RANG
d'instruction du département.
B. -Pyrénées.
France.
Les faits suivants ressortent de l'examen attentif de ces chiffres. A la fin de la Restauration, le département comptait 48, 5 conscrits illettrés 0/0, tandis que la France atteignait 55, 2 0/0. En 4832, la proportion baissait sensiblement
Basses-Pyrénées 43, 29 0/0
France 48, 83 0/0
la diminution demeurant cependant moins marquée dans le département que dans l'ensemble du pays .
En 1836, 1837 et 1838, le département reste en avance sur la France, mais il perd cet avantage en 1 839 et les moyennes de la période 1836-1840 ne présentent plus qu'une légère différence.
Basses Pyrénés 43, 01 0(0
France 43, 07 OiO
A partir de cette époque, les statistiques annuelles constatent dans les Basses-Pyrénées des progrès lents, entrecoupés trop souvent de mouvements de recul, alors que les moyennes de la France s'abaissent constamment, sauf deux fois en trente ans. Si nous comparons le point du départ de notre tableau par périodes, 48, 5 OiO de conscrits illettrés au point d'arrivée, 16, 8 0(0, la différence paraîtra assurément sensible. Mais il faut avouer cependant que, tout en avançant, nous marchions moins vite que le restant du pays. La dernière colonne de notre second tableau nous montre la situation sous son véritable jour. Dans la période de 1827-
4829, les Basses-Pyrénées occupaient le 30« rang dans Tordre des départements classés par degré d'instruction. Malgré ses progrès, notre département ne put se maintenir à cette place et nous le voyons perdre tous les ans du terrain, sauf pendant la période de 1S71-1875, dételle sorte que n'ayant en 1829 que 29 départements avant lui, il en a aujourd'hui 54. Les efiforts n'ont donc pas été à la hauteur des progrès faits autour de nous. Sans se rendre évidemment un compte aussi approfondi de cette situation, un membre du conseil général, qui avait étudié les tableaux annuels du recensement, se crut obligé, en 1863, d'appeler sur ce point l'attention de notre assemblée départementale. Il voyait dans les chiffres qu'il citait la preuve que « les progrès de l'instruction primaire n'ont pas répondu aux efforts du législateur et aux sacrifices faits pour la développer » (85).
11 est un autre ordre de documents qui pourront nous servir à contrôler les chiffres que nous venons de citer. Pendant la période de 1816 à 1820, 71,24 époux sur 100 avaient su signer leur acte de mariage. La proportion était beaucoup plus faible pour les femmes, 13,23 seulement, ce qui donnait 42,23 pour l'ensemble des conjoints. Le département occupait alors le 28^ rang (86). En 1854-1855, l'amélioration pour les hommes était bien peu considérable, 74,2 0[0; en 1876-1877, nous avons à peine dépassé 83,1 0[0. En comparant notre situation sur ce point à celle de la France, nous constatons le même fait que pour l'instruction des conscrits. Du 28* rang que nous occupions en 1816, nous sommes descendus progressivement jusqu'au 50* pendant la période de 1866-1870. Depuis lors cependant nous sommes
(85) Procès-verbaux du conseil généraî, 1863, p. 267.
ISIous avons résumé dans deux tableaux placés en appendice la situation de nos divers cantons au point de vue de l'instruction des conscrits. On remarquera la dilfércnce notable et parfois considérable qui a existé de tout temps et existe encore aujourd'hui entre les cantons basques et béarnais. Nous n'hésitons pas à attribuer à cette disproportion indiscutable l'état d'infériorité dans lequel nous nous tiouvons par rapport à la France. Les 47,50 OjO de conscrits illettrés constatés en 1879 dans le canton de St-Etienne de BaigoiTy par exemple doivent singulièrement peser sur la moyenne du département. Notre tableau par arrondissement offre à cet égard des enseignements utiles à méditer.
(86) Statistique de l'enseignement primaire t. 2, p. CLXXL II convient de rapprocher ces chiffres de ceux que nous avons cités plus haut pour la période 1786-1790.
remontés au 43". Le tableau suivant montre clairement ce que nous avons gagné et perdu (87).
Nombre de conjoints (homipes) ayant signé sur 100.
Années
Basses- Pj renées
France
Rang du département
Rappelons, au sujet de l'instruction des hommes, les chiffres que nous avons établis dans un précédent travail d'après les données du recensement de •1872 (88). A cette époque, nous constations 39,99 illettrés 0/0 dans la population masculine au-dessus de G ans. Au même moment on comptait 10,76 0/0 conscrits illettrés et dans la période de 1871-1875 23,1 0/0 conjoints sans instruction. Ces chiffres n'offrent en somme aucun désaccord, ils peuvent même servir à mesurer la progression réelle de l'instruction dans notre population ; plus on restreint les recherches sur les jeunes générations et plus la proportion des instruits augmente, c'est le résultat naturel des efforts de plus en plus grands faits depuis longues années.
En résumé, voici quelle était la situation du département en 1876-1877 pour la partie masculine de notre population (89). Nous occupions pour l'instruction des conscrits le 55" rang, le 43% pour l'instruction des conjoints. L'âge moyen du mariage étant trente ans, il faut, pour avoir une comparaison exacte, rapprocher le rang afférent à l'instruction des conjoints en 1876, c'est-à-dire
(87) Idem. p. 354.
(88) Statistique de l'ignorance. Bulletin de la Société de» sciences, lettres et arts de Pau 2^ série, t. 2.
(80) Statistique, t. 2. p. 368.
55 du rang des conscrits dans la période 1866-1868, c'est-à-dire 52, La moyenne de ces deux chiffres, 53,5, nous donne approximativement le rang réel que les Basses-Pyrénées occupaient en France pendant la période 1866-1876.
Si nous voulons faire sur l'instruction des femmes les mêmes recherches que sur celle des hommes, nous ne trouverons qu'un seul document à consulter : la statistique des conjoints. Nous avons résumé tous nos renseignements dans le tableau ciaprès (90).
Nombre de conjoints (femmes) ayant signé sar 100
ANNÉES