GarnierusBuUingero, 22 mars 4555 (0pp. XV
blâaie d'une manière violente \ Le fougueux méridional se laissa entraîner jusqu'à prétendre que les envoyés des Conseils avaient audacieusement falsifié les résolutions du Magistrat avant d'en donner lecture. Une pareille insulte devait amener un châtiment sévère. Garnier fut décrété de prise de corps et condamné à la prison. Ses amis , Jean Sturm entre autres, lui conseillèrent de se cacher dans la maison du vénérable Thiébaut Sehwarz, un des prédicateurs de Strasbourg, jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu sa grâce, Marbach lui-même^ qui n'avait contre Garnier aucune haine personnelle, mais seulement des griefs de doctrine, s'entremit, à ce qu'il raconte, avec Rabus, Pierre Martyr et Jean Sturm, en faveur du condamné. Sur leurs instances, secondées par une députation d*étu* diants, en tète de laquelle se trouvaient les jeunes comtes de Hanau et de Nassau, le Conseil consentit à revenir sur sa décision première, mais un arrêté du 30 mars maintint la suspension prononcée contre lui dans toute sa rigueur ^.
On peut se figurer l'émotion produite au sein de la paroisse française par cet événement plus ou moins prévu. Garnier lui-même exhala son désespoir au sujet de « cette tragédie plus que diabolique » , dans une lettre à Calvin % qui nous retrace le tableau le plus lamentable de l'état de son Eglise.
1 . Il était excusable jusqu'à un certain point, si, comme le Journal de Marbach «permet de l'admettre (fol. 222 b), on lui avait fait espérer officieusement une sentence plus favorable.
2. Diarium, fol 225 ab ; voy. aussi Mémorial der XXI, 30 mars 4555. (Archives de la ville.)