‹ Notes pour servir à l'histoire de l'empereur Maximilien [microforme]Chapitre 6 sur 33 · RD RS GE · texte numérisé non relu

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dans des endroits ténébreux qui ne sont éclairés que par les lumières de l’autel. »

Pendant cette croisière Maximilien protège ses coréligionnaires et sème partout le bien et la paix sur ses pas.

Mais en voilà assez. Dans ces pages prises au hasard dans son journal de route, je vous ai montré l'écrivain,

Jugeons maintenant le critique d'art et le poète,

Nous sommes à Florence,au palais Pitti. Maximilien écrit à l’archiduchesse Sophie sa mère.

—« La madone de Saint Sixte est une vierge calme, victorieuse, au regard profond et empreint d’une mélancolique fierté. Comme elle comprend la nature surhumaïne de l'enfant qu’elle porte dans ses bras, comme elle sait que ses mains sont le trône auguste du fils de son Dieu. On lit dans son regard qu’elle s’honore elle-même comme étant l’instrument immaculé de la puissance créatrice, qu’elle sent toute la grandeur de ses souffrances, mais aussi toute la splendeur infinie de sa glorification. C'est pourquoi elle s'avance sur les nuages comme la noble Reine des anges, pleine de majesté, et elle montre à la foule de ceux qui espèrent, le Sauveur du monde. Elle entend l’hosann1 des mille et mille bouches qui chantent l’allégresse, mais son oreille semble

aussi percevoir les lointaines clameurs du peuple

qui demande le Crucifiement. Nulle auréole n’entoure sa tête ; nul joyau ne relève son simple et modeste vêtement : la mère du Christ dans ce tableau n’a besoin d'aucune parure éclatante, d'aucun accessoire qui détourne le regard de l’objet principal, comme en emploient si souvent les artistes de nos jours pour diviser et distraire l'attention du spectateur. Le plus bel ornement de la madone de Saint Sixte est le divin Enfant, et la plus sainte auréole, l'éclat de ses grands yeux limpides qui remplissent d’une pieuse confiance ceux qui les contemplent, Ilÿ a dans ces yeux de la consolation, de la vérité et une profondeur infinie : la sérénité du ciel s’y refléte comme dans un lac tranquille. Et quelle création admirable que cet Enfant qui repose dans ses bras ! On devine en lui le Rédempteur : sur ses traits pleins de gravité on pressent la tâche divine qu’il doit accomplir ! Sous les boucles foncées s'ouvrent deux grands yeux noirs qui regardent fièrement sur le sombre monde du

péché comme s'ils voulaient dire :

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— Je triompherai de vous, pécheurs endurcis : tremblez devant l'Enfant qui vous jugera un jour et qui vous punira. |

« Et il se penche en arrière, il soulève ses | épaules comme pour se préparer, dans une attitude calme et sereine, à la lutte avec le monde. |

« Dans une autre salle où nous entrâmes, de | nombreux artistes étaient en train d'étudier la Vierge à la Chaise. Comme ces pauvres Madones doivent s’ennuyer d’être éternellement

copiées par la foule inintelligente des barbouil-

leurs ! Heureusement que ce sont des saintes femmes que la vanité ne tourmente guère.

Pourquoi donc fallait-il qu’en contemplant ce tableau de Raphaël, la madone de Saint Sixte

me revint toujours à la mémoire ? Cela tenait sans doute à la ressemblance des visages: toutes deux ont le même corps, mais elles n’ont point le [be

même esprit, la même expression, la même façon d’être éclairées par la lumière. Pour l’une c’est la lumière céleste ; pour l’autre la lumière de la terre, La Sixfina est une vision qui plane,

une image transfigurée après l'épreuve du com- | td

bat et de la douleur ; la madone à la Chaise est une femme de la terre pour qui l'heure de la souffrance n’a pas encore sonnée ; elle est assise

tranquillement et, si j'ose m’exprimer ainsi, à

l'aise sur ce siège que la gloire à venir n’a pas o

encore transformé en trône. Les plis d’un turban lui tombent sur l'épaule ; ses vêtements sont choisis. Elle se penche doucement sur son enfant : elle le serre dans ses bras: elle regarde le spectateuravec de grands yeux reflechis, comme Raphaël seul pouvait les peindre, et qui, tels que la lune dans une nuit calme et sereine, répandent dans le cœur malade des rayons d’une douceur ineffable et d’un profond apaisement.

