de France où devait s'organiser une légion de réserve de l'intérieur. Cette légion, qui devait compter quatre mille hommes fournis par vingt- six départements^ fut placée sous le commandement du sénateur, général comte Valence, qui arriva à Grdnoble le 29 juin suivant. Une garde d'honneur, composée déjeunes gens de la ville, commandée par M. Lavauden et précédée d'une musique, alla a la rencontre du général et l'escorta jusqu'à l'hôtel de Montai, où il fut logé.
Le 12 juillet, les Loges maçonniques de Grenoble, la Parfaite Union et V Humanité , offrirent une fête splendide au comte Valence, qui était G. .*. , représentant du Sérénissime Grand-Maître de l'Ordre maçonnique de France. A la fin du repas, qui comptait deux cents couverts, la Loge de la Parfaite Union offrit au général Valence, l'un de ses membres, une médaille commémorative en or, ornée de son chiffre et de celui de la Loge. Quelques jours plus tard, le 30 juillet, la Loge des Cœurs
constants donna i son tour au gAéral Valence un brillant repaiy auquel assistaient cent cinquante personnes.
2i mars 1807. — Un arrêté du maire de Grenoble organise le corps des sapeurs-pompiers , qui compta 150 hommes, répartis en neuf divisions, placées sous les ordres de trois directeurs et d'un sous-directeur pour la division eoutra-^muros. Le matériel ne comprenait alors que deux pompes emplacées, Tune rue du Quai, l'autre me Saint-Laurent ; 526 mètres de boyaux et 310 paniers doublés de cuir.
En 1815, le corps des sapeurs-pompiers, déjà plusieurs fois remanié, comptait deux compagnies, l'une de sapeurs, forte de 88 hommes sous les ordres de 3 officiers, l'autre de canonniers-pompiers, forte de 58 hommes et de 2 officiers. Les pompes, à la même époque, étaient au nombre de quatre : quatre grandes pompes étaient remisées dans les magasins de la Ville, à côté du théâtre, et une petite pompe se trouvait au faubourg Très-Gloîtres.
Le service des incendies avait été organisé dans notre ville ensuite d'un arrêt qu'avait pris le Parlement de Grenoble, le 16 avril 1750 La municipalité acheta alors deux grandes pompes, deux moyennes et six petites, ainsi que 600 seaux d'osier goudronnés et doublés de cuir de vachô. Ces pompes furent emplacées dans les bâtiments des RécoUets^ des Augustins, des Frôres et des Capucins. En même temps avaient «été formées une compagnie d'ouvriers et quatre compagnies de pompiers de 50 hommes chacune, placées sous les ordres d'un capitaine, d'un lieutenant, d'un inspecteur, d'un directeur et d'un sousdirecteur. Les hommes étaient uniformément revêtus d'une veste de toile blanche et portaient un bonnet avec plaque en laiton sur laquelle étaient gravées les armes de la Ville
18 avril 1807. — On reçoit à Grenoble douze éta-
Ions proTenant da haiKs de la Vénerie, qui devaiest constituer le premier fond d'an nouvel haras que le gou» ; yemement avait l'intention de créer dans le département ; de l'Isère. Ge dépôt d'étalons placé par le préfet, sous la ^ direction de M. Dastier (1), ancien inspecteur des haras ' rojaux dans le Dauphiné, fut établi proyisoirement dans les bâtiments de l'ancien couvent des Garmes, au faubourg Très-GIoltres. Installé en vertu d'un décret du 7 avril 1800^ dans les bâtiments de l'ancien monastère de Sainle^» 4 Claire, à la place occupée de nos jours par le marché '] couvert, le haras de Grenoble fut transféré, en 1818, au château de la Plaine. Gette nouvelle installation coûta i ^ l'Etat 83,390 francs, sur lesquels la ville de Grenoble }. fournit 7^000 francs et le département 16,009 francs. Ge  haras subsista jusqu'en 1840, époque à laquelle il fut sup- \ primé, et les bâtiments vendus â l'œuvre du Bon- Pasteur.
Mai 1807. — Durant les derniers jours du mois de mai 1807, arrivèrent â Grenoble trois Frères des Ecoles chrétiennes. Voici en quels termes les Annales du dé-^ partement de l'Isère rendirent compte de la réception qui leur fut faite :
€ L'arrivée des Frères de l'Ecole chrétienne dans notre € ville a causé parmi le peuple la joie la plus vive et a « donné lieu à une scène bien attendrissante. Ils n'eurent € pas plutôt mis pied à terre, que M. le Maire de Greno«- € ble, après les avoir accueillis avec la plus cordiale € bienveillance, les conduisit, accompagné de M. le o.uré « de la Cathédrale (2), dans ïa maison qui leur était des-
(1) Confirmé chef du dépôt d'étalons de Grenoble, par décret du 23 novembre 1809.
