‹ Notes pour servir à l'histoire des classifications dans les espèces du genre rosaChapitre 9 sur 18 · I. — Syustyln* (D. C.), Cat. de Montp · texte numérisé non relu

I. — Syustyln* (D. C.), Cat. de Montp

C’est Lachenal en 1759 qui remarqua le premier la réunion des styles en colonne dans le R. Arvensis ({u’on peut prendre comme type de cette section. Do Gandolle en 1818, créait la dénomination de Synsfylæ, admise par tous les botanistes depuis cette époque : Koch, faisait rentrer ces plantes dans les Nobiles. Dumortier, frappé de cette disposition constante des styles proposait dès 1827, le genre Stylorhodon.

On peut ainsi caractériser cette section :

Styles réunis en colonnes, allongés, prolongés audelà du disque ; aiguillons uniformes ; sépales presque entiers ou pinnatifides, caducs ;

Deux subdivisions doivent y être tracées, les roses à feuillage caduc pendant l’hiver {arvenses), celles dont le feuillage Tpersisie{sempervirentes). Les dernières sont caractérisées par cette particularité physiologique de garder leurs feuilles pendant l’hiver : ce caractère bon pour celui qui étudie la nature, ne peut pas malheureusement .se retrouver dans l’herbier ; il faut donc chercher d’autres indications qui permettent de .séparer les formes issues du Rosa Sempervirens : les feuilles moyennes des ramuscules florifères sont 5, rarement 7 foliolées ; les folioles épaisses et luisantes, presque toujours glabres, très

j'aremcnt piibescentes en dessous, cuspidées, à dents étroites et siiperflcielles. L’inflorescence, (luoiquo ])eu fournie est rarement uniflore ; les pédoncules et les sépales assez abondamment glanduleux; les styles sont velus, rarement glabres. Dans les R. Armnses, les ramuscules florifères ont leurs feuilles moyennes ordinairement 7 foliolées à folioles minces, non luisantes, plus ou moins pubescentes sur les faces, à dents profondes, aiguës ou obtuses, rarement cuspidées; — l’inflorescence est habituellement uniflore ; les pédoncules et les sépales sont peu glanduleux, les styles toujours glabres. Enfin un très bon caractère peut être quelquefois tiré de la direction des bractées primaires, dressées dans les .'Iruenaea, réfractées dans Semp&rüirentes. L’inflorescence fournie de certaines formes, du R. Moschata, par exemple, se réunit par l’intermédiaire du/L sempervirens aux Arvenses.

Les formes les plus connues des Sempervirentes sont les H. Mulliflora et Moschata, cultivées maintenant dans la plupart des jardins. Le Rosa multiflora (Thunberg) rapporté du Japon en 1784, et introduit dans les premières années de ce siècle, a été pendant longtemps cultivé à fleurs doubles roses ou blanches : le type à fleurs simples paraissait oublié, quand en 1868, une Rose japonaise fut nommée par M. Carrière R. Intermedia^ la môme espèce reçut de M. Leroy (d’Angers) le nom de Rosa Inlermedia^ et il est probable que c’est à la meme

espèce que K. Koch avait appliqué la dénomination de H. Vichuræ : quoi qu’il en soit, ces 3 roses ne sont que le type du R. Multiflora. Enfin, le R. Polyantha (Sieb. Zucc.:) est encore venu embrouiller la synonymie de cette plante ; cette espèce complètement inconnue, paraîtrait devoir rentrer dans une des formes d’une autre Rose japonaise, le R. Luciæ (Franchet et Roclieb.:).

Six variétés sont énumérées dans VEnumeratio panl. in Japonia^ etc., de M. Franchet; quelquesunes au rapport de Grépin, pourraient être rapportées à des hybrides ou tout au moins seraient douteuses.

Le Rom Multiflora est caractérisé par ses tiges, ses calices, ses pédoncules plus ou moins tomenteux, les rejets très longs, à aiguillons tonus épars; les folioles 5-7 ovales lancéolées molles, légèrement rugueuses, les stipules profondément pectinées, les fleurs en corymbe très fourni; les calices sont ovales globuleux, les styles exserts en colonne velue. Les fruits sont rouges, arrondis, de la grosseur d’un pois.

Depuis quelques années, on en cultive une forme à fleurs doubles (sous le nom de ma Pâquerette)^ blanches ou roses. La plante que nous avons vue, quoique l’obtenteur affirme son origine, nous paraît assez différente du type. Les feuilles sont glabres, luisantes, l’inflorescence se trouve considérablement réduite, et de i)lus, la plante est remontante : ces

caractères paraissent assez distincts pour qu’on puisse en suspecter la véritable origine.

C’est plus certainement au R. Multiflora que l’on doit rapporter Rosiers Multiflores des jardiniers, à fleurs toujours pleines : est-ce une plante hybride, est-ce une forme autonome : la présence du R. Muliiflora s’y fait sentir, par la forme et la dentelure particulière des stipules, les styles n’y sont pas réunis en colonne, ce qui paraît tenir au développement de la fleur qui est toujours pleine : nous avons remarqué ce fait qui nous semble général dans la plupart des roses à pétales nombreux. On a admis l’iiybridité du R. Multiflora et du R. Gallica^ comme formant les Rosiers Multiflores : il est bien difficile de se prononcer en cette matière : ces roses sont regardées comme de simples variétés dans le Prodomus^ dans les Icônes d'Andrews^ dans les Roses de Redouté.

Le Rosier multiflore habite non seulement le Japon, mais encore la Chine, où l’abbé David l’a retrouvé il y a quelques années.

Le R. Moschala., quoique connu depuis très longtemps, est une plante tellement polymorphe, que son histoire est restée incomplète jusqu’à ce jour. Il a, en effet, reçu des noms différents, suivant son lieu de croissance. Au Népaul, il constitue le Rosa Rrunonii (Lindl.), qui en est l’exagération glanduleuse : folioles pubescentes, glanduleuses, dents composées. Ce n’est que par ces caractères que le IL Rrunonii ,

diffère du fi. Moschata., et encore trouve-t-oji des intermédiaires qui établissent le passage de l’un à l’autre. Dans le lioussillon, une autre forme, qui n’est pas probablement d’origine spontanée, a servi à former le liosa Ruscinonensis (Gr. et Des.). — En Afrique, dans l’Yémen (Arabie), le Rosa abassinica (H. Br.).; dans l’Inde (Himalaya), le Rosa tongicuspis (Bert.) ; dans les Nilghiri, le Rosa Leschenaulliana [Red.), n’en sont que des modifications, quelquefois assez profondes, mais au fond desquelles on peut toujours revenir au type. En Mongolie, des formes parviflores très curieuses existent également, mais tellement différentes, qu’on avait cru pouvoir les rapporterait R. Luciæ du.lapon.

Une autre Rose a encore été rapportée comme variété au R. Moseliata^ c’est le R. Dupontü (Desg.), R. Moschala^ v. nivea (Dup.). C’est dans un hybride des Gallicanes ([u’il faut on chercher la véritable place; les styles sont en efl’et saillants comme dans les Synstylæ, mais libres comme dans les Gallicanæ bybridæ, les feuilles ont la consistance et les dimensions de ces dernières formes.

Par son croisement avec le Rosa indica, la Rose musquée a donné naissance à toute une série de Rosiers sarmonteux, fréquemment plantés dans les jardins : ce sont les Rosiers Noisette {R. Noisetliana, Red.). Le type de ces Rosiers a été obtenu en 1814, aux États-Unis, par le frère du célèbre horticulteur de ce nom. L’origine hybride en paraît certaine;

malgré cela, Loiseleiir-Delongcliamps, ennemi juré (les idées d’l) 3 'l)ridation dans le genre Rosa^ affirme ((lie des R. Noisette ont été obtenus par semis de simples R. senipervirens ou Moschata; alors une même Rose pourrait provenir de semis de deux f.vpes bien différents, à moins d’admettre l’identité absolue de ces deux espèces, ce qui est complètement impossible, malgré quelques caractères intermédiaires qui ont fait classer telle ou telle forme dans le R. sempervirens ou dans le R. moschata.

Le R. Moschata., en y faisant rentrer ses variétés possède une aire de dispersion considérable : on le trouve en eflbt dans les Pyrénées-Orientales, en Sicile, en Espagne, en Algérie, dans les montagnes de l’Inde, en Abyssinie, en Chine.

Sur des échantillons secs, il est quelquefois difficile de se prononcer sur l’identité d’une espèce : Voici quelques remarques qui pourront aider à séparer dans ce cas les R. sempervirens et Moschata. Dans le premier les feuilles sont b foliolées, glabres, l’inflorescence pauciflore, les bractées secondaires (ffroitement lancéolées, persistant pendant la floraison, les boutons ovoïdes-atténués; les sépales ovaleslancéolés terminés en mucron ou pointe courte, les extérieurs entiers ou munis de deux très petites pinnules; les pétales largement obovales se recouvrant par leurs bords. Dans l’autre, les feuilles des rameaux florifères sont à 7 folioles pubescentes ; l’inllorescence multiflore; les bractées secondaires très

étroites, linéaires, caduques pendant la floraison ; les pédicelles souvent velus, les boutons lancéolés, les sépales lancéolés, allongés, se terminant insensiblement en une longue pointe, les extérieurs souvent munis de 2-4 pinnules très apparentes; les pétales étroitement ovales se recouvrant peu par leurs bords les stipules sont plus étroites, à oreillettes plus divergentes que dans le R. sempervirens.

Dans le Rosa sempervirens doivent rentrer les R. Scandens (Mill.) eiProstrata (D. G.) M. Deséglise rapproche de cette dernière espèce le Rosa Ayres- /«rca (Lindl.) fréquemment cultivé en Angleterre, il est habituellement regardé comme une forme à fleurs doubles du R. Arvensis, R. Arvensis, y.Ayreshirea (Seringe in Prod :). Walroth y voit un « lusus ramulis scandentibus » du R. Rubifolia espèce américaine ; Desportes l’indique comme hybride du R. Arvensis.: M. Lavallée dans l’^r^ore/ww Segrezianum identifie avec cette espèce le R. Manetti (Hort) qui nous semble bien différent : c’est une plante peu étudiée, introduite depuis une trentaine d’années et qui s’emploie comme sujet pour la greffe des Rosiers. Regel le classe dans les Indicæ (//. Semperflorens v. Manetti) : ce rapprochement nous paraît impossible; on l’a aussi considéré comme hybride du R. Frasinifolia ce qui nous semble tout aussi improbable. Le R. Manetti à fleurs simples, ou à peine semi-pleines, devra vraisemblablement rentrer dans le groupe des Gallicanæ.

La sous-section des Sempervirentes comprend dans le Catalogue de M. Deséglise, 14 espèces de l’ancien continent que l’on peut réduire à o en y comprenant R. Luciæ (Franchet et Rocli :) et/L Phœnicea (Boissier) excellentes espèces bien caractérisées. Ces ü espèces sont :

/î. J/MW/!!ora(Thunb.)comprend. — R. Inlermedia (Carr.).

