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il , 112 MAXIMILIEN
Ne comprenant pas encore bien la trahison
de son favori, l’empereur espéra un moment que
la troupe designée par Lopez était la garde
| municipale. Il envoya un officier la reconnaître.
Lopez insista alors auprès du maître qu’il trahi-
sait, pour qu’il se laissa cacher dans une maison voisine,
L'empereur refusa dédaigneusement.
En ce moment l'officier détaché revenait au : grand galop annoncer que c'était l'ennemi.
N'ayant aucune force respectable sous la main, et Miramon n'arrivant pas, l’empereur donna l'ordre de se retirer vers le Cerro de las Campaê nas.
Lopez se garda bien de suivre son maître, Il piqua des deux et rejoignit aussitôt les républi- : | cains, pour les servir encore par son infamie.
| Tandisque tout ceci se passait dans une : partie de Queretaro, le général Miramon se || trouvant de grand matin dans les rues et appre- | nant tout à coup que les républicains entraient dans le Cruz, se dirigea vers ce derxier point,
où il croyait l’empereur en péril. Il fut rencon-
tré par un détachement républicain. Un officier s'avança et tira sur le général plusieurs coups de revolver, dont un tua son aide-de-camp Ordonez.
Miramon, revenu de sa surprise, prend son pistolet et ajuste l'officier. Au même instant il reçoit une balle dans la joue droite. Il répond coup pour coup ; mais étourdi, aveuglé par la douleur, il manque malgré son adresse ordinaire l'officier ennemi, et bat en retraite, en déchargeant ses derniers coups et en arrêtant avec son mouchoir le sang qui s'échappe de sa blessure avec abondance,
On le mena chez un médecin ; après l'avoir pansé, il alla dénoncer sa présence aux républicains !
Le général Méjia, plus heureux, parvenait à atteindre le Cerro de las Campanas avec une petite troupe de cavalerie et se réunissait à
Le colonel Gonzalez, des dragons de l’Impératrice, averti à temps, faisait seller à la hâte et
accourait former son régiment dans la plaine située au pied du Cerro.
L'empereur n’attendait plus que l’arrivée du général Miramon dont il ignorait le sort, pour faire une trouée.
Tous ces faits se passaient avec une rapidité | incroyable ; simultanément, dans toutes les
\ lignes arrivaient comme portées par des courants électriques, les funestes nouvelles de l'entrée des fl républicains dans la place, de la trahison du
colonel Lopez, de la blessure de Miramon et de la présence de l’empereur sur le Cerro de las Campanas.
La confusion devint horrible. Les républicains 1] faisaient sonner à toutes volées le: cloches des églises et tiraient sur tous ceux qu’ils rencontraient dans les rues. $ | Les cris de Wiva la libertad ! l'idée que : M toutes les lignes de défense étaient menacées | par derrière, l’assaut que les assiégeants se dispo- | saient à donner, les décharges d'artillerie, l’apparition des républicains sur différents points, tout
| fit naître une panique générale. Les chefs
perdirent la tête. Presque toutes les forces assiégeantes, moins la cavalerie, s’engouffrèrent dans les rues de Queretaro. La petite armée de Maximilien disparut en quelques minutes, dispersée ou faite prisonnière.
Instinctivement les officiers cherchaient à gagner le Cerro de las Campanas. Quelques-uns bien montés y parvinrent, mais ceux restés à pied étaient promptement atteints par les républicains.
Du Cerro, l'Empereur dominait ce désastre immense, irréparable, sans pouvoir rien faire pour l'arrêter.
A ce moment /as Campanas offrait un spectacle vraiment poignant.
L'espèce de redoute qui le surmontait, outre sa garnison, était remplie d'officiers et de soldats de tous corps et de toutes armes. Ils s’y étaient réfugiés comme des naufragés sur un radeau. A chaque instant, il en arrivait de nouveaux et l’on se croyait obligé de leur faire abandonner leurs montures, même de leur refuser l’entrée. Plus humains que le commandant, les artilleurs
les laissaient pénétrer par les embrasures.
La redoute était le point de mire de toutes les batteries assiégeantes. Les républicains tournaient aussi contre le Cerro nos propres pièces dont ils venaient de se saisir.
La position n'était plus tenable. Aussi l’empereur attendait-il Miramon avec impatience.
Il demandait si on n’apercevait pas ce dernier parmi les groupes qui acccuraient ventre à terre, Il interrogeait les nouveaux arrivants pour en avoir des nouvelles.
—Je n’attends que lui, disait Maximilien aux généraux Castillo et Mejia: je ne veux pas le laisser en arrière.
Mais après avoir formé son régiment des dragons de l’impératrice le colonel Gonzalez vint à l’empereur pour prendre ses instructions. Il lui annonça que Miramon avait été blessé à la joue et qu'on était en train de lui faire une douloureuse opération.
Affecté par cette nouvelle, l’empereur prit à part les généraux Méjia et Castillo et leur de-
manda si franchement il leur paraissait possible
de rompre les lignes de l’ennemi,
Le général Méjia prit une longue-vue et après avoir examiné attentivement la situation des lignes et des masses de cavalerie républicaine, ainsi que les obstacles à franchir, il répondit :
—Sire, passer est impossible : mais si Votre Majesté l’ordonne, nous tâcherons de le faire, Quant à moi je suis prêt à mourir.
Il fallait prendre une détermination. Le feu de l'artillerie républicaine redoublait ; les projectiles arrivaient et se croisaient sur la redoute. On ne pouvait y répondre que par cinq pièces. Les colonnes assiégeantes approchaient. Les dragons de l’impératrice—l'ancien régiment de Lopez—ne pouvaient rester plus longtemps formés à découvert au pied du Cerro sains être promptement exterminés par une pluie de feu.
Le colonel Gonzalez et ses braves officiers maintenaient les dragons avec difficulté. Ceux-ci, dont les rangs étaient troués à chaque instant, voulaient charger ou se mettre à couvert.
Convaincu de l'impossibilité de tenir plus longtemps et de l'inanité de toute espérance Maximilien se décida à envoyer son officier
GASEL HÉRTIPNEERETE AE