‹ Notes pour servir à l'histoire de l'instruction primaire dans les Basses-PyrénéesChapitre 2 sur 10 · CHANSON DES MÊMES A L'ENFANT QUI LIRA MAL · texte numérisé non relu

CHANSON DES MÊMES A L'ENFANT QUI LIRA MAL

Mais si mon fanfanet lit mal.

Au lieu de le mener au bal,

Je l'enverrai bien loin

Seul, dans un petit coin,

Danser la Carmagnole,

(Ici un geste r. présentant l'action du fouet que l'on donne aux enfants).

Au vilain son (bis) Danser la Carmagnole Au vilain son du violon.

(48) Décret du 30 vendémiaire an II.

quant les raisons suivantes : « Les instituteurs que nous tolérons, dans l'impossibilité de pouvoir en trouver d'autres, ne possèdent pas encore, il s'en faut bien, la partie mécanique de la lecture et de l'écriture, et ils sont séparés par un intervalle immense de la faculté de pouvoir développer les principes élémentaires des Droits de l'homme et de l'ordre social » (49).

Cette situation préoccupait h bon droit tous les esprits et pour stimuler à la fois l'amour-propre des maîtres et l'ardeur des élèves, le citoyen Conte, que ses fonctions de député à la Convention retenaient à Paris, écrivait le i" nivôse (21 décembre 1793j, à la municipalité de Pau pour promettre deux prix de 100 livres chacun aux deux jeunes sans culottes qui auraient le mieux appris les Droits de l'homme et la Constitution (50). Le concours provoqué par ces prix eut lieu au club populaire qui portait alors le nom de Société des amis de la Liberté et de l' Egalité. D'après les procèsverbaux, le 4 ventôse (22 février 1794) « les jeunes citoyens Casebonne, âgé de 12 ans, Batsalle fils, âgé de 7 ans, et Roussille environ de même âge, montent successivement à la tribune ; ils y récitent les Droits de l'homme. Le président, sur la motion d'un membre, leur donne le baiser fraternel. Il est arrêté que la Société est très satisfaite de l'éducation républicaine que ces jeunes gens ont reçue. Le citoyen Odobé est nommé commissaire pour féliciter les parents du jeune Roussille et leur demander de cultiver autant que possible les heureuses dispositions de ce jeune élève » (51).

Ce spectacle dut avoir du succès, car dans la séance du 14 ventôse (4 mars 1794) Monestier (du Puy-de-Dôme) désirant, lui aussi, encourager la jeunesse, annonça une récompense pour les deux ou trois jeunes enfants qui réciteraient les droits de l'homme e mieux et avec le plus d'énergie, le nonidi suivant (52). Le compte rendu de cette séance, qui eut lieu le 20 ventôse, nous semble assez curieux pour mériter d'être reproduit intégralement.

€ Parmi les jeunes gens brûlant du désir de monter à la tribune pour conquérir le prix promis et l'estime de la patrie, le jeune Buisson se distingue le premier ; un membre propose que le baiser

(49) Rivarès, Pau et les B. -Pyrénées pendant la révolution, dans le Bulletin de la société des Sciences de Pau, 2» série, t. IV, p. 493.

(50) Arch de Pau, D.7., f« 28.

(51) Arch. de Pau, P. 3, f° 151.

(52) Arch. de Pau, P. 3, f° 155.

fraternel lui soit donné et qu'il soit fuit mention honorable de lui. Le citoyen Monestier oliserve qu'il convient d'attendre que tous ces jeunes enfants aient été entendus pour choisir les trois de deux classes qui auront mérité les prix et pour donner à d'autres les marques honorables.

« Le jeune Casaubon et plusieurs autres prennent ensuite la place du premier.

« Après queRoussilleaparlé, le citoyen représentant du peuple frappé de son mérite, relève la culture heureuse qu'une veuve, mère de cet enfant, a eu le soin de lui donner ; il fait remarquer à la société que si ce jeune citoyen n'avait pas de parents, il appartiendrait particulièrement à la Société et h chacun de ses membres par tout ce qu'il promet à la patrie.

e, Ceux qui succèdent à la tribune sont Cassou 1" et 2"; le jeune homme qui fmit par un élan entendu avec plaisir, vive la patrie, vive Monestier » (53).

Les concurrents furent assez nombreux pour occuper plusieurs séances, sans incidents remarquables.

Mais à côté de ces manifestations d'un caractère tant soit peu théâtral, il y avait des actes plus sérieux. Le 25 pluviôse (13 février 1794J, le conseil général delà commune de Pau pritl'arrêté suivant :

« Vu le décret du 29 frimaire sur l'organisation de l'instruction publique et le réquisitoire de l'agent national du district.

«Le conseil général, ouï l'agent national, considérant que l'enseignement public est un bienfait et l'un des plus puissants moyens pour former le cœur à la vertu.

«Que celui adopté par la Convention Nationale assuie irrévocablement le triomphe de l'égalité puisqu'il sera uniforme pour tous et commun à l'indigent comme au riche, puisqu'il ne sera plus confié qu'aux hommes exempts de préjugés et aux amis de la patrie.

« Arrête que tous les régents et régentes et tous soi disant éducateurs pubUcs discontinueront leurs fonctions à compter du 28 du courant.

« Ceux desdits régents et régentes et tous autres citoyens qui voudront se vouer à l'enseignement de quelque art ou science que ce soit devront en faire leur déclaration au greffe de la muni-

(53) Arch.de Pau, P. 3 f 458.

Page 1