‹ Notes pour servir à l'histoire du clergé de l'Yonne pendant la révolutionChapitre 2 sur 9 · SERMENT · texte numérisé non relu

SERMENT

A Toccasion do la fuite du roi, les persécutions redoublent contre le clergé et, le 29 novembre 1791, on impose un nouveau serment à tous les ecclésiastiques, môme non fonctionnaires : Je Jure d'être fidèle à la nation, à la loi, au roi et de maintenir de tout mon pouvoir la constitution du royaume décrétée par l'Assemblée nationale constituante aux années 1789-90 et 179 L

Ce serment, condamné par plusieurs êvéques, est eu général repoussé. Le 19 mars 1792, le pape condamne toute communication avec les intrus et assermentés. Le 27 mai, le gouvernement décrète

la déportation contre tout prêtre non assermenté qui sera dénoncé par viingt citoyens.

3« SERMENT (du 14 aoùt 1792)

Je jure dctre fidèle à la Nation et de maintenir la liberté et Végalitè ou de mourir en les défendant.

Cette formule n'est pas absolument condamnée par Rome; mais le 2H août, l'Assemblée déclare que ce serment ne suffît pas et elle décrète la déportation contre tout prêtre fonctionnaire qui n'a pas prêté le premier serment et contre tout prêtre non fonctionnaire dénoncé par six citoyens.

On ne profita que trop de cette loi qui favorisait la délation et les vengeances personnelles.

4^ SeRMENT

Dès le 3 septembre 1792, l'Assemblée changeait encore la formule et les prêtres étaient obligés de se présenter de nouveau pour faire la déclaration suivante : Je Jure d'hêtre fidèle à la Nation^ de maintenir de tout mon pouooir, la liberté, l'éyalité, la sûreté des personnes et des propriétés et de mourir ëil le faut pour l'exécution de la loi.

D'après les lois du 18 mars, 23 avril et surtout 21 octobre 1793 (30 vendémiaire II), tout prêtre, même assermenté, qui est dénoncé par six citoyens pour cause d'incioisme, est condamné à la déportation. Celui qui, étant sujet à déportation, est trouvé, après le délai d'une décade, sur le territoire français est condamné à mort. Les dénonciateurs recevront cent livres de récompense. Tout receleur de prêtre sera condamné à la déportation.

5« SERMENT. — 11 prairial {30 mai 1795)

Serment de soumission aux lois de la République. Une circulaire du 17 juin explique qu'il ne s'agit plus de constitution civile, mais le clergé ne défie.

6^ SERMENT ou DÉCLARATION

Par la loi du 7 vendémiaire IV (28 septembre 1795), les prêtres furent obligés de faire la déclaration du lieu où ils voulaient exercer le culte et de prononcer la formule : Je reconnais que Cunicersalité des citoyens français est le souoerain et je déclare me soumettre et obéir aux lois de la République,

Le 25 octobre, les membres de la Convention, avant de se séparer, déciètent que les lois de 1792 et 1793 contre les prêtres sujets à la déportation seront exécutées dans les vingt quatre heures. 7*» SERMENT (projet)

Le 28 août 1797 on avait projeté d'imposer ce nouveau serment : Je déclare que Je suis soumis au gouvernement de la République française. Dans une lettre du 15 septembre 1797 à l'archevêque de Reims, le pape Pie YI, appliquant les principes que rappelait ré-

cemment Léon XIII et distinguant entre la forme du gouvernement et la législation, déclare ne voir aucune difficulté à Tacceptation de cette formule.

8* SERMENT (19 fructidor V — 5 septembre 1797)

Mais déjà était survenu lo coup d'E at du 18 fructidor V (4 septembre 1797). Barras et deux de ses collègues du Dire^'ioire, prétextant un complot royaliste, faisaient adopter de nouvelles lois de persécution contre les prêtres et imposaient le serment de • haine à la royauté et à l'anarchie, d'attachement et de fidélité à la République et à la constitution de ran III. »

9« SERMENT 12 thermidor VII — 30 juillet 1799)

u Je jure fidélité à la République et à la constitution de Tan III, je jure de m'opposer de tout mon pouvoir au rétablissement de la royauté en France et à celui de toute espèce de tyrannie.

10® SERMENT (du 7 uivôsc au VIII — 28 décembre 1799)

« Je promets fidélité à la constitution, »

L'archevêque de Sens et les évoques d'Auxerre Liangres et Autun

Les ennemis de la religion ne négligèrent aucun moyen d'entraîner le clergé dans le schisme. L'artifice et le m«însonge, les promesses et les menaces, tout fut mis en œuvre pour faire accepter un serment dont la formule était assez peu précise et qui confondait à dessein les devoirs civiques avec les devoirs sacerdotaux. Aussi, partout il y eut des pvèires jureurs. Mais, si Ton se reporte aux statistiques du temps, on remarque que dans le département de TYonno, le nombre des prêtres assermentés fut plus considérable que dans beaucoup d'autres.

Je ne veux nullement en rechercher les multiples raisons; pour ne pas sortir du programme que je me suis tracé, je ne signalerai que l'influence des évêques de Sens et d'Autun qui avaient juridiction sur la majeure partie des paroisses du département. Cette influence ne pouvait être que faiblement contrebalancée par l'évêque d'Auxerre, depuis longtemps absent de son diocèse, et par l'évêqu^ de Langres, dont Taction était moins efficace à cause de la distance.

Talleyrand, évêque d'Autun, avait prêté serment comme membre de l'Assemblée nationale; Loménie deBrienne, archevêque de Sens, et de Jarente, évêque d'Orléans, avaient pris rang dans le clergé constitutionnel. On pourrait appliquer à chacun d'eux la parole de Pie VI au sujet de l'archevêque de Sens : « On ne peut exprimer tout le mal que causa son exemple. »

Etiennb-Charles DE Loménie de Brienne, né à Paris en 1727, fut successivement évêque de Comdon 1760), archevêque de Toulouse

^1763), dô Sens (1788). Ministre en 1787, il s'était montré favorable aux idées nouvelles et avait pris part à des mesures regrettables. Le pape le nomma, à regret, cardinal le 15 décembre 1788.

L'archevêque do Sens ayant prêté serment le 33 janvier 1791 et accepté le titre d'évéque de l'Yonne, fut blâmé en termes énergiques par le pipe Pie VL De Loménie, irrité, renvoya à Rome son chapeau de cardinal le 26 mars 179L Le pape ne pouvait, sans rien dire, supporter cette injure. Dans le consistoire du 26 septembre 1791, il condamna solennellement l'archevêque en révolte et le déclara déchu et suspens.

M. d'i Loménie poussait les prêtres à prêter le serment à la constitution civile et, le le"" juin 1792, il écrivait au directoire du département pour dire combien il déplorait les rétractations qui commençaient à se produire.

Le 23 décembre 1792, il j)rêtait le serment de défendre la liberté et règalité.

Mais toutes ces concessions ne devaient pas le mettre à l'abri de la persécution. Jeté en prison le 2 août 1793, puis remis en liberté et arrêté de nouveau, Loménie déclara, le 15 novembre 1793, renoncer à ses fonctions ecclésiastiques.

Sa juridiction s'étendait, avant la constitution civile, a 219 paroisses du diocèse actuel.

Il mourut le 19 février 1794 (1).

Jean-Bapïiste-Marie Champion de Cicé, né le 10 février 1725, nommé évêque d'Auxerre en 1760. Il avait juridiction sur 120 pa j roisses du diocèse actuel de Sens.

Député aux Etats généraux, il envoie plusieurs fois, dans le cours de Tannée 1789, des secours abondants, 1 500 livres d'une fois et 100 pistoles d'une autre pour le soulagement des pauvres d'Auxerre ; en 1790» il fournit gratuitement du bois pour chauffer la salle des assemblées. 11 se distingue par une inépuisable charité et son patriotisme de bon aloi (2).

Il était en congé depuis le 14 mai 1790, lorsque furent votées les

lois contre TEglise. Mais il .se hâta d'adhérer à V Exposition de

0)rincipes des évêques fidèles. Puis, le 4 juin 1791, il adresse à ses

ouailles une ordonnance datée des eaux d'Aix-la-Chapelle et qu'il

signe : J.-B., évêque d'Auxerre. Après avoir reproduit les brefs du

(1) Voir : le Cardinal de Loménie de Brienne, savante étude de M. Joseph Perrin.

(2) En 1800, au mois d'août, M. de Cicé apprenait que le village de Gy-l'Evôque avait été dévasté par une inondation. Il prit vingt louis d'or sur ses modiques ressources et les envoya, en exprimant le regret qu'il éprouvait de ne pouvoir donner davantage. Sa belle lettre est citée par M. Quanlin dans les Mémoires pour l'histoire du diocèse d'Auxerre.

pape, qu'il déclare accepter entièrement, « il rappelle à l'obéissance les ecclésiastiques qui ont eu le malheur de consentir une prestation pure et simple du serment, et ceux qui, ne se bornant pas à cette première contradiction, se seraient ingérés dans la charge des âmes, sans une mission expresse des dépositaires de l'autorité spirituelle. »

Cette lettre, communiquée par M. Viart, vicaire général de Ms' de Cicé, et celle de l'évêque de Langres eurent, avec les brefs du pape, une heureuse influence dans l'Yonne, et un bon nombre de prêtres rétractèrent aussitôt leur serment.

Cependant, une adresse revêtue de vingt-huit signatures avait dénoncé à la municipalité d'Auxerre, le 27 août 1791, la lettre de l'évêque. Le 30 août, Girard, procureur de la commune, fait son rapport et déclare que ces ordonnances ne lui semblent pas authentiques et qu'il ne peut croire que M. de Cicé les ait écrites.

« Pour moi, dit-il, je ne me permettrai pas seulement de l'en suspecter capable. Nous avons tous compris sa .sagesse et sa prudence lorsqu'il a gouverné l'ancien diocèse, la bienfaisance qu'il a exercée dans ces derniers temps de calamité. D'après cette connaissance, je ne peux croire qu'il se soit permis de prendre un titre, une qualité qu'il sait bien ne plus avoir puisqu'il est membre de l'auguste assemblée qui les a supprimés. »

Si les Sénonais aimaient M. de Loménie et cherchaient à le défendre contre ses ennemis, les Auxerrois n'aimaient pas moins M. de Cicé.

Néanmoins, la brochure qui était très authentique, fut dénoncée à l'Assemblée nationale.

Le 3 mars 1792, on supprime à l'évêque 695 livres de rentes.

Le 29 avril 1792, M. de Cicé est signalé comme émigré, et ses biens sont séquestrés et vendus.

En 1801, il fut de ceux qui ne voulurent pas donner leur démission. Il tint à conserver son titre d'évêque d'Auxerre. Toutefois il cessa d'exercer aucune juridiction et doni^a son assentiment aux actes par lesquels le pape concéda juridiction à de nouveaux évêques sur les parties de l'ancien diocèse d'Auxerre. Il était à cette époque à Halberstadt, en Prusse. C'est là qu'il mourut exilé le 16 novembre 1805.

(V. Mémoires sur le diocèse d'Auxerre. Continuateurs deLcbeuf; cf Demay (Ij : Procès-verbaux de la ville d'Auxerre.)

(\) Le travail de M. Demay m'a été d'une grande utilité pour la ville d'Auxerre. M. Dumay, qui s'occupe beaucoup de tout ce qui concerne l'ancien diocèse d'Auxerre, m'a d'ailleurs communiqué avec empressement des notes dont je lui suis particulièrement reconnaissant.

César-Guillaume de la Luzerne, né à Paris en 1738, nommé évoque de Langres le 24 juin 177Q. Sa juridiction s'étendait sur 106 paroisses de TYonne.

Uévéque adhéra à l'exposition de principes sur la constitution civile, éloquente protestation contre les décrets de l'Assemblée. Le 15 mars 1791, il adressa à son clergé une lettre énergique qui fut adoptée par un grand nombre d'êvôques de France. Il y condamnait la constitution civile et donnait des pouvoirs extraordinaires pour toute la durée du schisme à tous les prêtres fidèles. Huit jours après, le 23 mars, il s'éloignait de la France et se retirait à Constance, en'Suisse. Plusieurs prêtres de TYonne y partagèrent son exil.

De Constance, il alla à Venise; et en 1802, pour répondre aux vœux du pape, il donna sa démission.

Cardinal en 1817, il fut sur le point d'être nommé de nouveau évêque de Langres; mais il mourut, le 27 juin 1821, avant le rétablissement définitif de ce siège. (V. abbé Roussel. Le diocèse de Lanfjres,)

Charles-Maurice de Talleyrand-Pkrtgord, 'né à Paris en 176i, fut nommé évêque d'Autun en 1788. 64 paroisses de l'Yonne faisaient partie de ce diocèse.

Ce fut Talleyrand qui,' le 14 juillet 1790, célébra la messe sur l'autel de la patrie. Ce fut lui qui, le premier, consentit à sacrer les évêques intrus, sur le refus de Loménie de Brienneet de de Ja* rente d'Orléans. Il fut alors excommunié par Pie VL II avait, avec les deux évêques que je vi^ns de nommer, refusé d'adhérer à Vea^ position de principes. Il prêta serment à l'Assemblée le 29 décembre 1790, De tous les évêques députés, il n'y eut que lui et Gobel qui se soumirent à cette loi.

L'évêque d'Autun donna d'ailleurs sa démission Hès le mois de février 1791. Je n'ai pas à entrer davantage dans le détail de sa vie. Il mourut en 1838.

Pierre François Martial de Loménie, parent très éloigné de Tarchevêque de Sens et adopté par lui, fut promu archevêque de Trajanople et nommé coadjutour de Sens, lorsque son oncle fut élevé au cardinalat, le 15 décembre 1788. Il suivit les errements du cardinal, et alla, comme lui, jusqu'à renoncer à ses fonctions ecclésiastiques, le 20 brumaire II (1793). Le 9 février 1793, le départetement, qui voyait en lui un bon patriote, avait décidé que sa pension ne serait pas réduite. Mais la persécution l'atteignit aussi. Emprisonné avec Madame Elisabeth de France, il fut touché par ses pieuses et énergiques exhortations et eut le bonheur de condamner toutes ses erreurs et de recevoir l'absolution de M. l'abbé de Champbertpand, doyen du chapitre de Sens. Il fut guillotiné le même jour que Madame Elisabeth, le 21 floréal II (10 mai 1794).

DISTRICT D'AUXERRFi Les Vicaires Généraux

Pierre-François Viart, né à Auxerre, sur la paroisse de Saint- Pierre-en-Château, le 24 juillet 1750, fut nommé chanoine le 3 juin 1778.

M. de Cicé nomma M. Viart son vicaire général le 13 mars 1789. Ce chanoine lui était très dévoué et devint son correspondant lorsqu'il fut contraint de s'exiler. Ce fut, en effet, M. Viart qui fit distribuer la lettre de Mgr de Cicé contie la constitution civile; il sut toujours profiter des circonstances favorables pour soutenir et diriger les prêtres restés fidèles.

Le î) juin 1790, il avait dû se faire l'interprète des félicitations du clergé au district, mais il ne parlait que du bout des lèvres. Les travaux et réformes qu'il était obligé de louer lui semblaient suspects.

Il ne fut pas appelé à prêter le serment à la constitution civile, n'étant pas fonctionnaire. Je n'ai pas trouvé non plus qu'il ait prêté le 2° serment (1). Le 22 et le 30 septembre 1792, il jure de maintenir la liberté et Tégalité.

Mais la persécution arrivait, Arrêté comme prêtre réfractaire, il fut enfermé, avec trerjtre-six autres, dans la maison des Visitandines, du mois d'avril au 21 juillet 1793.

En l'an III (1794-95) il est considéré comme curé de Saint-Etienne et oomme tel il prête, le 18 prairial III, le serment de soumission aux lois de la République. M. Viart tenait d'ailleurs de Mgr de Cicé des pouvoirs réguliers.

Le 9 floréal IV (1790), il fait la déclaration exigée par la loi de vendémiaire, choisit pour exercer le culte les temples de Saint- Etienne, Saint-Pierre et Saint Eusèbe et tous autres lieux choisis par les catholiques et prête le serment reconnaissant Vunicersalité des citoyens pour le souverain.

Plus tard, l'abbé Viart juge que les concessions doivent avoir des bornes ; il refuse le serment de l'an V (haine à la royauté), et demande un passeport pour quitter la France. Mais comme on veut y noter sa qualité de prêtre, il proteste et écrit à la municipalité le 9 vendémiaire VI (30 septembre 1797) que ce passepoit l'exposerait à des dangers plus qu'il ne le protégerait. Et, se souvenant du dois romanus sum de saint Paul, il dit : c La constitution ne con-

(1) Dans rénutnération des serments, Je ne tiens pas compte du serinent civique du 14 Juillet 1790 qui n'a rien à faire dans l'histoire de la persécution.

nait que des citoyens et point de prêtres. Ne nous ressusciteraiton que pour nous montrer encore comme des victimes à frapper? Un pareil passeport serait à peu près comme un billet de proscription. « Il demande donc un passeport sans qualité, et il ajoute : « Si je n'ai pas prêté le serment du 19 fructidor, je ne prêterais pas davantage celui de haine à la République, si un corps législatif roya liste l'exigeait, ou plutôt une faction par la violence Aucun gouvernement n'est haïssable en soi, si ce n'est le despotisme (1). » Il s'en tient donc au serment du 7 vendémiaire et jure de nouveau d'être soumis et fidèle à la République. (P. R. L.j

M. Viart dut se cacher à cette époque. Un an plus tard, le M brumaire VII, il est condamné à la déportation. Mais il reste en réclusion à Auxerre. Le 22 frimaire VIII (déc. 1799), il demande qu'on lui applique l'arrêté des consuls du 8 frimaire (2). L'administration déclare qu'il ne justifie pas avoir prêté les serments de 1790 et de Tan V, elle rejette sa demande et l'invite à se justifier. Le département hésite d'ailleurs à se prononcer, et, en présence des défauts de serment dudit Viart, renvoie le tout au ministre pour statuer. (14 nivôse VIII.) (DépM

M. Viart fut sans doute remis peu après en liberté, car deux mois plus tard, le 3 ventôse VIII (21 février 1800), il prêtait le serment de Tan VIII.

M. Viart avait bien mérité de l'Eglise. Il fut maintenu dans ses fonctions de vicaire général et de curé de Saint-Etienne d'Auxerre, où il mourut du choléra le 10 juillet 1832.

' Son épitaphe, placée dans la cathédrale d'Auxerre, loue son zèle

et sa fermeté en face de la persécution. (Cf Fortin. Soueenirs, 1. 1*'.)

Joseph -Marie Closet, né à Yvetot, le 8 décembre 1742, docteu''

en théologie, fut chanoine d'Yvetot, puis d'Auxerre le 23 août 1774,

lecteur le 18 juin 1787, et vicaire général de M. de Cicé.

Il prête serment le 24 août et le 27 décembre 1792, puis le 17 priairial III et le 9 floréal IV : il déclare alors qu'il veut exercer le culte dans sa maison, r\ie des Ecoles (de la Vérité]. Il ne recule pas devant le serment de haine à la royauté,' qu'il prête le 25 fructidor V. La persécution devait néanmoins l'atteindre. Obligé de se dérober, il se retira chez son frère en Normandie et fut considéré comme émigré. Ses biens furent mis sous scellés le 5 nivôse VI. Le 27 prairial VI un arrêté du ministre de la police générale ordonne sa radiation de la liste des émigrés. Il prêta serment à la Constitution le 19 nivôse VIII. (Auxerre. Municipalité.)