(2) Le curé de la Cathédrale était alors M. d'Oudard de Lagrée, qui apporta tous ses soins au rappel des Frères â Grenoble.
tinée, rae Saint-lAarent. Le peuple, en les vojanti les reoonnut bientôt i leur costume. Ge ne fat qn'an crî général d'allégresse. Les artisans sortirent de lears ateliars ; hommes, femmes, enfants, tous s'empresseaèrent autour d'eux. M. le Maire fut comblé de bénédictions, et les respectables Frères, des témoignages les plus authentiques d'affection et d'estime. »
Les premiers frais de l'installation des Frères à Gre- »ble forent couyerts par des souscriptions qui s'élevèrent la somme de 2,400 francs (1), et leur ancienne maison la rue Saint-Laurent leur fut rendue en vertu d'une iration du Conseil municipal, prise le IQ juin 1807 : ville s'engagea à y faire les réparations nécessaires et compléter le traitement des Frères, en cas d'insuffisance
souscriptions.
L'ouverture des deux premières classes eut lieu à Saintlurent le 1*' juillet ; eue avait été annoncée au public un avis du maire Renauldon, en date du 25 juin, que loos croyons devoir reproduire en partie :
€ L'absence des Frères des Ecoles chrétiennes et gra- [c tnites causait depuis longtemps les regrets d'un trèsc grand nombre d'habitants de cette ville, qui, n'ayant |« pas les moyens de payer les frais d'instruction de leurs |€ enfiuits, avaient la douleur de voir qu'ils perdaient les ic plus utiles, les plus belles années de leur jeunesse dans i€ une funeste oisiveté.
€ L'administration municipale vient d'assurer le rétak blissement de cette intéressante institution, qui existait )< à Grenoble depuis cent ans (2). >
(1) Voir, à œ sujet, deux appék adressés au public, sous ce jlitre : Ecoles chrétiennes; l'un du mois de jyin 1807, Tautre Un 9 mai 1808.
(2) Les Ecoles chrétiennes de Grenoble avaient été créées jen 1707 par Tabbé de La Salle lui-même, sur la demande qui hi en fut faite par M« de Saléon, ch^inoine de Saint-André ,
Au mois d'octobre suivant, une seconde école fat ooverte, rue des Mûriers, dans les bâtiments qu'occupaient, avant la Révolution, les Orphelines. En 1812, une troisième école fut établie dans les bâtiments de la Halle, et le nombre des Frères fut porté à onze. En 1814, les Frères cédèrent leur local de la Halle à la gendarmerie, et réunirent cette école à celle de la rue des Mûriers. En 1824, la ville prit à sa charge le traitement de douze Frères, à raison de 600 francs par an pour chacun^ et en 1853, fit construire, moyennant 54,000 francs, non compris la valeur du sol, qui lui appartenait, l'école actuelle de la rue de La Salle.
9 août 1807. — Le maire de Grenoble, accompagné de ses adjoints, les commissaires et offîciers de police, et les principaux employés de la mairie, tous à cheval, escortés de 500 hommes sous les armes, tant de la garnison que de la garde bourgeoise, et précédés d'une musique composée de plus de 60 amateurs, parcourent les divers quartiers de la ville pour y faire la proclamation des traités de paix conclus avec la Russie et la Prusse. Durant cette promenade, le canon ne cessa de tonner et toutes les cloches sonnèrent. Le soir, il y eut de brillantes illuminations.
22 octobre 1807. — Décès à la Tronche, près de Grenoble, de l'abbé Jean-Baptiste PoUin, romancier et moraliste, membre de plusieurs sociétés savantes, né à Grenoble, le 12 décembre 1729. On lui doit entre autres
et par M. Tabbé Canal, conseiller-clerc au Parlement, au nom d'un comité formé à Grenoble, pour Tinstruction de la jeunesse. On trouvera divers renseignements intéressants sur les Ecoles chrétiennes de Grenoble, dans le Vrai Iwre du peuple^ de M. Frédéric Taulier, et dans une brochure intitulée : Appel à la charité en faveur des Ecoles chrétiennes de Grenoble,
publications : Le Citoyen des Alpes, le Hameau de TAgnelas, et diverses idjUes : Tabatières, Phœhé, SopMsj etc. Il avait la, en Tan VU, à la Société des sciences et arts de Grenoble, dont il était membre, un roman politique intitulé : Polydore,
29 novembre i^07.— L'Œuvre des orphelines prend possession du deuxième étage d'une maison située rue des Mûriers, que la municipalité de Grenoble avait libéralement mis à sa disposition. Cette institution charitable, établie en 1638, et supprimée durant la Révolution, aTait été reconstituée en 1805, par M. d'Oudart de Lagrée, curé de la cathédrale. En 1817, les dames directrices de cette Œuvre achetèrent une maison place des Tilleuls, oà est encore aujourd'hui installée cette institation, placée, depuis le 20 mars 1828, sous la direction des sœurs de Notre-Dame-de-Sainte-Marie.
