LA SKANCE DU 15 JUILLET
(( Ainsi la première dépêche adressée à notre ambassadenr, arrivé à Ems pour entretenir le roi de Prusse, se termine par cette phrase qui indique que le gouvernement a nettement formulé sa légitime prétention :
u Pour que cette renonciation, écrivait M. le (( duc de Gramont à M. Benedetti, produise son (( effet, il est nécessaire que le roi de Prusse s'y « s'associe et nous donne l'assurance qu'il n'auto- « risera pas de nouveau cette candidature.
« Veuillez vous rendre immédiatement auprès (( du roi pour lui demander cette déclaration. »
« Ainsi, ce qui était resté le point litigieux de ce grand débat a été posé dès la première heure, et vous ne méconnaîtrez pas l'importance capitale de ce fait resté ignoré, il faut bien le dire, de l'opinion publique. »
M. de Talhouët nous a appris que son rapport n'était qu'une sorte de procès-verbal, qu'il n'avait fait que tenir la plume, et qu'il avait été aidé dans son travail plus particulièrement par M. Dréolle et M. le comte de Kératry. C'était, du moins il le croyait, une œuvre collective à l'abri de toute chance d'erreur.
Tant que les dépêches échangées au sujet de la candidature du prince de Hohenzollern entre M. Benedetti et M. de Gramont étaient restées
ignorées, l'affirmation contenue dans le rapport de M. de ïalhouët ne pouvait soulever de contestation. Mais en 1871, M. Benedetti publia son livre, Ma mission en Prusse, et par une dérogation aux usages diplomatiques, il fit connaître toutes les dépêches qu'il avait expédiées et toutes celles qu'il avait reçues pendant son séjour à Ems auprès du roi de Prusse. Il ne fallut pas un examen bien attentif pour découvrir Fespèce de supercherie, — le mot n'est pas trop fort — dont la commission avait été la victime.
La première dépêche était du 7 juillet, et celle qu'on indiquait comme étant la première était du 12 juillet. Il y a plus ; entre les prétentions énoncées dans la dépêche du 12, il y avait la différence du blanc au noir. Dans la dépêche du 7, on se contentait de demander au roi de Prusse de conseiller au prince de Hohenzollern de renoncer à sa candidature. Dans la dépêche du 12, envoyée à la suite de la renonciation du prince Antoine, on demandait que le roi de Prusse s'associât à cette renonciation, et que, de plus, il donnât l'assurance qu'il n'autoriserait pas de nouveau cette candidature. Bien loin de maintenir les négociations sur les mêmes bases, dans la dépêche du 12 — qui est en réalité non la première, mais la dernière, — on les transportait sur un autre terrain, puisqu'on réclamait des garanties pour l'a^