(1) Ne dirait-on pas que M. Viart avait connaissance de la lettre de Pie VI, à roccasion du septième serment ?

(2) Cet arrêté ne lévoquait ceux qui avaient été pris par le Directoire que pour les prêtres assermentés, mariés^ où ayant cessé d'exercer le culte.

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M. Closet n'avait pas été appelé à prêter le premier serment à la Constitution civile; pendant la Révolution, il fut de ceux qui cherchèrent à donner les secours religieux aux catholiques. Aussi vécut-il plus tard très estimé à Auxerre, où il mourut le 16 juillet 1816, donnant les marques de la plus grande piété. (Cfr Fortin- Souvenirs, t. II, p. 239.)

Louis-Jean Vaultier, né à Vassy, évèclié de Baveux, le 27 décembre 1730, chanoine d' Auxerre le 13 juillet 1761, vicaire général le 24 décembre 1768, fut élu lecteur le 10 décembre 1769 et chantre le 9 mai 1787.

Partisan des idées nouvelles, Vaultier fut nommé membre de différents comités, devint officier municipal et président de l'administration.

Il prête serment le 30 septembre 1792 et le deuxième jour complémentaire V.

En 1793 il avait contracté mariage avec Jeanne-Margnerite-Nicole Bertin, ex-supérieure de religieuses. M. Fortin, qui a connu M. Vaultier, affirme que ce prêtre n'agit que par peur de perdre la liberté et la vie et qu'il ne fit que simuler un mariage.

Vaultier n'en fut pas moins disgracié. Destitué une première fois de ses fonctions municipales le 15 thermidor V, il le fut définitivement le 15 brumaire VI. On Taccusait d'avoir, par sa négligence, entraîné « la détérioration de l'esprit public, l'inexécution des lois et le mépris des institutions républicaines. » Demay. Municipalité.)

M. Vaultier se soumit, avec grande humilité, à une pénitence publique pour réparer le scandale qu'il avait donné (Fortin, I, p. 150.) Il mourut à Vassy (Calvados), le 16 avril 1816.

Le Chapitre de Saint-Etienne

Le 30 novembre 1790, le département faisait signifier au Chapitre de la cathédrale d' Auxerre un arrêté qui mettait fin à son exisence. Le doyen étant absent, ce fut M. Vaultier qui répondit aux députés, et il le fit en ces termes ;

« Messieurs,

M Quoique les ordres qui nous sont intimés soient très affligeants pour nous, nous ne perdrons cependant jamais de vue que les ministres des saints autels doivent l'exemple de la soumission.

«. Chargés par état des augustes fonctions do la prière publique, du précieux dépôt de la tradition de cette ancienne église, conseillers-nés des pontifes, et exerçant leur juridiction pendant la vacance du siège, nous ne cesserons de satisfaire à ce concours

d'obligalio.'is que par Timpossibililé où nous allons être réduits de les remplir.

« Si, cependant, il pouvait nous être permis de vaquer à la prière publique, nous continuerions ce saint exercice, en vue de la gloire de Dieu, du bonheur de l'Etat, de la sanctification des peuples et pour notre propre consolation.

« Nous vous prions de vouloir bien consigner notre vœu, à cet égard, dans votre procès-verbal, comme un monument de notre attachement le plus fidèle à nos devoirs, et de notre reconnaissance envers les fondateurs de cette église.

« Nous vous prions encore d'y faire mention de la déclaration solennelle que nous faisons tous, aujourd'hui, de professer, jusqu'au dernier soupir, la foi catholique, apostolique et romaine, et d'être inviolablemmt attachés à l'Eglise, à ses principes, à ses pasteurs et à son chef. »

Dans la bouche de M Vaultier, la protestation ne pouvait être bien énergique ; on y trouve plutôt la résignation et les regrets. On verra plus tard que la protestation du Chapitre de Sens fut plus noble.

Les chanoines n'avant plus aucun tilre officiel ne furent pas appelés à prêter le serment à la Constitution civile.

Je donnerai une courte notice sur chacun d'eux. Quelques-uns ont sans doute exercé le ministère api es le Concordat. Je signale ce point aux recherches de mes vénérés confrères.

Adrien de Robien, né le 7 janvier 1748, à Hennebont, diocèse de Vannes, chanoine le 8 septembre 1774, doyen du chapitre le 11 janvier 1781, est nommé député adjoint à M. de Cicé au mois d'à vril 1789 II prête serment le 22 septcmb.''e et le 3 octobre 1792 Le 3 ventôse III, il était encoie à Auxerre. A cotte époque, on le décharge du service delà garde nationale, et il se retiredans son pays natal. (Mté. Auxerre.) (1)

Louis-François Renard, de Paris, né \ë 26 février 1737, docteur en théologie, principal du collège de Montaigu, chanoine le 8 sep-

I N. B. — C'est à tort que j'ai donoé la protestation du chapitre comme l'œuvre personnelle de M. Vaultier. Le texte avait clé proposé par M. Vaultier, quj avait été choisi pour présider les réunions depuis le mois de mai i789, à la suite de l'élection de M. de Robien comme député. Mais le chapitre l'avait modifié et adopté dans sa séance du 29 novembre 1790.

(i) Pour l'indication des sources, je me servirai des abréviations suivantes ; Dép. : Registres du département. — Dis. : District. — Ad. Cale : Administration cantonale, — Mté : Municipalité. — P. R. . les Pièces sur la Hévolution conservées aux archives de l'Yoï^ne,

tembre 1774, grand archidiacre en 1779, prête serment le 15 et le 29 septem4)re 1792.

Augustin-Jean-Charles Clément né à Créteil, le 8 septembre 1717, chanoine le 23 septembre 1743, trésorier le 17 décembre 1751. Après avoir donné sa démission, il s'était relire à Versailles. Il fut emprisonné en 1794, mais après la chute de Robespierre, il fut relâché. Aussi ambitieux qu'il avait été ardent janséniste, il se fît élire évoque constitutionnel de 8eine-et-0ise. « Les actus du nouveau prélat, dit Picot, répondirent à ses commencements : le ridicule dont il se couvrit excita souvent les murmures et le mépris de ses meilleurs amis. » Il donna sa démission à l'époque du Concordat et mourut à Vcrsailljs en 1804.

Fils de Alexandre-Julicn-CIément, chevalier, conçeiller du roi en sa cour de Parlement, il avait pour frère Clément de Boissy, seigneur de Sainte-Pallayc, et Clément de Barville, avocat général au Parlement de Paris.

(Voir pour plus de détails : Picot, Mémoires, \i\^ 10; Œuores de Mgr de Boulogne ; tome 1*^' des Mélanges.)

Jean-François Delart de Campagnol, né le 23 janvier 1736, au château de la Coste, diocèse d'Agen, chanoine le 20 octobre 1768, archidiacre de Puisaye le 9 février 1773. Il prêle serment le 24 septembre 1792, le 19 prairial III, le 9 floréal IV et le Séjour complémentaire V. En 1793, M. Delart fut mis en réclusion aux Visitandines.

Nicolas de Villiard, né à Troyes le 4 décembre 1735, chanoine le 30 septembre 1767, pénitencier le 6 août 1773. Il prête serment le 24 août 1792. Condamné à la réclusion, il expose que l'état de sa santé ne lui permet pas de se rendre aux Visitandines, et le 23 avril 1793, on l'autorise à rester chez lui sous la surveillance de la municipalité (Dép.). Il prête encore serment le 17 prairial lll, le 9 floréal IV, le 25 fi'uctidor V ut le 7 germinal VIII.'i

André Parisot, né à Vatzy, diocèse do Nevers, chanoine le 30 août 1773, sous-chantre en 1782. Il prête serment le 3J août

M. Fortin raconte qu'en 1791^ ce jeune chanoine, aimé du peuple, ne craignit pas de se faire rinterprète, au tribunal du délégué de la Convenlion, de tout ce que les Auxerrois honnêtes avaient eu à soufl'rir pendant le règne du la Terreur. (Soucenirs, 1. 137.)

Le 7 vendémiaire IV, il eui à se disculpui», devant la municipalilé, de propos dont on l'accusait (Mté). Deux ans plus lard, la persécution l'atteignit.

Eli Tan VI, le ministre de la police signale lu nommé Parisot. C'est un des partisans zélés du royalisme depuis le commencement de la révolution. On rappelle qu'au mois de mai III, il s'est mis à la

tête d*un rassemble ment considérable et a fait briser les attributs de la liberté qui étaient dans le temple Etienne et les a fait brûler sur la place publique.

Chef du parti royaliste, il s'est rendu coupable de menées dans les assemblées premières. C'est chez lui que se sont fabriquées toutes les adresses incendiaires qui ont précédé les élections de germinal et la pétition au Corps législatif tendant à rétablir les signes extérieurs du culte au son des cloches.

En conséquence, le 12 brumaire VI (2 novembre 1797) le département arrête qu'il sera conduit à la maison d'arrêt d'Auxerro. Si on ne le trouve pas chez lui, on fera des recherches en ville (Dép J

Le 27 frimaire VI, Parisot est condamné à la déportation. Le 7 nivôse VI, le département ordonne qu'il sera conduit à Rochefort. Déporté à Sinnamary et relâché quelque temps après , il revenait en France lorsqu'il périt dans un naufrage en vue des côtes d'Irlande. (V. Seni. religieuse du 5 avril 1879.)

Guillaumk-Marie-Alphonse Harduin, né à Arras, le 3 avril 1755' chanoine et théologal le 31 octobre 1783. (Aucun renseignement.)

Ldme Moreau, né à Auxerre, le 30 décembre 1713, d'abord curé d'Irancy, puis chanoine d'Auxerre le 21 janvier 1743, prête serment le 22 août 1772, 20 prairial III, 9 floréal IV et 19 nivôse Vil*.

Auguste Etienne Frappier, né à Donzy, le 22 janvier 1722, chanoine le 18 avril 1743, prête serment lu 8 août et le 13 novembre 1792. (Mté.) Le 13 avi-il 1793, on Tarrête à Coulanges-sur- Yonne parce qu'il est sans passeport; mais, sur une lettre de l'administration d'Auxerro. on le met, dès le lendemain, en liberté. (Mté Coul. s.-Yonne.)

M. Frappier prête encore serment le 9 floréal IV.

Jean-Baptiste Villetard, né le 27 octobre 1728, à Auxerre, chanoine le 4 avril 1752. M. Clément avait résigné la trésorerie en faveur de M. Villetard, en 1787. Mais celui-ci ayant refusé designer le formulaire ne reçut pas l'institution canonique. (Continuateurs de Lebeuf.)

M. Villeiard prête serment le 15 .septembre et le 8 novembre 1792, le 19 prairial 111 et le 9 floréal IV. FiU prêtant ce dernier serment, il déclare qu'il exercera le culte dans sa maison au faubourg Saint-Marlin-lôs Saint Marien. Le 2 nivôse VI, il jure haine à la royauté.

Ce chanoine fut l'un des partisans les plus tenaces du jansénisme. (Voir Fortin, II, p. 236.) Mort dans les premiers mois de l'année 1808, il fut inhumé, comme il l'avait demandé, auprès des ruines de l'église Sainl-Maricn. Il subsiste encore une colonne de cette église, près du pont de la Tournelle.

^ Germain -Prix-Nicolas Briand de Fortbois, né à Auxerre le

29 juillet 1734, chanoine le 14 février 1755, prête serment le 27 août et ie 12 octobre 1792, le 18 prairial III, le 9 floréal IV et le 25 fructidor V.

Edme-Pierrk Ducrot, né à Auxerre le 13 mars 1741, chanoine le 23 septembre 1761, prête serment le 21 septembre 1792 et le 9 floréal IV. En Tan VI, il quitte Auxerre, mais nous Vy retrou- \ons en Pan VIII. Le 17 nivôse de cette année, il prête serment à la nouvelle Constitution et déclare qu'il exercera Je culte dans la maison du citoyen Delingette, propriétaire, rue Joubert.

Jean-Joseph Seconds, né à Paris le 29 juin 1720, chanoine le 5 novembre 1762, prête serment à domicile le 15 octobre 1792.

Dominique Ricard, né le 23 mars 1741, sur la paroisse Saint- Eiienne de Toulouse, chanoine le 29 août 1768. \Aucun renseignement.)

Michel Gagneux, né le 29 septembre 1721, à Coulanges-sur- Yonne, semi-prébendé le 23 juillet 1751, grand chanoine le 20 février 1769.

Dès le commencement de la Révolution, ce chanoine est dénoncé comme un perturbateur. A la fin d'une messe basse qu'il disait à Saint- Etienne, le citoyen Gagneux «« s'est retourné du côté des assistants, a prononcé un discours dont les principes sont inconsti" tulionnels, disant que les malheurs publics n'avaient d'autre cause que la vente et la destruction des églises; que les huguenots n'en avaient jamais tant fait. »> Comme à notre époque de telles paroles constituaient un crime abominable; Gagneux avait d'ailleurs tenu plusieuis fois cette conduite indécente et scandaleuse. Aussi le conseil considérant que la conduite du sieur Gagneux « est attentatoire à Tordre public et aux lois, » arrête que ces faiis seront dénoncés sans retard à l'accusateur public. (Mté Auxerre, 7 mai 1792).

M. Gagneux prête serment le 24 août 1792, le 17 prairial III, le 9 floréal IV et le 25 fructidor V. Le 27 pluviôse III, on l'avait dispensé du service de la garde nationale, à cause de son âge. Il ne jouissait alors que d'un revenu de 1150 livres y compris sa pension de 1000 livres. En Tan IV, il y avait une certaine acccalmie, Gagneux ainsi que plusieurs autres chanoines, achète sa maison canoniale. (Mté d'Auxerre).

Mais la persécution allait redevenir plus violente. Le 25 fructidor VI, on notifie à Gagneux, Tarrêté de fermeture de Saint Etienne. Etienne devient le temple de la Fraternité, (id).

Quelques jours plus tard, le 14 vendémaire VII (5 octobre 1798), \e citoyen Gagneux est condamné à la déportation par ari'èté du Directoire exécutif. En vain il réclame à cause de son âge (77 ans); la vieillesse n'obtient aucune grâce devant les bourreaux. Le département décide le 19 vendémaire que provisoirement il sera

maintenu en réclusion à Auxerre avec interdiction de le laisser communiquer avec personne du dehors. Ses biens sont mis sous séquestre. Le 6 brumaire, le Directoire exécutif ordonne son trans' fert à Dijon. Sans doute on fut retenu par un reste de pudeur, car le 14 brumaire, Gagneux fut extrait de la maison d'arrêt et transféré dans la maison de réclusion d'Auxerre. (Dep )

Ce vieillard subit cette détention pendant un an. Un arrêté des consuls du 8 frimaire VIII, adoucissait le sort de quelques-uns des reclus. M. Gagneux demanda à en profiter et le 22 frimaire on décida sa mise en liberté immédiate. Il avait justifié avoir prêté en temps utile les serments prescrits. (Dép). Je rappelle que pour les chanoines, il n'est pas question du serment à la constitution civile du clergé.

Edme Paradis, né à Auxerre, sur la paroisse Saint -Loup, le 22 septembre 1743, chanoine le 26 septembre 1771, fut d'abord tracassé parce qu'il persistait à prendre la qualification inconstitutionnelle de chanoine. En 1793, il subit la réclusion avec M. Viart- Il prêta serment le 19 prairial III, 9 floréal IV, 27 fructidor V et

19 nivôse VIII.

Après le Concordat, il exerça le ministère à Saint-Eusèbe d'abord, puis à Saint-Etienne. Il mourut en 1818. (V. Fortin : Soucenirs, II, p. 241).

Jean- François Coutouly, né à Paris le 11 février 1740, chanoine le 8 septembre 1771, prête serment le 24 août et 27 septembre 1792,

20 prairial III, 9 floréal IV, 25 fructidor V et 19 nivôse VIII. En Tan IV, il exerçait le culte dans sa maison, rue des Ecoles (do la Vérité). Après le Concordat, il fut vicaire de Saint -Etienne. (V. Fortin, id. II, p 247.}

Louis-François Perreau, né à Auxerre, paroisse Saint-Eusèbe, le 2 novembre 1759, chanoine le 15 mai 1776. (Aucun ren.^eignement.)

Thomas-Nicolas Bourdeaux, né à Auxerre, paroisse Saint-Regnobert le 6 avril 1746, chanoine le 23 août 1776, prête serment le 24 août et le 6 octobre 1792, 14 nivôse et 9 floréal IV, 25 fructidor V et 19 nivôse VIII. (V. Fortin, id. II, p. 249.)

François Moillat, né à Avallon le 29 juillet 1739, chanoine le 7 septembre 1776, prête serment le 21 et le 29 septembre 1792, 17 prairial III, 9 floréal IV, 27 fructidor V et 21 nivôse VIII.

Jean-Christophe Fuottier. (Voir paroisse Saint-Pierre-eu -Château, dont il était curé.)

François-Edme-Melchior Arrault, né à Toucy le 13 janvier 1731. chanoine le 19 août 1778, prête serment le 22 septembre et le 6 octobre 1792, 18 prairial III, 9 floréal IV et 25 fructidor V.

Jean-Alexandre Bobée, né le 26 février 1747 à Saint-Léger-de- Clouville, diocèse de Rouen, chanoine le 4 décembre 1778, prête

serment le 21 septembre 1792, 9 floréal IV, 27 pluviôse VIÏI En 1793, il subit la réclusion aux Visitandines.

Nicolas Lambert, né le 20 octobre 1743, à Fresne, diocèse de Verdun, chanoine le 2 décembre 1778. (Aucun renseignement.)

Charles-Antoine-Nicolas Leroy, né le 29 octobre 1741, à Ballon, diocèse de Séez, fut curé de Saint-Bris, puis de Ris, au diocèse d'Auxerre, chanoine le 4 février 1779, prête serment le 21 et le 30 septembre 1792, puis le 17 nivôse V. A cette époque, il déclare vouloir exercer le culte dans les quatre églises d'Auxerre. Il fut, après la Révolution, vicaire de Saint-Pierre.

Jean -François Lassé, né à Paris, le 26 février 1757, chanoine le 20 mai 1779. En Tan IV, il achète sa maison canoniale, rue des Lombards. (Je ne le trouve pas mentionné dans les prestaiions de serment.)

André-Joseph Pellevilain, né le 20 septembre 1739, à Dieppe, d'abord curé de Villemer, puis chanoine d'Auxerre le 22 décembre 1779, prête serment le 22 septembre 1792 et le 9 floréal IV.

Jean-Baptiste - François GiROUX, né à Paris, le 20 février 1761, chanoine le 21 mars 1780. (Aucun renseignement.)

Gabriel-Julien Talabardon, né le 8 août 1745, à Savouet, diocèse de Quimper, chanoine le 26 mai 178 ', prête serment le 21 septembre et le 6 novembre 1792, le 18 prairial III, le 9 floréal IV, le 25 fructidor V et le J9 nivôse VIII. Le 9 floréal IV, il avait fait la déclaration prescrite afin d'exercer le culte dans sa maison, rue des Ecoles (de la Vérité). Après le Concordat, il demeura attaché au clergé de Saint-Etienno. (V. Fortin, Souoenirs, t. Il, p. 246;.

