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HISTORIQUE DU GENRE ROSA ET DE SES CLASSIFICATIONS

L'histoire do la Rose est aussi vieille ({ue le monde; les anciens Egyptiens l’ont probablement connue ([unique les savants n’aient pu en retrouver la figure sur leurs anciens monuments. Lors de l’expialition d’Egypte, on ne trouva dans toute cette région que les liosa alba et cenlifolia : malgré les recherches des modernes, il est certain qu’à l’époque de la domination romaine, on y cultivait la Rose de Damas^ ([u’on en faisait venir à grand prix [wur les besoins du luxe.

Vers 1200 ou 1000 avant .J.-G. les Hébreux cultivaient la Rose dont le nom revient fréquemment dans leurs livres sacrés, et particulièrement dans V Rcclésiasle.

Au VH L siècle avant notre ère nous trouvons la Rose mentionnée dans Homère; et au V“ siècle, Hérodote nous parle des Roses à GO feuilles (jui fleurissaient dans un canton de la Macédoine, proche les anciens jardins do Midas : elles avaient, dit-il, un parfum plus agréable que celles qui venaient ailleurs (L. VIH, ch. 138, traduction de Larcher).

Les lyric[ues grecs ont fréquemment chanté la reine des fleurs, mais aucun avec plus de verve ([u’Anacréon : « La Rose, s’écrie-t-il, est la plus belle des (leurs. La Rose fait tous les soins du printemps; 'elle est les délices des Dieux. » (ode V).

Les Orientaux ont fréquemment célélu’é la Rose dans leurs poésies; ils ont môme expliqué d’une manière fantaisiste la présence des aiguillons sur ses tiges. « La tige de cette Heur n’avait point d’épines avant l’entrée (rAhrimane (principe du mal) dans le monde. » {Zend-Avesla, trad. Anquetil 11, 40o). Chaque Heur est (tonsacrée à un génie particulier et la rose à 100 feuilles l’est à Din.

Plus tard, un des plus illustres pères de l’Église, St-Rasile, s’est inspiré des mômes idées mj^stiques et a dit que les-Roses, dépourvues d’épines à la naissance du monde, n’en furent marquées qu’à mesure que les hommes devinrent plus corrompus.

Les Turcs, moins gracieux dans leurs images, mais tout au moins singuliers, prétendent que la Rose est née de la sueur de Mahomet.

Chez les Romains, Ovide, Virgile, Horace en ont fait l’emblème de la grâce et de la beauté. Virgile cite en plusieurs passages, les Roses de Pæstum {liosa bifera Pœsli) remontantes^ qui étaient les plus renommées de l’époque. Les jardiniers romains, dédaignant leurs fournisseurs égyptiens, avaient acquis l’art des floraisons hâtives. Dans Pline, nous trouvons des détails intéressants, pour la plupart deqà indiqués par Théophraste, sur la reproduction, le bouturage, les semis, lèse ultures forcées, etc.

Pline divise les Roses en roses sauvages et roses domestiques et distingue plusieurs espèces, d’ajurs la couleur, l’odeur, le lieu où elles croissent. Les

plus estimées sont, d’après lui, les roses de Préneste et celles de la terre de Labour (probablement des formes des Rom centifolia et clamascena)^ puis vient la Milésienne (rose de Provins), les Trachiniennes (roses incarnates), la Spinède et VAlabadique. Il est assez difficile de bien se figurer actuellement rpielles peuvent être ces dernières espèces. Une sorte appelée græcula (rosier grecque) a toutes ses feuilles entortillées (pétales) : la Coronéole est ainsi nommée à cause de son inflorescence en couronnes, en corymbes bien fournis, c’est une espèce d’automne très odorante, probablement fournie par le lîosa damascena qui donne habituellement à cette époque une seconde floraison. Pline parle également d’une Rose musquée^ cultivée de son temps dans les jardins d’Italie : c’est le Rosa moschaia apporté d’Asie et peut-être spontané, puisque Todaro l’a retrouvé dans les forêts montagneuses de la Sicile. 11 est vrai que ce nom de Rose musquée a été donné (pielquefois à la Rose de Damas et réciproquement. Ifline appelle toutes les roses sauvages du nom commun de Cynorrhodon.