— R. Thyrsiflora (Leroy.)

— R. Wicliuræ (Koch.) ?

Zmcw (Frandiet et Rocli).

Rosa Moschala (Mil! :) — R. Leschonaultiana (Red.).

— R. Longicuspis (Bert.).

— R. Abyssinica (R. Br.).

— R. Brownii (Tratt :)

Rosa Phœnicea (Bois). — R. Ruscinonensis (Gr. Des).

Rosa SempervirenSy L. — R. Scandens (Mill :)

— R. Prostrata (D. G.)

La seconde sous-section des Synstylæ est constituée par les arvenses dont les caractères ont ôté indiqués plus haut. Entre les mains de M. Gandoger, les arvenses ont été partagés en pseudo-sempervirentes et eu-arvenses.

Le R. Arvensis type est caractérisé par ses pédoncules glanduleux, ses pétioles plus ou moins chargésdeglandes, ses fruits arrondis ; mais ces caractères sont extrêmement sujets à varier ; quand le Rosa Arvensis est églanduleux, il devient le R. Erronea (Bip :) la forme indiquée par Thuillier sous le nom de/L Arvensis'^ si au contraire ce sont les organes de la fructification qui se sont modifiés, si le fruit

est devenu ovoïde, c’est alors le R. ovala (Lej.) pris par Mérat pour le Rosa Stylosa : entre ces formes à peine distinctes chevauchent tous les intermédiaires imaginables ; si les aiguillons sont entremêlés de soies glanduleuses, on obtient alors le R. Gallicoïdes (Desg.) dans lequel le système glandulaire est poussé à l’exagération.

Si ces végétaux poussent dans un tcri*aiu ombragé, dans un jardin à sol fertile, les rameaux se redressent, la plante devient luxuriante et prend les noms de/»b Conspicua (Bor.), R. Bibracteata (Bast :), formes qui con.stituent la division pseudo-sempermrenles do M. Gandoger.

Ces quelques observations montrent bien sur quels minces caractères sont basées ces prétendues espèces : la suite do notre travail ne fera que corroborer l’oi)inion que nous avons depuis longtemps à ce sujet.

Les Roses de ce groupe sont rares dans le nord de l’Europe, et dans la région méditerranéenne ; ce sont avant tout des végétaux appartenant aux régions tempérées.

Slylosæ (Crepin).

Les espèces appartenant à ce groupe ont été d’abord étudiées parBa.stard et Desvaux. Deséglise les réunit comme sous-section aux »S'yn6%/a?; Grenier les confond avec les Caninæ (Suppl, à la flore du .Jura., p. 65).

Grépin(en 1869) démontra qu’elles étaient bien ca-

ractérisées par leurs styles réunis en colonne mais beaucoup moins développés (jue dans les Symtijhe : le disque est analogue ainsi que le port aux Caninæ dont elles ménagent la transition aux Arvenses.

Dans un ouvrage récent (1880), Borbas les fait rentrer dans les Synstylæ clans la subdivision des Deciduæ [Armmes et Slylosæ) :

Sépales pinnatifides, styles plus ou moins allongés, imparfaitementcoalescents, mais cohérents, quelquefois libres ; rameaux ascendants.

Dans les Slylosæ existent, admirablement mar- ([uées, des variations parallèles îi celles du groupe des Caninæ^ suivant que les feuilles ont les dents simples et les pédicelles lisses [Nudæ] ; les dents doubles {Biserratæ)^ les pédicelles hispides-glanduleux, les folioles glabres à dents simples {hispidæ) ; les pédicelles lisses, les folioles uniserrées, pubescentes ipubescenles), les pédicelles lisses ou hispides-glanduleux, à folioles pubescentes, surdentées (J'orne)? les pédicelles hispides-glanduleux, les folioles pubescentes à dents simples {Collinæ).

Ce parallélisme remarquable permet de classer facilement les formes de cette section, fonnes reliées entre elles par de nombreux liens.

Dans notre région, nous ne possédons avec certitude que le Rosa Viry inea (Bip.) des environs de Provins qui doit rentrer dans les Slylosæ nudæ et une autre forme de la meme provenance appartenant aux

biserratæ (R. anceps Bouteiller), Bull. Soc. Bol., (1880, p. 298).

C’est dans la tribu des Collinæ que doivent être rangées les formes les plus anciennement connues : H. Slylosa, Leiicochroa, Systyla. Le R. Stylosa a ses folioles un peu velues en dessous ; les fleurs sont blanches dans le R. Leucochroa, roses dans le R. Syslyla. Au sujet do cos espèces Crépin dit avec beaucoup de justesse : « .Je suis convaincu que ces créations spécifiques sont tout à fait artificielles et ne représentent que des formes individuelles qu’on peut grouper de différentes façons. Selon moi, la section n’est composée que d’un seul type spécifique. » Il y a loin delà aux 7 espèces indiquées par M. Deséglise et aux 20 de M. Gandoger.

Certaines formes de ce groupe sont confondues soit avec des Synstylæ qui s’en différencient assez nettement, soit avec des Caninæ dont certains individus desséchés ont l’aspect : le R. Rmiicana placé par Deséglise dans les Synstylæ, le R. Mandoni classé dans les Caninæ doivent prendre rang parmi les Slylosæ.

L’aire de dispersion de ce type {R. Stylosa) et do ses nombreuses variations est purement occidentale : il manque dans le nord de l’Europe, se rencontre fréquemment dans le midi et l’ouest de la France et s’avance jusque dans le département de Seine-et- Marne.

liidicstt (Ci’opin).

Ce groupe formé par Crépin, comprend un certain nombre de variétés horticoles connues sous les noms de rosiers du Bengale, roses thé, etc. L’origine de ces espèces est des plus embrouillées; elles sont originaires de l’Asie, mais depuis de longues années déjà cultivées dans les jardins, ce qui a dû contribuer à déformer leurs caractères spécifiques. La section peut être ainsi caractérisée : styles plus ou moins saillants, stipules toutes étroites. Le mode d’inflorence marque la place de cette section auprès des. Synstylæ.

Dans le Prodomus les Indicæ sont comprises parmi les Chineuses en compagnie des Banksiana^ des BractecUa, des B. Microphylla. Le R. Indica, L. y est indiqué avec plusieurs variétés dont les principales sont R. Noisettiana (Rosier noisette), Ternaiixiana (Rose Ternaux) ; R. Fragrans (Rose Thé); Semperflorens (R. Bengale) ; Acuminata (R. Miss La’wrence). L’auteur se demande si le Fragrans ne serait pas une espèce spéciale : c’est pour les rhodologues modernes le vrai R. Indica.

Trattinick a placé ces diverses formes dans sa quatrième section des ainsi caractérisée :

« Semperflorentes, foliola acuminata, suprema tornata, fructus ovati, rubri, glabri. »

Il ressort des travaux de Lindley et de son inspection de l’herbier de L. que le R. Indica^ L. ne serait

pas un llengale, mais une autre plante rangée autrefois dans les Jkinksiæ, mais qui doit prendre place dans les Synslylæ, le li. Microcaî'pa (Lind.) : Linné se rapportait à la tigure donnée par Pétiver (tab. 38 tig. 14).

Le nom de Linné devrait être abandonné.

Voici d’après Lindley la diagnose des trois espèces de cette section :

Posa Indica : foliolis ellipticis, acuminatis, glabris, crenato serratis, surbus glaucis, ovariis 40-b0.

Posa Semperflorens .-foliis ovatolanceolatis, cre- .nato serratis, ovariis Id, petalis integris.

Posa, Laiorenceana : Nana, foliolis ovatis, acutis, arguté serratis, i)etalis acuminatis, ovariis 7-8.

Nous voyons que Lindley appuie surtout les diflérences spécifiques sur le nombre des acbaiiies inclus dans l’iircéole, caractère des plus variables et que la végétation modifie fréquemment.

Le Pon Jardinier classe ces trois esi)ècos dans deu.x sections différentes : les Poses Thé,, les Poses Penyaleavec le P. Lcïiorc/tcmnrt pour intermédiaire. Les Rosiers Thé {P. frayrans) ont généralement les folioles pâles, plus allongées que dans les autres types ; les fleurs sont do couleur pou foncée, habituellement jaunâtres, blanchâtres, rarement ronges, répandant une légère odeur de Thé, ordinairement solitaires à l’extrémité des rameaux. Dans les Rosiers de Bengale {P. Semperflorens)^ les feuilles ont des folioles plus foncées, ])lus élargies:

les fleurs sont plus souvent paniculées, peu odorantes, de couleur plus foncée. Le Rosa Lawrenceana se distingue par son port : ce serait une forme naine du groupe des Indieæ.

D’aprèsMM.NaudinetDecaisne, la Rose Thé serait la souche d’où i)roviendrait le Rosa Sempej'florens \ Loiseleur-Delongschamps considère au contraire la Rose Thé comme issue du Rosier de Bengale. Il est bien possible qu’il n’y ait dans cette section que des formes obtenues par culture d’un même type spéciflque.

La Rosa InÆca par son hybridation avec le R.

Moschaia a fourni la série des Noisettes et des Rosiers Ternaux\ avec le Rosa Damascena^ les Rosiers dits de Rourbon, les Rosiers de Rourbon sont des arl)ustes généralement plus vigoureux que les précédents, les rameaux sont plus courts et généralement plus gros, uniflores — les épines sont courtes, fortes, élargies à la hase, courbées au sommet et éloignées l’une de l’autre — les folioles sont d’une couleur vertsombre-luisant, ovales, arrondies et dentées, au nombre de 3, 3, 7. — Le tube du calice est arrondi, renflé.

Les formes de cette nombreuse série ne se distingmmt pas toujours facilement des Rosiers Thé ; la forme des épines, les feuilles plus larges dans la grande majorité des cas, perdent quelquefois ces caractères de distinction. C’est ainsi que certaines espèces horticoles sont rangées par les uns dans les

Rosiers de Bourbon, par les autres dans les Rosiers Thé et pres({ue avec autant de raison dans les deux cas. L’histoire de cette rose de File Bourbon, a été assez controversée : elle a été obtenue de graines envoyées de File Bourbon par Bréon en 1819. Semées h Neuilly par .Jacques, elles donnèrent naissance à une plante qui de premier abord parut différente des Roses de Bengale : Thory Fa décrite dans Redouté sous le nom de R. Canina v. Dorbonica.

Bréon, faisait observer qu’il avait recueilli ses graines sur un Rosier croissant au voi.sinage des R. Indica et bifera (Damascena) qui sont fréquemment cultivés à Bourbon pour la clôture des haies. Dans de semblables conditions il y a bien des chances acquises à l’idée d’une hybridation entre les deux espèces citées. Loiseleur {La Rose, 1844, p. 159) ne veut voir dans le Rosier Bourbon qu’une modification remarquable du Rosier de Bengale; il propose même de réunir en une seule espèce toutes les plantes de ce groupe.