François-Roger Lerasle, né à Cosne, le 10 noverubre 1745, chanoine le 20 juillet 1780, prête serment le 21 septembre 1792.

Charles-Marie Bourgoin, né le 30 mai 1741, à Vernon, diocèse d'Evreux, chanoine le 20 septembre 1780. (Aucun renseignement.)

Etienne, chanoine en 1781. (Aucun renseignement )

Amable -Thomas-Marie de Saint-Georges, né le 10 mars 1769, à Auxerrc, paroisse Saint-Eusèbe, chatjoine le 'i9 avril 1783, fut pendant la Révolution chapelain de THôtel-Dieu. On lui donnait le titre de Consolateur des malades à la Maison d* humanité. Le 25 nivôse IV, on se plaignait qu'il n'envoyait pas régulièrement par décade, à Tofïicier public, les i enseignements sur les décès survenus dans la maison, ou ne les envoyait qu'après l'inhumation. Il fut prié d'être plus régulier. Plus heureux que les pauvres malades de nos hôpitaux, les miséreux avaient encore, dans les jours les plus troublés de la grande révolution, un prêtre comme conso^ lateur.

Marie de Saint-Georges avait prêté serment le 6 et le 28 septembre 1792. 2

Jean-Baptiste Asseline, né à Paris, le 6 septembre 1767, chanoine le 4 mai 1783, prête serment le 3 octobre 1792.

Joseph-André-Marie d'Avigneau, né à Auxerre, le 24 janvier 1763, chanoine le 2 septembre 1773, fut le seul qui déposa ses lettres de prêtrise à Auxerre, le 2 thermidor II, ce qui ne Tempêcha pas d'être soumis à la surveillance du conseil général, le 2 ni- \ôse III.

Olivier Gascogne, né le 6 janvier 1739, à la Charité, chanoine le 10 octobre 1783, prête serment le 21 septembre 1792, 19 prairial III, 25 fructidor V et 19 nivôse VIII. Pendant la Révolution, ce chanoine exerça le culte à Saint-Eusèbe. A la suite de perquisitioys faites shez lui et chez le curé de Saint-Eusèbe, il quitta Auxerre en thermidor VI.

Jean -Amable -Guillaume Frédéfont (ou Frédemont), né à Clermont, le 9 août 1725, chanoine le 26 mai 1784, prête serment le 22 septembre 1792 et le 9 floréal IV.

Jean-Baptiste Digard, né le 14 mai 1749, à Saint-Germain-des- Vaux, diocèse deCoutances, chanoine le 2 août 1784, prête serment le 22 septembre et le 6 octobre 1792, le 27 prairial III, le 9 floréal IV et le 9 ventôse VIII. Il fut, en Tan III. adjoint au bureau central de comptabilité.

En 1793, il avait été mis pendant quelques mois en réclusion aux Visitandines : il en sortit le 21 juillet 1793. Il était demeuré en relation avec Mgr de Cicé, et se distinguait par son zèle pour donner aux catholiques les secours de la religion.

Après le Concordat, il fut nommé chanoine honoraire de Troyos et remplit à Saint-Etiennj d' Auxerre les fonctions de vicaire. Il mourut du typhus, en 1812.

Ce fut lui qui amena M. Fortin à Auxerre. (V. Fortin, Souoenirs, t. I. p. 167 et 171.)

Dominique-Edmond Marie le Petit de Montfleury, né à Caen, le 8 juillet 1768, chanoine le lOaoût 1774. (Auîun renseignement.)

Nicolas-Edme Duplessis, né à Auxerre, le 21 novembre 1760, chanoine le 30 août 1785, nommé en 1791, recteur de l'hôpital général, prête serment le 9 novembre 1792, le 9 floréal IV. 11 déclare vouloir exercer le culte dans la maison de bienfaii?ance dont il est le directeur. Le 27 fructidor V, il jure haine à la royauté et à Tanarcliie. Détenu pendant quelque temps à la maison d'arrêt, il y tombe gravement malade et est transféré à la maison d'humanité. (Mté.)

Curé de Vaux de 1800 à 1803, puis de Saint-Bris , M. Duplessis mourut le 18 novembre 1830, à Auxerre, où il s'était retiré depuis quelques années seulement. M. Fortin consacre à cet ecclésiastique tout un chapitre dans ses Souvenirs, (T. I, p. 341 et suiv.)

Augustin- Jean-Baptiste-Michel Courgenouil, né le 29 septembre 1752, à la Motte- Fouqué, diocèse du Mans, chanoine le 3 septembre 1784. (Aucun renseignement.)

Augustin-Jean -Denis-Gilbert Perrin, né à Beliey, le 26 décembre 1751, chanoine le 10 octobre 1784, prête serment le 22 et le 29 septembre 1762.

Nicolas-François Perbal, du diocèse de Metz, chanoine le 23 février 1785. Le 11 prairial VI, le département de la Moselle demande sur lui des renseignements à la municipalité d'Auxerre. Perbal était en état d'émigration depuis le 1" mars 1792, et fut, de ce fait, condamné à la déportation. (Mié.)

Michel Bidan, du diocèse d'Auxerre, docteur en tiiéologio, chanoine d'Auxerre le 21 mars 1786, prête serment le 22 septembre et le 5 octobre 1792, le 9 floréal iV (il déclare qu'il exercera le culte dans sa maison rue du Département, 2;, le 3» jour complémentaire V ctle 27 pluviôse Vill.

Jean-Baptiste Decroix, du diocèse de Paris, curé de Sainte-Marie d'Ouaine, chanoine le 8 juillet 1788. (Aucun renseignement)

Antoine de Saint-Giron, du diocèse de Clcrmont, licencié in utroque Jure, chanoine le 11 décembre 1788.

Etienne Breton, bachelier en théologie, né à Bar-sur-Seine en 1750, chanoine le 27 janvier 1789. (V. Pourrain.)

Michel- André Girault, du diocèse d'Orléans, curé de Sainte - Marie de Vermenton, chanoine le 28 mai 1789. Les événements ramenèrent bien vite M. Girault à Vermenton ; il y exeiça le culta pendant la Révolution. (V. Vermenton.)

Chanoines semiprébendés

Prunelle Florentin, nommé en 1760, prête serment le 24 août et le 29 septembre 1792.

Hautefage, né le 16 août 1734, à Puismesle, au diocèse de Commines, nommé en 1766.

Antoine Monteix, né le 16 janvier 1752, à Saint-Martin de-la- Rodde, diocèse de Clermont, nommé le 24 décembre 1776, fut curé de Vaux pendant la Révolution. (V. Vaux.)

René-Jean Bouchard, né à Auxerre, le 13 octobre 1743, nommé le 26 septembre 1777. — Pélissot, nommé en 1784. — Tocquot, nommé en 1786. (Aucun renseignement.^

J'ean-Baptiste Millot, nommé en 1787, prête serment le 20 septembre 1792. Reclus aux Visitaudines, il obtint, le 23 juillet 1793, la levée des scellés mis sur ses meubles à Cravan. (Dép.) il prête encore serment le 9 floréal IV.

Guyot, nommé en 1789. (Aucun renseignement.)

No tes s upp lé m en ta ires

Augustin-Jean-Charles Clément, chanoine trésorier de la cathédrale d'Auxerre est né à Créteil en 1717. Après avoir donné sa démissiçn, il s'élait retiré à Versailles. Il fut emprisonné en 1794, mais après la chute de Robespierre, il fut relâché. Aussi ambitieux qu'il avait été ardent janséniste, il se fît élire évêque constitutionnel de Seine-ei-Oise. « Les actes du nouveau prélat, dit I^icot, répondirent à ses commencements : le ridicule dont il se couvrit excita souvent les murmures et le mépris de ses meilleurs amis. »> Il donna sa démission à Tépoque du Concordat et mourut à Versailles en 1804.

Fils de Alexandre-Ju icn Clément, chevalier, conseiller du roi en sa cour de Parlement, il avait pour frère Clément de Boissy, seigneur de Sainte-Pallaye, et Clément de Barville, avocat général au Parlement de Paris.

(Voir pour plus de détails : Picot, Mémoires, VII, 10; Œuvres de Mgr de Boulogne ; tome 1®*" des Mélanges.)

Jean-Léonard Yvrié, né à Lyon, le 11 mars 1737, ancien aumônier des pages de Madame, chanoine le 17 décembre 1782, prêta serment le 29 septembre 1792, fut détenu à la maison de réclusion d'Auxerre en floréal II et ses biens furent séquestrés. Il mourut dans le courant de Tan III.

Le Clergé des paroisses d^Auxerre

Avant la Révolution, Auxerre, dont la population était d'environ llOUOâmes, comptait douze paroisses. D'après les décrets de l'As * semblée nationale, ce nombre devait être réduit à deux. iVJais en décembre 1790, la population, appuyée par le conseil général de la commune, demanda qu'il y eut une paroisse : la ci-devant cathédrale, et trois succursales : Saint-Pierre-en-Vallée, Saint-Eusèbe et Notre-Dame -la-d'Hors. L'autorité religieuse et le département s'accordèrent pour demander qu'on établit quatre paroisses : Saint- Etienne et lès trois désignées ci -dessus, et qu'en outre on conservât l'église de Saint-Germain comme oratoire public. L'Assemblée nationale rendit un décretdansce sens le 25 janvier 1791. (Demay. ProcèS'cerbaux.)

Le 15 mai 1791, M. Julien, curé de Saint-Loup, fut élu curé de Saint-Etienne par 57 citoyens. Les trois autres paroisses conservèrent leurs anciens titulaires. Il prêtèrent serment à la constitution civile, et acceptant une juridiction sur les paroisses supprimées, ils devinrent curés intrus.

Pour plus de précision, je reprends chacune des ancienne3 paroisses d'Auxerre.

Saint-Mamert. — Lallement, cupô depuis 1748 ; prête serment le 26 août 1792.

Saint- Loup et Saint-Etienne. — Joseph-François Julien était curé de Saint-Loup depuis 1762. Elu curé de la ci-devant cathédrale de Saint Etienne, il y fut installé le 4juin 1791 et occupa comme presbytère la maison du ci-devant chanoine Perbal. Ouire le serment à la constitution civile, M. Julien prête serment les 22 août, 21 septembre et 15 novembre 1792 et le 17 prairial III. Il mourut vers pluviôse IV.

Je trouve mentionnés comme vicaires :

Jean-François Caseneuve, qui prête serment le 28 août 1791, et Nicolas Sabatier, qui prête serment le 17 octobre 1792.

Saint-Gervais. — Marcellot, curé depuis 1767, devient vicaire de Saint- Pierre.

Saint-Pierre EN Vallée. — Jean-Baptiste- Pierre Payart, chanoine régulier de la Congrégation de France, prieur de Saint- Pierre fl773), maintenu comme curé de Saint-Pierre en 1791, prête serment à la constitution civile, et devient vicaire général de M Loménie. Mais les changements introduits dans la constitution des paroisses ne laissaient pas que de jeter quelque désordre dans les exercices du culte. Le 26 avril 1791, le club patriotique se plaint que, quoiqu'il y ait cinq prêtres à Saint- Pierre, on ne di-e que trois messies et que la messe de 9 heures sonnée n'ait pas été dite. La municipalité s'émeut; elle décide qu'on écrira au curé de Saint-Pierre pour se plaindre et déclare que les citoyens ne doivent pas être exposés à être trompés dans leur attente pour s'acquitter des devoirs de la religion. » (Demay. Procès-verbaux de la Mté.)

Payart prête, le 20 août et le 3 novembre 1792, le serment de défendre la liberté. Il dépose ses lettres' de prêtrise le 6 ventôse II.

Le 17 ventôse III, il se présente à la municipalité et déclare que, conformément à la loi du 3 de ce mois (1) et à la demande de plusieurs citoyens, il est dans l'intention de se livrer aux exercices du culte dans sa maison. Pendant cette période de calme, il est nommé le 19 thermidor lïl, distributeur- de secours pour la section de l'Unité. Mais les tracasseries reviennent bientôt à la mode. Le 19 ventôse IV on lui notifie l'interdiction de sonner les cloches ; il déclare s'y soumettre. Il prête, le 9 floréal IV, le serment de souveraineté du peuple et, le 25 fructidor V, celui de haine à la royauté. (Mté.)

Toutes ces faiblesses ne devaient pas le soustraire à la persécu-

(1) Celte loi du 3 ventôse Ili (21 février 17 '5) était une concession faite aux prêtres après le régime de la Terreur. Elle laissait plus de liberté pour exercer le culte i maisrarticle 3 déclarait que la République ne fournissait aucun local pour cet exercice.

ijion. Condamné à la déportation le 4 vendémiaire VII par le directoire exécutif, M. Payard se dérobe par la fuite. Le 12 du même mois, on appose les scellés sur ses meubles et, le 23, on ferme l'église, les vicaires qui restaient ayant cessé leurs fonctions. Ayant demandé à jouir du décret du 8 frimaire VIII, il est relevé de la déportation le 17 nivôse et on lève le séquestre de ses biens. (Dép.) Le 21 nivôse, il prête serment à la nouvelle constitution. (Mté.^ Après le Concordat, M. Tabbé Payart fit, à Téglise, une rétractation solennelle en présence de Tabbé Viart, vicaire général, et i] continua d'administrer la paroisse de Saint-Pierre. Il mourut le 2 novembre 1808. (Fortin. Souvenirs, I. 73.)

Marcellot, ci-devant curé de Saint-Gervais, assermenté en 1791 comme vicaire de Saint-Pierre. Il prête encore serment le 20 août et le 6 novembre 1792, le 18 prairial III et le 9 floréal IV.

Il déclare alors vouloir exercer le culte dans sa maison, rue du Grand-Renard (presbytère actuel de Saint-Pierre). Mais le 17 floréal, le conseil des Cinq-Cents ayant édicté de nouvelles lois contre les prêtres, M. Marcellot déclare le 21 renoncer à toute fonction relative au culte. (Mtê.)

Pierre-Isidore Morel ci-devant curé de Saint-Martin-les-Saint- Julien, assermenté en 1791, devient vicaire de Saint-Pierre, prête serment le 20 août 1792 19 prairial III, 3 thermidor V et 27 fructidor V. Le 13 vendémiaire VI il déclare qu'il exercera le culte dans les quatre enceintes destinées au culte catholique à Auxerre. Le 23 vendémiaire VII, il cesse ses fonctions. (Mté.)

Michel- Joseph Fromentot, prêtre ordonné par l'évêque du département se présr'nte le 6 août 1791 devant la municipalité et dépose 1*^ la copie d'un acte du 14 ju'llet émanant du citoyen Payart, curé de Saint-Pierre, le nommant son vicaire; 2<* le procès- verbal de son serment reçu à Chamvres le 24 avril 1791. (Mté.)

Il fut déporté à Tile de Pvé en 1798. Après la Révolution il fut desservant de Saint André de Joigny, doyen de Saint-Fargeau en 1817, de Brienon en 1820, et mourut en 1836.

Jean-Baptiste-Roch Hulleu. vicaire, de Saint-Pierre, prête serment les 20 août et 3 novembre 1792, 19 prairial Ilï, le 11 ventôse et le 9 floréal IV, le 25 fructidor V et le 21 nivôse VIII. Le 23 vendémiaire VII, il avait cessé d'exercer le culte. (Mté.)

Jacques Prêtre , vicaire de Saint- Pierre , prête serment à régi i se le 7 octobre 1792.

Le frère Nicolas, capucin do la maison d'Auxerre, remplit aussi les fonctions de vicaire de Saint-Pierre. Je ne l'ai pas trouvé mentionné dans les prestations de serment.

Saint-Martin-lès-Saint-Julien : Morel, curé depuis 1776 devient vicaire de Saint-Pierre.

S. Amatre.— François Pasquier, prieur-curé depuis 1781. Vers la fin de 1790, il avait été choisi par M Loménie de Brienne pour remplir les fonctions de vicaire-général à Auxerre.

Assermenté, il devint vicaire de Saint-Eusèbe et prête encore serment le 26 août et le 27 octobre 1792. Il mourut vers la fin do

Saint -Pierre- EN -Château. — Jean-Christophe Frottier, né à Auxerre, paroisse Saint-Pierre-en- Vallée, le 2 avril 1747. chanoine le 10 septembre 1777, devint curé de Saint-Pierre-en-Château en 1783, tout en demeurant chanoine. Il ne semble pas s'être rattaché au clergé d'une des paroisses de la ville pendant la Révolution, et n'a pas dû être appelé à prêter le serment à la constitution civile. Le 7 septembre 1792, le conseil général du département arrête que le sieur Frottier est hors le cas de déportation porté par la loi. (Dist ) Il prête serment le 22 septembre 1792.

En 1793, il fut mis en réclusion aux Visitandines. (Fortin, SoU" tenir s, I, 135.)

Mis en liberté après la chute do Robespierre, M. Frottier fut nommé commissaire et plus tard chef de comptabilité aux subsistances, et prêta à ce moment (10 prairial III) le serment de soumission aux lois, et le 16 vendémiaire IV le serment reconnaissant la souveraineté du peuple. Nouveau sormont le 9 floréal IV.

Condamné à la déportation le 14 brumaire VII, il s'exila sans doute volontairement, car son épitaphe, conservée à la cathédrale d' Auxerre et publiée par M. Forlin, porte ces mots : pro fide exuL Le 28 frimaire VIII, Frottier, prêtre à Auxerre, demande par Tentremise du c* Pérille, à profiter do l'arrêté du 8 brumaire. Mais on objecte qu*il a cessé ses fonctions en Tan V, qu\ilors il n'a pas prononcé le serment prescrit par la loi de fructidor ; qu'il s'est soustrait à la déportation. Sa demande est rejetée. (Dép.^

Néanmoins M. Frottier ne fut plus inquiété et le 23 ventôse VIII, il prêta serment à la nouvelle constitution.

Nommé chanoine honoraire de Troyes, il remplit les fonctions de vicaire à la cathédrale d'Auxerre et mourut le 6 juillet 1813. (V. Fortin, I, p. 135 et 147.)

Saint-Eusèbe. — Antoine-Marie Ducrestde Montigny, chanoine régulier de Saint-Augustin, prieur-curé do Saint-Eusèbe depuis 1786, est maintenu comme curé en 1791 et prête serment en 1791 et le 22 août 1792. Riclus en 1793, il est, à sa sortie, mis sous la surveillance de la municipalité. Le 1" thermidor II, on lui accorde la liberté complète. Il prête serm mt le 20 prairial III, le 9 fioréal IV et le 25 fructidor V. Le 17 ventôse IV, il se soumet à l'arrêté interdisant la sonnerie des cloches (Mté). Mais, en l'an VI, la persécution va l'atteindre.

Tout d'abord, les membres de Tadministration municipale cherchent à le couvrir et déclarent, le 28 brumaire VI, que s'ils ont la connaissance intime que le c" Ducrest est du nombre de ceux qui ont rétracté leur serment entre les mains des ci-devant grands vicaires de l'émigré Cicé, ils n*ont aucune preuve légale de cette rétractation. (Dép.) Le 5 thermidor VI, on fait une perquisition à son domicile pour rechercher des individus et des armes. A ce moment, il se cache ou s'enfuit et le 29 thermidor, Tadministration, constatant qu'il est absent, ainsi que son vicaire Gascogne, et que personne ne se présente pour exercer le culte, décide de fermer Téglîse Saint-Eusèbe (Mté). M. Ducrest est condamné à la déportation le 22 fructidnr VI (8 septembre). (P. R.)

