Rœhricfa, Mittheilungen, III
Ce qui était bien plus grave, c'est qu'une pareille manière de prêcher n'attirait guère les fidèles. Le biographe de Blessig, déjà cité, nous donne une description succincte de l'auditoire de Millier^ vers 1775, qui n'est pas précisément réjouissante. Il se composait, dit-il, des bonnes de Montbéliard et du Ban-de-la-Roche, appelées à Strasbourg pour l'éducation des enfants, d'un certain nombre de fidèles des paroisses allemandes, qui venaient pour ap< prendre le français, et, en dernier lieu, de personnes qui venaient au temple, parce que l'heure du service était plus commode ^ Nous aurions pu mentionner déjà plus haut ce dernier déplacement de l'heure du culte français. En effet, dès Tinstallatiou de Muller, en 1765, il fut mis au dimanche, à onze heures, et il est resté fixé de la sorte jusqu'à ce jour. C'est d'ailleurs, à peu de chose près, le seul acte pastoral que nous puissions retrouver dans la carrière du savant professeur. Il ne nous reste à mentionner ici, pour épuiser la matière, que la nouvelle édition, disons mieux, la réimpression des Cantiques spirituels, que Muller fit exécuter avec l'approbation du Couvent ecclésiastique, de 1777 à 1778*.
Si son infiuence comme orateur sacré fut minime, il ne faudrait pas d'ailleurs rendre le prédicateur français seul responsable de cet abandon de son temple. Les pasteurs des autres paroisses ne comptaient pas tous des auditoires plus considé-