‹ Notes pour servir à l'histoire de la guerre de 1870Chapitre 6 sur 21 · C'est Pascal qu'il faut dire. A. D · texte numérisé non relu

C'est Pascal qu'il faut dire. A. D

LA maladie: de LE.MPERKUR. 27

gardé le silence en juillet 1870 trouvèrent bon de ne pas le rompre en janvier 1873. Encore aujourd'hui les explications font défaut, et c'est encore un mystère, à l'heure qu'il est, que de savoir si la consultation a été, oui ou non, communiquée à l'impératrice.

Les médecins consultants font remonter à cinq années les symptômes graves de la maladie. Suivant une lettre écrite par M. Rouher ta un de ses amis, le il juillet 1873, ils se seraient déclarés plus tôt.

(( L'autopsie, dit M. Rouher, a démontré les terribles ravages faits dans la santé de l'empereur par les maladies de 1 866, 1867et 1869. Les deux reins et l'intérieur de la vessie étaient gravement attaqués. Un des résultats de ces désordres irrémédiables, la pierre, était d'ancienne et lente formation; elle était énorme. L'esprit demeure confondu à la pensée des souffrances que le malheureux souverain a stoïquement supportées demiis plus de dix années. »

M. Rouher ne faisait, dans cette lettre, que traduire l'opinion des médecins anglais appelés à opérer l'illustre malade : ils faisaient remonter l'affection dont l'empereur souffrait à huit ou dix ans.

Un fait qui vient à l'appui de ces conjectures, c'est le récit suivant qui m'a été fait par le docteur

G. Sée dans une conférence que j'avais aveclui au mois de mars 4886 :

« En 1864, lors d'un voyage fait en Suisse par la famille impériale, plusieurs des personnes qui accompagnaient l'empereur et l'impératrice furent victimes d'un cruel accident. La princesse Anna Murât et la lectrice de rimpératrico, M''*" Bouvet (aujourd'hui M'"' Carette), furent fort maltraitées et coururent de grands dangers. L'empereur prolongea son séjour en Suisse. On vit dans cette circonstance un sentiment de bienveillante commisération de la part du souverain pour les charmantes et intéressantes blessées. ^)

Là n'était pas la vérité. Napoléon III avait été subitement en proie à une crise qui ne laissait aucun doute sur le siège du mal. Des hématuries violentes s'étaient déclarées. Des médecins avaient été appelés et avaient recommandé le repos le plus absolu. Une amélioration s'étant produite, l'empereur avait pu rentrer en France au bout de trois semaines.

Les mêmes accidents se reproduisirent en 'I860, s'il faut en croire le docteur Larrey, qui écrivait au Figea 0 le 8 février 1886 :

Ce fut dès 1865, que l'empereur me fit appeler auprès de lui, un matin, au camp de Châlons, où j'avais eu Thonneur de l'accompagner chaque année. Il avait éprouvé dans la

nuit des accidents dont les signes, bien exposés par luimôme, réyélèrent absolument pour moi, comme c'eût été pour tout autre chirurgien, les symptômes de la pierre dans la vessie. La constatation du diagnostic restait seulement à faire par la sonde ou le cathétérisme.

Je priai vivement l'empereur de se soumettre, dans le délai le plus rapproché possible, à une exploration que je considérais comme nécessaire. Il n'y voulut point consentir, et me recommanda même de la façon la plus formelle de ne parler jusqu'à nouvel ordre de ces accidents à personne sans exception. Je dus me conformer à sa volonté sans qu'il eut besoin de ma parole d'honneur pour lui garantir le secret médical.

Des accidents analogues se manifestèrent les années suivantes; la consultation du 3 juillet 1870 en fait foi. Au mois d'août 1869, ils prirent un caractère véritablement alarmant. Dès le 9 août, le mal s'était déclaré avec une violence extrême. L'empereur avait dii garder la chambre. Il avait cessé de paraître au conseil des ministres. Tout le service d'honneur avait été suspendu. Un petit nombre de personnes seulement pénétraient auprès du souverain. Les docteurs Nélaton, Fauvel et Gorvisart, auxquels avait été bientôt adjoint le docteur Ricord, se tenaient presque en permanence au château. Il fut même un moment question d'appeler le docteur Ghelius, célèbre spécialiste allemand. On le fit venir dans tous les cas à Paris, et il se tint pendant quelques jours à la disposition de l'auguste malade.