Le 14 nivôse VIII, il demande à jouir du bénéfice de Tarrèté du 8 frimaire. L'administration municipale atteste qu'il a prêté serment et qu'il ne l'a pas rétracté (?) et le département le relève de la déportation. (Dép.) M. Ducrest prête serment le 19 nivôse VIII, et à l'époque du Concordat est maintenu à la cure de Saint-Eusèbe.

Olivier Gascogne, ci-devant chanoine, vicaire de Saint-Eusèbe. (V. Chap. d'Auxerre.)

François Coûtant, ci-devant curé de Saint-Pèlerin (1789), devient vicaire de Saint-Eusèbe et prête serment le 10 novembre 1792 et le 9 floréal IV. Le 21 floréal IV, il déclare renoncer à tout ministère du cultes. (Mté).

Pasquier, ci-devant curé de Saint-Araatre, vicaire. (V. Saint- Amatre.)

Marie- Germain Duché, vicaire, prêle serment le 8 novembre 1792. Il était auparavant du clergé de Saint Mamert.

Jean-Baptiste Maillot, fut aumônier provisoire des prisons en 179i. En 1792, il prêcha le carême à la cathédrale de Sens, sur la demande de l'évéque du département. Il était à ce moment vicaire de Saint-Eusèbe ou de Saint-Etienne d'Auxerre. Il prête serment en 1791, le 10 novembre 1792 et le 9 floréal IV. Il fut détenu le 5 ventôse II (23 février 1793).

Jean Charles Courtois, vicaire de Saint-Lusèbe, choisi par M. ^ Ducrest, prête serment à l'issue de la messe paroissiale le ^l août 1791. // le rétracte dès le lendemain par une lettre envoyée de Joigny. (Mté.)

Saint-Martin -lès-Saint-M arien. — Dinaux, curé en 1788. Aucun renseignement. (V. Bazarnes.)

Notre-Dame-la-d*Hors. — Jean Baptiste Adrien -Norbert Le- LONG,de l'ordre des Prémontrés, prieur-curé depuis 1788, est maintenu en 1791. Il prête serment on 1791, le 26 août 1792, le 19 prairial III, le 9 floréal IV et le 25 fructidor V. Le 17 nivôse V, il avait profité, avec de nombreux habitants de la paroisse, des arrêtés des

21 vendémiaire et 13 frimaire de la même année, culte à Notre Dame. Mais àla fin de l'un VI, il du bution et, le 1®' fructidor VI, Téglise fut de nouvea

Il fut le dernier survivant de Tancien clergé d'Au; le 3 octobre 1840.

M. Fortin lui consacre un des chapitres les plus ses SoucenirSy I, 326.

Jacques-Savinien Berniër , vicaire de N.-D.-l serment le 26 août 1792.

S. Regnobert. — Edouard -Laurent Billetou di en 1788.

L'arrêté qui réduisait à quatre le nombre des pan avait excité chez les citoyens une légitime émot fut de ceux qui protestèrent avec énergie contre de choses. Aussi dès le 14 mars 1791, on le dénor palité : « Il se permet, dit-on, en chaire et dan discours incendiaires et tendant, les uns à souleva autres à égarer les esprits faibles;.... on annonça prochaine de l'église, il a dit à sjs paroissiens qu leur curé , qu'il serait toujours leur conseil , q regarder comme leur père, et que celui de Saint vait avoir ce droit ; qu'il se ferait toujours un devc ter, instruire et confesser ; et qu'il leur indiquer pourrait leur administrer la communion pascale.

Sur quoi il est arrêté que , ces faits étant répr curé sera surveillé ; mais que néanmoins, comm ses fonctions, il sera sursis pour le moment à te ultérieure. (Demay, Procès-verbaux de la munici

Moins d'un mois plus tard, la situation est enco La municipalité constate que le nombreux clerg paroisse Saint-Etienne ne prend plus part aux ofï Saint-Rcgnobert reçoit des confessions dans l'égli dînes. Il est du devoir de la municipalité d'empêcl qui ne tend à rien moins qu'à allumer au milieu de du schistne. En conséquence, il est arrêté, le 12 les églises des couvents de femmes seront interdit que les clefs extérieures seront déposées à la n arrêté est exécuté sans difficulté dès le lendemain

Le 7 décembre 1791, c'est M. Julien lui-même, I( Saint-Etienne, qui dénonce M. Billetou, 'et l'accuî nistré M. Ducatel, marchand, place de l'Hôtel-decipalité s'émeut de ce fait « qui constitue une ei digne de toute l'attention de la municipalité et un dale public. » En conséquence il est ordonné (8

MM. Maure jeune et Menestriep se transporteront à la maison mortuaire et recevront les déclarations de la veuve, de ses enfants et de ses domestiques et de toutes autres personnes sur cette question qu'ils leur feront: si M. Duîatel a été administré et de quelle main. Ce dont ils feront rapport. »> [Id.)

Il est superflu de faire remarquer Todieux do semblables mesures. Le clergé fidèle fut souvent ainsi poursuivi sur la plainte des prêtres fureurs. Tout cela rendait difficile à M. Billotou le séjour àAuxcrre; le 23 septembre 1792 il demanda à se retirer, et un peu plus tard il fut condamné à la déportation. Mais il ne semble pas qiMl ait quitté le territoire.

La loi du 20 fructidor III avait adouci le sort des prêtres qui étaient en France; miis les lois conservaient toute leur rigueur contre les prêtres déportés, émigrés ou même rentrés en France après émigratioi. Fallait-il co-npter M. Billetoi parmi ces derniers? L'administration hésitait La municipalité prétendait que le chanoine Billetou ayant été condamné à la déportation, l'arrêté avait été censé exécuté. Il avait été porté sur la liste des émigrés et on devait le considérer comme rentré sur le territoire de la République. Et le 23 fructidor III elle décidait que le certificat de ré • sidence accordé a M. Billetou resterait jusqu'à nouvel ordre au secrétariat pour être statué par les autorités supérieures.

Mais le département fut d*un autre avis ; et le 28 fructidor le certificat de résidence était délivré au ci-devant curé de S. Regnobert. Il était sauvé pour cette fois.

Le 19 pluviôse IV, les choses ont changé, M. Billetou est en réclusion au séminaire et déclaré sujet à déportation. II y est encore le 29 floréal de la même année ; et on reconnaît de nouveau que quoique condamné à la déportation il n'a pas quitté le teiritoire, ce qui est une circonstance atténuante. (Mté.)

Le 25 fructidor V (11 septembre 1897); au moment où la persécution allait sévir de nouveau, M. Billetou pour se conformer à la loi du 19 dudit mois, demande un paseport pour sortir du territoire de la République. Sans doute il l'obtint aussitôt, car quelques jours plus tard la municipalité déclarait qu'il n'y avait dans la commune aucun prêtre sujet à la déportation ou à la réclusion. (Mté.)

Une lettre du préfet de TYonne en date du 9 fructidor VIII, mettait M. Billetou sous la surveillance de la municipalité. Le 25 du même mois, le maire signifie àTancien curé deSt-Rcgnobert, qu'il devra se présenter à la maison commune deux fois par décadi, les quintidis et décadis à midi précis ; et qu'il ne pourra sortir des limites du territoire d'Aux- rre. Ce même jour M, Billetou promet tidélité à la Constitution de Tan VUI,

Où passa-t-il les dernières années de la Révolution ? Je ne le sais. Après le Concordat il remplit les fonctions do vicairo à Saint- Etienne, et mourut le 7 février 1812 du typhus apporté par les prisonniers espagnols. (Fortin, I, p* 167.)

M. Billetou est un des prêtres qui ont le plus honoré le clergé de TYonne. Il n'a, je crois, prêté aucun serment.

S. Pèlerin. — François Coûtant, curé en 1789, devint vicaire de Sant-Eusèbe. V. Saint-Eusèbe.)

Bénédictins. Dora Rosman Henri, prieur de Saint-Germain et principal du collège, prête serment on 1791 et le 9 octobre 1792. Tout d'abord D. Rosman eut les faveurs de l'administration et fut rais à la tête du collège.

Cependant vers Tan II il est en réclusion, et nous pouvons constater à son sujet la rignear avec laquelle on traitait les prêtres détenus.

D'un rapport, sur la raaison des reclus, il résultait que Rosraan s'était permis, le 19 fructidor II, d*insulter l'officier do poste. Sur ce, le conseil arrête «< que Rosman sera réprimandé, q'i'il lui sera enjoint, ainsi qu'à tous les reclus dont les croisées donnent ^ur la rue, de fermer ces croisées dopuis 11 heures du matin jusqu'à une heure de l'après-midi, en leur certifiant qu'en cas d'inf^a'^tion à cet arrêté, le conseil prendra à leur égard dos dispositions plus rigoureuses. (1'* sans culottide II — 17 septembre 1794.)

La 3« sans culottide, sur de nouvelles plaintes, il est arrêté que deux commissaires se transporteront sur le champ à la maison de réclusion, qu'ils feront sortir Rosman, remettront au gardien les clefs qu'il refuse de lui donner et qu'en cas de moindre despect de la part de Rosman, ils le feront conduire à la maison d'arrêt. (Mté.)

Sorti de prison après le 9 thermidor, il fonde à Augy un petit pensionnat.

En l'an III, D. Rosman rentre en grâce auprès du district qui, le 14 germinal, le nomme inspecteur des études au collège national d'Auxerre. (Id.)

Il prête serment le 15 prairial III et le 9 floréal IV. A cette date date il déclare, comme il l'avait déjà fait le 27 pluviôse précédent, qu'il exercera son ministère dans l'oratoire de Saint Germain (Id.) Retiré à Paris, il meurt vers l'an 1800.

(Cfr Bulletin de la Société des sciences de V Yonne, Année 1881 et Annuaire, 1884.

Dominicains. ~ François-Xavier Javain, prieur, est seul resté dans l'Yonne. Voir Champs, où il fut curé.

Capucins. — Hulleu, devient vicaire de Saint-Pierre.

François-Marie Philippot, prête serment le 21 septembre 1792, 14 nivôse IV, 9 floréal IV, 25 fructidor V, 21 nivôse VIII.

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Louis-François Boulogne, prête serment le 22 août 1792.

Joseph Raison, serment 27 août 1792.

CoRDELiERs. — Marie-Bonaventure Thiénot, devient vicaire de Germigny.

Leloire, devient curé de Coulangeron.

Lazaristes. — Claude Tabodillot, supérieur du séminaire, prête serment le 22 septembre 1792, ainsi que Cyp-Jérôme Ledoux et François Colsenet, tous les deux coadjuteurs. t

Jean-Nicolàs Taizon, professeur, prête serment, ?2 septembre 1792, 14 nivôse et 7 floréal IV, 25 fructidor V, 21 nivôse VIIL Après la Révolution, il fut adjoint au clergé de Saint-Etienne et mourut en 1829. (V. Fortin, ii, 247.)

Divers. — Colardeau, chanoine régulier de Saint- Augustin, de Saint-Eusèbe, devient aumônier des prisons le 7 avril 1794. Assermenté.

Joseph Bonaventurc Ronde, bernardin, prête serment le 6 septembre 1792.

Jean-René Clemenceau, abbé d.^ Saint -Maricn, prête serment chez lui le l*" octobre 1792.

DoM Laporte (Charles-Marie de la Porte), né à Ambourneuf (Ain), sous-principal du collège, prête serment en 1791 et le 12 octobre 4792.

En 1793, menacé de la prison, il s'enfuit à Moutiers où il donne aux fidèles les secours religieux. Après la Terreur, il vient à Augy rejoindre dom Rosman dans son petit pensionnat (1795). Lorsque la persécution sévit de nouveau, il se retire dans son pavs natal. En 1805, il devient principal du collège. Dom Laporte mourut en 1829. Son éloge funèbre a été prononcé, dans Téglise Saint-Germain, par M. Bruchet, supérieur du petit Séminaire, le 15 mars 1829. (Cf Fortin, Souvenirs, 1, 10 ; Bulletin Soc, se de TY. 1881 ; Annuaire^ 1884; Recueil de pièces, t. II. Biblioth. du petit Séminaire.)

Dom Laporte jeune (Jean-Baptiste de la Porte), devient curé de Toucy (V. Toucy).

DoM Latour (André-François Guilbert-Latour), professeur de quatrième au collège, prête serment en 1791 et le 10 octobre 1792. Après la Révolution il fut vicaire de Saint-Pierre.

DoM Crenière, professeur de cinquième, assermenté le 5 février

DoM DucASTEL uc me paraît pas avoir prêté serment à la Constitution civile. Il prête, le 12 octobre 1892, le serment de maintenir la liberté. Professeur de sixième au collège api es la Révolution, il ci^ost retiré plus tard dans sa famille, à Beauvais.

Dom Précieux, prête serment a Téglise Saint- Etienne, le 26 mars

1791, à rissuc de la messe de la garde nationale» dont l'aumônier.

Canton de Chablis

Ce canton comprenait : Beines, Cliichèe, Courgù Ftjê, M'Uly, Préhy et Poinchy.

L'administration locale n(i semble pas avoir été de tes pour l'exécuiion des lois antireligieuses. Aussi elle est rappelée à l'ordre. Le 15 brumaire IL Maure du peuple, se plaint de Tinexécution des lois relative Plus tard, le 7 frimaire VI, l'administration départem les cantons de Chablis, Quarré, Saint-Bris et Saint ne se sont pas conformés à la loi du 19 fructidor V. donnait de communiquer la liste des prêtres autorisé le territoire et l'attestation de leurs serments. Le dé invite à exécuter, toutes affaires cessantes^ une mej portante. Il y a d'ailleurs une sanction : le gendarr rarrêlé restera chez le président de l'administratioi sera pas exécuté. Néanmoins les prêtres, même les ji à subir bien des tracasseries.

Le 23 janvier 1791, à l'issue de la messe parois: Pierre, le serment à la constitution civile du cierge Auban Joseph-Alexf-ndre, curé de Chablis, Richa Durné, vicaires; Fournier Edme-Nicolas, ex-chanc Martin, et Melin François, ex-chanoine de Chablis, et curé de Fyà et Fontenay.

Des autres chanoines de Saint- Martin de Chablis pi rent dans le service paroissial : Voillemin Claude-C de.sservant de Milly; Fosseyeux Simon -Marie, desi Chapelle- Vaupelteigne, et Fournier François, vicaire Thérin Simon-Pierre fut aun^ônier de la garde nati( blis et du canton. IiOS quatre autres étaient Ruby Ed ' Rampon Jean-François, Morillon Biaise et Rozier î sais pas ce qu'ils sont devenus.

Dès le 4 juin 1791, Richard, né à Latrecey (Haute-Ma 1760, rétracte son serment par une lettre très énergi lisons :

« ...J'étais persuadé alors, et l'Assemblée nationalle elle-même que son intention n'était point de porter a thorité spirituelle de l'Eglise. Mais aujourd'hui je it ma Religioîi a été trompée. Par un serment antérie "serment et plus sacré et plus solennel, je me suis eng PEglisOs Aucune puissance humaine ne peut briser liens... * Après avoir énuméré les maux qui en rés

lui, il déclare que, placé dans Talternative inévitable ou de renoncer aux espérances de la terre ou de perdre les droits à celles du ciel, il ne peut balancer. Il prend pour guide l'Eglise qui a pa;4é par l'organe de son chef. Il rétracte donc son serment, prie les officiers municipaux d'en faire mention sur leur registre et les avertit qu'il a instruit le directoire du département et celui du district de sa rétractation.

Quelques jours après, le 13 juin 1791, M. Durné rétracte un serment que sa conscience réprouve et qu'il a eu la faiblesse de prêter, entraîné par le plus grand nombre. •« Je ne puis, dit-il, sans blesser ma conscience, approuver tant de changements, de réformes et de nouveautés introduites dans l'Eglise, sans le concours de la puissance spirituelle. Je me décide d'après la décision de l'Eglise qui vient de prononcer par l'organe de son chef visible... et c'est d'après le vœu du corps des évêques de France que j'ai enfin pris mes dernières résolutions... Je n'écoute que le cri de ma conscience et la voix de l'Eglise... »

Aussitôt le département ordonne à Richard et à Durné de cesser leurs fonctions. On les accuse de se réunir au château de Béru avec d'autres prêtres réfractaires. Le département est averti qu'un complot a été formé pour assassiner une quantité de prêtres réfractaires qui se réunissent à Béru et démolir le château. (Dép. 26 juin 1791.^

En 1792, le département refuse à Richard l'autorisation de desservir dans l'église des U/sulines. (Dép. 7 juillet )

En l'an II, il est ministre du culte à Aigremont. Ayant obtenu alors un passeport, il est considéré comme déporté volontaire et, comme tel, porté, le 1®' vendémiaire III, sur la liste générale des émigrés.

Un certain calme règne au commencement de l'an V; Richard en profite pour reparaître. Considérant qu'au règne de l'anarchie a succédé celui de la raison, des principes et des lois, il demande à l'administration municipale de Chablis un certificat pour rentrer dans la possession de ses biens situés dans la Haute-Marne, dans les droits de citoyens français et dans la possession de la liberté qu'il a perdue depuis plus de quatre ans. Il fait observer d'ailleurs qu'étant en 1791 principal du collège et non salarié par l'Etat, il n'était pas tenu au serment à la Constitution ci\i!e. (Lettre du 20 brumaire V, 10 novembre 1796.)

Mais à la fin de l'an V, la persécution reprend avec une nouvelle violence. Le 3 vendémiaire VI, Richard obtient, pour se rendre en Suisse, un diplôme de dépOi'ié. S'y est-il rendu? je ne le sais. Toujours est-il que le 25 brumaire VI (15 novembre 1797), on le signale comme devant être caché chez le citoyen Pérille, avocat à

Auxerre, et radmiiiistration municipale demande visse contPvj lui. Lé 27, on fait une perquisition, r tal je crois, chez Périlie, à Maillot, commune de C

Le 16 floréal VIII, Richard est à Toiinerre, san vue, et il demande au préfet d'être rayé de la lis attendu qu'il était grammairien et non curé à Chai

Devenu curé-doyen de Noyers en 1819, M. Marc< mort le 18 janvier 1831.

Pendant que MM. Richard et Durné subissaient que devenaient les prêtres assermentés? Le nouve de liberté et d'égalité, était prêté, le 24 août 1792 curé, et, le 13 septembre, par les citoyens Simon J vant procureur de Tabbaye de Pontigny, Fourniei ci-devant chanoine, et Melin, curé de Fyé. Ils j( tranquillité relative qui allait bientôt être troublée

On avait saisi une lettre portant copie de la lett que de Nice à M. Emmery, supérieur du séminaii pice, envoyée au citoyen Digard (chanoine fidèle à ^ l'église cathédrale d' Auxerre. Cette lettre relative ment contenait, suivant le conseil général, des préj tendant à dénaturer le serment do liberté et d'éga ter le fanatisme. Or, la lettre était timbrée de Cha 1793, le département décide d'envoyer Balme, mun etCoulard, substitut du procureur de la commune rechercher Tauteur de la lettre, faire des perquis ecclésiastiques et les mettre en état de réclusion.