Avec le R. Alpina, la Rose thé donne naissance à quelques hybrides cultivés dans nos jardins : le Rosier de BoursauU aurait cette origine ainsi que le Rosa Lherilieranea (Thory) : la première espèce a reçu également de Thory le nom éeRosa Reclinaia. Trattinick, fait suivre la description de ces formes de la remarque suivante : « Gum species tôt hybridas natu- « raies suscepimus, cognoscere et promulgare oportet « etiam artiticiales quæ ulterius perdurant et propa-

« gantur, neque ut varietates ad ullarn aliam possunt « recluci », excellente remarque qui ne saurait mieux trouver son application que dans l’étude de ce genre où les ])liénomènes d’hybridation se produisent si fréquemment.

Le Rosier de Bengale a fourni à la culture une plante plutôt remarquable par sa bizarrerie que par sa beauté ; c'est la Rose Verte [Rosa Semperflorens v. viï'idiflora) dans laquelle les organes floraux se sont transformés en feuilles vertes.

Dans nos jardins, les Roses de ce groupe se présentent habituellement à fleurs semi-pleines, très rarement pleines; on cultive quelquefois le type du R. de Bengale à fleurs simples. Dans le midi une autre forme est l’objet d’un commerce important dans les départements du Var etdes Alpes-Maritimes ; d’api’ès des renseignements certains, elle sert à remplacer la Rose de Provins dont la produètion se restreint de plus en plus, pour les besoins de la pharmacie : il y aurait l’avantage de la quantité, les Rosiers de cette section étant remontants {R. Cramoisi supérieur). La Rose dite Safrano., que l’on rencontre fréquemment à Paris chez les fleuristes est une variété du Rosa Indica dont la culture se fait en grand dans le midi de la France.

Ces espèces sont originaires, selon toute probabilité, de l’Inde et de la Chine ; au Japon, on les cultive de longue date, mais elles y ont probablement été importées ; une forme à fleurs doubles n’a encore été

rencontrée que clans les jardins de ce pays, c’est le Rosa Sieboldi{C>vé'^m). On a signalé à Tanger le^ Rosa ^emperflorens à fleurs simples, mais peut-on affirmer sa spontanéité?

La date'de leur introduction en Europe, n’est pas très éloignée : Les Rosiers Thé l’auraient été en Angleterre en 1810; les Rosiers de Bengale^ en Angleterre en 1789, en France vers 1800 ; le R. Miss Laiorence^ en Angleterre en 1810.

Bracteatæ (Lindley).

Ce groupe essentiellement asiatique ne comprend que deux espèces autonomes : les Rosa Bracteata et fnvoliccrata, et deux autres hybrides, le Rosa Ilardyi et le Rosa Lyellii.

La section est ainsi définie par Lindley : « Rami fructus (fue tomento persistente vestiti ». Ainsi constituée, elle est des'plus naturelles, mais pas suffisamment déterminée. D’autres caractères que la l)ubescence sont nécessaires, on peut les trouver dans les aiguillons régulièrement géminés sous les stipules, les stipules profondément laciniées, les bractées laciniées, les pédoncules floraux f.rès courts, le nombre considérable des étamines et surtout la présence des bractées fortement développées cpii .semblent entourer la fleur : de plus il y a une véritable articulation entre le pédoncule floral et réceptacle.

Des deux espèces que renferme cette section (genre

Ernesitella de M. Germain de Saint-Pierre), l'une habite la Chine [Rosa Bracleala^ Wendland)\ l’autre est spéciale au Népaul et paraît habiter les pâturages humides {R. Involucrata, Roxh.) : dans les deux plantes les fleurs sont blanches, souvent doubles clans les jardins, mais s’ouvrant difficilement en entier sous les climats du Nord. Le vestiture des feuilles les distingue déprimé abord : elles sont glabres inférieurement dans le/L Bracteata^ velues dans le R. Involucrata; c|ui a les aiguillons crochus très robustes, tandis qu’ils sont droits, la pointe plus ou moins relevée dans le premier.

Le Rosa Lyellii (Lindley) rapporté à cette section semble d’après ses caractères devoir être attiâbué à l’hybridation du R. Involucrata par le R. Moschata^ avec lequel on peut assez facilement le confondre, sauf les styles qui ne sont point en colonne saillante.

Avec le Hulthemia berberifolia^ le Rosa inoolucrala donne naissance au curieux et rare Rosa Ilardyi : plante que nous avons pu étudier à loisir dans les cultures du Muséum : c’est un arbrisseau bas, délicat, à tiges grêles, aiguillons droits et sétacés ; feuilles glauques rappelant celles de Vlvultemia, mais divisées plus ou moins ; fleurs jaunes simples, mar- (juées d’une tache pourpre à l’onglet : cette singulière plante a été obtenue dans les jardins du Luxembourg par hybridation naturelle. Pirolle qui en a parlé un des premiers, proposait le nom de R. Ilar-

dysiana et le supposait formé par le Rosa indica : mais l’origiue rapportée plus haut est absolument certaine.

Une particularité intéressante des Bracteatæ, c’est de donner naissance à deux générations d’axe la même année ; les ramuscules florifères naissent à l’aisselle des feuilles sur les branches de l’année.

Le lîosa bractecda a été introduit en Angleterre en 1795 par Staunton, en France en 1798 par Gels ; le Rom iïwohicrata^ en Angleterre en 1820. Tbory l’avait précédemment décrit sous le nom de R. Clinophylla.

Haiiksiaiiie (Liodlcy) ex. p. (Crépin).

La section des Banksianæ a été créée par Lindley pour le Rosa Banksiæ (R. Br.) et ainsi caractérisée : « stipulæ subliboræ, subiflatæ vel angustissimæ sæ- « pins deciduæ, foliola sæpius ternata, nitida, caules « scandentes ». Depuis on y a fait rentrer le/i. Sinica (Murray) et le R. Microcarpa (Lindl.) qui doivent en être séparés, le premier pour former la section des Sinicæ% le second pour rentrer au voisinage du MuUiflora dans les Synstylæ.

Le Rosa Banksiæ doit former à lui seul une section caractérisée par .ses axes inermos, sarmenteux, glabres : quelquefois on peut observer un aiguillon par entrenœud, mais petit, court, crochu. Les réceptacles florifères sont très petits, ovoïdes, arrondis, fortement contractés au sommet, beaucoup plus gros

dans la plante à fleurs doubles. Les sépales sont réfléchis après l’anthèse et tombent avant la maturité ; styles inclus en capitule arrondi, le réceptacle fructifère est très petit, pisiforme, globuleux.

Dans les jardins d’Europe et même d’Asie, on ne le connaît qu’à fleurs doubles (jaunes ou blanches) ; ce n’est que depuis quelques années qu’on l’a signalé à fleurs simples en Italie, principalement à Florence où des individus à fleurs pleines seraient revenus au type : fait des plus rares, mais déjà affirmé par Bosc à propos de la Rose à cent,feuilles. Depuis on l’a également rapporté de Chine.

L’aire de dispersion de ce type est des plus étroites, on ne le connaît avec certitude que du Shensi méridional (Chine) : au Japon, il n’esf que cultivé {R. viola Sieb.). Une rose chinoise semble se rapprocher de ce type, quoique Regel la place dans les variétés du R. sempervirens^ c’est le R. anemoniflora (Fortune), charmante plante à fleurs pleines, blanches, laciniées.

Slnlcæ (Crépin),

Section également monotype comprenant le Rosa Lœvigata (Midi :) ; le nom de R. Sinica doit être abandonné; l’espèce ainsi nommée par Aifon était probablement une forme appartenant aux Indicæ. La môme plante a encore reçu les noms de R. Ternata (Poiret), Rosa Trifoliata (Boac.)^ R- Nivea(D. C.). Elle est originaire de Cbine, mais cultivée de-

puis longtemps en Amérique où Michaux la croyant nouvelle, la désigna sous la dénomination de It. Lœvigata.

Cette rose n’a de commun avec le li. Hanksiæ que ses stipules plus ou moins libres-décidues ; les autres caractères sont essentiellement différents. Les axes sont fortement aiguillonnés, les feuilles sont à trois folioles et non à cinq comme dans le 11. Banlmæ, elles ne sont pas inermes ; les fleurs solitaires, non en ombelle; le réceptacle fructifère est gros, à sépales persistants, non caducs.

Lo II. Camellia (Siel).) du Japon n’en paraît être qu’une forme à fleurs doublées par la culture dans les jardins de ce pays.

(liallieniiio (D. C.).

Tribu créée en 1818 par D. C. qui en séparait les Ceniifoliw; elle comprend les liosos nobles^ les plus anciennement connues, celles qui ont produit les merveilles florales de nos jardins. Pou de sections ont autant embarrassé les floristes, ce qui tient probablement au nombre infini des hybrides formés avec les autres espèces de Roses. Telle que nous la comprenons, elle est ainsi composée :

Gallicanæ veræ (Borbas).

Gallicanæ hybridæ (Borbas).

Glandulosæ (Grépin). — Trachyphyllæ (Christ.)

Caninæ Collinæ., en partie.

Cet ordre tend à supprimer la section des Glandulosæ rapportée tantôt aux Rubigineuses^ tantôt aux Canines^ et une partie des Collinæ {Rosa Alba^ R. Collina, etc.).

Les auteurs se sont surtout appuyé sur le caractère des styles pour classer les espèces de cette section, espèces qui doivent à peu près toutes rentrer dans un môme type : les Rosa gallica, provincialis, dustriaca, etc., n’étant que des variations insignifiantes; ces styles sont tantôt glabres ou velus et libres, tantôt agglutinés mais non en colonne : dans ce dernier cas, on est à peu près sûr d’avoir affaire à un hybride.

Les caractères des Roses de cette section sont : taille peu élevée, tiges chargées d’aiguillons sétacés dégénérant souvent en .soies glanduleu.ses, et d’aiguillons crochus plus grêles que dans le R. Canina [Dbnorphacanthæ de Godet). Les feuilles moyennes des ramuscules florifères .sont ordinairement 5-foliolées, rarement 7 foliolées; les stipules conformes, étroites, ne s’élargissant pas au sommet, les sépales sont grands etpinnulés, souvent chargés sur le dos d’expansions foliacées. Les folioles sont coriaces et présentent un a.spect particulier. L’inflorescence est pauciflore ; les fleurs les plus grandes du genre sont ordinairement d’un rose vif. Les fruits sont cartilagineux, ne contenant pas de suc, à une époque tardive. Dans les Glandulosæ les feuilles sont plus ou moins glanduleu.ses au-des.sous, les aiguillons sont

conformes, mais cependant pins grêles, moins crochus que dans les Canines; dans les Collinæ réunies à ce groupe, elles sont plus ou moins velues en dessous.