J'ai eu occasion de rencontrer, vers la fin d'août 1869, le docteur Caudmont, qui était mon ancien condisciple. Il me dit que tous les symptômes qui accompagnaient la maladie de l'empereur indiquaient des accidents graves du côté de la vessie. Il n'osait pas affirmer qu'il y avait un calcul; mais il déclarait qu'il n'en serait pas étonné.

Le docteur Caudmont était l'élève du célèbre Civiale. Il passait pour un praticien d'une habileté consommée. Il avait fait offrir ses services; on les avait déclinés, parce qu'on les jugeait inutiles, et aussi parce qu'on attribuait au docteur Caudmont des opinions républicaines.

Au cours de l'année 1870, j'avais fait demander une audience à l'empereur, pour l'entretenir des nominations prochaines à la Cour des comptes, où il voulait me faire entrer en qualité de conseillermaître. Je ne pus obtenir cette audience qu'au bout de trois semaines. L'empereur, disait-on, avait eu la grippe. Je fus introduit dans un des grands salons des Tuileries. Quand je vis l'empereur venir à moi, je fus frappé de l'altération de ses traits et de la difficulté qu'il éprouvait à se mouvoir; il avait une peine infinie à conserver la station droite, et il se mordait fréquemment la moustache comme un homme qui éprouve une douleur continue. « L'empereur est malade, » dis-je à Conti, que je vis au

sortir de l'audience. Conti leva les yeux au plafond de son cabinet et ne répondit rien.

Qu'un grand nombre de personnes sussent que depuis longtemps l'empereur était malade, et quelle était la nature de sa maladie, c'est là un point qui ne peut plus être mis en doute. Ce qui est resté obscur, c'est de savoir si les personnes qu'on avait instruites ont reçu communication de la consultation du 3 juillet 1870. D'après le docteur Amédée Latour, qui était du reste bien informé, puisqu'il tenait ces faits du docteur G. Sée lui-même, celui-ci, en remettant la pièce au docteur Conneau, l'invita à la présenter à la signature des autres médecins consultants. Le docteur Conneau n'en fit rien. Le document, quand il fut retrouvé, ne portait que la seule signature du docteur G. Sée. Quels motifs ont déterminé le médecin ordinaire de l'empereur, qui était en même temps son ami, à tenir secrète une pièce aussi importante? Je n'ai pu recueillir à ce sujet que des indices.

Au mois de juin 1879, je dînais chez le prince Napoléon. Parmi les convives, se trouvait le docteur Ricord, un des médecins qui avaient assisté à la consultation du 1" juillet 1870. Le docteur Ricord était de longue date l'ami du prince. Celui-ci eut l'idée de lui demander comment il se faisait que le résultat de la consultation eût été tenu secret, et que la pièce ne portât que la seule signature du docteur G. Sée.

Le docteur Ricord répondit que le vrai coupable était son confrère, le docteur Nélaton : « Il avait craint, dit-il, si les diagnostics étaient connus, d'être appelé pour opérer l'empereur. Or, le peu de succès qu'il avait obtenu l'année précédente, en opérant le maréchal ISiel, l'avait effrayé sur la responsabilité qu'il était exposé à encourir. Sans refuser précisément sa signature, il n'avait pas demandé à l'apposer au bas du procès-verbal de la consultation. Ses confrères avaient suivi son exemple, »

— Yoilà un homme, dit le prince Napoléon après le départ du docteur Ricord, qui a tenu entre ses mains les destinées de la France. Si ce vieillard avait parlé, nous n'aurions pas eu l'effroyable guerre de 1870.

