GARNISON DE QUEBEC, I
Emigrants de McLean .
Septième régiment de fusiliers.
Matelots .
Milice anglaise .
Milice française. .
Montgomery fut enterré près du Club de la Garnison de Québec, dans la cour de cette maison qui est à droite du chemin de ronde qui mène à la citadelle. Une pierre, sans inscription, indique encore l’endroit où pendant quarante-trois années reposèrent, sous la garde du vainqueur, les restes du glorieux vaincu.
En 1818 la législature de New- York vota unanimement et d’urgence la loi suivante :
“ Acte pour honorer la mémoire du général Richard Montgomery :
“ Attendu que le général Richard Montgomery, un citoyen de cet Etat s’est distingué par sa valeur, par son patriotisme, parmi les premiers héros du temps de la Révolution, et qu’il a été tué en donnant bravement l’assaut à Québec ; attendu que les restes du dit général Richard Montgomery sont enterrés non loin du champ de bataille, et qu’ils ne sont indiqués par aucun signe de respect extérieur ; attendu qu’un monument a été élevé à sa mémoire et à celles d’autres officiers dans l’église de Saint Paul de la ville de New- York, par ordre du Congrès des Etats-Unis ;
NOTES SUR LE
Il est résolu par le peuple de l’Etat de New- York, représenté par son Sénat et par son Assemblée, que la personne qui est pour le moment chargée du soin de gouverner cet état, soit et est par le présent autorisée à prendre toutes les mesures qu'elle jugera convenables et nécessaires pour obtenir le consentement du gouvernement du Canada, à la translation des restes *du général Richard Montgomery, de Québec à New- York, pour qu’ils soient déposés dans l’église de Saint-Paul, près du monument consacré à sa mémoire, et que cet translation et toutes dépenses encourues pour exécuter cet ordre, soient à la charge de l’Etat de New- York.
Un double de cet acte, paraphé et certifié, fut envoyé par le gouverneur Clinton à la veuve du général. Il était accompagné de. cette lettre :
Albany, 4 mars 18 18.
Madame,
J’ai l’honneur de vous adresser l’acte intitulé : “ Acte pour honorer la mémoire du général Montgomery.” C’est avec le plus profond respect que je choisis cette occasion pour vous dire que je me soumettrai en tout à vos sentiments et à vos désirs.
Tout ce qui pourra, dans une circonstance aussi solennelle, être suggéré par votre délicatesse et la religion de vos souvenirs, sera respecté, et je m’efforcerai de tout conduire de manière à honorer celui qui fut votre glorieux mari, en suivant les ordres de l’Etat, qui n’oublie pas l’un de ses plus illustres fondateurs.
Avec le plus profond respect,
J’ai l’honneur d’être,
Votre obéissant serviteur,
De Witt Clinton.
Mme. Montgomery fut profondément touchée par cette lettre. Elle répondit au gouverneur en le priant de charger Louis
NOTES SUll LE
Livingston, neveu du général, de présider à la translation des restes.
Celui-ci a tenu un journal de ce funèbre voyage ; il est adressé à son père, Edward Livingston, qui, à cet époque, était en Louisiane. Il est très détaillé et inconnu du public.
La grande crainte des délégués était de ne pouvoir — -après tant d'années écoulées — être conduits à l’endroit exact où le général Montgomery avait été inhumé La tombe étant trouvée et reconnue, que pouvait-il bien rester du cadavre ? Voilà la question que chacun se posait.
En arrivant à Québec, le colonel Livingston fut présenté à un vieillard de quatrevingt neuf ans- Il avait servi dans l’armée anglaise, et c’était celui-là même qui avait reçu l’ordre de faire enterrer Montgomery. Sa mémoire était excellente. Livingston et M. Thompson — c’était le nom de l’ancien
, militaire anglais — allèrent visiter l’endroit où avait eu lieu la sépulture. Le terrain avait un peu changé d’aspect, et M. Thompson hésita un moment ; enfin il indiqua ce qu’il croyait être l’endroit cherché, et à quelques pieds de là on trouva un cercueil. M. Thompson l’avait si bien décrit d’avance qu’il n’y avait pas à hésiter. Cette tombe était parfaitement conservée, bien qu’elle fut là depuis quarante-trois ans. La pression de la terre en avait défoncé le couvercle. Le squelette du général était presque entier. La tête était bien conservée, ainsi que les fémurs et les hanches ; les côtes, les vertèbres, étaient entièrement disparues. En enlevant le crâne du général une balle roula dans la fosse.
On ne toucha au cercueil primitif que pour le déposer avec beaucoup de précautions dans une caisse en bois dur.
Sir John Sherbrooke gouvernait alors la
NOTES SUR LE
province de Québec. Au moment de la mission du colonel Livingston, il était dangereusement malade. Il lui fit écrire, néanmoins, une lettre fort délicate, dans laquelle il exprimait tout son regret de ne, pouvoir recevoir comme il le méritait le parent d’un mort aussi illustre.
Sir J ohn donna ensuite l’ordre de remettre privément à la mission de New- York les reste du général Montgomery.
A Whitehall, un escadron de cavalerie placé sous les ordres du colonel Van Rensselaer attendait le cortège funèbre. Le gouverneur Clinton avait donné l'ordre à cet officier supérieur et à l’ adjudant-général de prendre commandement de cette escorte qui devait servir de garde d’honneur jusqu’à New- York.
L’arrivée des restes mortels de Monteomery, à Albany, était fixée pour le 4 juillet, jour de la fête de l’Indépendance. Toute la
ville était sur pied pour honorer dignement la mémoire du héros. La milice formait une haie qui se prolongeait à un mille en dehors d’Albany. Les porteurs des coins du poêle étaient tous d’anciens officiers de la guerre de la Révolution. Les restes mortels de Montgomery furent placés en chapelle ardente au Capitole. De semblables honneurs — ils n’étaient pas aussi magnifiques peut-être, mais ils étaient tout aussi spontanés — avaient été rendus à Montgomery par les villes et par les villages tout le long de la route suivie par le convoi.
Le 6 juillet, à 9 heures du matin, l’ordre fut donné de transborder le cercueil sur le bateau à vapeur, le Richmond. Le colonel Livingston, ses deux aides de camp et une forte escorte militaire reçurent la consigne de conduire le funèbre cortège jusqu’à New- York, et là de se mettre aux ordres de la Société de Cincinnatus, à l’hôtel-de-ville.
N 0 T E S SUR LE
Le passage du Richmond était salué sur chaque rive de l’Hudson par le canon.
Le gouverneur Clinton avait prévenu Mme Montgomery que tout ce qui restait sur terre de celui qu’elle avait tant aimé, passerait à telle heure devant Montgomery Place , près de Barrytown.
Laissons la parole à cette veuve inconsolable. Elle écrit à sa mère cette scène d’une façon fort touchante :
“ Enfin, le voilà ! Il vient ; il passe ! Voilà donc tout ce qui me reste maintenant de celui qui m’a quittée dans la force de sa virilité pour aller s’immoler à ce qu’il aimait encore plus que moi, son pays ! Il est près de moi enfin ! Mon cœur se gonfle ; il bat d'angoisse, et pourtant cette angoisse qui me fait mal n’est pas une douleur. Je ne saurais vous décrire tout ce que j’ai ressenti quand son cercueil a passé devant ma