Nous trouvons dans la compilation souvent indigeste du savant romain des détails intéressants, ou j)]utôt curieux sur ces plantes : « Le rosier, dit-il, est plutôt une épine qu’un arbris.seau. Puis il parle du bouton vert qui soutient la fleur (le calice) qu’il appelle tête de la rose (dans Tbéopliraste xî<p«Xoi xwv poSojv), environné de d petites feuilles vertes {sépales),

dont il y a deux « barbues d’un coté et d’autre, et deux qui ne le sont point, la cinquième ne l’est que d’un côté. » « Le bout des fleurs qui touche au bouton est blanc » : c’est l’onglet appelé par Dioscoride < ovo/.s? ». Galien parlant de cette portion des pétales les appelle « XoSot » .

Déjà à cette époque les anthères avaient frappé les yeux des observateurs. Aussi trouve-t-on décrit « des petits grains jaunes attachés à des filets menus, » sous le nom de flores Rosarum et non d’anthera « car anthera, c’est le nom de compositions diverses usitées en diverses maladies ». A l’automne le calice "S'ert {capul Rosarum) mûrit et se trouve alors rempli de semences dures environnées de bourre ».

Parmi les espèces sauvages, les unes sentent la cannelle et ont les feuilles plus petites que les autres [Rosarub'iginosa?)\ d’autres ont les feuilles dumyrthe mais plus grandes et leur fleur rappelle celle de la rose muscade, on l’appelle l’églantier(/fosa caninaf)\ une autre a les feuilles plus petites que celles de l’églantier et le fruit tirant sur le bleu : d’après la figure du commentateur Daléchamp (1), ce serait une forme inerme du Rosa spinosissima.

Nous passons sous silence les nombreux détails relatifs à l’odeur, à la culture, au sol qui conviennent à ces plantes, détails puisés en grande partie dans Théophraste (Livre 0, ch. G).

(t) Daléchamp, Ifisl. des Planles, I, 103. — Lyon, 1653.

De ces citations de Pline, nous pouvons conclure que les anciens ne connaissaient que peu de nos espèces actuelles : les Rosa ceniifolia., darnascena^ momhata ; le Rosa gallica l’était également ce qui tendrait à faire taxer de fausse la légende qui attribue l’introduction de cotte plante à Thibaud le chansonnier, comte de Champagne et de Brie.

Ouelques années plus tard, Dioscoridc, dans son recueil de formules, est amené à donner quelques indications très brèves il est vrai, mais longuement commentées par Matthiole au XVP siècle. Ce n’est (|u’une répétition de Pline. 11 divise les Roses en Roses primes et Roses sauvages. Les Roses jaunes croissant en Italie et inodores y sont décrites ; c’est probablement la première indication des espèces du groupe des Églantiers introduites déjà d’Orient, et constatées seulement avec certitude quelque temps a])rès : la première connaissance du Rosa sulphurea est attribuée à Charles de l’Ecluse, et celle du R. IjUlea à Daléchamp. Quoi ([u’il en soit, Matthiole dé- (;rit des Roses jaunes et ne peut avoir fait confusion, car cette coloration en assez rare dans le genre qui nous occupe.

La structure de la tleur a échappé en partie à ses observations, car si Matthiole décrit les pétales, les anthères, les étamines, il omet les organes femelles (jui, un siècle après échapperont encore à la perspicacité de Daléchamp.

Les agronomes latins sont également entrés dans

quelques détails, mais nous ne ferions en les citant que rappeler ce que nous venons de dire (Varron, Columelle, Palladius).

A partir de cette époque, nous devons parcourir le long' espace de temps qui s’étend jusqu’au XP siècle pour trouver de nouvelles traces de travaux intéressants. Les Maures d’Espagne cultivaient à cette époque les Roses avec beaucoup de succès et en avaient obtenu d’assez nombreuses variétés. Dans la traduction de Abn-el-jaïr, par M. de La Neuville, on trouve des renseignements sur leurs procédés de culture. Ils-possédaient dans leurs jardins des Ro.ses blanches, incarnates, jaunes et bleues. Les Roses à tleurs bleues comprenaient deux formes : les fleurs panachées de jaune et de bleu, les unes à l’intérieur, les autres à l’extérieur de la fleur.