« Raphaël a peint la madone de Saint Sixte avec des intentions célestes, la Seggio/a avec des inspirations d’un profond amour, la madone du Grand Duc avec un sentiment de pureté enfantine. Cette dernière est une calme et silencieuse prière, tandis que la Sixfina est une extase et que la Segero/a exprime l’admiration des œuvres du Créateur adressée à lui-même dans la personne de son Fils, Dans la Sixfina je vois sous

une seule et même forme la mère auguste du Christ et la servante du Seigneur ; dans la madone à la Chaise je ne vois que la mère heureuse et florissante ; dans celle du Grand Duc que l’humble et pieuse servante.

« J'aurais voulu pouvoir m'arrêter des heures entières devant la Vision d'Ezéchiel. C'est un petit cadre doré d’un pied et demi de haut sur un de large, et qui renferme le ciel dans sa magnificence et son immensité. Oui, c’est bien Dieu le Père que nous voyons ici, le Dieu créateur et souverain maître du monde. Le roi de l'univers est sur son trône de nuages, porté par les mystérieux symboles des évangélistes, le Dieu de l'Ancien Testament. C’est bien là Jéhovah devant la face duquel on s’affaisse tremblant dans la poussière, abimé dans l’adoration et en même temps relevé par la pensée consolante que chacun de nous a été créé à son image, et que l’âme immortelle emprisonnée dans cette enveloppe éphémère, émane de Celui qui était, qui est et qui sera La chevelure grise ondoie

majestueusement ; la barbe imposante flotte

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autour du visage tout rayonnant de grandeur divine et de puissance créatrice ; les bras étendus pour bénir s'élèvent au dessus des nuages qui ne sont point là rassemblés pour former un point d'appui et de repos, mais un trône glorieux. C’est une volupté céleste de méditer üevant ce tableau et d’abimer son âme dans cette contemplation sublime, On croit entrevoir l'instant suprême où l’on verra un jour le Maître face à face. L'art d’un Raphaël était seul capable de produire un pareil effet et de trouver sa récompense dans sa propre création.

« Je retrouvai ici Van Dyck dans son thème le plus admirabie, le royal et infortuné couple d'Angleterre. Ce ne sont que deux bustes ; je reconnus avec bonheur l’image vaporeuse et poétique de la noble reine, un peu différente de celle que possède le musée de Dresde, maïs remplie d’un charme original et d’une suave mélancolie. On voit là, Charles et Henriette en vêtements de deuil. »

Et Maximilien ajoute d’un ton presque prophétique :

« L'avenir a répandu comme un voile sur les traits sérieux de Charles ; il fût une victime de l’ordre le plus élevé, et n’eut que le tort de se soumettre à sa destiné avec trop de résignation et de douceur. 11 pécha par faiblesse ; il a du être infiniment plus gracieux et moins roide que Louis XVI. Il a été donné à tous deux, sinon de vivre, du moins. de mourir énergiquement.

Pourquoi faut-il que leurs femmes aient été si séduisantes et si belles? Pourquoi faut-il que ce qui est tendre et exquis. soit toujours froissé et brisé ?P »

Ce jour-là Maximilien: a-t-il vu dans l’avenir ? Ne lisons-nous pas entre ces lignes poignantesson nom et celui de la malheureuse impératrice Charlotte ?

La chapelle de Michel Ange, à San Lorenzo, lui déplaît souverainement, Elle lui produit une impression des plus désagréables, un effet glacial et repoussant.

