‹ Notes pour servir à l'histoire de l'Englise française de Strasbourg, 1538-1794Chapitre 47 sur 63 · Strobel, Histoire du Gymnase, p · texte numérisé non relu

Strobel, Histoire du Gymnase, p

3. Nous savons seulement qu'il était poète — et j'ai le regret de devoir ajouter : poète médiocre, — car j'ai retrouvé de lui un sonnet français, composé en 1710 à la mort de l'ammeister François Reisseissen, et trop mal tourné pour être cité ici. Planctus lugehres quihus memoriam, etc. Argentorati, Spoor, 1710, fol.

4. C'est en 1738 seulement qu'on décida d'introduire officiellement le français dans le programme de notre vieille école secondaire et ce n'est qu'en 1751 qu'on nomma les titulaires de cet enseignement au Gymnase.

5. Outre l'enseignement supérieur de l'Académie catholique, il y avait le Collège des Jésuites et de nombreuses écoles particulières. En 1707 un sieur Jean François de Grandmaison demanda même à fonder une nouvelle école secondaire latine. (Procès-verbaux des XXI, 12 nov. 1707.)

jeunesse protestante de langue française oublier sa langue maternelle ou mettre en danger la foi de ses pères, devenait sérieusement menaçante. C*est ce qui amena sans doute, en 1716, le coadjuteur de Wild, que nous entendons nommer alors pour la première fois, George Adam Nigrinus, à demander au Magistrat la permission de créer et de diriger une nouvelle école française. Ce ne fut pas— chose bizarre ! — le Magistrat qui fit opposition à celte demande, mais le représentant du roi de France au sein des Conseils, le préteur royal, Jean-Baptiste de Klinglin. Il essaya de créer des embarras et des difficultés de toute espèce, parlant longuement de la nécessité d'examiner à fond la capacité de l'impétrant, de ne pas s'embarquer à la légère dans cette entreprise, etc. ^ H craignait évidemment de s'attirer une semonce de Versailles en paraissant agir de connivence avec une fraction quelconque du protestantisme français. Le Conseil délégua deux des siens, les sieurs Giring et Storck, pour s'assurer personnellement des qualités du «diacre français de Saint-Thomas.» Ils rapportèrent à leurs collègues que Nigrinus était natif de Montbéliard ', qu'il y avait étudié jadis, puis était entré au service du comte de Hanau, et qu'il leur semblait capable de diriger une école. M. de Klinglin demanda alors que le jeune magister se fit au moins immatriculer à l'Université, afin d'être à l'abri de toute chicane de la part des autorités politiques

d. Procès-verbaux des XXI, 14 sept. d7l6.

2. Le fait que nous le retrouvons pasteur dans une paroisse toute allemande en 1727, semble indiquer qu'il était plutôt immigré du Wurtemberg, qu'originaire du pays do Montbéliard.

françaises, et l'on dut passer sans doute par cette condition légèrement ridicule ^

Nigrinus resta donc le vicaire de Wild et le recteur (ludimagister) de l'école luthérienne française, de 1716 à 1727. A cette date, son ancien patron, le comte de Hanau, lui conféra la cure deBottersweyer, petit village situé près de Kehl, sur la rive droite du Rhin. C'est peu avant son départ, en 1726, que le culte français fut transporté du temple de Saint- Thomas, où il avait été célébré pendant quarantecinq ans, à celui de Saint-Nicolas. La raison de ce transfert, qui devait être provisoire et qui fut définitif, était la restauration complète qu'on fit subir à cette époque à Saint-Thomas'. Soit que Wild trouvât plus commode de prêcher plus près de sa demeure oiScielle, qui se trouvait probablement à l'Hôpital, soit qu'il se fût brouillé avec ses collègues de Saint-Thomas, soit enfin que le temple de Saint- Nicolas parût préférable comme lieu de réunion à cause de ses dimensions plus modestes, toujours est-il que la congrégation émigrée ne retourna plus à son local primitif. Il se passa près d'un siècle et demi avant que l'église de Saint-Thomas vit se réorganiser chez elle — et pour quelques années seulement — un service régulier en français^. Quant à la paroisse luthérienne française accueillie en 1726 par la communauté de Saint-Nicolas, elle est restée depuis dans cette vieille et confortable

d. Procès-verbaux des XXI, 19 sept. 1716.

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