Arrivés en toute hàieà Chabhs, ils choisisse. jt dei leur donnent pouvoir de perquisitionner, et dès le s à 8 heures, ces commissaires tombent à Timprovisl chez les ecclésiastiques désignés : Edme Fournie vicaire de Chablis, Simon Depaquit, Auban, Melin mônier de la garde nationale. Ils constatent que donnent plutôt des preuves de leur civisme. Chez 1 rin, on remarqua le discours dans lequel il a fait, le civique, l'éloge du citoyen le Pelletier.

Néanmoins, les commissaires signifient à chacun qu'il doit rester en réclusion dans sa maison, en lui désigne une maison spéciale. Tous déclarent s( lontiers à cette décision. Pour un peu, quelquesdraient en remerciements. Il est vrai que l'adminisi pale était disposée à prendre leur défense.

Que de bruit pour une lettre I

Il me reste à donner quelques détails sur plusiei prêtres.

Auban Joseph-Alexandre» né le 24 novembre 1729, gradué du diocèse d'Orange, curé de Chablis en 1764, assermenté, faisait, en 1793, annoncer sa messe par le tambour. Le 8' septembre de cette même année, il faisait encore la procession de Saint-Pierre à Saint- Martin, en 1793!!!

Détenu en l'an III, dans la ville d*Auxerre, il demande aussitôt un certificat de civisme et est rendu à la liberté. Il prêle alors, le 15 prairial III, le serment de soumission aux lois et fait la déclaration nécessaire pour exercer le culte à Chablis. Le 20 brumaire IV, il reconnaît que Tuniversalité des citoyens osi le souverain.

Malgré cette entière soumission aux lois, l'administration municipale invite, le 3 ventôse VI, M. Auban à céder le presbytère à la gendarmerie. Ils se soumet toujours volontiers. En Tan VII, il était encore à Chablis et touchait sa pension. Où est-il mort???

Edme-Nicolas Fournier, né le 26 mai 17*24, prêtre en 1750, fut d'abord curé de Merrey (Aube), puis chanoine de Chablis de 1755 à 1791. Assermenté^ comme il est dit plus haut, il fit, le 7 brumaire IV, le serment appelé de souveraineté du peuple, jura plus tard haine à la royauté et mourut à Chablis le 28 plairial VI.

François Melin, né à Rennepont (Haute-Marne), le 30 mai 1754, prêtre en 1778, vicaire de Chablis de 1778 à 1782, fut chanoine de Saint-Martin de 1783 à 1791. A la Révolution, il devint curé deFyé et de Fontenay, résidant à Chablis. Assermenté en 1791 et 1792, il prête encore à Chablis, le 9 thermidor III, le serment de soumission aux lois; puis, à Fyé, le 15 brumaire IV, le serment de souveraineté du peuple. Ce même jour tous les citoyens et citoyennes se présentent avec Melin devant le maire et déclarent qu'ils veulent exercer leur culte dans l'église de Fyé.

Le 16 du même mois, semblable déclaration est faite à Fontenay par les habitants et Melin.

Ayant passé ces quelques années sans êtro trop inquiété, François Melin était encore à Chablis en 180). Il fit de 1800 à 18 »3, muni sans doute de pouvoirs réguliers, un grand nombre de baptêmes et de mariages, ramenant ainsi la paix religieuse dans les familles. Il s'attacha à cette paroissa de Chablis, qu'il n'avait pas quittée depuis son ordination et y remplit les fonctions de vicaire jusqu'à sa mort, le 6 février 1823.

Beines. — François, curé de Beines en 1791, assermenté. Il était encore à Beines en 1793, puis il se retira dans le département de la Seine où il touchait encore sa pension en l'an VII.

Il fut remplacé par Jean-Louis Jacquin, qui avait prêté serment à la Constitution civile, le 6 février 1791, étant alors curé du Boisd'Arcy ; puis fait le serment de liberté et d'égalité le 20 décembre 1792, étant curé de Coulangeron. Toutefois, il est à remarquer que

Jacquin ne prêta le premier serment qu'avec respfiction, lui enlevant ainsi tout caractère schismatique. Les lignes formant cette restriction furent plus tard rayées. Comme je Tai dit dans i'avantpropos, les administrations locales usèrent souvent de ce moyen pour sauver leurs curés.

A Beines, Jacquin fait, le 23 messidor III, la déclaration pour exercer le culte. Nouvelle déclaration le 5 brumaire IV, il jure en même temps soumission aux lois et reconnaît la souveraineté du peuple.

Le curé ayant eu des contestations avec la famille Servais, des troubles s'ensuivirent et, sur Tordre du département, le commissaire du canton dut intervenir le 9 germinal IV. La paix fut sans doute rétablie sans peine, car le surlendemain, 11 germinal, près de 5')0 habitants vinrent déclarer qu'ils voulaient exercer le culte daas leur église ; le 12, Jacquin, en union avec toute l£f population, se chargeait du culte. — Le 5« jour complémentaire V, Jacquin prête le serment de haine à la royauté. Tous ces actes de soumission devaient contrarier ses sentiments intimes. Aussi quelques semaines plus tard il fut des premiers atteints par la persécution.

Le 15 frimaire VI, on signale qu'il existe encore à Beines des signes extérieurs du culte connus sous le nom de croix, La seule crainte des fanatiques (à noter qu'ils étaient 500 parmi les adultes) empêche l'agent de la commune d^exécuter la loi. En conséquence le département charge la gendarmerie de les enlever ou briser. C'était la liberté de conscience ! Le département, usant du procédé d'intimidation dont il a déjà usé à Chablis, déclare que si l'agent n'y prête pas la main, la gendarmerie logera chez les habitants jusqu'à complet enlèvement* (Dép.)

Il y eut à cette occasion des troubles à Beines. Aussi dès le 17 dn même mois, Jacquin est accusé de provoquer au massacre des républicains, de terroriser les patriotes, de proscrire la morale et les institutions républicaines. De pareilles infamies méritaient la guillotine ! On se contenta de le condamner à la déportation le 6 nivôse VI (26 décembre 1797.) Aussitôt on ordonne de le faire arrêter et de le transférer à la maison d'arrêt d'Auxerre en attendant son envoi à Rochefort. On le cherche en vain, il est en fuite.

On met alors les scellés sur ses meubles, qui plus tard sont mis en vente, et ses biens sont séquestrés.

Cependant la citoyenne Marie-Catherine Huguenin , parente du curé, envoie au Directoire exécutif un mémoire imprimé pour le

justifier. « Accusé à faux par Biaise S de propos liberticides,

dit-elle en substance, il est chassé du temple à la fin de germinal

GooqIç

IV par Jacques D.i.. qui excite des troubles. Mais D.... a été condamné à 30 jours de prispn..*.. Jacquin a été accusé d'avoir contrevenu à la loi du 7 vendémiaire qui proscrit les rassemblements religieux au son de la cloche; mais il a été renvoyé absous... » Ce mémoire est appuyé d'un certificat attestant la vérité des faits et signé de 80 habitants. Néanmoins Jacquin fut obligé de demeurer caché jusqu'en Tan VIII. A cette époque, il reparait à Beines; mais ses ennemis n'ont pas désarmé, et des troubles éclatent. On l'accuse de n'avoir prêté le premier serment qu'avec restriction ; le second, il Ta prêté trop tard et non dans la huitaine de la publication de la loi du 14 août 1792.; ses certificats paraissent équivoques. Il ne doit pas par conséquent profiter de Tarrété des consuls. — On y met un tel acharnement que le département en réfère au ministre de la police générale ; en attendant Jacquin sera surveillé à Auxerre. Le ministre donne un avis favorable, et le 29 ventôse VHP, Jacquin est enfin relevé de la déportation. Cependant on continuera à le surveiller à Beines (Dépt.)

M. Jacquin né dans le département de l'Yonne le 29 février 1758, est resté curé de Beines jusqu'en 1808.

Chichée. — Hugues-Vincent Pélissot, prêtre en 1776 , d'abord chanoine de Chablis, curé de Perrigny, près Auxerre, en 1784, devient curé de Chichée en 1788. Il refuse le serment , ou pour le moins ne le prête pas sans de grandes restriciions. Aussi ne touche-t-il sou traitement que jusqu'au 9 juin 179^1; ensuite il disparaît. (Dép.) Il avait été remplacé par Nicolas-Mathieu Paillot, né le 4 juin 1758, vicaire de Saint-Bris, élu curé de Chichée le 15 mai 1791. Assermenté le 23 juin l791, Paillot fait le 20 septembre 1792 le serment de liberté et le 14 brumaire IV, le serment de souveraineté du peuple avec déclaration de culte dans l'église du lieu. Il refusa sans doute le serment de haine à la royauté, car il fut recherché en l'an VII, et la municipalité de Chablis attesta alors qu'il avaiî quitté sa paroisse le 5 pluviôse VI, pour se fixer à Bar« sur-Oruain (Bar-le-Duc).

Marcel Andriot, né à Latrecay, prêtre en 1790, vicaire de Chichée, aurait été fidèle et déporté, d'après l'abbé Roussel : Le diocèse de Langres, M. Andriot, fut curé de Ligny de 1803 à 1805.

CouRGis. — Nicolas-Edme Restif, né le 3 mars 1715, prête serment à la Constitution civile le 30 janvier 1791 ; et le 12 septembre 1792, serment de liberté et d'égalité au pied de Tarbre de la liberté ; néanmoins il fut contraint de quitter sa paroisse, et, le 3® jour des sans-culotides II, Tagent national de Courgis, Cordier, écrit au comité révolutionnaire d' Auxerre qu'il n'y a en ce moment aucun culte à Courgis, le curé étant à Auxerre retenu par les autorités; avec la permission de sortir seulement dans l'inté-

rieur de la ville. Le 5 pluviôse III, le même agent fait au môme comité une communication très élogieuse pour la population de Courgi$. « Il proteste de i^attachement de ses concitoyens à la Constitution et à la Révolution. Mais ils aiment et entendent conseroer leur culte et y sont fortement attachés. Ils entendent conserver la liberté d'offrir à Dieu leurs prières et leurs remerciements en commun. Le but de leurs rassemblements est de fraterniser ensemble par le devoir et la religion et maintenir par là l'union d'un peuple qui mourrait plutôt que de renoncer à ses opinions religieuses. »

Le comité révolutionnaire, étonné de cette lettre, fait savoir à l'agent qu'il est de la dernière importance qu'il intervienne dans son sein, afin d'y donner des explications prochaines. (P. R.)

Restif, rentré à Courgis, déclare le 1«' thermidor III se soumettre aux lois de la République. Il fait, le 13 ventôse IV| le serment de souveraineté du peuple. Accusé de l'avoir prêté trop tard, il est couvert par un ci-devant agent national (sans doute Cordier) qui affirme que plusieurs lois ne lui sont pas parvenues.

Le 20 germinal IV, la déclaration pour exercer le culte dans l'église de Courgis est faite par 58 citoyens.

Crochet, commissaire du directoire à Chablis (sans doute le même que l'ancien curé de Germigny) signale, le 17 floréal VII, à l'administration centrale le mauvais esprit des habitants de Courgis et dénonce Restif qui est plus qu'octogénaire. «Je pense, écritil, qu'il serait utile au progrès de la régénération de l'esprit public, de l'inviter a se transporter au chef-lieu du département où on lui accorderait ce que sa vieillesse et l'humanité réclament. » (P. R.) Il est difficile d'être plus hypocrite. Nous retrouverons ce triste personnage à Germigny.

A la suite de cette dénonciation, Restif fut probablement emmené à Auxerre ou obligé de fuir, carie lendemain, 18 floréal, le citoyen J.-B.-François Vincent déclare vouloir encore exercer le culte dans Téglise, et fait les serments exigés par les lois. C'était, je crois, un de ces chrétiens zélés, parfois maîtres d'école, qui, à défaut de curé, se chargeaient, non sans péril, de présider quelques cérémonies du culte. Nous en trouverons encore plus tard, dans le canton de Quarré.

Ëdme Chapotin, né le 14 août 1725, ex-chanoine de Notre-Dame de la cité d'Auxerre, résidait à Courgis en l'an V et VI, et touchait sa pension à Chablis.

MiLLY. — Claude-Clément Voillemin, né à Cliolseul, le 25 mai 1755, chanoine de Chablis et vicaire de Viviers en 1785, devient vicaire de Milly en 1787, étant toujours chanoine. En 1791, Voillemin réside à Milly où il prête, le 23 janvier 1791, le serment à la

Constitution civile ; le 2 septembre 1792, le serment d*égalité ; le 28 prairial III, le serment de soumission aux lois; le 8 brumaire IV, le serment de souveraineté, et le 5» complémentaire V, le serment de haine à la royauté.

Le !•' floréal IV, 56 familles de Milly font la déclaration pour exercer le culte dans Téglise où s'est toujours fait l'office. Le lendemain M. Voillemin, fait la môme déclaration, et accepte de rester leur ministre.

Le !•' frimaire VII, Voillemin se retire à Passy, près Paris. D'après Tabbé Rousselle, il aurait été, après la Révolution, curé de Manois (diocèse do Langres) en 1803, et de 18 3 ù 1818, curé de Meuvy où il mourut.

Le !•' floréal VII, Jean- Antoine Foulley, sans doute un pieux laïque, fait la déclaration pour exercer le culte et prête les serments exigés par les lois.

François-Louis Saluce, prêtre insermentéy résidait à Milly en Tan V. En vendémiaire VI, il déclare vouloir se retirer en Suisse et Tadministration municipale lui délivre un passe- port. D'où venait-il ?

PoiNCHY. — Pierre Philippot, né le 6 février 1747, à Corsaint (Côte-d'Or), prêtre en 1771, d'abord curé d'Annoux, curé de Poinchy vers 1783. Il prête serment à la constitution civile le 23 janvier 1791; en 1792, le serment de liberté; le 8 messidor III, le serment de soumission aux lois ; le 1«' brumaire IV, le serment de souveraineté du peuple. Le 25 du même mois, il fait la déclaration pour exarcer le culte dans l'église de Poinchy. Après un court voyage dans la Côte -d'Or, il obtient le 26 pluviôse VI, l'autorisation d'exercer le culte à Beines, en attendant un nouveau curé, parce que la population demande chaque jour des secours spirituels aux ministres voisins. (Arch. loc.)

Philippot quitte Poinchy, pour se fixer à Santigny le 28 brumaire Vil ; mais la maison qu'il devait habiter n'étant pas prête, il se retire immédiatement à Corsaint, canton de Réôme, au sein de sa famille, « pour y vivre, écrit-il, en citoyen paisible et tranquille, et mériter par sa soumission et son obéissance aux lois, appui, protection et sûreté. • (Déclar. du 9 frimaire VII devant l'administration de Réôme ou Moutier-Saint-Jean.) Il meurt le 30 novembre 1822, étant chanoine honoraire de Dijon.

Préhy. — Charles-Louis Delassue, né à Bétancourt-la-Longue (Haute-Marne), le 16 janvier 1752, curé de Préhy, prête serment à la constitution civile le 30 janvier 1791 ; le 11 septembre 1792, serment d'égalité; 2 messidor 111, serment de soumission aux lois; 10 frimaire IV, serment de souveraineté du peuple ; 4» complémentaire V, serment de haine à la royauté. Le 7 germinal IV, la

pluê grande partie des habitants avaient fait la déclaration nécessaire pour exercer le culte dans l'église de Préhy.

En raison de ses serments, il semble que Delassue aurait dû échapper à la persécution. Il n'en est rien. Le 14 brumaire VII, il est condamné à la déportation et ses biens {mis sous séquestre le 26 du même mois. Il est vrai qu'en 1793, on l'avait déjà dénoncé à l'accusateur public pour a^ioir mis une cocarde tricolore à son chien On l'accusait de tenir des propos incendiaires. Chacun sait qu'on désignait ainsi un simple blâme d'une loi antireligieuse.

Delassue ne fuit pas la persécution et il est bientôt « sous la main de la nation. >» Arrivé à l'Ile de Ré, le 26 décembre 1798, il est détenu à la citadelle. Eu Tan VIII, il demande à jouir de l'arrêté des consuls et obtient sa libcrlé. Il quitte l'île de Ré le 25 janvier 18 pour se retirer à S^ignelay. (P. R.) Ea 18 '3 il devient curé de Courgis où il meurt en 1820.

On pourrait, je crois, en remuant les archives communales, trouver dans chaque canton des pièces semblables à celles que j'ai analysées pour Chablis. Je ne puis faire ces recherches, et je rappelle que, pour certains cantons, je ne pourrai donner que de courtes notes.

Pour conserver à ma publication ce caractère, je veux être très sobre de réflexions. J'en ferai une cependant au sujet du canton de Chablis. En voyant 500 habitants de Beines, tous les citoyens et citoyennes de Fyé et Fontenay, 58 chefs de famille de Courgis, 56 familles de Milly, la plus grande partie des habitants de Préhy déclarer dans ces temps difficiles qu'ils tenaient à leur culte, il est facile de voir combien les persécuteurs, après avoir ressaisi le pouvoir, allaient contre le vœu des populations, en faisant subir au clergé en Tan VI, la terrible persécution qui amena l'exil et la mort d'un grand nombre de prêtres. (Pour les autres paroisses du canton, je n'ai pas trouvé la liste des déclarants.)

Une partie dos documents concernant le canton de Chablis nous ont été gracieusement communiqués par M. Chauvin aîné.

Canton de Goulanges- la -Vineuse

Ce canton comprenait : Coulanges , Escolices , Gg-VEoêque, Jusfiy, Migéy Val-de-Merci^ Vallan, Vaux, Vincelles.

Coulanges- LA- Vineuse. — Jean Tingault, curé de Coulanges depuis 1745, était maire dès 1793. (V. Dép, 28 juin 1790.) Lors de sa prestation de serment, il prononça un discours qui fut imprimé et qui fut réfuté par M. Regnuud, curé insermenté de Vaux. (Monceaux. La RéooL^ n« 547.) Tingault mourut en 1792, et fut remplacé en 1793 par Claude-Isaac Lebrun, mort en 1812. Lebrun

fut condamné à la réclusion, on Tan II, et le 14 brumaire VII, à la déportation.

Romain Remy, cité comme vicaire de Coulanges dans la délibération du département du 18 août 1791, a prêté serment.

EscoLivES. — Carouge, assermenté.

Gy-l'Evêque. — Charles-André Roujon était-il déjà curé de Gy en 1791, je ne le crois pas. Je trouve mentionné en 1791, un M. Petit, sur qui je n'ai aucun renseignement. Quant à M. Roujon, il ne se soumettait sans doute pas volontiers aux exigences de la révolution, car, après Tavoir. chassé du presbytère, le conseil général de Gy, le signale comme très dangereux, et dit, que par mesure de sûreté générale, on doit lui enjoindre d^habiter Auxerre. (Dép. 9 prairial II.)

JussY. — Brun, curé depuis 1788, assermenté. Il reste curé de Jussy après le concordat.

MiGÉ.— En 1791, Louis. En 1793, Sauvage. ^Aucun renseignement.)

Val-de-Merci. — Charlin, assermenté. Quand la persécution atteignit M. Charlin, les habitants du Val firent une pétition pour conserver leur église, leur culte et leur pasteur. Cette lettre du 13 frimaire II, est fort touchante. Elle est signée de Houdé, maire, Louis Prêtre et B. Mathô, officiers municipaux, L. Mathé, Ansel . et 28 autres citoyens. (P. R.)