Le prince Napoléon raconta ensuite ce qui s'était passé entre lui et le docteur Conneau après la mort de Napoléon IIL II m'avait fait souvent ce récit en tète à tète ; mais j'étais bien aise qu'il le fît en présence de plusieurs personnes, car il en consacrait en quelque sorte l'authenticité.

Dans les papiers de l'empereur à Chislehurst, on avait trouvé l'original de la consultation «ignée du seul docteur G. Sée. Le prince fut stupéfait de cette découverte. Après avoir pris connaissance du document, il aperçut le docteur Conneau dans un coin, et il l'apostropha avec sa vivacité habituelle :

— Gomment se fait-il que tu aies temi cachée une pièce aussi importante?

— On ne peut rien vous dire, répondit le docteur Conneau, vous êtes si violent!

— Mais enfin, parle, la chose en vaut la peine, dit le prince.

— J'ai montré la pièce à qui de droit et en temps utile, répliqua le pauvre docteur en baissant la tête.

— Et que l'a-t-on répondu?

— On m'a répondu : « Le vin est tiré; il faut le boire.»

Les ministres n'ont point connu la consultation du 1" juillet. Le fait m'a été attesté à diverses reprises par M. Emile Ollivier et par M. Maurice Richard. M. Emile Ollivier m'a constamment répété : « Je jure que mes collègues et moi, nous ignorions la maladie de l'empereur. Si nous l'avions sue, nous n'aurions pas laissé l'empereur prendre le commandement de l'armée et nous l'aurions retenu à Paris. C'est un crime d'avoir gardé dans un tiroir une pièce qui pouvait exercer une influence décisive sur les résolutions du gouvernement. »

Quand l'empereur partit pour Metz, le 17 juillet 1870, les médecins consultants éprouvèrent une sorte de remords de le laisser ainsi partir pour l'armée sans prendre de précautions en

3'f NOTES SUR LA GFERR?: DE 1870.

cas (raccideiits. « Un jeune médecin, m'a dit le docteur G. Sée, reçut la confidence de la situation dans laquelle se trouvait Tempereur. On Favait mis au courant des résultats de la consultation du 1" juillet et on lui avait dicté des instructions sur les soins à donner si des symptômes graves venaient à se déclarer. On l'avait même muni d'une trousse d'instruments destinés à une opération urgente, si elle était jugée indispensable. »

Au cours de la campagne, l'état de santé de l'empereur ne tarda pas à se révéler et à produire des effets désastreux.

Le 2 août, au combat de Sarrebruck, l'empereur s'était tenu constamment aux endroits les plus exposés. Il était à cheval, ayant à sa droite le prince impérial et à sa gauche le général Lebrun, son aide de camp, sous-chef d'état-major de l'armée. Tant que l'action avait duré, il était resté impassible, échangeant à peine quelques paroles avec son fils, qui subissait avec intrépidité ce qu'en style militaire, on appelait le baptême du feu.

Mais quand le combat eut cessé, le général Lebrun fit la remarque que l'empereur éprouvait une certaine difficulté à descendre de cheval. Il s'approcha do lui et lui offrit son bras pour l'aider à regagner sa voiture qui l'attendait à une cin-

quantaine de pas en arrière. L'empereur marchait péniblement.

— Votre Majesté, dit le général Lebrun^ paraît fort souffrante.

— Mon cher général, répondit l'empereur en étouffant un cri de douleur, je souffre horriblement.

Et en effet, le visage de l'empereur, crispé et presque décomposé, accusait de vives souffrances.

A quelques jours de là, ce fut le maréchal Le Bœuf qui reçut la confidence de la situation de l'empereur. Yoici ce qui m'a été raconté par le prince Napoléon, témoin oculaire :

« A la suite des deux défaites de Forbach et de Wœrth, le maréchal Le Bœuf, voyant l'état de découragement dans lequel était tombée l'armée, comprit qu'il fallait au plus vite un succès pour lui rendre de l'énergie et la relever aux yeux de la France et de l'Europe ; il alla trouver l'empereur, et il lui tint ce langage :

u II nous reste vingt divisions qui n'ont pas été « entamées. Frossard a exécuté sa retraite en bon « ordre, et son corps d'armée demande à grands « cris une revanche. D'un autre côté, il résulte des « renseignements qu'on a pu recueillir au delà de « la frontière, que les deux armées de Steinmetz