Les caractères cités plus haut se retrouvent dans le R. Cenlifolia qui ne diffère du R. Gallica que par ses fleurs penchées, moins foncées, .ses pédoncules plus longs, mais la culture prolongée suffit pour expliquer ces variations : cette forme connue de toute antiquité ne se retrouve nulle part à l’état spontané ; M. Boissier ne l’a pas observé en Orient avec des fleurs simples. C’est à cette forme qu’il faut rapporter les R. Pulchella (Wild); R. Parvifolia (Ehr.) qui a été à tort regardé comme indigène aux environs de Dijon (Rose de Bourgogne); le Rosa Pomponia (D. C.) (petit pompon de Bourgogne); le R. Muscosa{k\i.)^ monstruosité issue du R. Centifolia^ à fleurs blanches ou roses.

C’e.st encore ici qu’il faut rapporter les Rosiers perpétuels (R. Portlandica) jadis fréquemment cultivés, et les Rosiers dits hybrides dans lesquels l’hybridité est bien difficile à découvrir, puisque généralement elle n’existe pas.

La Rose de Provins qui serait le seul type spécifique des Gallicanæ veræ, passe pour avoir été rapportée des Croisades par Thibaut-le-Chansonnier, qui en embellit .sa résidence de Provins, la légende est-elle vraie? il est permis d’en douter, car dès l’époque romaine le Rosa gallica était cultivé en

Italie sous le nom de Rose milésienne. Quoi qu’il eu soit, la ville de Provins a toujours rappelé avec fierté le don que lui firent ses anciens Comtes, et un de ses historiens, Opoix, pharmacien, ancien conventionnel, entreprit en 1807 une campagne acharnée contre Parmentier. Celui-ci avait affirmé que les Roses récoltées sur le territoire de Provins n’avaient pas de qualités spéciales, Opoix soutenait avec beaucoup de verve qu’elles étaient douées d’une odeur pénétrante qu’on ne retrouvait point dans les autres. Les propriétés supérieures dont elles étaient douées, tenaient selon lui, à la nature ferrugineuse du sol; il s’appuyait d’ailleurs sur l’autorité de Pomet qui donne la préférence aux roses recueillies à Provins.

La même année, les habitants de Provins adressèrent au ministre de l’intérieur un mémoire demandant à ce qu’on encourageât la culture des Roses de Provins, en les faisant employer de préférence dans les hôpitaux et pharmacies militaires ; mais ils furent éconduits, sur l’avis de Parmentier, malgré Cadet de Gassicourt, qui avait hautement pris le parti d’Opoix. Opoix était d’ailleurs une noble figure qui, après avoir courageusement fait son devoir à la Convention, s’était retiré dans sa ville natale, loin des honneurs et des curieux. Il a mérité d’être chanté en beaux vers par un autre enfant de Provins, Hégésippe Moreau.

Le culte de la célèbre Rose se perdit peu à peu et. il y a quelques années, il nous fut impossible

(l'en découvrir un seul pied dans les jardins de cette ville. Tout récemment, quelques personnes, soucieuses de cette ancienne célébrité, firent de justes ett'orts pour en remémorer le souvenir, et, en 1877, le conseil municipal de Provins ordonna que toutes les variétés connues de l’antique plante fussent réunies dans les squares et les promenades de la ville.

En 1828, Desportes comptait 1,213 variétés horticoles du H. Gallica^ sans y comprendre les Rosiers à cent feuilles.

Hybrides formés par le R. gallica.

Avec le U. Arvensis^ le R. Gallica forme une série de croisements dans lesquels l’ambiguïté des caractères permet de reconnaître assez nettement la part prise par les deux plantes.

La plupart de ces espèces ont été décrites comme espèces autonomes jusqu’à ce jour; elles peuvent donner lieu à de nombreuses créations; car les R. Gallica et A7'vensù étant extrêmement polymorphes, donneront naissance à des produits fort dilférents les uns des autres; de plus, les achaincs, dans certains fruits fertiles (fait assez rare), peuvent donner des formes tendant à retourner aux types originels.

Ces considérations expliciuent la difficulté que l'on éprouve à classer certains Rosiers de ce groupe, dont on ignorait la nature véritable. Parmi ces formes, assez fréquentes aux environs de Lyon, où aljonde

le Rosa Rallica, une avait déjà frappé Schleicher, qui avait créé le R. Hybrida, (pii se rapproche du Jî. Aî'vensis. Le Rosa B or œana {Bévand) doit également se rapprocher, ainsi (pie le R. Dupontü (Deség.), de cette espèce. Toutes ces formes ont les styles saillants, plus ou moins agglutinés, suivant la part prise par Tiin et l’autre des parents.

Les hybrides produits avec le B. Canina sont moins nombreux, mais présentent une importance considérable : c’est probablement parmi eux qu’il faut classer les B. Alba,, Damascena, etc. Ils se distinguent des précédents par les feuilles ordinairement 7-foliolées, par les axes plus robustes; ils diffèrent du R. Gallica par la coloration moins foncée des fleurs, par les folioles moins épaisses, plus (étroites; du R. Canina par la présence d’aiguillons sétacés sur les axes, les aiguillons crochus plus grêles, les folioles plus larges, la corolle plus grande, les pédoncules et les réceptacles hispidesglanduleux. Parmi ces hybrides, trois surtout nous intéressent :

Le R. Collina (Jacq.) espèce indiquée dans toutes les flores, mais souvent à tort; on Confond avec lui des formes pubescentes à pédoncules bispides-glanduleux du R. Canina. Le B. Collin,a en effet ne se rencontre habituellement qu’en compagnie du B. CalHea : d’un autre C(5té, il diffère peu d’un autre /fo.S'fen cultivé de temps immémorial dans tous les jardins et probablement originaire du Caucase, le B.

Alba^ L : les folioles sont moins arrondies et la corolle est (le couleur rose.

Le R. Alba (L.), a été longtemps considéré comme esptice autonome, et a beaucoup embarrassé les auteurs qui l’ont placé dans les Caninæ Collinæ^ ou bien dans les Vitlosæ ; Tbory avait créé le groupe des Albæ; pour Trattinick, c’était un des termes de sa série Rauiana. Sa véritable j)lace est, depuis les travaux de Grépin, à la suite des Gallicanæ. En effet les caracfores que nous avons indiqués plus haut pour les bjdjrides des Canines et des Gallicanes, se retrouvent dans cette plante. Quelle est la patrie de cette rose ambiguë? On a tour à tour cité la Russie l’Europe d’après Ruprccht, l’Asie, l’Algérie, mais aucune de ces localités n’est bien authentique. Nous avons cependant vu cette année la fleur vivante d’un rosier provenant de graines envoyées du Turkestan par Korolkow et qui très vraisemblablement devra s’y rapporter : les fleurs étaient simples. ,

Dans les jardins c’est une plante à fleurs d(.mbles, présentant une variété bizarre à longues feuilles concaves [H. Cymbifera, rose à feuilles de chanvre^ etc.). •

Une autre hybride qui a pour nous beaucoup d’intérêt, c’est la rose de Damas {Rosa damascena). G était la rose bifère des anciens, la rof^ede lAestum : elle porto encore les noms de Rosa Belgica, Rose de Puteaux : sa patrie est inconnue. M. Boissier ne l’a vue nulle i)art en Orient à l’état spontané, elle

y est très cultivée ainsi que dans l’Inde où concurremment avec le R. Moschata, elle sert à la fabrication de l’essence de rose. Cette Rose a des rapports très rapprochés avec les R. Gallica et Alba, aussi a-t-elle été peu éloignée de la première espèce ; le R. Alba est au contraire plus voisin du R. Canina : les tiges sont moins élevées que dans le R. Alba, les aiguillons sétacés sont plus nombreux ; les folioles sont fréquemment au nombre de 7 dans les feuilles moyennes des ramuscules florifères ; les pédoncules sont plus fortement liispides-glanduleux. Le R. Damascena présenie donc bien les caractères combinés des R, Gallica et Canina : cette dernière plante a encore laissé une trace de parenté dans les longs rejets souterrains rampants dont cette espèce est pourvue.

L’hybridation avec les Tomateuses lŸe&i pas aussi nettement démontrée : d’un autre côté, il est fort probable que le R. Turbinata (Ait) (R. de Francfort) si bien caractérisé par son réceptacle florifère en forme de toupie, dont la patrie est inconnue, doit son origine à l’action combinée du R. Gallica ci d’une rose du groupe des Cinnamomées [R. Cinnamomea ou Rlanda)pvhü desquels Koch, le place dans le Synopsis. Le groupe des Villosæ dont il se rapproche également pouvait être soupçonné, à cause de la villosité des feuilles et de leur forme, mais il en resterait bien soit de la glandulo,sité subfoliaire, soit une surdentelure des feuilles; or les folioles sont à dents simples;

la lar^’eiir des stipules et des l)ractées indiquerait plutôt l’action d’une Cinnamomée, mais ce qui est plus difficile à expliquer c’est l’inermité des ranuiscules florifères : on pourrait y voir l’action du H. Btanda, mais alors d’où j)roviendrait la largeur des stipules et des l^ractées? — On ne peut que so borner à faire des suppositions sur la nature respective des parents.

Les Glandulosæ qui doivent trouver ici leur place naturelle, semblent devoir toutes rentrer comme modifications dans le I{. Jundzilli (Bosser, 181G) {]{. Jundzilliana^ Besser, 1822). Ce type doit probal)lemont son origine à un antique croisement et a acquis par l’effet du temps « suffisamment de fixité et de caractères distinctifs. »

Le liosa Jundzilli ne peut être confondu avec aucune variété du II. Ccmina : c’est un buisson pou élevé à aiguillons caulinaires, jamais aussi crochus ; les folioles sont grandes, plus ou moins glanduleuses, inodores ; les pédoncules sont liispides-glanduleux, à glandes s’étendant sur la base du calice et quelquefois môme sur le calice, sépales grands, liispides, glanduleux, les extérieurs pinnulés. Corolle vivement colorée, grande, styles velus, laineux : sépales réfléchis ou étalés après l’anthèse, puis caducs; il se différencie du JL (iallica \r,\\' sa taille plus élevée, les aiguillons plus robustes, mêlés d’un très petit nombre d’aiguillons glanduleux-sétacés, par les feuilles moyennes des ramuscules florifères.

7-foliolées, par ses folioles laiicéolées-aiguës ; par ses stipules supérieures et ses bractées plus dilatées ; par l’inflorescence plus fournie, par la couleur moins foncée de la fleur.

Le I{. Pugeti (Boreau), ne saurait se séparer de la forme type du li. Jundzilli : le caractère tiré de la taille (sous-arbrisseau), ne persiste pas : dans le jardin botanique du Muséum, un individu envoyé par Boreau, présente plus de deux mètres d’élévation; les folioles ont bien la forme de celles du R. Jundzilli.; elles sont grandes ou petites, très variables en pubescence et en glandulosité : il en est de même de l’armature des axes, des rameaux etramuscules florifères. Sur un échantillon recueilli dans le département do l’Aube et déterminé par Grenier, les pédoncules sont absolument nus. Il est également impossible de faire une espèce spéciale du R. Subolida (Desg:) non plus que des nombreuses variations individuelles qui ont été séparées du type : dans une seule localité du Lyonnais (Amas), M. Gandoger en a compté quinze.