Le 26 pluviôse III, il demande et obtient un passeport pour se rendre à Belley (Ain). Il revint à Jussy après le concordat

Vaux. — Marc-Antoine Regnaud , refuse le serment et fait imprimer sa protestation. (Monceaux, n*» 546.) Il persiste dans son refus malgré les instances de l'administration. ;Dép. 16 avril 1791.) Déjà en 1789, M. Regnaud avait publié une brochure intitulée : Mystères d'iniquités déooilés. Lisez et profitez. — Au pays de l'espérance et des craintes, 1789. (Monceaux, n<» 110.)

Regnaud fut remplacé à Vaux par Antoine Monteix , ci-devant chanoine semi-prébendé de la cathédi^le d'Auxerre D'un caractère difficile, Monteix avait causé beaucoup d'ennuis aux chanoines d'Auxerre. Il était prêt à accepter avec enthousiasme les idées nouvelles. Aussi semble-t-il n*être allé à Vaux que pour y faire du mal. Le 15 nivôse II, il se présente à l'administration dép^« d'Auxerre. Il déclare que depuis longtemps il était déterminé à abjurer un état que l'opinion publique avait déjà proscrit ; mais que sincèrement attaché à la cause du peuple, il n'avait pas voulu se séparer de ses concitoyens avant de les avoir éclairés et d'avoir • détruit toutes les racines du fanatisme. Voyant que les habitants de Vaux se mettaient à la hauteur des circonstances « il renonçait à son état et remettait ses lettres de prêtrise. » Le président lui adresse des félicitations. Bientôt ce pauvre prêtre rentrait dans

le siècle f c'est tout ce qu'on pouvait attendre de lui. Heureusemen ces exemples furent rares.

Mis en réclusion, comme terroriste, le 15 prairial III, il est peu après rendu à la liberté, à la condition qu'il se présentera à la maison commune chaque quintidi (Mté).

Nous pouvons, au contraire admirer le curé Rcgnaud. Quoique insermenté, il demeure dans sa paroisse et y exerce le culte. Que de persécutions n'a-t-il pas dû subir! Avec quel dévouement il est resté là pour défendre ses brebis, lui le bon pasteur, contre le mercenaire qui voulait les livrer à la dent du loup. En Tan IV, il est dénoncé ; on dit que par sa présence il excite le troublQ dans la commune; on ne trouve pas d'autre accusation contre lui, et cependant le citoyen Collet demande qu'on lui applique la loi du 3 brumaire. Le !•' germinal IV, le département ordonne son arrestation et sa réclusion à Auxerre. Regnault avait si bien défendu son troupeau, Monteix avait si peu réussi à détruire le sentiment religieux, qu'on décida d'envoyer huit gendarmes pour maintenir Tordre lors de l'ariestation du curé. (Dép.) Mais la population veillait sur le pasteur, les gendarmes ne purent le découvrir. Le 13 floréal IV, on fait savoir qu'il doit être caché chez le citoyen Campenon, miroitier à Saint-Âmatre. Le département met en mouvement la gendarmerie, la municipalité envoie un de ses administrateurs, les recherches demeurent inutiles.

M. Regnaud ne survécut pas longtemps à cette persécution. Le 1? janvier 1797, Ch. G. Saillant, diacre de l'église de Paris, prononçait son éloge funèbre dans l'église Sain t-Etienne-du-Mont (Montceaux, n« 2697.)

ViNCBLLES. — ViRLEZ, ci-dcvant chanoine régulier de l'ordre des Prémontrés, assermenté (1).

Canton de Goulanges-sur- Yonne

Ce canton comprenait : Coulanges, C/ain, Festigny et Lucy-sur* Yonne.

CouLANGES sur-Yonne. — Sylvestre-Brice Clément, curé depuis En Tan IV, Sylvestrc-Brice Clément, Romain Mayer, curé de

(1) Je tiens à rappeler qae si, dans le département de l'Yonne, beaucoup de prêtres ont prêté serment, c'est qu'ils se trouvaient dans des circonstances particulièrement difficiles à cause de TatUtude de Loménie de Brienne et de son ent5urage.

Il fa II noter do p!us que bjaucoup de municipalités ont négligé ou refusé d'inscrire lei rétractaUons qui furent nombreuses, Les administrateurs

Lucy, Joseph Marchand, curé de Çrain, et Pierre Gagneux, curé de Festigny, furent accusés de n*avoir pas prêté le serment à la constitution civile et celui du i'I août 1792. De plus, on leur reprochait d^avoir omis ou fait trop tard les déclarations prescrites par la loi du 7 vendémiaire IV.

Le 22 floréal IV, Tadministration de Coulanges, qui fut presque toujours portéeà la bienveillance, insinue que ces curés ont ignoré les lois dont on parle ; elle se dit intimement convaincue de leur conduite civique et de la manière édifiante (mot barré ensuite comme trop clérical) avec laquelle ils se sont comportés, ayant toujours prêché Tamour des lois et le respect des autorités constituées.

Etaient-ils, oui ou non, des prêtres assermentés? Pour Gagneux, il n'y a pas à en douter, comme on le verra plus bas. Pour Clément, au contraire, je crois volontiers qu'il n'a pas prêté le serment à la Constitution civile. L'administration locale ne montrait pas un grand enthousiasme pour les idées nouvelles. En 1791, on accuse les administreteurs d'avoir négligé tous leurs devoirs. De fait, de décembre 1790 à décembre 1791, les délibérations n'existent pas. Je pense qu'en présence de cette incurie, M. Clément s'est dispensé de prêter le serment schismatique.

Le 29 nivôse III, Tadmistration du district autorise Clément à demeurer à Coulanges, attendu que le conseil général de la commune atteste qu'il se conduit en vrai patriote et quUl mène une conduite paisible et tranquille. Il sera sous la surveillance de la municipalité.

Dès ce moment, d'ailleurs, M. Clément donnait des preuves fréquentes de civisme. Le 15 prairial III il se soumet aux lois de la République et fait la déclaration exigée pour Texercice du culte.

Le 15 vendémiaire IV il fait le serment de souveraineté du peuple, le !•' pluviôse IV et le 2 pluviôse VI, serment de haine à la royauté ; le 15 germinal IV il prononce un discours patriotique à la fête de la jeunesse.

Cependant en Tan IV, la population réclamait l'exercice du culte. M. Clément se meta la disposition du peuple et fait la déclaration exigée. Il y avait par contre peu d'enthousiasme pour certaines fêtes civiles. Le 10 messidor IV, c'était fête de l'agriculture. Le

voulurent par là ou couvrir leur pasteur ou éviter les récriminations de l'asf emblée départementale.

Enfin n'oublions pas que la plupart de ceux qui ont prêté serment, ont ensuite regretté leur erreur, se sont montrés très vertueux, ont souvent risqué leur vie pour procurer au peuple les secours religieux. Presque tous ont subi la persécution. Quelques-uns ont reçu la mort avec courage et en affirmant leur attachement à la religion catholique romaine.

tambour convoque les citoyens. L'administration se rend sur la place, elle attend patiemment. Seul le juge de paix arrive escorté de son secrétaire ; les autres habitants partent à leurs travaux. Un procès-verbal constate la présence des deux fonctionnaires et la bonne volonté de Tadministration.

Pendant Tan VI et Tan VII, Clément se donnait comme instituteur particulier. Dénoncé de nouveau le 28 fructidor VII, comme exerçant le culte sans avoir rempli les formalités voulues par les lois, il est obligé le 8 vendémiaire VIII, de renoncer à tout ministère extérieur. Mais quelques mois après, la persécution s'apaisait, Clément prétait, le 3 nivôse VIII, le serment à la nouvelle constitution et était autorisé à jouir de Téglise de 8 à 10 heures du matin et de 2 à 4 heures du soir. (Ad°» C*^« de Coulanges sur- Yonne).

M. Clément maintenu comme curé de Coulanges après le Concordat, y mourut en 1817.

Crain. — Joseph Marchand n'a peut être pas prêté le serment de 1791. Le 26 nivôse IV il fait la déclaration exigée pour exercer le culte à Crain. 11 est resté curé de Crain après la Révolution (id.)

Fbstigny. — Pierre Gagneux, maire et curé, assermenté le 23 janvier 1791.' Il dépose lui-même le procès-verbal de cette prestation de serment, le 15 germinal VIII, à Tadministratiôn de Vézelay. Le 10 germinal IV il fait le serment de souveraineté et déclare qu'il exerce le culte dans l'église de Festigny. Le 2« complémentaire V, il prête serment de haine à la royauté (id.)

M. Verdier, administrateur apostolique du diocèse d'Autun, dans un article sur Saisy, en Morvand, dit de Pierre Gagneux : « J'ai accordé, sur le témoignage de M. Viard (vicaire général d'Auxerre), et dn curé de la Maison-Dieu, qui • le connaît particulièrement, des approbations pour desservir cette paroisse en qualité de missionnaire, à M. Gagneux, qui y a été vicaire plusieurs années et < st actuellement curé de Festigny, diocèse d'Auxerre. Les paroissiens le réclament et il désire les desservir. Je lui ai donné la mission qu'il a acceptée. »

LucY-suR-YoNNE. — Romaiu Mayer fut accusé de n'avoir pas fait le serment de 1791. Le 25 nivôse IV, il fit la déclaration pour exercer le culte dans l'église de Lucy. Le 2 pluviôse VI, dans une fête civique à Coulanges, il jura haine à la royauté. (Ad®" C^« de Coulanges-sur- Yonne).

Pierre Dubreuil, natif d'Autun, prêtre en 1770, curé de Lucy en 1786, y prête serment en 1791 et meurt en 1794. • Mayer, gardien des Minimes de Clamecy, y travaiilait sur d'anciennes approbations non révoquées de M. du Pin. Comme d'après les témoignages rendus à son sujet par les supérieurs d'Auxerre, i|

est en règle, lesdites approbations ont été confirmées. » (Notes manuscrites de M. Verdier, sur Télat de ce diocèse en 1799 et années suivantes.)

Ces notes m'ont été communiquées par M. Gras, curé de Chaudenay ^Côte-d'Or).

Canton de Gourson

Ce canton comprenait : Courson^ Charentenay, Fouronnes, Merry-le-SeCj Mouffy,

CouRSON — Lemaigre, assermenté.

En 1795, les femmes de Courson, blessées dans leurs sentiments religieux, soulèvent une émeute contre Tagent national. (Dép.)

Charbntenay. — Prudent, assermenté.

Fouronnes. — Rezard des Vouves, assermenté, subit d'abord la persécution et fut mis en réclusion à Sens, en vendémiaire IL Mais il n'eut pas le courage d'aller jusqu'au bout. Le 12 ventôse II, il est à Auxerre ; il adresse au comité de surveillance sa renonciation aux fonctions ecclésiastiques et déclare qu'il remettra ses lettres d'ordre aussitôt qu'il sera en liberté. (P. R.)

Les habitants de Fouronnes le réclament en l'an III, parce qu'ils ont besoin de lui pour gérer leurs affaires. Les portes du temple étaient fermée:iet ne s'ouvraient que le Décadi. Le 15 nivôse III , Rezard rentrait dans le siècle et achetait sa tranquillité au prix: de son apostasie. (District Aux.) Claude Daniel-Casimir Rezard, était né à Bezançon, le 15 mars 1757.

Merry-Sec. — Legonbe, assermenté. Après la Révolution, il y eut un Legoube à Coulangeron et un autre à Lain.

MouFFY. — Gillery, ci-devant cordelier, assermenté. Au Concordat, il devint curé de Fouronnes.

Canton de Gravant

Ce canton comprenait : Craoant, Accolay^ Ba^arnes^ Irancy, Sainte- Pallaye, Vincelottes.

Cravant. — Duminy, assermenté. (M. Duminy a fait imprimer, en 176«, un ouvrage intitulé : Solitude chrétienne.)

AccoLAY, — Le 14 juillet 1790, les habitants étaient assemblés dans l'église avec le maire et les officiers municipaux. Le curé, Guillerault, ne parait pas tout d'abord, quoiqu'il ait été convoqué. Il arrive pourtant, mais c'est pour refuser de dire la messe. On le menace d'envoyer chercher un autre prêtre, il déclare qu'il refusera les ornements. Le procès-verbal de cette réunion l'accuse d'être monté en chaire et d'avoir fait un long discours dans lequel il attaquait violemment les officiers municipaux. Ce même jour,

Guillerault refusait de prêter le serment de la fédération. (Ârch. Yonne.)

En a-t-il été de même du serment à la Constitution civile ? Je ne le sais pas ; car, le 7 juin 1791, il faisait au département la déclaration des revenus de la cure (Dép.). Déplus, en 1793, il était encore porté officiellement comme curé d'Âccolay.

Bazarnes. — Louis Exchausses, curé en 1791, réfute le serment. Le 16 avril, le département déclare qu'on s'occupera de l'élection de son successeur (Dép). Exchausses mourut à Paris, et son éloge funèbre fut prononcé dans Téglise de Saint-Etienne du -Mont, le 19 janvier 1797, par Ch. de S. (Saillant), diacre de l'Eglise de Paris. (Monceaux : La RéooL, n° 2697 : Eloge funèbre de M. Regnaud, curé de Vaux, de M. Exchausses, curé de Bazarnes, et de M. Joachim-Nicolas Durand, curé de VilUers-le-Bel.)

M. Exchausses eut pour successeur M. Dinaux, sans doute Tex • curé de Saint-Martin-lès-Saint-Marien d'Auxerre, paroisse sup primée. Dinaux, assermenté , fut en faveur auprès de Fadministration. En 1793, il demande des réparations au presbytère ; la municipalité s'empresse de faire le devis, le département approuve et ordonne que les travaux soient mis immédiatement en adjudication. (Dép. 19 mars 1793.)

Raby, ministre du culte à Bazarnes en Tan VI, est condamné à la déportation le 16 brumaire VIL (P. R.)

Irancy. Louis -Mathieu Bureau, né à Entrains, le 31 septembre 1753 prête serment du haut de la chaire le 2 janvier 1791. Le 28 avril 1792. la municipalité porte plainte contre lui ; mais un grand nombre de citoyens déposent en faveur du curé. Le département embarrassé invite le curé à se renfermer dans les bornes de ses fonctions spirituelles, et en même temps prie les officiers municipaux d'avoir plus de patience et d'indulgence.

Bureau prête encore serment le 10 septembre 1792. Quelques jours après, de nouvelles difficultés surgissent au sujet du jardin du presbytère. La situation se tend peu à peu, Bureau est mis en réclusion en Tan IL Le 23 nivôse III, on lui refuse la permission de se retirer à Entrains, parce qu'il n'y a que 3 003 âmes. (P. R.) — La loi exigeait que les reclus fussent dans des villes ayant au moins 5000 âmes. Bureau fut plus tard ministre du culte à Asquins. Le 21 messidor VI, il .'déclarait devant l'administration de Vézelay, qu'il n'avait pas rétracté son serment. (Ad. C*^» de Vézelay.)

Pendant ce temps, que font les habitants d'Irancy? N'ayant plus de curé, ils se réunissent, « font l'ouverture de leur église, » et chantent eux-mêmes les offices. Plus tard, soutenus par les officiers municipaux, ils réclament contre la suppression de la cure

d^Irancy. Cédant à la force, ils subissent d'abord les réunions des décadi, mais bientôt ils entendent reprendre leurs traditions. En Fan VI, il faut employer la force pour les empêcher de célébrer la fête de saint Germain. A la suite de cet incident, le 4 fructidor VI, BiCHOT, prêtre à Irancy, est condamné à la déportation. (P. R.)

Cet acte de violetice ne peut éteindre l'ardeur de ces chrétiens, et le 11 brumaire VU (!«' novembre 1797), l'agent national écrit à l'administration centrale que, « malgré les proclamations sur les fêtes décadaires et l'ouverture du temple les décadi et quintidi, la majeure partie de ses concitoyens continue à exercer le culte, quoique sans ministre, les anciennes fêtes. Le matin (jour de la Toussaint), les portes du temple étant fermées, ils se sont rassemblés devant le portail et ont chanté là leurs offices. »> (P. R.)

Au XVI® siècle, les habitants d*Irancy se faisaient massacrer par les huguenots pour la défense de la religion catholique ; pendant la Révolution, ils étaient les émulesde leurs voisins de Chitry pour la fidélité à leur culte, mais depuis».. I!l

Sainte-Pallaye. — Jean-Germain Carré, né à Auxerre, le 7 novembre 1739, assermenté; prête de nouveau serment le 8 septembre 1792, Cependant, le 8 juillet de cette même année, il écrit au district d'Auxerre pour dire ses désillusions. Il se plaint de la défiance qui s*elève contre les prêtres et la religion chrétienne, que des esprits exaltés veulent proscrire en même temps que les abus dont on demandait la réforme. Los prêtres ne peuvent même se faire des visites de bienséance et d'amitié sans exciter des soupçons. (District. Corresp.)

Il cesse ses fonctions de curé de Sainte-Pallaye le 2 février 1793, et se retire aux environs de Vézelay où il déclare, le 21 messidor VI, qu'il n'a pas rétracté son serment. (Ad"^ c*** de Vézelay.)

ViNCELOTTEs. — Menans, ci-dovant religieux, curé en 1791, assermenté.

Gantoiiv de Mailly-le-Ghàteau

Ce canton comprenait : Matlly- le- Château, Fontenay, Maillyla-Ville^ Merrtfsur- Yonne, Prègilberi, Sery et Trucy.

Mailly-le- Château. — Outre le curé Lasserteux, sur -jui je n'ai aucun renseignement, il y avait un vicaire nommé Audin. Est-ce le môme qui fut plus tard ministre du culte à Saint Bris et déporté? Peut-être. (V. Saint-Bris.)

La population de Mailly fut ardente à défendre sa religion et ses pasteurs. Le 5 ventôse II (23 février 1791), jour de dimanche, le conseil général de la commune remet les clefs du temple pour que le culte catholique soit observé conformément au désir du peuple. Quelques jours après, le 14 ventôse, l'arrestation du citoyen Audin,

vicaire, est ordonnée; et comme les habitants s^apprétentà défendre leur pasteur, la municipalité demande au commandant de la garde nationale quarante hommes pour prêter main forte à la gendarmerie. Enfin, en 1795, c'est en vain qu*on scelle les portes de Téglise avec des crampons de fer, les catholiques, trouvent moyen de pénétrer dans le temple pour exercer leur culte. (P. R. et Mté Mailly-Château.)

FoNTENAY'Sous-FouRONNES. — Baulerot, assermenté. Partisan des idées nouvelles, Buuleret se fait affilier le 23 brumaire II à une société révolutionnaire d'Âuxerre. Le 2 pluviôse III, il écrit qu'un exemplaire des Droits de l'homme a été placé dans le lieu des séances et que le premier décadi de chaque mois ils sont lus à ses concitoyens et expliqués par le professeur de morale. Devenu curé de Sacy^ il lut des plus ardents à célébrer, le 10 frimeire XIII, la fête du couronnement de l'empereur. Il rédigea un rapport pompeux des réjouissances qui avaient eu lieu. Il avait composé une chanson qui fut chantée le soir, après le banquet, aux cris de : Vive Tempereur. (P. R.)