«Ici reposent dans le sommeil de la mort, dit-

il à son entourage, des. cœurs: à jamais perdus,

et leur vaine philosophie en s’élevant à ellemême ce tombeau n’est parvenue qu’à exprimer le malaise de la conscience. Si Michel-Ange a eu de son époque une connaissance exacte et profonde, ce monument lui a merveilleusement réussi, et les statues indécentes qui l’entourent, dépourvues de grâce et d'âme si je puis le dire, ne montrent que trop clairement d’où soufflait l'esprit qui a hanté ces lieux. La position demi assise, demi couchée des grands Médecis exprime sous une forme sensible et matérielle, l’aversion d’une philosophie orgueilleuse et frivole pour le repos de la mort. Ils semblent se débattre et ne vouloir point du linceuil qu'aucune créature humaine n’a encore soulevé, mais qui recouvre dans la paix la dépouille du croyant. Ces monuments portent l'empreinte d’une lutte maladive de la grandeur terrestre contre le soi-disant néant: le marbre reste froid, et sous cette enveloppe de pierre la mort sembie ricaner et se moquer de la vie. Le mot paix ne saurait retentir sur ces tristes parvis qu'aucun souffle chrétien ne ré-

chauffe, »

En lisant cette page écrite par Maximilien, on songe involontairement à ces lignes du chapelain Burchard. Parlant d'un Médécis, il disait :

—Il mourut sève luce, sise cruce, sine Deo.

Tour à tour le groupe de Niobé avec ses enfants, le Vase de Médécis, la Flore du Titien, la Méduse du Caravage, l'architecture de la Tribune, la Vénus de Médécis, la rêveuse et superbe Æornarina, le Jean de Monfort et le Charles Quint de Van Dyck, l’'Hercule de Rubens, l’Adoration des Mages de Durer, l'Adam et Eve de Cranach lui arrachent des critiques et des descriptions pleines de logique et de vie.

Raphaël, Rubens et Van Dyck lui font faire les réflexions suivantes :

—( Sérieux et rêveur, consumé par une ardeur profonde, sans énergie virile mais sans faiblesse féminine, sorte d’être intermédiaire et mélancolique, n’appartenant à laterre que par une enveloppe frèle et nerveuse, moitié chérubin,

moitié génie, avec un regard profond, plein

d’une douce langueur, tel nous apparaît Raphaël

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dans un portrait charmant, C’est bien là le jeune homme qui a vu plus haut que tous les autres, qui dans l’extase de l’amour le plus brillant a exprimé par la peinture une philosophie profondément religieuse, et qui dans l’accès même du sentiment n’a rien perdu de la sincérité intelligente et de la force,

« Van Dyck est grand et beau comme ses admirables personnages ; c’est le peintre des princes et des grands de ce monde, un artiste aristocratique, et son portrait nous le présente bien ainsi, plein de dignité, de noblesse et de génie.

« Rubens nous a laissé son visage, un visage voluptueux et presque effronté, avec un regard entreprenant qui a savouré déjà bien des choses, une moustache finement retroussée, une expression saine et vigoureuse. Il peignait avec humour ; il aimait la plénitude des formes et la fraîcheur des chairs enlac "-" de guirlandes

bachiques, et ce même horr : capable de créer avec une foi éner: 1 rançois Xavier sublime, un imposant la Tout cela est

exprimé et se lit sur les traits du visage. Ra-

phaël succomba à l’ardeur qui le consumait lentement, Rubens florissait au sein des jouissances et des joies de la vie. Il y puisait sa force pour enfanter de grandes œuvres. »

La collection des chefs d'œuvres de la 7ribune de Florence laisse à Maximilien «l'impression que cause une société appartenant aux conditions et aux spécialités les plus diverses, aux âges les plus différents, aux croyances les plus opposées. »

«Ici, Adam et Eve, monarques et madones, Vénus et Apollon, bacchantes, enfant Jésus, fauves plongés dans l'ivresse, les temps de Raphaël et ceux de Praxitèle, tout cela est confondu et mis en harmonie par le sentiment véritable et le goût de l’art. La Tribune à elle toute

seule mérite que l’on fasse un grand voyage à

Florence. »

L'Espagne, Séville, l’Andalousie, Grenade vont maintenant accaparer l'esprit de ce poète.