Le R. Flexuosa (Rau), ne semble pas devoir en être séparé, non plus que le R. Pseudo-flexuosa. Les dents des feuilles y sont dre.ssées plus que dans le type : on trouve d’ailleurs tous les passages entre les formes à dents dressées et celles qui ont une tendance à retourner la pointe en arrière.

Toutes ces variétés ont la côte médiane pubesconto en dessous, quelquefois les nervures secon-

claires et môme le parenchyme le sont également ainsi que les pétioles : quelquefois meme la cote médiane est presque entièrement glabre. Ges formes peuvent se résumer dans le type qui présenterait une forme pnbescente {Ji. Jundzilli typé), et une autre presque glabre H. Trachyphylla (Rau).

Telle que nous comprenons cette grande section des Gallicanæ, elle peut être ainsi résumée :

1° jRosa gallica L. formes principales : R. Gentifolia.

2® Hybrides formés par le Rosa gallica avec :

— le Rosa Arvensis et ses formes ; Rosa Hybrida, Borœana, etc.

— le Rosa Canina et ses formes : R. Damascena.

R. Alba.

R. Gollina, etc.

— le R. Cinnamomea ou une Cinnamomeœ : R. Turbinata.

— d’origine obscure, très ancienne: R. Jundzilli i

( glabra.

Les Gallicanæ sont,répandues dans les diverses parties de l’ancien continent : les hybrides des trois dernières séries, presque partout soit à l’état spontané, soit cultivés; ceux de la première série dans l’ouest de la France, le sud-est (Lyonnais), la Suisse. — Le type de la section se retrouve en Asie avec la forme Cenlifolia d’origine cultivée, en Afrique, en Europe (Caucase, Allemagne, Suisse, France, etc.) diversement représenté par de nombreuses modifications dans les caractères spécifiques.

En Champagne, le R. Gallica type n’existe pas à

l’état spontané ; on n’y rencontre que les formes de jardins et le R. JundzilH (ou du moins des variations de ce type).

PiinpiiiellifolUc (D. C.).

Section .séparée parD.G. (1818, Mus. Helv.), mais étrangement embarrassée de formes différentes appartenant aux Alpinæ. Ce n’est que M. Deséglise qui la sépara nettement (1863). Elle comprend une série de formes pouvant être caractérisées par la diagnose suivante ; sous-arbrisseau grêle, poussant en touffes (plantes sociales), à rhizome rampant; aiguillons de deux sortes, den,ses, subulés et acérés, caducs sur le vieux bois, plus rarement manquant tout à fait ; folioles au nombre de 7, 9, 11, épaisses, petites, rappelant les feuilles dü Poterium^ glabres, quelquefois pubescentes ou glanduleuses en dessous, simplement dentées dans la plupart-des formes, quelquefois biserrées; fleurs solitaires, blanches, très rarement rosées; sépales habituellement entiers, étroits; stipules largement dilatées au sommet en oreillettes divergentes, bractées milles; fruits noirâtres à la maturité, couronnés par les sépales connivents persistants; disque nul d’après Dumortier {Chamserhodon), plan et très mince d’après d’autres auteurs. Les étamines présentent des anthères très développées, sagittées.

Ainsi défini, ce groupe se distingue nettement des Alpinæ et des Cinnmnomese par la forme de ssti-

pilles et des anthères, par les dimensions des Ibniiles, par le manque d’aiguillons géminés, par l’absence de bractées florales.

Les différentes formes de notre région pein'ent être représentées comme des modifications biserrées, glanduleuses ou inermes du lî. Spinosissima, L.

I a. Typica-uniserrata.

p. fliserrata glandulosa.

y. Inerrais.

A la première variété appartient le type ([ui se ren contre aussi communément à pédoncules floraux glanduleux ou glabres; à la deuxième, le I{. liiparlii; à la troisième, les R. Müis^ Petrogenes, etc. On trouve quelquefois une forme à pédoncules floraux fortement épaissis au voisinage du réceptacle, il fleurs lavées de ro.se ; ne serait-ce pas le R. Pnnpinellifolia^ L., que les auteurs distinguent à la coloration des pétales. — Bauhin avait, dès le XVP siècle, remarqué une forme à fleurs roses, une autre à fleurs blanches. Cette forme à fleurs roses paraît fort rare en France; elle existe au ITobneck, ou Kir.scbleger l’a mentionnée dans sa Flore d’Alsace^ et aux environs de Fontainebleau, où elle a été découverte par notre ami M. Gaudefroy. Une variété à pédoncules dilatés, se rapprochant beaucoup de celle de Fontainebleau, exi.ste en Champagne; mais nous n’avons pu encore en voir les fleurs.

Tous les Aoristes n’admettent pas le R. Pinipinellifolia^ L. ou plutôt ils pensent (juc l’illustre

Suédois a iiidifl’tîremment appliqué les noms de R. Spinosissima el Pimpinellifolia à la même plante.

Quelquefois les feuilles sont tellement chargées de glandes qu’elles ressemblent à des Rîibigineuses, tel est le R. Myriacanlha diimidi de l’Europe, admis longtemps comme hybride d’une Rubigineuse ; le R. Riturigensis (Boreau) dont le port présente des traits frappants avec le R. Spinosissima pouri*ait aussi être placé parmi les hybrides, mais l’ensemble de ses caractères floraux doit détourner de cette idée; le R. Petrogenes (Ozanon) supposé hybride du R. Alpina ^ a été rencontré en Champagne dans des stations où le manque de roses de cette dernière section infirme la supposition d’hybridité, de plus son pollen est bien conformé. Mais dans les contrées montagneuses, ces deux sections se combinent fréquemment entre elles : les R. oxyodon^ Rubella, etc. ne paraissent en être que les produits d’union ; avec le R. Canina, le R. Spinosissima paraît donner le R. Schullzi (Ripart).

Dans les jardins, le R. Spinosissima a été jadis cultivé en nombreuses variétés blanches ou roses : Prévost (de Rouen), l’indique même à fleurs jaunes mais très probablement par erreur ; il y aura eu confusion probable avec des roses de la section des Eglanleriæ, à moins qu’on n’entende par fleurs jaunes, les pétales blancs qui dans cette section sont marqués d’une large tache jaune à l’onglet.

Ce type est largement représenté dans une porte

üon considérable de l’ancien continent, dans les régions chaudes et froides : dans les contrées méridionales, les formes à’ folioles surdontées glanduleuses existent de préférence.

Alpiiiii» (Desg.).

Section qui paraît à première vue rentrer dans les Pimpmellifoliæ ei les Cinnamomeæ : les espèces qui la composent, ont à différentes époques été rangées dans rime ou l’autre de ces deux dernières, tout en se rapprochant davantage de la première, dont-à la rigueur elles pourraient peut être constituer une sous-section. On peut ainsi les définir ;

Sous-arbrisseaux grêles, rarement élevés, rameaux purpurescents, inermes ou recouverts quelquefois d’aiguillons acérés : folioles semblables celles des Pimpinellifoliæ ou plus larges, plus minces, glabres ou légèrement pubescentes, doublement ou triplement dentées : les fleurs sont la plupart du temps solitaires, pourpres, h sépales connivents, foliacés, persistants sur le réceptacle. Les fruits sont rougesfoncés, souvent penchés, allongés. Nous avons indiqué à propos de la section précédente les caractères ((ui les distinguent l’un de l’autre.

C’est encore malgré tout un groupe embrouillé dans lequel les espèces sont très rapprochées et que Crenier a pu rencontrer presque toutes sur le même buisson. Il est probable qu’il n’y a encore là qu’un

seul type spécifique présentant des rameaux aigaiillonnés {lî. Pyrenaïca) ou inermes avec des pétioles tantôt armés, tantôt nus. Les pédicelles varient également dans de larges limites ainsi que la forme des fruits.

Le R. Alpina, L. admis par les rhodologues les plus diviseurs, se distinguerait par des pédoncules lisses, un peu glanduleux, le réceptacle fructifère oblong, les styles hérissés.

Maintenant les formes de cette section sont peu cultivées dans nos jardins : il n’en était pas de même il y a une cinquantaine d’années : Redouté, Desportes, Prévost, Guerrapain, en ont figuré ou décrit un assez grand nombre de variétés.

Ce que nous avons dit de l’hybridation des Pimpinellifoliæ trouve entièrement sa place ici. Les Rosiers Boursmüt, Calypso^ seraient probablement des produits adultérins d’une rose c/es Alpes et d’un Rosa Tndica.

Largement répandues à la surface du globe, principalement dans les régions froides, les roses de ce groupe se retrouvent en Amérique, représentées particulièrement par le RosaFraxinifolia[Gvcie\.)Rosa /i/cmcto. Ait., Jacq.) et par le R. Acicularis (v. Bourgœana) qui parûît être circumpolaire.

Le Rosa Blanda {Jacq.) est intéressant pour nous, , car il est depuis longtemps répandu dans les vieux jardins de l’Europe avec la Rose Cannelle ; il ressemble beaucoup à cette dernière et en diffère sur-

tout par le manque d’aiguillons géminés : peut-être môme aurait-il le môme type ancestral que le li. Cinnamomea. Malgré sa présence en France et jusqu’aux environs de Paris, où il a été pris longtemps pour le lî. Cinnamomea^ il est d’origine américaine. L’étude de cette forme montre bien le peu d’importance qu’on peut attacher à la glandulosité et au vestimentum dans le genre Posa : en effet, on la rencontre à feuilles pubescentes [R. Blanda, Lindl.) à feuilles glabres en dessous [R. Fraxinifo- Ha, Jacq.) à axes chargés de soies (v. Setigera).

Cimiainoiiicæ (D. C.)

Ce groupe comprend un nombre assez considérable de formes rares en Europe, plutôt asiatiques. A l’exclusion du R. Fraxinifolia qui a été rejeté do cette section, on no rencontre dans le plateau central que le R. Cinnamomea^ L. à fleurs simples ou semi-pleines.

Meyer a le premier sérieusement étudié les roses que comprend ce groupe et les a divisées en Subinermes {R. Alpina, R. Rlanda^ R. Macrophylla); Aciculares {R. Slricta, R. Acicularis) ; Diacanthæ {R. Woodsii, R. Californica, R. Laxa, R. Cinnamomea^ R. Ambiyotis)] Lasiocladæ{R. Rugosa)\ de ces 4 sous-divisions, la première a dû di.sparaître complètement ; la seconde également; de la troisième, les/L Woodsii^ Californica, doivent être exclues. Il ne reste réellement que les R. Cinnamomea et

Iiugosa\ deux types admirablement caractérisés.