Cette fable de la lîose bleue., paraît bien hasardée, car un autre auteur arabe de la môme époque, n’en dit pas le i)lus petit mot. Le procédé indiqué pour l’obtention paraît, pour le moins fort singulier :

'( Un habitant de Damas, dit l’auteur arabe (1), m’a raconté qu’ayant fait dissoudre [sic) de l’indigo dans de l’eau ordinaire et arrosé avec cette teinture un pied de rosier, depuis le commencement d’octobre jusqu’au moment où la végétation prend de l’activité, les Roses fournies par ce pied furent d’un bleu

(I) Lime de l'Agriculture, par Ebn-el-Awam, 2 vol. in-fol. Madrid, 1802, traduit par de La Neuville (1823).

foncé très agréable ; mais quant à celà, je le tiens pour une histoire faite à plaisir. »

Cependant le marquis d’Orbessan (Essai sur les lloses, 1752) assure avoir vu près de Turin et croissant sans culture des roses de cette couleur : un rosiériste distingué du commencement de ce siècle, l’abbé Berlèzo, reproduit la môme affirmation. Malgré toute l’autorité qui s’attache à ces noms, Tliistoire des roses bleues nous semble encore à venir et doit prendre rang à côté de celle des pivoines de môme couleur. Peut-être y a-t-il eu confusion avec des phénomènes de virescence analogues à ceux qui produisent dans nos jardins la Jiose verte (liosa semperfloî'ens V. viridiflora).

Les procédés de culture employés par ce peuple étaient variés : semis en août, éclat de souches en janvier, boutures de branches et de racines, marcottage et enfin greffe sur églantier. Malgré tous ces soins, toute cotte perfection culturale, il est à remar- (juer qu’ils ne possédaient point d’espèces franchement remontantes.

Vers la môme époque les poètes persans et orientaux, n’étaient pas moins enthousiastes que leurs jjrédécesseurs ou leurs coreligionaires d’Espagne ; Saadi, le plus illustre d’entre eux a donné à l’un de ses poèmes le titre do « Jardin des roses ».

D’ailleurs les Orientaux ne se sont pas contentés de chanter la beauté des Roses, mais ils ont cherché à on retirer le parfum : ce n’est guère qu’au XVÜ‘^ siècle

qu’ils y parvinrent. Cette découverte d’après une légende bien connue serait le fait du hasard (1).

Cette essence y est désignée sous les noms de A’thr ou Ollir et était particulièrement fournie par les roseraies de Chiraz en Perse, etcellesde Kaclimyr, plantées principalement de Rosa moschata.

C’est maintenant dans la région montagneuse des Balkans (2) que se prépare ce précieux produit, auquel on mélange fréquemment l’essence obtenue de la distillation de divers Andropogon et principaleinent de VAndropogon pachnodes. La préparation existe maintenant encore très limitée en Perse, où les roses .sont devenues fort rares. Ce n’est plus le pays des roses, comme nous pourrions le croire d’après ses poètes.Le Scliah est actuellement obligé de faire venir d’Europe les rosiers destinés à l’embellissement de ses palais. Olivier, cite cependant dans les jardins de Téhéran, des pieds de Rosamoschala hauts de plus de 30 pieds. Il existe aussi, paraît-il, un rosier de dimensions inusitées dans les jardins des palais d’Ispahan : les fleurs en sont blanches d’après l’observateur, M. Pissard. Cette plante ne serait-elle que le R. moschata ; nous n’avons pu voir (lu’un jeune sujet sans Heurs et il nous est impossible malgré la description originale de nous faire une

(1) Ilisl. gênér. de l'empire du Mogol, par le P. Catrou, 1705, p. 425. — Langles, Recherches sur la découverte- de l’essence de roses, 1804. — Kœmpfer Amwnilales exolicœ, p. 373.

(2) Planclion, Drogues simples d’origine végétale. II, 317.

idée exacte du Rosa Pûsardi (Car.). Les lieux arides de la Perse sont également la patrie du curieux Rosa berberifolia i)lante bizarre élevée au rang de genre monotype sous le nom de Ilulthemia : la Songarie chinoise nourrit également cette plante et tout récemment on l’a rapportée du Turkestan.

(le n’èst pas seulement la Perse qui paraît presque dépourvue de roses, mais l’Alnque ne semble guère plus riche ainsi que l’a remarqué M. Doumet-Adanson. Le Maroc, par exemple, ne renferme comme espèce intéressante que le R. Seraphini (Vis.) espèce méditerranéenne fondée sur un type de Corse et qui se retrouve dans les régions chaudes de l’ancien continent. Les cultures de rosiers, y sont également inconnues.