Mailly-la- Ville. — Boyer, aucun renseignement

Merry-sur-Yonne — Dumarest, aucun renseignement.

Prégilbbrt. — Clergé, assermenté, demeura dans la paroisse après le Concordat.

Sbry. — Gouneau, aucun renseignement.

En 1793, il y a comme curé. Daniel, assermenté.

Trucy. — Gaymay, quoique assermenté, ne vivait pas en bonne intelligence avec les administrateurs de la commune. (Dép. 1*' février et 1*' octobre 1791. ( Le 16 vendémiaire III, il est eu réclusion à Auxerre (P. R). Quelques mois plus tard, il est en liberté, mais on ne l'autorise à passer que quinze jours à Trucy, et il est obligé de louer ,une maison à Auxerre et d'y demeurer. (Dist. Auxerre, 12 pluviôse III.)

Canton d'Ouanne

Ce canton comprenait : Ouanne, Chastenay, Coulangeron^ EscampSj Leugny^ Leois^ Sementron,

OuANNE. — Decroix, assermenté. M. Decroix était curé d'Ouanne et titulaire d'une chapelle Saint-Nicolas, fondée au château d'Arrest, près Saint- Vallery (Somme). (Dép. 6 octobre 1791.)

, M. Legoubé, prieur d'Ouanne, est autorisé à rester dans les bâtiments du prieuré, qu'il a fait reconstruire. (Dép. 26 février 1791.) Chastenay. — Jean-Denis Gibert, né, en 1726, sur la paroisse Saint-Jacques de la Boucherie, à Paris, refuse le serment (Dép. 16 avril 1791); il est remplacé le 1®* juin par Tuioup, prêtre assermenté. (Dép. 24 septembre 1791.)

M. Gibert reste dans la paroisse malgré les persécution de Tadministration. Le 16 juillet 1792, Pourrain, huissier à Toucy, et cinq gardes nationaux de Toucy se présentent au département et portent plainte contre le o" Jean-Denis Gibert; ci-devant curé de Chastenay. Insermenté et remplacé par Tueloup, il cherche à répandre le trouble dans la paroisse, disont-ils. Il prétend que son successeur est un intrus et n^a aucun pouvoir légitime. Il a une chapelle chez lui où il dit la messe. Les accusateurs ajoutent qu'ils Tout arrêté et conduit à Auxerre parce que la patrie est déclarée en danger.

Gibert ne nie aucune des accusations portées contre lui. Il a refusé le serment, mais la loi le laissait libre de lo prêter ou de se retirer, on ne peut lui faire un crime d'avoir choisi ce dernier parti. Il reconnaît avoir dit que celui qui lui succéderait n'aurait aucun pouvoir n'étant pas nommé suivant les lois canoniques. Il a pu même ajouter que les sacrements administrés par son successeur seraient nuls. Il est vrai qu'il a un autel auprès de sa maison et quelques personnes assistent à sa messe les dimanches et les jours ouvriers. On lui avait, refusé les clefs de Téglise le jour de Saint- Etienne.,

Le Directoire se déclare incompétent, renvoie l'afifaire à l'accusateur public, et annonce que le sieur Gibert est libre, puisqu'il n'y a ni mandat d'amener, ni flagrant délit, et qu'il a été arrêté dans sa maison. (Dép.)

Néanmoins Gibert est obligé, pou après, de se retirer àÂuxerre. Le 6 septembre 1792, alors qu'il était exposé à la déportation prononcée par la loi du 26 août, il se présente au district et réclame à cause de son âge. Il ne cherche pas d'autre excuse. (Dist. Aux.)

Sans doute on fait droit à sa demande, car il demeure à Auxerre et est enrôlé dans la garde nationale. Mais, le 3 ventôse III, il est rayé des contrôles parce qu'il est plus que sexagénaire. (Mté.)

Plus tard, il subit la réclusion et ce n'est que le 27 nivôse VIII, qu'on l'autorise à se retirer chez lui, à Auxerre. (P. R.)

CouLANGERON. — Courtiu refusc le serment, malgré l'insistauce et les reproches de l'administration départementale. (Dép. 16 avril et 20 septembre 1791.) Il est remplacé par Jacquin, prêtre fidèle, ci-devant curé de Bois-d'Arcy, et plus tard ministre du culte àBeines. (V. Beines.)

EscAMPS. — Marie-Joseph Guilbert-Latour, curé d'Escamps, était sans dou^e parent de do m Latour, professeur de A^ au collège d' Auxerre avant et pendant la Révolution, et, après le Concordat, vicaire à Saint-Pierre d'Auxerre. (Fortin, 1, 102.) En 1789, Guilbert avait émis les vœux les plus libéraux pour la réforme des institutions religieuses et civiles,pour l'élévation des gages des maî-

très d'école et la suppression des aides et des gabelles. Lo 30 jan« vie r 1791, à Tissue de la granJ'messe, en présence du conseil général, il prête le serment à la constitution civile. Mais le 16 mal suivant, étant au greffe de la municipalité, il déclare qu'il n'a jamais entendu prêter ce serment qu'aoec rtstriction, l'assemblée ne touchant pas au spirituel, qu'il se réservait de n'admettre les changements faits, par rapport au spii'iluel, que lorsque les évoques qui ont été établis par le Saint-Esprit pour gouverner l'Eglise auraient donné leur consentement.

Cette déclaration est dénoncée au département qui, le 10 septembre 1792, déclare Guilbert réfractaire, passible de la loi du 26 août et sujet à la déportation. Le 15 septembre, Guilbert quitte la paroisse et déclare se rendre hors du royaume. (P. R. — Mté Escamps.)

Pierre-François Banse, curé constitutionnel élu à la place de Guilbert, est persécuté à son tour. Obligé de se retirer à Âuxerre au commencement de Tan III, par suite de Tarrété de Guilleinardet, il plaida les circonstances atténuantes. Son traitement ne pourrait payer son logement à Âuxerre; il n'y a plus aucun rassemblement religieux dans la commune: il peut y exercer les fonctions do greffier. Toutes ces raisons, humiliantes pour lui, n'aboutissent à rien. Le 16 pluviôse III, on lui ordonne de se rendre à Auxerre dans la huitaine. Et s'il demande à so rendre dans sa famille, à Coulommiers, ou lui permet bien de i ester pendant six décades pour régler ses affaires, mais il reviendra ensuite au chef-lieu du district sous la surveillance des autorités, (Dist. Aux. 1«' ventôse.)

Après le départ du curé intrus, Guilbert .revient donner les secours religieux aux fidèles d'Escamps. Le 6 germinallV, il est dénoncé comme sujet à déportation, et le département ordonne de l'arrêter. Le 21 frimaire V, il est de nouveau dénoncé comme ayant, le jour de la ci-devant fête de Sainte Catherine, exercé des cérémonies religieuses après convocation au son de la cloche. Le commissaire du pouvoir exécutif reçoit l'ordre de le poursuivre. (Dép.)

Guilbert ne figure pas dans ^la liste des prêtres condamnés à la déportation en l'an VI. Peut-être avait- il prévenu ce décret par la déportation volontaire. Emigré à Rittberg, en Westphalie,, il y mourut le 7 novembre 1800. (Monceaux, Réool, n» 3267.)

Lbuony. Huby. Pas de renseignements.

Lbvis. Boulet. Pas de renseignements.

Semkntron Momet, refuse le serment^ critique en chaire les nouvelles lois, et ne veut nullement y lire les décrets de TAssemblée nationale.

Il est remplacé par un curé intrus, dont je ne saurais dire exac-

tement le nom. M. Demay, dans ses procès-verbaux de la municipalité d'Âuxcrre, parle d^un Daubenton , ex-ouré de Sementron, soumis à la surveillance du conseil général le « 2 nivôse III. « Le « 6 nivAsc III » la municipalité de Sementron prend la défense du c" Aubusson (ou Daubu5Son) ci -devant curé, et certifie qu'il a toujours recommandé la paix (P. R.) Le rapprochement des dates indique qu'il s'agit dans les deux cas de la même personne.

Canton de Saint-Bris

Ce canton comprenait : Saint- Bris^ Augy, Bailly, Champs, Chitry, Quennes, Saint -C y r^les Colons.

SainT'Bris. — Moutet, curé, et Paillot, vicaire, ont prêté serment. Ce dernier fut ensuite élu curé de Chichée.

Dans le procès-verbal de vérification des reliques de S. Prix et S. Cot, dressé par M, Viart, le 21 mai 1795, Audin Hilarion, né à Carpentras, est cité comme desservant de Saint-Bris. Peut-être est-ce lui qui était auparavant vicaire de Mailly-Chàteau.

L'arrestation d' Audin ayant été ordonnée en Tan VI, les habitants de Saint-Bris défendent leur curé. Déjà, auparavant, ils s'étaient énergiquement opposés à la fermeture de Téglise et refusés à l'observation du décadi.

Le 27 ventôse VI, l'agent national de Saint-Bris, assisté de celui d'Augy et du commissaire du Directoire, dresse procès-verbal des troubles et voies de fait qui ont accompagné l'arrestation du curé. On accuse les habitants d'avoir attaqué nuitamment la demeure du citoyen Rousseau et d avoir provoqué les républicains.

Le département s'émeut et prend, le 11 germinal VI, l'arrêté suivant : c Vu les traces profondes de fanatisme que le ministre du culte de Saint-Bris, condamné par l'arrêté du Directoire exécutif du 18 ventôse VI, a laissées dans la commune et qui la tiennent dans une agitation et une fermentation alarmantes, le département ordonne la fermeture du temple devenu un foyer contrerévolutionnaire. » (Dép.)

Déporté à l'âge de trente-trois ans, à Rochefort, puis à Sinnama^y, sur la Bayonnatse, Audin fut rapatrié par la Dédaigneuse, le 2 janvier 1801. Le vaisseau avait été capturé par les Anglais.

AuGY. — Nicolas Piètrement, assermenté, dépose ses lettres de prêtrise le 6 ventôse II. (Dép.)

Le ministère fut rempli pendant la Révolution, à Augy, par dom Rosman et dom Laporte. (V. Auxerre).

Bailly. — Besson, assermenté.

Champs. — Nicolas Doriot, assermenté, dépose ses lettres de prêtrise le 2 ventôse II.

François-Xavier Javain, né à Salins, prieur des dominicains

d'Auxerre, prête serment le 24 août et le 30 septembre 1792. N'étant pas pourvu d'une cure, il n'avait pas été appelé à prêter le serment schismatique de 1791.

Devenu ministre du culte à Champs, Javain adressj, le 16 ventôse VI, à l'administration cantonale de Saint-Bris une lettre par laquelle il refuse de transporter au décadi la célébration des cérémonies du culte. Condamné à la déportation le 16 thermidor VI, il arrive à l'île de Ré le 8 septembre 1798 (et non en 1799 comme le dit la Semaine religieuse du V^ mars 1879) P. R.l Le 7 fructidor VI, les habitants de Champs soulevèrent une émeute contre les auteurs de la déportation do leur curé. (Dép ) En l'an VIII, Javain demande à jouir du bénéfice de l'arrêté des consuls. Le département, considérant qu'il n'était pas obligé au serment de 1790, que d'ailleurs il a prêté les serments prescrits par les lois de 1792, de l'an IV et de l'an V, invite l'administration de l'île de Ré à le mettre en liberté avec un passeport pour Champs. (Dép.j Libéré le 14 nivôse VIII, Javain se retire, en effet, à Champs et devient curé de cette paroisse, où il meurt vers 1809.

Chitry. — Mérat, ex-curé de Chitry, est soumis à la surveillance du conseil général d'Auxerro le 2 nivôse III. Lo 17 mes.^iidor IV, il fait la déclaration pour exercer le^culte à Saint-Eusèbc. (MtéAux.)

Un rapport contre les habitants de Chitry constate que les jours de fêtes décadaires ils affectent de ne s'habiller que comme les jours destinés aux travaux, au lieu que les jours ci-devant fériés, ils mettent tout ce qu'ils ont de plus beau, (P. R.) L'administration alla jusqu'à sévir contre ceux qui s'obstinaient à travailler le décadi.

QuENNES. — Hary, assermenté, dépose ses lettres de prêtrise le 6 ventôse II. (Dép.)

Saint -Cyr-l^-Colons. — Thibault, cure de Saint- Cyr et chanoinode l'ordre des Prémoncrés, assermenté. Le 23 frimaire lll, est en détention à Auxerre. (District Aux.) Le 11 pluviôse an l'autorise à se rendre à Paris pendant six semaines à la condition qu'il restera sous la surveillance des autorités. (Mtô Aux.) E;i Tan V, u.i Thibault prête serment à Noyers, je ne sais s'il s'agit du même prêtre.

LoRAiN, vicaire de Saint-Cyr. (Aucun renseignement.)

Canton de Saint-Greorges

Ce canton comprenait : Saint-Georges, Appoigng, Ckarbuy,

Cheoannes, Lindry, Monéteau, Perrigny et Villefargeau.

Saint -Georges. — Lucas, curé depuis 1773 et titulaire de la clia pelle Sainte-Appoline de Courson. Quoique* asscrmemé, Lucds ne subissait pas sans protestation les lois antireligieuses. Dénoncé pai

un citoyen d'Auxerre comme très suspect depuis Ja Révolution, il ;5ubit, le 4 avril 1793, une visite domiciliaire. (Dép.) Le 2 nivôse III, il est soumis à la surveillance de la municipalité d'Auxerre (Mté Aux.) Rendu à la liberié et rentré dans sa paroisse, il y subit encore les tracasseries de l'administration. Des citoyens, sans doute pour s'amuser ou taquiner les révolutionnaires, ayant donné des coups sur la cloche, l'administration s'émeut. Elle déclare, le 10 frimaire V, que de quelque manière que le son des cloches se fasse entendre pour Texercice du culte, c'est contraire à la loi ; elle prescrit à Tagent de la commune d'y veiller. Cet événement 1 faillit amener de nouveau la cessation du culte à Saint-Georges. (Ad*»'* c*^® de Saint-Georges.)

Appoigny. — Jean-Jacques Berlier est né à Sauzé, d'après les listes publiées en 1866 et 1879 par la Semaine religieuse, à Faucon (Digne), d'après des notes manuscrites de M. Blondel.

Berlier ayant prêté serment avec restriction, son serment est invalidé, le 16 avril 1791, comme contraire au texte des lois. (Dép.) Il demeure néanmoins dans sa paroisse. En l'an IV, un mandat d'arrêt est lancé contre lui précisément à cause de la restriction qu'il a mise à son serment de 1791.

Le 5 ventôse (février 1796}, les gendarmes chargés de l'arrêter arrivent et le trouvent dans le jardin du presbytère. On sonne le tocsin, plus de trois cents personnes de tout sexe accourent* armées de fourches, de cognées et d'autres instruments. On attaque les gendarmes, des coups sont échangés et les gendarmes battent en retraite sans pouvoir emmener le curé. (P. R.). Le jour même, le département prend un arrêté constatant les troubles* d'Appoigny, et envoie, le 7 ventôse, le capitaine de gendarmerie Chardon qui dresse procès-verbal et arrête sept citoyens. Le citoyen Collet annonce, le 7 ventôse, qu'il vient d'être informé que Berlier, cidevant curé d' Appoigny, s'est soustrait à l'arrestation et s'est réfugié chez le citoyen Montel, ci-devant curé de Saint-Bris. On ordonne au commissaire près les tribunaux criminels de le faire arrêter. (Dép.) Mais Berlier était bien caché, il ne reparut que le 6 messidor suivant. (Ad°° c^® de Saint-Georgos.)

La seconde persécution ne pouvait épargner ce prêtre fidèle. Condamné à la déportation le 14 brumaire VII, Berlier, alors âgé de 56 ans, arrive à l'île de Ré le 17 janvier 17:^9. (P. R. QiSem, reL de 1879.)

Il demanda sans doute à jouir de l'arrêté de frimaire VIII. Le 24 nivôse, l'administratioçi centrale consulte celle de Saint-Georges qui répond,* le 5 pluviôse^ qu'elle ignore si Berlier a rétracté son serment. Les administrations locales se désintéressaient beaucoup de ces questions et se montraient généralement favorables à la mise en liberté des prêtres. (Ado"» c^® de Saint-Georges.)

Rendu à la liberté le 23 juillet 1800, Borlier redevint curé d'Appoigny où il mourut vers 1810. (Notes de M. Blondel.)

Charbuy. — Labarthe prête serment avec restriction; son serment est invalidé le 16 avril 1791. Il est remplacé par Langlet, prêtre constitutionnel.

En l'an VI, il y eut comme ministre du culte à Charbuy Gillet, ci-devant curé de Taingy, condamné à la déportation en l'an VII. (V. Taingy.)

CHEVANNES.— Isaac- Adrien Letellier met les plus formelles restrictions à son serment qui est invalidé après avoir été déféré par le département à TAssemblée nationale. (Dép. 16 avril 1791.) Le 12 mai, Letellier écrit au district : « Quand vous enverrez vo'tre élu je serai chez moi, je lui céderai ce que j'ai reçu de la nation : le presbytère, Téglise de pierre et mon traitement; je garderai ce que j'ai reçu de TEglise : les brebis et Tautorité nécessaire pour les conduire dans le silence et la retraite. » Perreau, vicaire, qui partageait les sentiments de son curé, adhère au bas de la lettre.

Ils tiennent parole. Au mois de septembre, Carreau, sans doute vicaire assermenté de Biéneau, est élu et installé à la place de Letellier ; celui-ci et son vicaire protestent. Il déclarent ne reconnaître pour évéque que celui d'Auxerre.

Letellier affirme nettement la doctrine catholique sur le sacre • ment de Tordre; il se plaint que le sieur Carreau, curé actuel, lui refuse les ornements pour dire la messe; il se plaint aussi qu'étant notable il n'est plus appelé aux assemblées du conseil général.

Le 2 octobre 1791, le conseil général de Chevannes dénonce les prétendus crimes du curé Letellier : « Il a dit en chaire et en particulier que le prêtre qui le remplacerait ne serait qu'un voleur, un intrus, un loup dévorant introduit dans la bergerie pour dévorer les brebis, et que lui, Letellier, ne cesserait jamais d*étre leur vrai pasteur; il a refusé de lire les mandements de l'évéque du département ; il a porté les sacremonts à un malade dans la nuit du 29 au 30 septembre, alors que le nouveau curé était installé. » Le conseil demande qu'il soit contraint, ainsi que Perreau son vicaire, à se retirer à distance de la commune. Le 29 octobre, le directoire du département, considérant que la conduite do Letellier est en opposition marquée avec les Lois, qu3 son instruction sur le sacrement de l'Ordre ne tend qu'à détourner les habitants de leur nouveau cijré... que son refus de serment est une restriction du serment civique, le déclare déchu de son droit de notable. Letellier et Perreau seront dénoncés à l'accusateur public du district pour être poursuivis en exécution dcja loi du 28 juin 1791. jDirectoire du dép.)

Le 5 novembre, une nouvelle dénonciation de la municipalité de Chèvannes contre Letcllier et Perreau est transmise à Taccusateur public. Le 4 avril 1792, ils sont condamnés à trois ans d'éloignement de Chèvannes. Le curé Letellier tient bon et demeure dans la paroisse. Et quand, le 27 avril, le maire et les officiers municipaux se transportent chez lui pour savoir pourquoi il se soustrait à Fexécution du jugement, il répond qu^il eu a appelé à Paris. Il proteste d'ailleurs de sa soumission aux lois et de son dévouement à la municipalité. (P. R.) Il dut disparaître peu après.