On peut ainsi définir cette section : sous-arbrisseaux de taille médiocre, formant buisson ; rameaux couleur de cannelle; aiguillons de deux sortes, ceux des rameaux stériles, plus courts, géminés et opposés tà la base des stipules, robustes, ceux des rameaux florifères plus grêles, sétacés, droits, facilement caducs. Les axes sont du reste presque églanduleux. Les folioles sont recouvertes principalement en dessous d’une pubescence courte apprimée, elles sont soyeuses, oblongiies, obtuses ou aiguës au sommet ; glabres ou glabrescentes, églanduleuses, à dents simples et courtes. Les stipules étroites sont conniventes par leurs bords et se roulent souvent en cornet; les pédoncules entourés de bractées glauques et larges, glabrescentes ou velues, sont quelquefois poilus et glanduleux {R. Rugosa)\ les sépales connivents couronnent le fruit qui, dans certaines espèces, atteint la grosseur d’une forte Pomme baccifère : les pétales sont pourpres ou blancs. La maturation du fruit a lieu de bonne heure, et sa pulpe est farineuse ; quelquefois les axes qui d’ordinaire sont glabres peuvent devenir tellement poilus qu’ils en paraissent comme feutrés. Le nectaire est mince, inséré directement sur le calice; Lindley avait déjà fait cette remarque « discus tenuis, nequaquam' incrasatus : » Ce caractère du disque avait amené Dumortier à créer pour ce groupe son sous-genre (’asniorhodon.

Parmi les espèces de cette section deux doivent surtout être étudiées ; l’une qui en est le type {R. Cinnamomea, L.) se rencontre en Europe dans la région montagneuse humide où elle se présente à Heurs simples; dans le centre et le nord de la P’rance, on ne la trouve que sortie des jardins et à fleurs doubles {R. fœcundissiîna, Münch); l’autre, que Lindley faisait rentrer dans son groupe des Féroces est une forme asiatique extrêmement remarquable, cultivée depuis longtemps en Europe, mais sur laquelle l’attention a été appelée surtout depuis quelques années : Rosa Rugosa et ses variétés.

Le Rosa Rugosa a été décrit par Tliunberg qui l’avait observé au Japon : c’est une plante polymorphe pour laquelle Ventenata décrit son/î. Kanischatica\ Lindley y distingua trois espèces : R. Rugosa^ Ferox Kamschalica. Seringe soupçonna la vérité et proposa la réunion des trois plantes comme variétés. Meyer, reprenant la question admit les formes : Thunbergiana^ Ferox^ Lindleyana, Chamissoniana^ Ventenatiana et reposant sur l’abondance des

aiguillons et leur structure : mais elles passent facilement de l’une à l’autre. La v. Thunbergiana décrite d’après des dessins Japonais n’est que la v. Ferox, mal représentée : cette variété qui se retrouve au Kamschatka, à l’île Sachalin et au Japon est bien le type du R. Rugosa', il est devenu en 1871 le R. Regeliana (André) créé sur des individus atteints de moditications insignifiantes et accidentelles : les fleurs

y- sont quelquefois en corymbe par suite d’un développement anormal au sommet des tiges, les sépales au nombre de 6, 7, 8 par monstruosité, réfléchis, parce que le réceptacle jaunit après Tanthèse et ne fructifie pas : le R. Regeliana n’est donc même pas une petite variété, il est identiquement analogue au tj'^pe; le R. Andreæ (Lange) doit subir la même loi.

Les variétés Chamissoniana et Linclleyana sont dues à des ramuscules florifères cultivés ; la taille est plus élevée, d’où par là même, des modifications dans l’armature des axes ; il en est de même dans la v. Venienatiana dont les axes sont })lus allongés que dans le type.

Deux variétés doivent être seules maintenues : lè type et la v. Venienatiana (R. Kamschatica); dans la première, les corolles sont larges, les folioles grandes, rugueuses, les axes fortement hérissés et poilus; dans la seconde, les folioles sont plus étroites, moins ridées, la corolle plus petite, les tiges plus grêles, moins velues. Toutes deux peuvent se présenter à fleurs doubles ou pleines constituant dans le premier cas le R. Zuccariniana (Lavallée), et dans l’autre, le R. Rugosa v. Francheti (Nob :) que nous avons décrit récemment ; cette dernière forme est cultivée depuis longtemps par les rosiéristes sous les noms de R. Iwara, R. Ilimalagensis, Rosier Taïkonn.

Quelquefois le R. Rugosa peut se présenter avec

des fleurs blanches ; nous avons remarqué que dans ce cas, les axes sont encore plus armés, plus robustes que dans le type à fleurs pourpres. La v. Subinermis qui existe dans l’herbier de Meyer, a été pour ainsi dire faite de toutes pièces : les aiguillons en ont été soigneusement enlevés, ainsi que le témoignent les nombreuses cicatrices qui restent sur les tiges. On doit encore faire rentrer dans le type une remarquable variété à folioles glabres, coriaces, à pédoncules nus, c’est la v. Clabriuscula (Grépin), (R. Coruscans ; Waitz in Link).

Le Rosa Rugosa et ses variations sont abondamment répandus en Chine, au Japon, dans la Sibérie.

Cette Rose semble pouvoir s’hybrider facilement : au Japon, elle produit avec \q R. Multiflora un hybride naturel dont on a beaucoup parlé, et souvent sans connaissance ; c’est le R. Ibara, appelé improprement par Siébold R. Iwara. C’est en 1856 qu’il a été cité, mais sans description dans le Catalogue raisonné des plantes du Japon. Regel le décrivit en 18G1 dans VIndex seminum., IL P. — K. Koch l’admit sous le nom de R. Ibara d’après l’inspection de la plante introduite par Siébold lui-même dans un parc du Luxembourg hollandais (1849).

Cette plante est certainement un hybride, qui doit se rencontrer très rarement, car M. Savatier ne l’a pas rencontré au Japon et M. Franchet a dû le décrire d’après des spécimens du jardin de Berlin avec

la mention : « Vix salis nota ». Ce rosier tient exactement le milieu entre les parents qui lui ont donné l’un et l’autre quelques-uns de leurs caractères. Hegel le considérait comme hybride du R. Broivmi-, Koch, du R. lAjellii] mais ces deux espèces n’existent pas au .Japon et la seconde est déjà un hybride apj)artenant à deux sections différentes.

IjU villosité et l’état glanduleux des ramuscules llorifères proviennent du 7^. les aiguillons

arqués, les laciniures des stipules, l’exsertion stylaire, l’inflorescence et la petitesse des fleurs, du R. Muliiflora. I.es sépales sont entiers, terminés par une longue pointe, non réfléchis et se relevant après l’anthèse comme dans les Cinnamomeæ. Ce qui démontre encore l’état hybride de cette rose, c’est l’atrophie du pollen, l’épanouissement incomplet de la corolle, le manque de fruits des individus ob.servés.

Dans les pépinières du Muséum, nous avons pu observer en détails, une série d’individus de R. Rugosa provenant de la forme à fleurs blanches, ayant tous donné des fleurs roses, mais ce qui les distingue, c’est que, à part 2 ou 3, le type ne se retrouve plus exactement : dans quelques-uns, des fleurs •sont moins colorées; dans d’autres, les feuilles sont plus allongées, moins sombres, à peine rugueiases; enfin, d’autres portent des pédoncules floraux presque glabres. Nous avons recherché l’origine de ces variations, et il nous a .semblé les trouver dans la

station de ces plantes au milieu d’autres Rosiers ; le pied-mère d’où proviennent les semis est planté au voisinage de R. Californica v. glabra {R. Myrianiha (Decn.); les semis se trouvent entourés de pieds de R. Alpina : c’est surtout avec ce dernier que les ressemblances sont le plus frappantes, ainsi qu’en font foi certains individus presque inermes. D’autres semis provenant du R. Rugosa à fleurs roses, sont très remarquables par l’étroitesse de leurs folioles, par l’aspect lucide et glabre de toutes les parties de la plante : ils ressemblent, quoique encore très jeunes, au R. Coruscans (Waitz).

De ce qui précède, nous croyons pouvoir affirmer que le Rosa Rugosa est un excellent type spécifique dans lequel doivent rentrer le R. Kamschalica comme forme à fouilles étroites et le R. Coruscans caractérisé par sa glabréité.

L’aire do dispersion du R. Cinnamomm est toute l’Europe boréale et moyenne dans les contrées montagneuses, la Sibérie, la Songarie ; elle se relie par la Sibérie à celle du R. Rugosa (fui est surtout asiatique.

Au voisinage des Ginnamomeæ doivent se ranger 5 sections (jui en ont été distraites par Grépin, et composées d’espèces asiatiques ou américaines, ce sont : les Ebracteatæ^ Microcarpæ, Microphyllu’^ Gymnocarpæ^ Carolinæ : nous en parlerons très succinctement.

La section des Ebraclcake ne comprend que te

Basa Sericeæ (Lindley) : c’est un type des plus polj'-morphes chez lequel les axes peuvent être inermes ou fortement aiguillonnés; l’armature peut être dimorphe ou conforme, h aiguillons très aplatis, particuliers à cette plante, g’éminés ou ternes sous les feuilles, ou bien à aiguillons géminés étroits et d’autres sétacés; les feuilles sont velues plus ou moins sur les deux faces, glanduleuses ou non ; les pôdicelles glanduleux ou églanduleux ; les réceptacles ovoïdes ou arrondis; les sépales pubescents ou glabres sur le dos. On peut de là conclure que le même type peut varier à l’inflni, car, avec les tendances de la nouvelle école, on pourrait facilement y découvrir une douzaine de petites espèces. Les feuilles rappellent celles des Pimpinellifoliæ ainsi que le disque et les stipules, mais les aiguillons sont géminés, de forme différente, et la fleur est tétramère, ce qui est unique dans le genre /?osa. La végétation de cette plante paraît rappeler celle Pimpinellifoliæ; ce doit être une plante sociale.

Une autre section voisine est celle des Microcarpæ \ elle est essentiellement orientale et renferme deux espèces subdivisées par les auteurs en un certain nombre d’autres : un caractère tout spècial à ce groupe, c’est que l’enveloppe du réceptacle est tellement délicate que les sépales en disparaissant emportent avec eux le disque, le col du réceptacle et mettent à nu l’extrémité supérieure des acbaine.s.

Do plus, les rameaux fructifères se transforment très fréfiuemment en rameaux florifères chargés de dO fleurs et plus, blanches à réceptacle florifère très petit, à fruit de la grosseur d’un pois. Les stipules sont étroites, uniformes; les feuilles 9-foliolées, jamais 5-7 foliolées. C’est par inattention dans l’observation des rameaux florifères normaux ou anormaux que plusieurs espèces ont été créées. Il n’existe avec certitude que deux espèces dans ce groupe :/L Auserinæfolia (Boissier) et IL Beygeriana (Schrenck), comprenant les v : H. Beggeriana^ {R. Regelii, Reuter) à folioles simplement dentées ; p. Silverhielmü[It. Coriosma^ Decn.) à folioles biserrées; y. LeJt,nmnniana à folioles glanduleuses composées. Reuter rangeait son IL Begelü dans une section inédite des P iso carpæ.