Au XVP siècle viennent quelques auteurs qui s’occupent sérieusement des espèces sauvages de l’Europe; c’e.st ; Charles de l’Ecluse qui signale le/L hemispherica sous le nom de R. flava flore pleno (1528-1019); en 1580 Lebel en décrit 10 espèces qu’il lit dessiner et graver ; Charles Bauhin dans son Pinax (1020) en porta le nombre à 19. Tragus (1498-1554), le plus original des pères du XVI*' siècle décrit les Rosa rubiginosa et serpens dans son Kreutterbuch (1539); Fuchs dans le Slirpium kisloria (1542); Tabernœrnontanus dans le Krauterbuch (1588) ; Lindern dans le TourneforUus alsaticus (1728); Hermann, Disserlatio de rosû (1702) ; Mappus (1091) continuèrent avec beaucoup de méthode et de

sagacité l’étude des plantes parmi lesquelles le genre Rosa joue un rôle considérable; chez ces vieux pères de la botanique, les roses connues à cette époque sont bien décrites et il est assez facile de s’y reconnaître au milieu de leurs longues phrases diagnostiques. Voici avec leur .synonymie la liste des espèces qu’ils indiquent.

Rosa arvensis. — R. campestris repens alba (G. B.) — Rosa sylvestris 4® sp. (Mappus) (Tragus).

— R. sylvestris altéra minor flore albo (Ray). Rosa gallica. — R. sylvestris flore majore et ru-

bente (Mappus). — R. rubra simplex et multiplex (G. B.). — R. rubra officinarum (Tabern.).

Rosa austriaca {Grantz). — R. pumila (Glus.). Rosa cenli/blia. — R. centifolia batavorum (Glus.).

— R. maxirna hollandica v. centifolia. (G. B.). Rosa pomponia. — R. minor prœcox flore ru-

bello pleno (Mapp.).

Rosa spinosissima. — R. campestris spinosissima flore albo odoro(G. B.). (Glus.). (Mapp.).

Rosa pitnpinellifolia. — R. campestris spinosissima flore rubro odoro(G. B.).

Rosa mitissima. — R. balloniana (Herm.). — R. sylvestris pomifera (Lobel).

Rosa alpina. — R. minor, rubello flore, non spinosa (Mapp.). •

Rosa cinnamomea. — R. maïalis (Her.). — Rodore cinnamomi fl. .simplici vel pleno (G. B.).

Rosa canina. — R. sylvestris, vulgaris, flore odorato incarnato (G. B.). (Mapp.). — R. canina vulgo dicta (Dodoens).

Rosa alba L. — R. alba (Tabern.). (G. B.). (Lind.).

Rosa ruhiginosa. — R. eglanteria (Tab.). (Herm.). — R. sylvestris foliis odoratis (B. Mappus).

Rosa pomifera. — R. sylvestris pomifera major. (B. Mapp.).

Rosa eglanteria. — R. liitea simplex (Bauhin).

Rosa sulphurea. — R. flava flore pleno (Glus.).

On ne saurait trop insister sur les immenses services rendus à la botanique par les pères du XVP siècle; nul mieux que Kirsclileger n’a su faire revivre ces grandes figures de la science et n’a appelé l’attention sur l’oubli immérité dans lequel on les avait laissées. Linné, malgré son immense mérite et son merveilleux génie de méthode, e.st le premier coupable en cette matière ; il a abandonné les noms proposés par ses devanciers ou bien encore il se les est approprié. Les botanistes modernes ont à peu près tous consacré cette iniquité contre laquelle il nous semble Juste de protester. Il e.st d’usage en effet de ne pas (âter après un nom de genre ou d’espèce le nom des auteurs antérieurs à Linné (Tournefort, excepté pour les genres) ; « cet usage nous a paru souverainement injuste, dit Kirschleger, envers les pères de la botanique aux XV" et XVP siècles ». Ainsi Fuchs a créé le Digitalis purpurea; Dodoens, VEryngium campes-