25 août 1807. — Un arrêté du maire de Grenoble confirme TŒuvre de la Miséricorde. Cette association de dames pieuses, qui se propose pour but de donner aux prisonniers des secours temporels et spirituels, avait été établie à Grenoble, en 1777, et reconstituée en 1801.
23 décembre ±807 . — Décès à Grenoble de Pierre- Vincent Ghalvet, littérateur, membre de l'Académie celtique de Paris et de la Société des sciences et arts de Grenoble, né dans cette dernière ville en 1767. Destiné à rétat ecclésiastique il entra d'abord dans les ordres, puis, abandonnant cette carrière, il alla passer plusieurs années à Paris où il se ût admettre à l'École normale. Il revint ensuite dans sa ville natale, où il fut nommé professeur d'histoire à l'Ecole centrale du département de risère, lors de la création de cette institution en l'an IV. Après la suppression de l'Ecole centrale, il ne fut pas compris dans le nombre des professeurs du Lycée, mais
fut nommé bibliothécaire adjoint. À la mort de M. Ducros, en 1807, il devint bibliothécaire en titre (1).
Voici la nomenclature des ouvrages qu'a publié Ghalvet : I. Observations sur l'état présent de la littérature française, Grenoble, Giroud, in-8, 20 pp. — IL Journal chrétien, ou Vami des mœurs, de la reli" gion et de la paix ; puis, ou Vami des mœurs, de la religion et de V égalité. Grenoble, 1791-92, 2 vol.,m-8. — III. Les qualités et des devoirs d*im instituteur public. Paris, Lavilette, 1793, in-8, 70 pp. — IV. -Bibliothèque du Dauphiné, par Guy Allard, contenant l'histoire des habitants de cette province qui se sont distingués par leur génie, leurs talents et leurs can^ noissances. Nouvelle Edition, revue et augmentée. Grenoble, Giroud, 1797, in-8, de 340 pp. — V. Discours sur r étude de V histoire ancienne, prononcé le î*^ fri^ maire, à la rentrée des Ecoles centrales du département de V Isère. Grenoble, Giroud, 1797, in-8, 16 pp. — VI. Discours prononcé à la fête du 14 juiU let. Grenoble, Gadou et David, 1799, in-8, 8 pp. — VII. Discours prononcé le 10 fructidor à la fête de la vieillesse. Grenoble, Gadou et David, 1799, in-8^ 8 pp. — VIII. Rapport sur Vétat de V instruction publique dans le département de V Isère. Grenoble, Gadou et David, 1799, in-8, 24 pp. — IX. Extrait raisonné de r Eloge de M. Ricard, préfet de V Isère, Grenoble, David cadet, 1800, in-8, 8 pp. — X. Eloge historique de Moreau de Vérone. Grenoble, 1801, in-8 {Fr. litt. de Quérard). — XL Discours servant dHntroduction à un cours de philosophie. Grenoble, 1806, in-8. — XII. Poésies de Charles d'Orléans Grenoble, Giroud, 1803, in-12, de 420 pp. — XIII. V Eclipse, ode. Grenoble, 1803, in-4, 8 pp. — XIV. Il a été un des
(1) Voir sur Chalvet, la Biographie du Dauphiné y de M. Rochas.
principaux rédacteurs du Clairvoyant , journal publié à Grenoble, de 1797 à 1800, chez Gadou et David, petit in-4, de 546 n*«.