On rencontre ces deux espèces dans la Perse, l’Arménie, le Turkestan, la Mandchourie, l’Afghanistan, etc. Une rose américaine, le Rosa Californica dont la forme glabre a produit \q Rosa Myrianlha (Decn.), rappelle le IL Bcggcriana qui présente des variations parallèles : les stipules, les axes sont semblables. Ses fruits sont comme nous avons pu nous en assurer, à sépales persistants.

Le Rosa Microphylla^ cultivé dans nos jardins sous le nom de Rose châtaigne a sa place marquée dans une section qu’il forme à lui seul. Le type spontané à fleurs simples est extrêmement localisé et ne paraît exister que sur les bords du lac Hakone,

dans le Japon central : il y a été étudié par Savatier et par Maximovich. Le fruit reste longtemps verdâtre, mais paraît rougir à la fin : Maximovitch l’avait pris pour une espèce nouvelle qu’il avait appelée II. Chlorocarpa : à l’état sauvage, les feuilles sont velues, mais deviennent glabres dans la plante cultivée. Par l’ensemble de ses caractères, il doit former une section spéciale des Microphyllœ ainsi définie :

Aiguillons géminés, feuilles 9-15 foliolées, stipules toutes à ailes très étroites, longuement adhérentes au pétiole, à oreillettes étroites et divergentes. Le réceptacle fructifère est chargé d’aiguillons aplatis; les sépales sont persistants, les extérieurs profondément déchiquetés sur les bords : étamines très nombreuses. Ce qui caractérise surtout ce groupe, c’est le nombre considérable des folioles et la forme du réceptacle fructifère velu et hérissé.

Un certain nombre d’espèces Américaines jadis classées parmi les Cinnamomeæ., semblent s’en écarter légèrement en quelques points et devoir constituer les groupes distincts des Carolinæ et des Gymndcarpæ. Le premier de ces groupes comprend les Rosa Carolina, lucida, [Baltica, Roth), Nitida, Parvlflora et Foliololosa : dans lesquels on trouve des aiguillons géminés, les folioles sont allongées, atténuées à la base; les sépales se redressent après l’anthèse, laissant à la fin le fruit parfai- Icment nu à la maturité. Meyer avait classé ces

espèces dans un groupe des Rosæ operculalæ. En Europe, cette section est représentée par une forme du H. Lucida [R. Baliica) des sables de la Balticiue, naturalisée dans les dunes de la Loire-Inférieure, et ne différant du type que par des proportions moindres de toutes ses parties, par le fait de la station aride où elle croît.

L’autre groupe est constitué par le R. Gymnocarpa (Nuttal) sous le nom de Gymnocarpæ ; il est extrêmement voisin des Microcarp^ dont il diffère par ses aiguillons sétacés, épars, jamais courbés ni géminés ; les sépales caduques laissent à nu au sommet du réceptacle fructifère, un disque très étroit, mince et saillant, bordant le canal stylaire qui livre passage à des styles en très petit nombre. Le fruit est très petit, renfermant peu d’akènes ; les feuilles plus étroites ; les Heurs solitaires non en corymbe ; les Heurs rouges, non blanches; la taille plus basse ; les axes plus grêles, sont encore des caractères qui s’éloignent des Microcarpæ.

Sabiniic (Ci'ùpin).

Le groupe des Sabiniæ^ formé par Crépin pour un certain nombre de formes à affinités ambiguës, tient à la fois desPiwpinellifoliæ ci des Villosæ. Les espèces qui le forment ont été réparties jadis parmi les Alpines^ les IHmprenelles^ les Tomenieuses^ les Villeuses. Elles se rapprochent des dernières par la rectitude des grands aiguillons, la villosité habi-

tuelle du feiiilla^’e, la forme du réceptacle fructifère, les sépales persistants; des PimpinelUfolm par la gracilité des aiguillons, l’étroitesse des stipules, la floraison précoce, leur manière de vivre eu colonies nombreuses. Les folioles sont peu développées, glabres, pubescentes, glanduleuses, simplement ou doublement dentées.

Les formes de ce groupe sont peu communes en ï’rance, où elles habitent spécialement les contrées montagneuses {Savoie, Jura); on les trouve plus fréquemment en Suisse, en Belgique, et surtout en Angleterre, d’où le type Posa Sabini originaire.

Dlontaiiii- (Crépin),

Groupe formé aux dépens des diverses sections des Caninæ et caractérisées essentiellement par la persistance temporaire des sépales sur le tube calicinal, la glaucescence du feuillage, les aiguillons plus grêles, moins crochus que dans les Canines, la teinte habituellement foncée de la corolle. Les pédoncules sont peu développés, cachés par les bractées; les stipules supérieures très dilatées, les styles généralement denses et laineux. Les pédicelles peuvent être glabres dans la plupart des cas, mais quel- (fuefois ils sont glanduleux : {R. Montana^ etc,).

Les formes de ce groupe constituent des variations parallèles ù celles des Caninæ dont elles se rapprochent surtout par le R. Glauca : d’autres variétés (jui ont moins de rapport avec les Canines^ ont

servi à former les Ambiguæ de Grenier : R. Ferrv ginea, Montana^ etc.

Quelques-unes des espèces qui composent ce groupe sont encore regardées par la plupart des auteurs comme Caninæ\ ainsi l’une des formes les plus communes, le R. Coriifolia, est placée hatjituellement parmi les Pnbescentes dont eWea diffèrent essentiellement par la persistance des sépales jus- (pi’à la maturité du fruit.

On peut diviser pour la facilité de l’étude ce groupe

Monlanæ leiophyllæ. R. glauca^ ferruginea.

Montanæ tricophyllæ. R. Coriifolia, etc.

Scabralœ orlltocalyces^ à folioles glanduleuses en dessous.

D’après les caractères indiqués jiar ïhory, le R. Biserrata (Mérat), plante parisienne inconnue maintenant, appartiendrait aux Monlanæ^ car elle est mentionnée avec des sépales relevés après l’antlièse.

Les Montanæ sont dos formes des basses montagnes, pouvant cependant descendre dans la plaine {R. Coriifolia)^ mais toujours en petite quantité ; elles n’ont été signalées jusqu’ici qu’en Europe, où elles habitent la France, la Suisse, l’Allemagne, les diverses régions de la Russie et du Caucase, etc.

Ivlyiiiaïticii^ (Buissior).

Deux espèces d’Asie servirent à constituer cette section qui rappelle beaucoup les Pimpinellifoliæ {R. Elymaitica et Albicans).

D’après la diagnose de Boissier, les sépales seraient caducs ; Grépin qui a vu des échantillons authentiques, croit que le fruit doit être couronné à la maturité par les sépales persistants.

La petite taille, la faible largeur des folioles se rapprochent du R. Spinosissima, mais les stipules à oreillettes si caractéristiques de ce groupe manquent ici; et les fleurs sont munies de bractées; les aiguillons ont quelque ressemblance avec ceux des Monfanæ.

Par l’ensemble de ces caractères, cette section doit occuper une place spéciale, tout en paraissant se relier, mais de loin, au groupe des Orientales.

Liitcæ (Crépin).

Los Luleæ ou Eglanteriæ comprennent deux espèces éminemment distinctes par leurs fleurs jaunes : elles ont été étudiées pendant longtemps, tantôt avec les Pimpinellifoliæ., tantôt avec les Ruhiginosæ. On peut définir ce groupe de la manière suivante ;

Aiguillons de deux sortes, sétacés, les plus robustes droits, ou (juelquofois crochus : les folioles au nombre de 9, sont semblables à celles du R.

Sp'ulosissima. plus grandes cependant dans le R. Sulpimrea, ])iscrrées lial)ituellement, rappelant par leur dentelure, les folioles des Rubigineuses^ glanduleuse ou non en dessous, pubescentes ; les pédoncules sont glabres, les Ijractées exiguës, caduques. Los tleurs jaunes, quelquefois purpurines, présentent des sépales pinnatilides (non indivises, comme le dit M. Gandoger), persistants, glanduleux sur le dos. Los anthèses sont presque sagittées comme dans les Pvmpmelli/bliæ ; le disque est plan, perforé au sommet par une ouverture assez large, garnie de poils qui en tapissent les bords en les dépassant.

Les deux seules espèces de ce groupe sont cultivées dans nos jardins : l’une Rosa Lutea (Dalécliamp) parfaitement décrite dès le XVL siècle, et figurée par Dalécliamp (de Lyon), est plutôt connue par sa formo bicolore {R. Bicolov, Jacq., Rose Capucine)', à cet état, elle est à fleurs simples; doublée, c’est probablement elle f[ui constitue la Rose Persian Yellow, (juc Doissier considère comme spécifiquement distincte par sa stature naine, ses aiguillons plus grêles que dans le Posa Lutea. L’autre espèce R. Sulphurea connue déjà de Ch. do l’Ecluse est plus rare, elle est toujours à lleui's doubles d’ün jaune très pâle: les feuilles sont plus larges, glau- (jues en dessous, simjilement dentées dans les individus cultivés que nous avons pu étudier. Nous avons vu dans l’herbier du Muséum des échantillons d’origine spontanée, à feuilles double-

ment dentées et glanduleuses en dessous. Le type de cette plante paraît être le B. Rapini (Boissier), à fleurs simples.

Les Rosa Sulphurea et Lulea ont été tenus séparés par la plupart des auteurs, meme par les plus réunisseurs : il est malgré cela probable qu’ils doivent, ainsi que le R. Rungeana^ être considérés comme des formes d’un môme type spécifique et môme toutes les espèces à fleurs jaunes. Une autre rose à fleurs jaunes rubescentes, la Rose jaune de Fortune {Fortunes^ Yellow) est regardée par Regel comme une variété du R. Lœvigata.

La patrie des plantes de ce groupe a été longtemps entourée d’obscurités : Le Rosa Sulphurea^ d’après les recherches de M. de Tchihatcbef serait originaire delà Galatie et de la Perse. Le Rosa Luiea est Arménien et a été retrouvé par Hooker dans les parties élevées de l’IIimalaya (7,500 pieds).

Caiiiiiic (D. C. in Seringe).

Le groupe qui va nous occuper est certainement celui qui contient le plus grand nombre d’espèces ; c’est par cela même celui qui présente le plus de difficultés à vaincre pour la séparation des formes.