Ire ; G. Bauliiii ie Solmium luberosmn : nous ne comprenons point comment il est permis d’attribuer à L. le mérite de ces créations et d’en dépouiller leurs vrais auteurs. « Nous savons bien que tout cela peut blesser l’amour-propre de certains auteurs, mais nous préférons ne pas blesser les sentiments de justice et de reconnaissance (1). »

En 1690, La Quintynie ne connaissait que quatorze espèces ou variétés de roses : c’est le même nombre que décrit Linné en 1762. Ici pour la première fois et grâce à la nomenclature binaire (substantif et adjectif), la simplicité se fait jour dans la botanique. Toutes ses espèces sont devenues entre les mains de ses successeurs immédiats le point de départ d’un nombre plus ou moins considéralde de formes. Malgré ses imperfections, malgré les fautes inséparables d’aussi prodigieux travaux, Linné n’a pas moins solidement posé les bases des sciences naturelles : if fut de bon ton il y a quelques années de le décrier, de rappeler ses erreurs, de dire que le magister dixit n’était plus de saison. Toutes ces attaques insensées ne peuvent que le grandir, en même temps qu’elles tournent à la confusion de ceux qui s’en sont rendu coupables. La gloire de Linné survivra intacte, alors que ses détracteurs seront plongés dans un oubli juste et bien mérité.

(1) Kirschleger, Flore d’Alsace, l. b'’, 1852.

Si nous étudions les roses connues de L. deux choses sont à distinguer : les espèces décrites dans ses œuvres, celles qui sont contenues dans son herbier. C’est surtout à ces dernières que nous nous attacherons ; elles ont été à plusieurs reprises étudiées par des maîtres et particulièrement par le savant rhodologue anglais Baker. On doit attacher une importance particulière aux espèces Linnéennes suivant qu’elles repré.sentent des types de son herbier ou de son Species, ainsi le Rosa rubiginosa L. herb. n’a pas la même forme queleR.ru6?’^mosa décrit dans le Systema. Voici quelles .sont les espèces de l’herbier :

Rosa eglanleria et sa variété bicolore.

Rosa rubiginosa.

Rosa cinnamomea.

Rosa pimpinelHfolia.

Rosa spinosissima (étiquetté R. pimpinellifolia).

Rosa villosa (Rosa mollissima. Fries).

Rosa pomifera (étiquetté R. sylvestris virgin insis).

Rosa sempervirens.

Rosa gallica (et diverses formes de cette espèce).

Rosa provincialis (étiquetté R. belgica, Miller).

Rosa pumila.

Rosa arvina (étiquetté R. gallica).

Rosa alpina (et v. pyrenaïca).

R (usa canina.

/îo.sa étiquetté R. cretica rnon-

tana foliis subrotiindis glutinosis et villosis (Jacq.)

Rosa collina (Jacq.)

Uosa alba. L.

Rosapendulmaiji. inerniis fructulongissimo. L).

Sons le nom de Rosa dumetorum se trouve un Rosa 7'ubiginosa] le Rosasepium (Th.) bien caractérisé s’y rencontre aussi mais sans étiquette.

En 1698, dans l’histoire des plantes qui croissent aux environs de Paris, ïoiirnefort ne cite que deux espèces de roses, le Rosa canina et le Rosa rubiginosa; la première ainsi caractérisée :

Rosa sylvestris vulgaris flore incarnato odorato. (G. Bauhin).

/?. sylveslris (Tab.).

Eglanlier.

La deuxième est ainsi décrite :

Rosa sylveslris foliis odoraiis{QA. B.).

Rosa foliis odoratis eglanteria dicta (J. B.).

R. eglanteria (Tab.).

Aucun doute ne saurait s’élever sur la synonymie de ces deux plantes, surtout en ce qui concerne la seconde qui a dû de tout temps frapper par l’odeur de ses feuilles le botaniste observateur.

En 1762, Hermann dans sa remarquable dissertation de Rosa fixe les caractères du Rosa pomifera et du R. hemisphœrica. La mênn^ année Hudson créait le R. arvensis.

