FRANCE
RANG du département.
Ce second tableau nous montre que, depuis 1850, nous avons toujours été au dessous de la moyenne générale. La négligence des parents à envoyer leurs enfants à l'école se traduit du reste par des chiffres bien frappants. En 1850 nous occupions le 38» rang; nous sommes descendus au 62'" en 1876-1877. Quel argument meilleur pourrait-on invoquer en faveur du principe de l'obligation, que ces chiffres nous prouvant combien l'initiative
(91) Statistique de l'enseignement primaire t. 2, p. 45 et p. XLI.
(92) Statistique, t. 2 p. cxvi, 113.
seule des familles est insuffisante pour nous mettre au niveau
général.
Ajoutons ici, comme simple renseignement sur ce point particulier, qu'en 18G4 on comptait dans le département 9,012 enfants privés d'instruction. L'inspection générale de 1880 constate que, dans le seul arrondissement de Mauléon, plus de 2,000 enfants, presque 3,000, sur 9,500 de G à 13 ans, ne figurent pas sur les registres d'inscription (93).
La seule circonstance atténuante que nous pourrions invoquer serait le manque d'écoles. Gomment s'établit à cet égard notre situation? En 1837, 1863 et 1876 nous possédions, par 10,000 habitants, une moyenne d'écoles supérieure à celle de la France (94).
Nombre d'écoles par 10,000 habitants.
Années.
Ecoles de toute nature
nasses- p,.^^„^, Pyrénées.
Ecoles publiques
Basses- Pyrénées.
France.
Noml)re d'iiabitan's p.ir kilomètro carré
BaFPOs- P y renées
France.
Mais pour attribuer à ces chiffres leur valeur réelle, il faut les rapprocher de ceux qui expriment la densité de la population, en remarquant que, plus cette densité est faible, plus le nombre des écoles doit augmenter, en raison même de la nécessité où l'on se trouve de les multiplier pour mieux les mettre à la portée des familles. Tel est notre cas, car si nous comptions 52,4 habitants par kilomètre carré en 1821 et 56,6 en 1876, la moyenne de la densité pour la France était à ces deux époques de 55,7 et 69,8 (95). Il est donc évident que, pour offrir les mêmes ressources scolaires que les départements plus peuplés, nous devons avoir un
(93) Etat de rinstiuction primaire en 1864, t. 1<=% p. 256. — Rapport d'inspection général»^ sur l'académie de Bord'îaux p. 69, {94) Statistique t. 2 p. LX et LXVI.
(95) Statistique t. 2. p. XXXIV.
chiffre d'écoles supérieur h la moyenne générale. C'est en effet ce qui se produit, comme nous l'avons vu plus haut. Mais cette différence en plus est-elle suffisante pour rétab lir l'équilibre '? La réponse à cette question se trouve dans le tableau suivant présentant le nombre d'écoles de toute nature par 10 communes (QG).
Basses- Pyrénées.
France
Ici nous nous trouvons en présence d'une proportion inverse de celle établie plus haut. Notre moyenne est inférieure à celle de la France. Mais il faut observer que c'est précisément dans les départements très peuplés que sont situés les grandes communes possédant plus d'écoles que les simples villages ; la multiplicité des écoles de hameau nécessitées par la dispersion des habitations, pourrait .seule rétablir l'équilibre.
Notre pays par suite de l'étendue d'un grand nombre de communes et de la nature montagneuse du sol devrait, à notre avis, se rapprocher davantage de la moyenne générale. Ce serait le signe certain à nos yeux que nul intérêt ne reste en souffrance et que les familles trouvent à leur portée dans les écoles de hameau les ressources indispensables pour l'instruction de leurs enfants. Nous savons, par la statistique présentée en 1880 au conseil général, qu'une seule commune. Estes, située, à la porte même d'Oloron, est dépourvue de toute école et que huit communes seulement de plus de 500 âmes ne possèdent pas d'école spéciale de filles. Sur ce point nous serions donc dans une situation assez favorable. Pour nous éclairer à fond sur les progrès à réaliser, il faudrait rechercher quelle est la surface de territoire à laquelle doit suffire chaque école rurale actuellement en exercice. Ce serait là un travail d'un véritable intérêt, mais qui dépasserait le cadre de cette étude.
Une autre condition pour assurer la fréquentation c'est l'exten-
(96) Statistique, t. 2. p. LXI et 11.
sion de la gratuité à tous ceux qui peuvent en avoir véritablement besoin. A cet égard notre situation parait favorable, car depuis 4863, la moyenne sur 100 des enfants reçus gratuitement dans nos écoles publiques dépasse dans une assez large mesure le chiffre établi pour la France. Le même calcul fait pour les écoles de toute nature donne des proportions encore plus fortes. (97)
Sur 100 élèves combien de gratuits.