En juillet 1803, Letellier fut nommé doyen de.Vermenton en remplacement de M. Olivier Gascogne, ancien chanoine d'Auxerre, et mourut en 1831. (Notes de M. Blondel.)

Les habitants de Chèvannes ne suivaient pas les errements de leurs administrateurs et en Tan VI, ce fut en vain qu'on employa la force pour les empêcher de célébrer la saint Pierre, le jour même où elle tombait. A cette époque il y avait un autre curé dans la paroisse. Jacques-Benoît Duc (peut-être le ci -devant curé de Lainsecq) avait fait, le 9 nivôse VI, devant Tadministration cantonale de Saint-Georges, la déclaration pour résider à Chèvannes et y remplir les fonctions de ministre du culte catholique. A cette occasion il prêta le serment de l'an V. (Ad*»"* c^® de Saint-Georges).

LiNDRY. -- Goin* Son serment prêté avec restriction est invalidé le 16 avril 1791. Il est remplacé par Précieux. (Serait-ce dom Précieux, bénédictin? V. Auxerre.)

MoNÉTEAU. — Joseph Albertin, curé, et Edme Tessier, vicaire, ont prêté serment Le premier, âgé de 75 aiis, est autorisé à garder son vicaire. (Dép. 17 février 1791 .

M. Tabbé Bouvier , dans son Histoire de Monéteau , ouvrage très documenté, parle de M. Edme Michotte qui, âgé de 68 ans, déclare, le 5 avril 1801, être ministre du culte catholique à Monéteau et fait le serment de fidélité à la constitution de Tan VlII. Edme Michotte n^était pas un nouveau venu dans la paroisse. Le 26 août 1792 il avait demandé un passeport pour se retirer à Genève. Le lendemain 27 août, on lui faisait prêter le serment de liberté (3* formule). (Mté Aux.) Qu'était-il à ce moment, je n'ai pu le découvrir. Toujours est-il qu'attaqué de dysenterie et de rhumatisme, il se vit obligé de rester en France et il demanda, le 4 avril 1793, à se retirer dans la maison destinée aux prêtres infirmes à Auxerre. (Dép.) Peu après, il se retirait à Monéteau pour y exercer le culte.

Le 8 pluviôse IV, Michotte, curé de Monéteau, est en réclusion au séminaire d'Auxerre. Le 23, les habitants de Monéteau font une pétition pour demander sa liberté, mais le commissaire Collet s'y oppose, attendu que, d'après la constitution, toute pétition doit

être individuelle, le département rejette la demande. Le 29, les habitants reviennent à la charge par pétitions individuelles. Le département repousse encore leur demande. (Dép.) Tout cela au nom de la liberté et de la fraternité 1 Vers la fin de Pan IV, Michotte fut cependant remis en liberté. Mais il eut encore à subir de longues persécutions. Le 11 vendémiaire VI, la municipalité d'Auxerre arrête que le citoyen Michotte, prêtre sexagénaire, qui exerçait le culte à Monéteau et qui est sujet à déportation sera, dans les vingt-quatre heures, arrêté et conduit de sa demeure, rue Pèlerin, à la maison de réclusion. Sans doute il ne dût qu'à son âge, d'échapper à la déportation. Il resta en réclusion jusqu'au 27 nivôse VIII. (Mté Aux.:- C'est alors qu'il reparut à Monéteau, réclamé par les fidèles de la paroiifse.

Perrigny-lès-Auxerre. — Jean Donneau, natif de Larche, assermenté. Il fut condamné à la déportation le 4 vendémiaire VII, et ses biens furent séquestrés le 28 du même mois. Le 15 brumaire, Donneau essaie d'éviter la déportation. Ci-devant ministre du culte et a^rtuellement propriétaire cultivateur, il fait valoir son patriotisme. Il a cessé le culte depuis huit mois. Vaines excuses. L'administration lui reproche d'avoir, depuis l'an II, propagé des idées liberticides à Perrigny, en disant qu'on était dans le règne du coquinisme. Elle ne peut qu'attester son inimitié \.ouv la République et lui refuse tout certificat de civisme. (Ad^* c*^« de Saint- Geo.^ges.) Envoyé à Pile de Ré le 26 décembre 1798 (et non 1799 comme l'indique la Semaine religieuse de 1879), il y reste jusqu'au 4 février 1800. Il avait alors 48 ans.

Redevenu curé de Perrignv en 1803, il est mort curé de Charbuy en 1817. (Notes de M. Blondel.)

ViLLEFARGEAU. — Morcl, assermouté.

. Au mois de brumaire VIII, l'administration canionalo de Saint- Georges constate que depuis la mort de Morel, dernier ministre du culte à Villefargeau, aucun prêtre n'a fait, pour cette paroisse, la déclaration prescrite par la loi du 7 vendémiaire IV.

Canton de Seign^lay

Ce canton comprenait : Seigaelay, Ckemilly, Gurgy et Villeneme-Saint'Salces,

Seignelay. — Le serment à la constitution civile est prêté le 30 janvier 1791 par Jean-Jacques Mathcron, curé, Jean- François Comte, vicaire, Jean Alexandre Berlier, chapelain du château et Bernardin Coquerelle, ci-devant capucijfi d'Auxerre, en résidence à Seignelay. Les mêmes prêtent le serment de liberté le 8 septembre 1792.

Mâtberon, qui avait sans doute rétracté son serment, était en réclusion à Auxerre le 2 vendémiaire III.

Berlier, frère aîné du curé d'Appoig.iy, né le 5 juillet 1741, ayant rétracté son serment était aussi en réclusion à Auxerre le 2 vendémiaire III. Condamné à la déport^ition, il fut envoyé à l'ile de Ré le 8 septembre 1798 et libéré le 14 nivôse VIII. (P. R.) Curé de Clîichery en 1803, il prit sa retraite en 1823 et mourut en 1829. (Notes do M. Blonde).)

Coquerelle, qui avait été, pendant quelques mois vicaire à Rouvray et à Héry en 1790, prêta à Hauterive le serment de Tan V. En 1803, curé d'Héry. •

En Tan VIII, Seigrlelay servit do résidence pendant quelque temps à quelques prêtres rapatriés : Jean-Alexandre Berlier, Delassue de Préhy, Guillaumeaa de Samt-Sauveur, Galimard et Henry de Neuvy, Servais, de Villeneuve- Saint-Salvés.

Chemilly. — Bovis, assermenté, resta à Chemilly après le Concordat.

GuRGY. — Lazare, assermenté. Le 15 pluviôse III il demande à ce qu'on ne lui applique pas les décrets contre lès prêtres. Il était à ce moment agent des subsistances du district d* Auxerre. La commune certifie que Lazare s'occupe d'agriculture et non de fanatisme. (P. R. District.) En 1803 il est encore curé de Gurgy.

Venoy. — Jacques-Antoine Chardon, assermenté, reste à Venoy jusqu'à la fin de l'an II. (Dép.) Le 17 ventôse III il fait devant la municipalité d' Auxerre la déclaration pour exercer le culte catholique dans sa maison à Auxerre. En Tan V, il exerce le culte à Montallery. Le 3* jour complémentaire V, il prête le sermen^^'^v Tan V devant la municipalité d'Auxerre. (Mté.)

Villeneuve- Saint -Salves. -- Ecureux , religieux de Pontigny et prieur de Villeneuve, ayant donné sa démission en 1790, fut remplacé par François Servais, né vers 1760 à Bétincourt (Langres). En Tan V, Servais exerce le culte à Héry et prête serment de haine à la royauté. Condamné à la déportation lo 24 nivôse VI, il reste à nie de Ré du 2 août 1798 au 5 janvier 1800. A son retour, il résida quelque temps à Seignelay.

Canton de Toucy

Ce canton comprenait : Toucy, Beaaooir^ Diges, Egleny, Moulins,

Parly, Pourrain.

Les prêtres qui exerçaient en Tan IV, dans le canton de Toucy, s'étaient mis en règle avec les supérieurs ecclésiastiques légitimes.

Toucy. — Juillard, chanoine de Toucy depuis 1786, et curé de Saint-Pierre de la même, ville, prête serment ai?ec restriction, ainsi que Tixier, chanoine et vicaire en 1789. Ils refuse de le prêter simplement. En conséquence, le serment du curé est déféré, le

16 avril 1791, à rassemblée nationale et annulé ; le 15 mai, Jean- Baptiste Laporte est élu curé constitutionnel de Toucy. Juillard et Tixier cessent officiellement leurs fonctions.

Cependant la population tenait à son culte. Le 10 mars, la foule s'était opposée à la fermeture de la collégiale et, par les trous de la voûte, elle avait jeté des pierres sur les officiers municipaux et le percepteur qui s'étaient retirés prudemment. Le 2 juin, le département décide que la garde nationale et la gendarmerie prêteront main-forte aux autorités pour fermer l'église. Le curé et le vicaire ne pouvaient abandonner ces fidèles chrétiens. Aussi, en 1792, on les accuse d'exercer leur culte en secret, de correspondre avec les paroissiens de Toucy et d'exciter des discussions. Cette correspondance saisie contient, dit-on, des conseils pernicieux; elle sera dénoncée au juge de paix. (Dép: 15 mars 1792.) Le 24 mars, la municipalité de Toucy confirme ces graves accusations Plus tard, dix citoyens dénoncent Tixier comme étant l'auteur des troubles qui régnent dans la ville et demandent sa déportation. Tixier se défend inutilement, le département décide, le 9 août 1792, de le dénoncer k l'accusateur public. (Dép.) Juillard et Tixier furent sans doute obligés de s'expatrier.

Dom Jean-Baptiste Laporte (qu'il ne faut pas confondre avec dom Charles-Marie Laporte), né à Hauterive (Ain), était professeur de seconde au collège d'Auxerre. Elu curé de Toucy, le 15 mai 1791, il devient, au mois de novembre 1792, président de l'administration départementale. Pi'ésident du club patriotique d'Auxerre, il prend une part active à ses travaux, donne l'assentiment le plus formel à la constitution civile du clergé et fait l'éloge de l'acte reltgieux à\x serment. Après avoir renoncé officiellement à ses fonctions le 30 pluviôse II, il rentre dans le siècle le 9 floréal « à trois heures du matin. » (V. Annuaire de l'Yonne, 18S3 et 1884. — MoNTCEAUx : La Réoolution, n®» 552 et 553.)

Le 19 prairial VI, J.-B. Lapo?Hc prête serment de haine à la royauté comme ministre du culte théophilanthro^ique et désire exercer dans le temple do Saint -Etienne d'Auxerre. (vite d'Aux.)

Pierre-François Robert, exerce le culte à Toucy, du 27 thermidor III au 14 vendémiaire IV. (Ad®'^ c'° Toucy.) Comme Laport'*, il rentre dans le siècle, devient ministre du culte théophilanthropique à Auxerrc; il prête, comme tel, serment de haine à la royauté le 13 floréal IV. Le 29 fructidor, il est autorisé à transférer ce même culte à Saint-Eusèbe. (Mté )

Toucy eut comme ministre du cuit), depuis prairial lll jusqu'à la fin de fan IV, Etienne Pastoris, qui était sans doute muni de pouvoirs réguliers ; Il devint curé de Taingy et fut déporté. (V. Taingy.)

Beauvoir. — De la Roassille avait prêté serment. Il le rétracte presque aussitôt et dépose lui-même, le 5 avril 1791, sa protestation au secrétariat du département qui déclare, le 16 avril, son serment non avenu. (Dép.)

Dans un rapport que la municipalité fait au district, le 14 germinal II, elle déclare que le curé, appelé Roussillon, ayant refusé le serment, s'en est allé. Fourelle, prêtre constitutionnel qui l'a remplacé en 1791, s'en est allé aussi parce quM ne pouvait se faire au pays. Celui-ci fut remplacé par M. Henri Simonneau « demeurant à présent à Beauvoir dont il a fait sa démission de prêtrise. (P. R.)

DiGEs. — François Corsin, né à Avallon, prête serment, le 10 avril 1791, en ces termes : *» Conformément aux intentions de TAssemblée nationale, qui n' entend point toucher au spirituel^ je jure de veiller avec soin aux fidèles de la paroisse qui m^est confiée, d*être fidèle à la nation, à la loi, au roi. » (Ad*^ c**e de Toucy.) Quoiqu^il y eût une véritable restriction à ce serment, il ne fut pas annulé par le département.

Le 8 septembre 1792, Corsin prête le serment de liberté. Le 2 nivôse III, il est sous la surveillance du conseil général d'Auxerre. (Mté Aux.) Pendant ce temps, les habitants, privés de curé, faisaient néanmoins les offices à « l'ex manière. »

Il y avait d'ailleurs, quelques mois plus tard, des troubles à Diges. Le 23 floréal III, les officiers municipaux, le maire excepté, dénoncent au district les contre-révolutionnaires de Dig.^s qui ont destitué et remplacé sept des magistrats municipaux, et accusent le curé Corsin et sa servante. Le 21 floréal III, celle ci, faisant la police de Téglise, n'y laissait entrer ni filles ni femmes"des prétendus jacobins, mettait à la porte la fille de Janneau, officier municipal, interpellait Marie, Catherine et d'autres, pendant que son maître disait la Passion, office qui seul, ajoutent les dénonciateurs, est dans le cas de le nourrir par les quartes de blé qu'il en retire.

Le district ordonne l'annulation de Pacte de destitution de deux officiers municipaux, de l'agent national et du secrétaire greffier. Quant à la servante du curé, on juge qu'elle a une conduite incendiaire. N'a-t-elle pas commis le crime d'occuper le presbytère, en l'absence du curé Corsin, malgré les injonctions ^ en sortir. Bien plus, elle y a réintégré son maître qui y demeure, au mépris de la loi d'après laquelle cette maison est mise à la disposition de l'instituteur primaire. (P. R.)

Le 17 brumaire IV, Corsin ayant prêté serment de soumission aux lois, fait avec la majeure partie des citoyens de Diges la déclaration nécessaire pour exercer le culte dans l'église.

Corsin, condamné à la déportation le 25 nivôse VI, est conduit à Rochefort. Il arrive à Tile de Ré Ip 7 août.1798 et est libéré le 9 février 1800. (P. R.) Maintenu à Diges après la Révolution.

Egleny. — Guy, curé depuis 1784, prête serment aoec restriction. Comme ce serment est contraire aux lois, il est annulé. (Dép. 16 avril 1791.) Guy est r.emplacé, le 12 juin 1791, par Michelin, curé constitutionnel, qui quitte bientôt Egleny pour une paroisse du diocèse de Langres. (Dép. 13 août 1791.) En 1793, le curé s'apj^elait Guenot. Guy, qui subit sans doute Texil, redevint curé d'Egleny après la Révolution. (V. Monceaux — n» 1368.)

MouLiNS-suR-OuANNE. — Jean Perrinet, préraontré, né à Reims, vers 1744, rétracte sans doute son serment. Condamné à la déportation en 1794, il fut emmené à Rochefort au mois d*avril et mourut à Tile Madame le 14 octobre de la même année. (V. Mémoires de M. Soudais dans la Semaine religieuse de 1866-1867.)

Jean Baptiste Lhuillier, ci-devant religieux augustin de la communauté de Bayeux, prête le serment de liberté le 24 août 1792, à Auxerre où il demeurait. Le 11 vendémiaire IV, il est desservant de Moulins et prête serment de soumission aux lois et de souveraineté du peuple; on mot Péglise à sa disposition. Le 12 brumaire IV, quarante-sept citoyens de Moulins font la déclaration nécessaire pour y exercer le culte. Lhuilier fait la même déclaration le lendemain. (P. R.)

Condamné à la déportation le 25 frimaire VI, il devait, suivant ordre du département du 4 nivôse, être conduit à la maison d'arrêt et transféré sans délai à Rochefort avec Corsin de Diges. (Dép.) Sans doute il fut retenu en réclusion à Auxerre^ car il ne figure pas dans la liste des prêtres qui ont subi la détention à l'île de Ré.

Parly. — Pierre Bonfillou, né à Auxerre, assermenté. Le 9 septembre 1792 il fait le serment de liberté; le 10 avril 1793, il obtient un certificat de civisme. Le 4« complémentaire III, serment de soumission aux lois. Le 8 brumaire IV, serment de souveraineté du peuple. Ce même jour il fait^ avec soixante-treize citoyens la déclaration nécessaire pour exercer le culte dans la ci-devant église de Parly. Retiré à Auxerre en Tan III, il y était infirmier à rhospice militaire (P. R.)

PouRRAiN. — Louis Henri Sol prête d'abord serment, puis le rétracte. Sa rétractation est consignée au registre de la commune. En conséquence , le 25 mai 1792 le département, décide d'écrire à Tévêque du département pour demander le remplacement de Sol qui devra cesser immédiatement ses fonctions, videra le presbytère et ne recevra plus ni traitement, m pension. Le 22 juin, le département reçoit du sieur Dejust, notaire, une nouvelle plainte contre le curé qui tient des propos tendant à troubler

Tordre, et défend aux enfants d'aller à confesse aux pr<^tres intrus et d'entendre leur messe. Le vicaire épiscopal résidant à Auxerre est invité à remplacer sur-lochamp le ci-devant curé Sol. (Dép.)

Le nouveau curé de Pourrain fut Claude Dubuisson, ancien curé de Saint-Sérotin. Son ministère dura du V' novembre 1792 au 12 mars 1794. (M. Mémain, Pourrain pendant la Rèoolution,)

Le 6 messidor III, M. Leroy, ancien clianoino d'Auxerre , fait serment de soumission aux lois et déclare qu'il exercera le culte à Pourrain. (Id. V. Auxerre.)

Il fut remplacé le 22 novembre 1795 par Etienne Breton, ancien chanoine d'Auxerre, qui avait de M. Viart une nomination régulière

Etienne Breton, né à Bar-sur Seine en 1758, prêtre en 1774, vicaire do Mu>;sy-rEvêquG en 1783, bachelier en théologie devient chanoine d'Auxerre le 27 janvier 1789.

Il prêle à Auxerre le serment do liberté (22 et 30 septembre 1792) et le serment de soumission aux lois (21 prairial III) (M*« Auxerre.) Le 1®' frimaire IV il fait, devant la municipalité de Pourrain, le serment de souveraineté du peuple et la déclaration pour exercer le culte.

Maintenu après la Révolution à Pourrain, M. Breton fut nommé en 1806 curé doyen de Chablis, où il mourut le 10 février 1826. On conserve précieusement dans la famille Droin, une relation manuscrite très édifiante de ses œuvres, de sa dernière maladie et de ses funérailles. On me permettra de donner son épitaphe; elle n'est pas banale :

Hic jacet D.

Stephanus Breton

hujus ecclesiee rector

Antea Autissiodorensis canonicus.

Studiosa juventus

Lugete tenerrinum patrem.

Lugete pauperes

Hilarem^et largum datorem.

Lugete oves

Optimum pastorem

Omnibus omnia faclum

Ut omnes faceret salves.

Obiit

10 februarii 1826

^tatis 76

Hune lapidem mœsta posuit familia

solatia luctûs

Exigua ingentiî?

Requiescat in pace.

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