En 1709, Crantz {Stirp. ausl.) sépare du H. gallica^ le R. austriaca , en 1779, Jacquin {fl. austriaca) étudie les roses d’Autriche et y reconnaît comme nouvelle le Rosa collbia, devenu depuis le type d’une section tout entière tirée des Caninæ ; en 177‘> (louan, dans sa flore (ïe^Montpellier., publie des formes du R. alpina sous les noms de R. pyrenaïca et monspeliaca] en 1779, Villars énumère parmi les roses du Dauphiné 4 espèces nouvelles admises encore de nos jours : le R. lagenaria., anomalie du 7?. alpina., les R. ferruginéa., glauca et montana espèces bien caractérisées. En 1780, Miller, dans son IHcHomiaire du jardinier fait connaître -‘M espèces de roses, et il est lui-même le créateur des Rosa moscJi(da, daniascena, incarnala., etc. La même année. Al boni, dans le Flora podenundana décrit 21 espèces, on y rapportant les synonymes de ses devanciers. Nous trouvons dans ces ouvrages une tentative do classification, admise encore pondant un assez long laps do temps par ses successeurs. Les roses y sont séparées en deux sections basées sur la forme du fruit.

Dans les espèces gcrminibus subglobnsis se trouvent compris les R. lVetida (R. lutea); R. cinnamomea, R. spinosissirna, D. villosa, R. arvensis.

Dans la seconde série caractérisée par Oerminibus ovalis nous trouvons R. gallica ; R. alpina ; R. canina ; R. alba (R. arvensis); R. <!ollina ; R. pumila qu’il identifie avec le R. austriaca (Rrantz) et le Rosarubigi-

nosa.

En 1784 Thunberg' dans le Flora Japonica fait connaître deux types très remanjuables spéciaux à l’extrême Asie : les R. multillora et R. rugosa, sur lesquels de nos jours se sont exercées les recbercbos de grand nombre de savants ou de praticiens. En 1789, Aiton (IL Kow.) nous fait connaître les R. provincialis, muscosa, turbinata et d’autres formes borticoles, tirées du groupe si remarquable des Gallicanes.

D’autres botanistes en grand nombre continuent l’étude des formes de ce genre, nous ne ferons que les citer : Leers, Rotb, Ebrarbt, Krocker, Rellardi, Mœncb, Savi, Haller fils, Pollini etSéguier, Scopoli, Rmélin, Dallas, Murray, Gatereau, Wildenow.

En 1799, Thuillier, botaniste parisien, donne la diagnose de deux nouvelles espèces admises par tous depuis cette époque ce sont les II. sepium et dumeiorum . Les roses de la flore de Paris sont classées d’après la forme des fruits. Dans les roses à fruits globuleux se trouvent les liosa rubiginosa, arvensis, pimpinellifolia, spinosissima, villosa. Le 11. pimpinellifolia est décrit « flores pallido rosei » d’après M. Deséglise, ce serait là le véritable liosa pimpinellifolia de L. Dans les espèces à fruits ovales nous trouvons : R. canina, R. sepium. Voici les diagnoses des deux nouveautés dues à ïbuilher.

Rosa dumeiorum. R. ramis glal)ris, aculeis infra folia, geminatis, validis, uncinatis : foliis pubescentibus, petiolo minute passim aculeato; foliolis subor-

Jjiculato-ovalibu.s r»-7, fructihii.s ^loljosis, pediuiculisqiio glabris.

Habitat iii .su'pibus, diiuietisque flores pallido-rosoi.

Hosa aeiymm. U. elatior, rarnis undique aculois rociuTis annatis : foliolis i)lcrumqiie septcnis, parvulis, ovatis, acutis, snbtus uti petiolus glandidis coiispersis; IVuctibus oblongo ovatis pedunculoque glabris.

Habitas iii sœpibus duinetisqiie, flores pallidorosei.

En 1805, Andrews {Roses, or a monography of lhe genus rosa) pnblie un certain nombre de fascicules de planches coloriées ; l’auteur s’est surtout attaché à reproduire les espèces horticoles, des formes obtenues par la culture : son travail ne présente donc qu’un intérêt assez médiocre.