« et du prince Frédéric-Chaiies sont encore en « voie de formation. Concentrons toutes nos for- (( ces; prenons en flagrant délit la première et la (( deuxième armée prussienne. Nous remporterons (( une victoire éclatante. L'armée reprendra son « élan, et Topinion publique nous reviendra. »

«L'empereur ne nia pas qu'il n'y eut un grand avantage à tenter une action décisive; mais il avoua que son état ne lui permettait pas de se mettre à la tète des troupes, et que, d'un autre côté, dans la situation que lui avait faite une double défaite, il lui était impossible de céder le commandement.

« Le maréchal Le Bœuf leva les bras au-dessus de sa tête en signe de désespoir :

(( — Ah! si c'est comme cela ! s'écria-t-il.

« Et il quitta l'empereur en proie à une émotion profonde. »

C'est maintenant la régence qui va être mise au courant de l'état de la santé de l'empereur. Le secrétaire particulier de Napoléon IJI, M. Franceschini Pietri, qui l'avait interrogé, avait recueilli de sa bouche des aveux qu'il avait cru devoir faire connaître à l'impératrice. Il écrivait le 7 août dans une dépèche confidentielle :

J'ai demandé à l'empereur s'il se sentait assez de forci' physique pour supporter les fatigues d'une campagne ac-

tive, pour passer les jours à cheval et les nuils au bivouac. Il est convenu avec moi qu'il ne le pouvait pas. Je lui ai dit alors qu'il valait mieux aller à Paris réorganiser une autre armée, soutenir l'élan national avec Le Bœuf comme ministre de la guerre, et laisser le commandement à Bazaine qui a la confiance de l'armée et à qui on attribue le pouvoir de tout réparer. S'il y avait un iusuccès nouveau, l'empereur n'en aurait pas la responsabilité. C'est aussi l'avis des vrais amis de l'empereur.

A cette dépèche, rimpératrice-régente fit la réponse que l'on connaît :

Je reçois une dépêche de Pietri. Avez-vous réfléchi à toutes les conséquences qu'amènerait voire retour à Paris sous le coup de deux revers? Pour moi, je n'ose prendre la responsabilité d'ua conseil. — Si vous vous y décidez, il faudrait du moins que la mesure fût présentée au pays comme provisoire : l'empereur revenu à Paris, réorganisant la 2*^ armée, et confiant provisoirement le commandement en chef de l'armée du Rhin à Bazaine.

Le cabinet a-t-il été consulté sur la réponse à faire à l'empereur? C'est encore là un point qui est resté obscur. Yoici pourtant des renseignements qui m'ont été donnés par une personne bien informée :

M. Maurice Richard avait été envoyé à Metz par le cabinet, le 7 août 1870, pour s'assurer de l'état de santé de l'empereur et du degré de confiance qu'il inspirait aux troupes. M. Maurice Richard revint avec les plus mauvaises nouvelles; l'empereur ne pouvait se tenir à cheval qu'avec les plus grandes difficultés, la fatigue le saisissait tout de

suite; on continuait dans l'armée à avoir une grande affection pour sa personne, mais ses aptitudes militaires étaient mises en doute et on demandait tout haut que le commandement fût remis entre des mains plus fermes et plus énergiques.

Fort des renseignements que rapportait M. Maurice Richard, M. Emile Ollivier posa devant le conseil la question du retour de Tempereur à Paris. L'impératrice s'y opposa avec énergie. M. Emile Ollivier, sans s'expliquer sur les faits, insista; il déclara d'une façon générale que le retour était indispensable. Il avait compté que M. Maurice Richard raconterait les faits qu'il avait recueillis dans son voyage à Metz et lui prêterait l'appui de son témoignage. A son grand étonnement, M. Maurice Richard, qui assistait au conseil, garda le silence.