La cathédrale de Séville est une merveille.

« C’est dit-il l’un des plus beaux monuments de l'art chrétien. La gravité du style gothique règne ici sous ces voûtes mystérieuses et i menses, surchargées d’ornements et de gracieuses dentelles frémissantes du souffle de la foi ; les élégants arceaux courent de pilier en pilier comme autant de fleurons d’un superbe diadème : les hautes fenêtres qui s’élancent vers le ciel et leurs sombres vitreaux qui répandent qu’une lumière adoucie et mystérieuse achèvent cet ensemble vraiment incomparable. A l’extrémité de la nef nous franchîmes la grille d’une chapelle assez grande. Ici reposaient les ossements de celui, sous le nom duquel j'ai été baptisé, celui de qui j'ai l'honneur de descendre et que l'Eglise a constitué mon principal défenseur devant le trône de Dieu. On célébra la grand messe derrière les grilles dorées du chœur. La cathédrale se montrait dans son imposante majesté, Le moment suprême de l'élévation arriva : les sons graves et touchants de l’orgue retentirent sous les voûtes gothiques, les têtes

des fidèles s’inclinèrent au son des cloches, une

colonne d’encens monta comme un nuage vaporeux au dessus de l’autel pour saluer le sacrifice auguste qui faisait descendre parmi nous le maître du monde, le Fils de Dieu. C'était un de ces moments sublimes, émouvants, solennels qui n’appartiennent qu’à la vraie religion catholique, et ravissent en adoration et en extase le cœur de l’homme. Je me sentis tout à fait transporté, et j'invoquai pour ma famille absente l'intercession de Saint Ferdinand qui a joint les exploits de l'épée aux pieux élans de la prière. Je me levai fier d’être chrétien. Je me sentis affermis dans ma foi, je me sentis rassuré à l’ombre toute puissante de l'Eternel. »

Nommez-moi un prince catholique qui a su

parler d’une manière plus sublime.

Pour Maximilien, l’Alcazar est «l’œuvre d’un peuple croyant mais pour qui n’a pas brillé la vétitable lumière. La sensualité qui joue un si grand rôle dans la vie musulmane a marqué de

son sceau cet édifice merveilleux. On s'étonne,

on admire et cependant on ne ressent autre

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chose qu’une excitation agréable de l’imagination :la gravité supérieure fait entièrement défaut. L’Alcazar est une tente royale et magnifique dont les colonnes élégantes soutiennent de superbes brocards de Damas, des tapis de l’Inde et des voiles de dentelles au merveilleux tissus. On regarde et l’on se demande si les tièdes haleines du vent ne vont pas soulever le voile de dentelle, si les tapis dorés ne vont juint se mettre à onduler sous la brise dusoir. Illusion merveilleuse produite par la magie de l’art oriental ! Les siècles ont passé, les générations se sont succédées sous ces voûtes féeriques, et les tapis de l’Inde sont encore là suspendues aux mêmes colonnes auxquelles les Califes les ont jadis attachées. Cette tente fantastique que les rois de l'Orient ont dressée sur les bords du Quadalquivir est bâtie toute en pierre et en

solides matériaux. Ces riches tapisseries, ces

ingénieux entrelacements de figures régulières qui témoignent de la science des maîtres qui les ont dessinés, ne sont autre chose qu’une mo-

saïque de briques peintes et de pierres délicate-

ment sculptées : ces voiles de dentelles qui ravissent nos yeux sont le travail à jour le plus léger et le plus fin qu‘une main humaine ait jamais façonné avec du mortier et de l'argile. Dans ces lieux ou florissaient jadis la splendeur et l'éclat du despotisme oriental, ne règne plus maintenant que le calme de la mort, et le pas de l'étranger retentit seul dans ces salles où les riches tissus de Cachemire protégeaient les pieds des Califes contre le froid du marbre, où les vapeurs légères de l'ombre montaient gracieusement sous les voûtes dorées, où les roses enlaçaient de leurs festons les colonnes de jaspe, ou = son des luths et le murmure des jets d’eau retentissaient dans le calme des nuits éclairées par la lune. »

Il visita seul l’Alhambra, avec un ami.

