Calvini opp., XIII
2. La date du certificat est le i3 avril 4549, mais à ce moment Bucer était déjà parti. On a sans doute postdaté la pièce du jour du départ de Garnier. Rœhrich, Gesch. der Reform., Il, 70.
5. Brieve et claire confession de la foy chrestienne, contenant cent articles, selon Tordre du Symbole des apostres et précédée d'une préface à toute la petite église françoise de Strasbourg, s. lieu, 1549, in-i2. Elle fut réimprimée en 4555.
La «petite église» continua cependant à vivre, bien que d'une façon plus obscure, après le départ de son principal ministre. Nous voyons par une lettre de Lsenglin, Tun des pasteurs de la paroisse de Saint«Guillaume, écrite en mai 151^0 à Calvin^ que les fidèles se réunissaient de nouveau dans Téglise des Dominicains^ celle-là même où prêchait jadis le réformateur genevois ; selon lui «tout y marchait à souhait^». Garnier lui-même, après avoir passé quelque temps chez le landgrave Guillaume de Hesse^ ne put résister au désir de revoir ses ouailles. Il était de retour à Strasbourg en octobre 1551, mais sans pouvoir reprendre encore, d'une façon pour ainsi dire officielle, son ministère ecclésiastique *.
Ce n'était pas seulement la crainte d'enfreindre les édits impériaux qui le paralysait dans l'exercice de sa charge. D*autres influences hostiles, autrement puissantes que n*allait être tantôt celle de Charles-Quint lui-même, commençaient à se manifester contre l'Eglise réformée de notre ville.
Peu à peu s'éteignait à Strasbourg cet esprit de large tolérance et de sincère piété qui assure à nos réformateurs une si belle place dans Thistoire religieuse du seizième siècle. Déjà après la mort de Capiton et de Zell« Bucer avait eu quelque peine à maintenir cet esprit contre les tendances plus étroites d'une génération qui n'avait plus connu l'âge héroïque de la Réforme et croyait trouver le salut dans l'interprétation étroite et rigoureuse des formules dogma-
i. nEcclesiagallica féliciter agit. u Lenglînus Calvino , 44
Cal. Mail 4550 {0pp., XIII, 558).