Il paraît cependant que, dans une conversation particulière avec l'impératrice, le ministre des heaux-arls lui avait fait connaître ce qu'il avait appris pendant sa courte mission.

Il était désormais impossible de dissimuler l'état de souffrance de l'empereur; il éclatait à tous les regards. Les témoignages abondent. C'est, le maréchal Bazaine qui, allant saluer Napoléon III le 16 août 1870 au moment où celui-ci quittait l'armée du Rhin pour se rendre au camp de Châlons, dé-

clare que V empereur paraissait souffrant; c'est le maire de Verdun qui, venant avec deux de ses adjoints recevoir l'empereur à la gare, est frappé de l'altération que présentait sa physionomie et qui dit, dans une déposition^ qu'il lui a paru en proie à de vives souffrances; c'est le docteur Constantin James qui écrit : « Je tiens de source certaine que, pendant les dix jours qui ont précédé la bataille de Sedan, Tempereur urinait du sang presque pur. » [Des causes de la mort de F empereur, p. 33.) C'est enfin M. Leray (d'Abrantès) qui nous apprend qu'à Sedan même, l'empereur éprouva une crise terrible : « A plusieurs reprises, durant la matinée, on l'avait vu, près de succomber sous la douleur physique, s'appuyer contre les arbres pour se tenir debout. [Essai sur la régence de 1870, p. 33o.)

Le 2 septembre 1870, parut dans la France un article qui, au milieu des terribles préoccupations du moment, ne paraît pas avoir éveillé l'attention de personne :

Le British médical Journal, disait la France, rapporte que M. Priscott Hawitt, médecin de l'hôpital Saint-Georges, a été au camp de l'armée française pour donner une consultation sur la santé de l'empereur Napoléon. Cette consultation a été jugée nécessaire à la suite de fatigues corporelles et intellectuelles auxquelles le chef de l'État a été naturellement soumis. Le British médical Journal ne dit pas quel est le résultat de cette consultation; mais il est bien entendu qu'elle n'a pas été des plus rassurantes.

Quelques journaux virent là une réponse aux bruits qu'on avait fait courir en France sur les accès de folie auxquels était sujet le roi de Prusse; mais, que la consultation soit un fait réel ou une pure invention, il est certain qu'à l'étranger, on était mieux instruit qu'en France sur la maladie qui paralysait les facultés de l'empereur.

L'état maladif de Napoléon III, cela est indiscutable, a eu son contre-coup dans les opérations militaires de la campagne de 1870. Tous les faits qui ont précédé ou suivi la consultation prouvent que l'empereur était hors d'état de prendre une résolution virile et de donner un conseil énergique.

Une question se pose tout naturellement : les médecins qui ont pris part à la consultation du 1'' juillet 1870 étaient-il admis à invoquer le secret professionnel pour se disculper du mutisme dans lequel ils se sont renfermés ?

Je n'hésite pas à me prononcer énergiquement pour la négative.

On conçoit qu'un médecin respecte le secret professionnel, quand il s'agit de l'intérêt d'un simple particulier ou d'une famille, lorsque certaines révélations jetées en pâture à la curiosité publique peuvent porter le trouble dans la vie privée et atteindre rhonneur et la considération d'un homme.

Mais quand c'est l'intérêt de l'État qui est en jeu, je ne vois pas bien en quoi ce secret professionnel

peut servir à excuser un silence qui mec tout en péril, même l'existence de la patrie.

Ce n'est pas seulement à l'impératrice, comme on l'a dit, que la consultation du i^"" juillet 1870 aurait dû être communiquée ; on aurait dû appeler à délibérer sur ses conclusions le conseil des ministres et même le conseil privé.

On aurait ainsi constaté l'impossibilité de confier le commandement de l'armée au chef de l'Etat, et sans aucun doute les résolutions qui ont été prises et qui ont conduit à la défaite et au désastre eussent subi des modifications profondes. Peut-être se fût-on montré moins pressant et moins exigeant vis-à-vis de la Prusse, et la guerre eût été, sinon écartée, du moins ajournée.

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