De l'an V à Tan XI, Ghalvet a lu à la Société des sciences et des arts de Grenoble, les Mémoires suivants : — I. Rapport sur la translation du mausolée de Bayard, de l'ancienne église de la Plaine, au Musée de Grenoble (15 prairial an Y). — II. Mémoire sur la législation de Moïse et les mœurs des Hébreux (30 nivôse an YII). — m. Notice sur Tbistoire et les antiquités du département de risère (14 prairial an VII). — IV. Mémoire sur rétablissement d'une Ecole de musique à Grenoble (an XI)
27 janvier Î808. — Messieurs Adnet et Dugrand, artistes distingués du théâtre de la Porte-Saint-Mari in, dëbntent sur la scène de Grenoble. Ils séjournèrent dans cette ville jusqu'à la fin de février, et jouèrent entre antres pièces : Le Vieux Célibataire, le Bourru bienfaisant, la Femme jalouse , les Frères de l'épreuve, VOncle mort et vivant, le Devoir et la Nature. Avant de quitter Grenoble, où ils avaient reçus l'accueil le plus flatteur, ils adressèrent au public les vers suivants :
AU PUBLIC DE GRENOBLE, le 26 février 1808.
Dans les domaines de Thalie, Près des champs où Fleury se plaît à moissonner, Où par Mole la palme fut cueillie, Naguère on nous voyait glaner.
Naguère on nous voyait essayer sur la scène, D'un pas que chaque jour rendait moins incertain
Le cothurne de Melpomène,
Que Talma chausse après Le Kain,
Mais on a fermé la carrière Où Tamour des beaux-arts nous avait introduits, Et le destin nous a conduits Aux rives que baigne Tlsère.
En approchant des bords illustrés par Boyard^
Où règno un goût héréditaire.
Nous avons redouté le jugement sévère
Des neveux du Gentil- Bernard,
Tel dans nos arènes glissantes Obtint quelques laurîers, qui les verrait flétris Chez un peuple formé par les leçons savantes
Des Condillaci et des Mablys.
Et qui de nous, suivant vos traces, Peindrait les penchants les plus doux, Sexe charmant, divines Grâces, S'il n'était inspiré pat vous ?
A répandre en ces murs les faveurs les plus chères, Un dieu sans doute prend plaisir ; L'autorité s'y fait bénir Et vos magistrats sont vos pères.
Tandis que de Servan les dignes successeurs, Au temple de Thémis rappelant l'éloquence,
Protègent la faible innocence
Contre ses puissants oppresseurs ; Que dans son sol natal l'arbre de la science Porte en tout temps et des fruits et des fleurs! Tels sont. Messieurs, nos vœux et nos hommages : ' Vos applaudissements flatteurs
Et vos honorables suffrages,
Nous les emportons dans nos cœurs !
Par MM. Dugrand et Adnet.
17 mars 1808. — Le décret interprétatif de la loi sur renseignement supérieur statua que Grenoble serait )e siège d'une Faculté des lettres et d'une Faculté des sciences.
Les premiers professeurs de la Faculté des lettres furent : Jean-Gaspard Dubois-Fontanelle (1), doyen
(l) Né à Grenoble le 29 octobre 1737, décédé dans la même ville le 15 février 1812. Voir sur ce littérateur la Biographie du Dauphiné, de M. Rochas.
I (histoire) ; Jean-François ChampoPion le jenne (professeur-adjoint d'histoire) ; Faguet (littérature française) ; Baston-Lacroix (littérature latine) ; Jacques- Joseph Ghampollion-Figeac (1) (littérature grecque) ; Lesbros (philosophie).
Ceux de la Faculté des sciences : Ghabert, doyen (mathématiques appliquées) ; Bret (mathématiques pures ) ; François-Mai'ie-Hippoly te Bilon (2) ( sciences physiques).
Les cours de la Faculté des lettres furent ouverts le 26 mai 1810, dans l'hôtel de Saint-Maurice, situé rue Neuve.
Supprimée par ordonnance royale du 18 janvier 1816, la Faculté des lettres fut rétablie en 1847.
7 juin 1808, — Débuts, sur la scène du théâtre de Grenoble, de M., M™* et M"® Taglioni, célèbres artistes danseurs de l'Académie de musique du roi de Naples. Ils se montrèrent dans divers ballets fort appréciés du public, notamment dans les Jeux de Paris et d'Œnone sur le mont Ida y Annette et Luhin^ Une demi-heure de caprice,
A la dernière représentation qu'ils donnèrent, le 19 juin, Tun des spectateurs, M. Lhostc, adressa à Taglioni les vers suivants :
Favori du dieu de la danse, Tu surpasses, dans ce beau jour, Nos désirs et notre espérance.
Gracieux, léger tour à tour, Tu captives tous les suffrages, Et le tribut de nos hommages N'est qu'un légitime retour.
Deux beautés, filles de Zéphyre,
(1-2) Ces deux professeurs furent suspendus de leurs fonctions le 9 novembre 1815.
Embellissent tes jeux charmants.