« La reine des nuits, dit-il, trônait radieuse dans le sombre azur ; les étoiles brillaient comme des diamants ; la nuit sereine et paisible avait je ne sais quoi de mystérieux. Les arcades et les portiques paraissaient plus gracieux, plus élancés que jamais sous cette lumière dont les

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k rayons inondaient les cours de marbre et danf saient comme des sylphes sur les eaux des fon- ! taines. Les bassins et les terrasses portaient le k sceau mystérieux des nuits andalouses, les roses

exhalaient en silence leurs parfums, une haleine

légère faisaient frémir le feuillage des orangers, et les calices d'ivoire du jasmin nous envoyaient le salut discret de leurs senteurs enivrantes. Les reflets de l’eau semblaient à une légion de lutins, dansant au bord des plates-bords, se perdant sous les fleurs couvertes de rosée, pour resê sortir et étinceler de nouveau à la clarté de la | lune, comme si, au milieu de leurs éclats folâtres k et parés de leurs robes d'argent, ils voulaient faire leur cour aux rayons de l’astre des nuits. « Shakespeare a rêvé le Songe d’une nuit d'Eté ; Mendelsshon en a entendu les harmonies et les

k chants : moi je puis dire que je lai vu !

h | « Du haut de la tour de Comack j'aperçus É vers l’orient la montagne du dernier Soupir du Maure—e/ uwltimo Suspiro del Moro. C'est ! de là qu’Abou Abdallah, le roi vaincu par les | | chrétiens, pût dans sa fuite apercevoir pour la

dernière fois sa belle Grenade et son féérique Alhambra. Il s’y arrêta quelques temps ; d’amers soupirs s’échappèrent de son sein et des larmes coulérent sur son visage.

« Comme on comprend cette douleur ! ajoute Maximilien. »

Hélas ! l’histoire se répète! 16 ans plus tard, le 19 juin 1867, il contemplait lui aussi du haut du Cerro de las Campanas, son ingrate ville de Queretaro qui l’envoyait à la mort.

Avant de quitter l'Espagne, Maximilien resume ainsi ses idées sur l’art,

—(«Ce sont les Grecs, ces artistes si ingénieux, si délicats qui ont su inventer l'harmonie des jouissances. Les Romains plus grossiers se sont formés à leur école. Chez nous autres Autri- (1 chiens, buveurs de bière, le sentiment de ces choses nous fait complètement défaut. Nous aussi, nous n'avons pas de soleil pour nous sourire, nous n'avons pas un climat auquel on

puisse se fier. Notre air est âpre, rude comme

notre vie. Ce n’est que dans le Midi qu’on retrouve encore l'écho des bons vieux temps classiques. Les anciens Arabes ont semé en quelques sortes des oasis dans la suite des âges ; nous voyons encore les restes de leurs rèves pétrifiés et comme cristalisés à Séville, à Grenade, au Caire, à Damas.

» L'harmonie des jouissances entendues dans un sens élevé, suppose la fleur de tous les arts, les lignes heureuses de l’architcture, les riches couleurs de la peinture, les nobles formes de la sculpture, les plus doux accents de la musique. Elle fond tout cela avec les parfums de la nature, avec les avantages d’un climat et d’un siècle privilégiés, avec tout ce qui flatte les sens sans

les troubler, avec tout ce qui embellit l’existence

et raffine l'esprit. (C’est ainsi que se forment P q

les talents, que l’esprit devient créateur et que

le cœur sait trouver la poésie et les chants. »

Voilà en peu de mots quelles sont les pensées

de l'Empereur sur le vrai et sur le beau. Etu-

dions maintenant ses idées en général sur les

hommes et sur les choses.

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