Garniorus Bullingero, 40 déc. 1554 {0pp. XV
Mais son intervention fut absolument inutile; peut-être même tourna-t-elle contre ceux qu'il voulait protéger de sa parole. Marbach ne daigna même pas répondre à sa lettre, le réformateur genevois le constate avec amertume dans une lettre postérieure , adressée au corps pastoral de Strasbourg tout entier i, etGarnier, tout en le remerciant de ses efforts, lui répondait en jouant sur les mots, d'une manière impossible à traduire : « Je crains bien que tu n'y perdes ton temps et ta peine ou plutôt que tu ne fasses que verser de l'huile dans le feu *. »
Au moment où la plus grande concorde au dedans eût été nécessaire, où les moindres prétextes d'intervention eussent dû être scrupuleusement évités , le zèle intempestif de Garnier raviva les querelles particulières au sein de la paroisse française. Se croyant obligé d'établir une stricte discipline au milieu de ses ouailles, et cédant peut-être à la colère qu'éveillaient en lui d'incessantes attaques, il se remit à reprocher publiquement à ses dénonciateurs leurs vices ou leurs hérésies, appelant l'un un usurier, l'autre un anabaptiste, ainsi que nous l'avons vu déjà. Il permit même qu'un ministre étranger, passant par Strasbourg, les désignât tout particulièrement comme perturbateurs de l'ordre public. Ceux-ci , Antoine Gobelet , Jean de Vie, Hubert von der Rosen, Thiébaut Schepjel et Gilles,