Et leurs pas légers et brillants Immortalisent ton empire.
Demeure sur ces bords heureux, Fixes-y le séjour des Grâces; Nous suivrons sans cesse leurs traces ; Nous applaudirons à leurs jeux.
Mais c^est en vain ; à Tltalie, Tu vas prodiguer tes faveurs, Et déjà l*aimable folie A semé ta route de fleurs.
Puisses-tu les fouler sans cesse Sans parvenir à les faner, Et goûter au sein de Tivresse Le plaisir que tu sais donner !
F. Lhostb.
15 juillet 1808, — Une délibération du Conseil municipal de Grenoble, approuvée par décret impérial du l®"" juillet 1809, organise un cours public de dessin dans le local du Musée de peinture et de sculpture. Ce cours fut ouvert le 14 novembre 1809, sous la direction de M. Jay, conservateur du Musée.
8 septembre 1808, — La légion portugaise au service du gouvernement français, arrive à Grenoble, pour s'y organiser définitivement. Cette troupe, à la rencontre de laquelle une partie de la population alla jusqu'à Eybens, amena à sa suite un grand nombre de femmes et de filles, dont un arrêté du préfet, en date du 12 mai 1813, ordonna en partie le rapatriement en Espagne et en Portugal.
9 mars 1809, — On joua, ce jour-là, sur la scène du théâtre de Grenoble, un vaudeville en un acte : Le Revenant ou Vesprit en défaut, qu'avait composé un élève de la Faculté de droit de cette ville. Le 24 mars suivant, on donna également pour la première fois un
opéra en troia actes, Oonzalve et Zuléma, dont les paroles étaient de M. Perret, employé à la préfecture et la musique de M. Lintant, directeur du spectacle de Grenoble. Ces deux pièces eurent beaucoup de soccôs.
2 juillet 1809. — Eniriron trois cents prisonniers de guerre espagnols, dirigés sur Bourgoin, pour y travailler au dessèchement des marais, séjournèrent à Grenoble, où ils furent logés dans l'église de l'ancien couvent des Carmes, au faubourg Très-Cloîtres.
2i juillet 1809. — Le pape Pie VII, prisonnier de l'empereur Napoléon, arrive à Grenoble à six heures du soir, accompagné du cardinal Pacca, du prélat Doria Pamphili, de son aumônier, de son médecin et de son chirurgien. Il fut logé à la Préfecture, tandis que l'on ût descendre les personnes qui raccompagnaient à l'hôtel de Belmont. Durant le séjour qu'il ât dans notre ville, le pontife se promena régulièrement chaque jour une demi-* heure environ sur les terrasses du Jardin-de-ViUe, d'où l'on faisait sortir le public qui allait se réunir dans le bois du jardin pour recevoir la bénédiction papale à travers les grilles. Le pape partit précipitamment de Grenoble dans la nuit du 2 au 3 août suivant.
6 octobre 1809. — Un décret impérial, en date de ce jour, donné au palais de Schœnbrunn, crée à Grenoble un Tribunal de commerce qui devait se coniposer d'un président, de quatre juges et de quatre suppléants. Les élections des premiers membres qui devaient le composer eurent lieu le 4 juin de l'année suivante. Furent nommés, président : Charles Durand ; juges : Augustin Perier, Pellat aîné, François Berlioz et Claude Ducruy aîné; suppléants: Joseph Chanrion, Antoine Barthelon, Henry Meunier et Dufresne. Ils prêtèrent serment le 29 janvier 1811 et furent installés par le préfet le 16 fé-
vrier suivant. La première audience eut lieu le 18 février dans le local qui avait été assigné à cette institution dans Thôtel Saint-Maurice, situé rue Neuve.
24 mars 1810. — Départ pour Paris, de M. Renauldon, maire de Grenoble, qui se rendait aux cérémonies du mariage de TEmpereur, auxquelles il avait été invité par la lettre suivante :
« Paris, le 16 mars 1810.
€ Le Ministre de Tintérieur, comte de TEmpire, à ^ Monsieur le Maire de Grenoble .
« L'Empereur verra, Monsieur, avec plaisir que les 4C maires des bonnes villes de l'Empire désignées par les € décrets de S. M. comme devant, aux termes de Tar- <r ticle 52 du sénatus-consulte du 28 floréal an XII, as- « sister à son couronnement, soient présents aux céré- « monies de son mariage. Sa Majesté vous autorise, en « conséquence, à venir à cet effet à Paris ; mais je vous
< préviens qu'il est nécessaire que vous y soyez rendu, « au plus tard, le 31 du courant.
« Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considé-
< ration.