En 1811, un amateur passionné des roses, Guerrapain (de Méry-sur-Seine), dans sou/l/u^awac/i c/es roses, énumère les espèces cultivées à cette époque : les plantes y sont classées dans l’ordre de la floraison « attendu la difficulté, pour ne pas dire' l’impossibilité de les classer, à raison des nombreuses variétés ou espèces hybrides qui se rapprochent plus ou moins de l’espèce primiti\'e. » Plus de deux cents espèces sont ainsi décrites. Dans ce petit livre écrit sous une forme aimable et enjouée, il y a beaucoup de faits intéressants dont le praticien pourrait profiter. Guoh{ues légères erreurs s’y sont glissées, mais peu importantes et ne

servant qu’à dénoter le coup d’œil sûr de rauteur, Kn 1812, Mérat dans la première édition de la Flo7'e de Paris ajoute quelques nouvelles espèces à celles déjà connues : ses plantes sont classées d’après la forme du fruit, les espèces nouvelles sont : Rosa temdglandidosa (R. umljellata), Rosa verticillacantha, Rosa biserrata, Rosa macrocarpa, Rosa stipidaris : c’est également là que se trouvent décrits pour la première fois les Rosa glaucescens et nitens de (Desvaux) formes sans importance du R. canina. Les espèces de Mérat ont subi une destinée commune assez singulière : quoique recueillies dans une flore ardemment et continuellement explorée, elles sont tombées dans l’oubli, et l’embarras est grand quand on veut savoir ce qu’est réellement le R. Biserrata^ ou telle autre espèce du Aoriste parisien. Dans sa deuxième édition, la plupart de ces nouveautés sont reléguées au rang des variétés.

En 1813, Desvaux, dans ses observations critiques sur les rosiers, et dans son journal de botanique, s’attache surtout aux espèces de l’ouest de la Franco et en fait connaître quelques-unes, c’est principalement sur le groupe des Stylosæ que s’est exercée son habileté et plus tard celle de Desportes et de Bastard.

En 1815, Desfontaines, dans le Tableau de l’école de botanique du Muséum énumère trente-six espèces cultivées au jardin de Paris, et les classe d’après le

fruit rond ou ovale : dans un supplément sont indiquées dix autres formes peu connues. Ce supplément e.st rédigé avec l’aide de Uo.sc qui en 1809, avait consacré dans le Nouveau cours complet d’agriculture un long et remarquable chapitre à l’étude des roses, classées d’après la forme des fruits : c’était alors le seid caractère em})loyé comme caractéristique.

Nous y trouvons décrites 42 espèces, dont ({uelques-unes créées par l’auteui', puis des plantes d’Amérique que Bosc avait dû habiter pendant plusieurs années, telles que les Rosa rapa, Evralina, les roses asiatiques et chinoises y sont généralement bien décrites (Rosa semperllorens, Rosa oracteata, R. Indica, R. Sinensis).

En 1810, le père Rau {Enumeralio Rosarum^ etc.) donne des diagnoses de nouvelles espèces d’Allemagne : c’est là que se trouvent décrits les R. flexuosa, tracbyphylla, rotundifolia, etc. Peu d’ouvrages ont eu autant d’importance et d’influence que celui-ci et de nos jours il est fréquemment consulté. Pour la première fois, la classiflcation fondée sur les fruits tend à disparaître et à faire place à une autre plus rationnelle, basée sur la pré.sence ou l’ab- •sence de glandes à la face inférieure des feuilles.

En 1810, Woods [A Synopsis of the Brilish species of Rosa) établit 3 séries d’après les soies et les aiguillons des tiges. La première (aculeis

sæpius recti.s); la deuxième setis nullis (aculeis rec-

tins culis), la troisième setis nullis (aculeis uncioatis).

En 1818, Léman, dans un opuscule introuvable, complètement oublié pendant de longues années et remis en lumière par Boreau [Notes sur plusieurs espèces nouvelles de Rosiers et sur la nouvelle méthode de décrire les espèces du genre Rosa) appuie sa nouvelle classification sur les dents des folioles. 1" Foliolis simplicité!* dentatis ; 2“ Dentibus foliorum margine inferiore serratis ; 3“ Dentibus foliorum utrinque margine serratis giandulosisve. La méthode de Léman a en partie survécu à son auteur et le caractère tiré de la dentition des feuilles joue encore un rôle important dans l’étude des Roses. C’est à Léman que l’on doit les Rosa lutetiana, urbica, tormentella.

La même année D. G. publiait dans la 1™ livraison du Musée helvétique de Seringe, un projet de classification, qui a depuis été repris notablement par M. Deséglise.

A. Synstylæ. B. Rubiginées. G. Gallicanes.

D. Ghinenses (Indicæ, sinica, bracteata).

E. Ginnamomeæ. F. Hébécladées (R. Rugosa). G. pirnpinellifoliées.

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