Il est très difficile d’indiquer des caractères précis, les organes y sont soumis à une multiplicité incroyable de variations de tous ordres : ainsi veut-on examiner les folioles ? On les trouvera glabres, velues, glanduleuses; uni ou biserrées; les pédoncules? ils

- Ul -

.seront li.sses, vclu.s ou f^landuleux, etc. Voici d’une manière générale ce (|u’on i)eut dire de ce groupe, l)uis nous décrirons à part chacune des sous-divisions qui y ont été tracées :

Aiguillons d’une seule forme robustes, habituellement crochus; dans les .sections pubescentes ou glanduleuses, les rameaux florifères présentent en outre en plus ou moins grand nombre des aiguillons droits et quelques soies glanduleuses; les folioles .sont rarement glaucescentes en dessous, les fleurs de couleur peu foncée, leu sépales jamais connivents ^persistants. Le passage entre les Caninæ et les Alpinæ semble s’effectuer par une forme delà région Caucasienne le R. Oxyodon {Boissier), qui tient par ses caractères des deux sections, mais plus du R. Rubrifolia : ce serait donc par l’intermédiaire des Monlanæ que le trait d’union serait formé. Malgré cela, il existe toujours des différences sensibles et il ne faudrait pas prepdre au mot les allégations do botanistes môme sérieux qui affirment qu’une Rose d’une section peut, par semis, entrer dans une autre : Ainsi le R. Hibernica qui est une Montanæ aurait produit le R. Spinosissmia, et d’après Lejeune (in Redouté rias :) des graines de R. CeiUifolia semées et récoltées par lui auraient produit le R. Rubiginosa avec tous .ses caractères : si le fait était vrai, il n’y aurait plus qu’une seule e.spèce de Rose.

Les sous-sections formées dans le groupe des Caninæ ont principalement pour base les dentelures et

le vestimcntum des folioles; les voici avec les modifications qui nous ont semblé devoir être faites, d’après des rapprochements avec les autres groupes :

1. — Luienianæ (Crépin), {Nudæ, Deségl.) : Pétioles glabres ou à peu près ; folioles glabres, églanduleuses sur les nervures secondaires, toutes à dents simples; pédicelles et réceptacles fructifères lisses.

Dans cette section rentrent le R. Canina, L. [R.Luleliana^ Léman) qui se subdivise en deux variétés selon que les folioles sont glaucescentes ou d’un vert foncé (v. nitens et glaucescens) \ dans ce type qui est extrêmement fréquent dans toute l’Europe, les fruits sont ovoïdes, quelquefois elliptiques, les folioles sont ovales, à dents assez larges, mais des variations nombreuses peuvent exister : le fruit devient sphérique (A*. «S'joenm, Gr.); les feuilles elliptiques atténuées aux deux extrémités (A. Oxyphylla^ Rau) ; les récejn tacles très allongés, pyriformes [R. Touî'anginiana^ Desgl.).— Ces modifications existent exactement identiques dans les deux sous-divisions suivantes :

2 et 3. — Transitoriæ (Crépin) et Biserratæ (Crépin) : elles ne se distinguent l’une de l’autre que par l’irrégularité de la dentelure dans la première, et la régularité de la dentelure biserrée composée dans la seconde : les pétioles, les pédoncules sont glabres, les folioles également. Les types les plus fré(|uents sont dans les Rosa Transitoriæ : Rosa /’n//cn.v(Dos.), Rosa spiiria (Des.), Aosa globularis

(Franchet); dans la seconde, \e{R. Dumalis, lîechst :) forme extrêmement polymorphe, à rameaux armes ou inermes {R. Cladoleia), verts ou colorés en rouge dans le jeune âge {R. Malmundariensis, LeJ.). Les styles peuvent être glabres ou plus ou moins velus ; ce caractère a encore servi â démembrer ce type déjà bien divisé jusque-là.

Une question intéressante se présente ici : qu’estoe que le [Rosa Riserrcda, Mérat) : Si nous nous reportons à la première description de Mérat (1812), nous voyons qu’il l’indique avec des folioles bidentées, cha(|ue dent terminée par une glande. Le reste de la description ne présente rien de caractéristique : le pied cultivé au Muséum et qui, paraît-il, peut être considéré comme authentique est particulièrement intéressant à étudier : les rameaux florières sont parfaitement simplement dentés; les rameaux foliifères et les turions sont légèrement biserrés; ce qui démontre bien avec quelle prudence on doit déterminer un échantillon vivant et avec quel soin il faut s’abstenir dans l’examen des individus desséchés. Thory qui l’indique avec des sépales persistants, dit qu’il a de grands rapports avec les R. Montana et Trachyphylla.

Reichenbacb qui le rapporte au R. Squarrosa le décrit avec des folioles glanduleuses sur la cote médiane et les dentelures.

Gomment se reconnaître au milieu de ces discordances? il est difficile de le faire, et le plus simple

nous paraît être d’abandonner ce nom qui peut-être même ne s’applique pas à une Biserratæ.

Le lï. Macrocarpa (Mérat), se trouve à peu près dans les mêmes conditions. Malgré toutes les recherches faites dans le rayon de la flore parisienne, il n’est pas certain qu’on ait retrouvé la plante de Morat; l’individu cultivé au Muséum est une biserratée, à fruits plus gros que dans le type, mais non globuleux, comme l’indique l’auteur de l’espèce.

3. — La sous-section des Ilispidæ est composée des formes de Canines à pédoncules et réceptacles fructifères glanduleux, à folioles glabres, simplement ou doublement dentées. Elle ne diffère de la sous-section des Collinæ que par ses folioles glabres, non velues à la face inférieure, et ses pétioles glabres non tomentoux tout autour; de plus, dans les Collinæ., les dents sont presque toujours simples. Nous passerons d’ailleurs ici la place des Collinæ-, dont l’existence hybride est extrêmement probable, et ({lie nous avons décrites avec les Gallicanæ.

Dans le groupe des Ilispidæ, les feuilles peuvent être simplement dentées, ou bien encore doublement dentées dans les folioles inférieures des rameaux florifères, ou encore dans toutes les portions de la plante; de plus, comme dans les sous-divisions précédentes, les styles peuvent être glabres ou velus.

La forme la plus connue de cette section est certainement \e Rosa Andegavensis, signalé ù Bastard par

Léman dès 1818. G’est un type fréquent dans les lieux arides et dont les modifications ont été élevées au rang d’espèce {R. Agraria^ Lemaiirei., etc.); dans cette forme, les folioles sont simplement dentées. 11 n’en est pas de même du R, Verticillacantha, autre espèce de Mérat, qui a subi le malheureux sort des autres créations du botaniste parisien. L’auteur indique des dents composées; dans le doute sur l’existence, la plante, regardée comme telle par la plupart des flori.stes, a dû recevoir un autre nom, celui de R. Inconspicua (Desg.).

Dans les sou.s-divisions étudiées jusqu’à ce moment, nous avons toujours trouvé les folioles glabres; dans deux autres qui nous restent à étudier, ces mômes organes se présenteront à nous avec un état de villosité plus ou moins prononcé.

4. — Les Pubescentes sont, avant tout, caractérisées par la pubescence des pétioles, des sépales, des folioles; elles peuvent être ainsi définies ; pétioles velus ou tomenteux tout autour; folioles plus ou moins pubescentes, rarement glabres, ayant seulement la base de la nervure médiane pubescente, à dents presque toujours simples, rarement irrégulières; pédicelles et réceptacles florifères lisses.

La surface des feuilles peut être velue des deux côtés, quelquefois même tellement qu’elles ont l’aspect d’une Tomenteuse : Rosa Oblicsifolia, Dumeto- 7'imi. Le Rosa Dumelorum^ la première forme créée

dans ce type est une plante dont le nom devrait bien être abandonné : en effet si on se reporte au texte de Thuillier, on trouve indiqués des fruits arrondis; si on examine les échantillons d’herbier, la confusion devient inextricable : l’iin représente bien le R. Dumetormn^ mais avec des fruits ovoïdes ; d’autres représentent non plus le R. Dumetorum^ mais le R. Cùllina{iSiC([.) et \eR. Coriifolia^ espèces étrangères aux environs de Paris ; ce sont ces deux dernières espèces que D. G. a décrites, envoyées par Thuillier, la première dans la Flore Française^ la seconde dans le Supplément. Pour ceux qui admettent la plante décrite dans la flore de Thuillier, c’està-dire à fruits sphériques, le nom de R. Dumelorum.^ quoique bien obscur peut être conservé, pour ceux qui regardent comme telle la forme à fruits ovales, on peut prendre la dénomination de R. Submilis (Gr.) ou R. Pyriformis (Desg.).

Les nervures peuvent être seules velues, présentant rarement quelques poils dans l’espace parenchymateux compris entre elles : les formes qui sont douées de ce caractère constituent un vaste groupe à variations extrêmement affines dans lequel rentrent les R. Urbica, Tt'ichonew'a., Ilemitricha, etc. ; la base seule de ces nervures peut être poilue, alors on a affaire au R. Semiglabra qui par la culture peut môme devenir complètement glabre.

Grenier admet le R. Collina comme une Pubeseenle dans laquelle les pédoncules seraient glandu-

leux (A*. Platyphylla^ v. Adenophera)^ mais cotte opinion paraît peu plausible : renseml)l 0 dos caractères rapprochant les formes du groupe des Collinæ des Gallicanæ.

A notre avis, toutes \ea Roses pubescenles doivent rentrer dans une seule variation d’un môme type spécifique et forment le R. Canina, v. pubescens.

l). — Supposons ce groupe des Pubescenles à folioles doublement dentées, quelquefois plus ou moins glanduleuses en dessous ; à pédoncules glabres, poilus ou glanduleux, alors on se trouve en 'présence des Tomentellæ qui ont été placées par certains rliodologues parmi les Rubigineuses avec lesquelles elles semblent jurer complètement: elles se rapprocheraient plutôt des Tomenleuses dont elles diffèrent par le port qui est celui des Canines , par les aiguillons crochus, la i)ubescence plus ténue, les folioles arrondies, moins développées, les sépales églanduleux. Le type de cette sous-section est \q R. To7nenlella^Q\\.)\ l’individu que nous avons pu étudier vivant, avait exactement l’aspect d’une Canine, les feuilles et les pédoncules velus, mais sans la moindre glande. Quelques-unes dos formes do ce groupe ont été classées tantôt dans une section, tantôt dans une autre, ainsi le R. Rlon~ dæana dont les folioles portent des glandes suprafoliolaires, et les pédoncules de très rares poils glanduleux se trouve placé par le docteur Borbas dans la

sous-section voisine qui établit le passage avec les Rubigineuses, celle des Scabratæ.

6. — Les Scabratæ sont caractérisées par les folioles glabres ou à nervure médiane seule un peu velue, à nervures secondaires plus ou moins glanduleuses non odorantes, à dents toutes composées, à pédicelles lisses ou hispides-glanduleux.

Cette section ainsi comprise n’est formée que d’un petit nombre de formes ; elle a beaucoup d’affinités à première vue avec les glandulosæ gallicanæ et permet d’établir le passage aux Rubiginosæ qui, peut-être, devront un jour, après de nouvelles recherches rentrer dans le groupe des Caninæ : le type de cette sous-section est le R. Scabraia{GYé]-)\ïi).

Le groupe des Canines tel que nous le comprenons, nous semble devoir être constitué par un seul type spécifique, jouant presque à l’infini et qu’on pourrait ainsi représenter :

R. Canina.

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