MAISON DE MONTGOMERY, SUR L'HUDSON
maison, ou plutôt devant sa maison. Le bateau à vapeur allait à demi-vitesse ; tout à coup il s’arrête devant moi ; les troupes présentent les armes, les tambours battent au champ ; voilà ce que j’ai pu non pas voir, mais percevoir, car mon cœur éclata, et je ne me resouviens plus de rien.”
Voici ce qui s’était passé à ce moment suprême. Sur ses vives instances, Mme Montgomery fut laissée seule sur la véranda au moment de l'arrêt du Richmond.
Quarante- trois ans s’étaient écoulés depuis que son mari l’avait quittée, à ce même endroit, pour aller à Saratoga, et de là entreprendre la campagne du Canada ! Que se passa- t-il ? Nul ne le sait. Quand le Richmond reprit sa route, on trouva Mme Montgomery évanouie, et on eut beaucoup de peine à la faire revenir à elle.
Le lendemain, elle écrivait à son frère, qui était à la Nouvelle-Orléans :
“ J’ai beaucoup pleuré hier, mais je suis contente. Que pouvais-je désirer de plus grand, de plus honorable que l’ovation faite par l’Etat à tout ce qui reste de mon pauvre et brave soldat.”
A New- York on fit les choses grandement. Toute la ville était en deuil. Les troupes étaient sous les armes ; le canon de l’arsenal de marine, de la batterie et des forts tonnait de minute en minute ; les cloches tintaient les glas ; les drapeaux étaient en berne. Les cendres de Montgomery furent déposées, le 8 juillet 1 8 1 8, sous le monument qui a été érigé à sa mémoire dans l’église de Saint- Paul.
Ce chef-d’œuvre avait été sculpté en Lrance, d’après les ordres de Benjamin Lranklin. Ce grand homme en avait composé l’inscription : elle se lit ainsi :
— Ce monument a été élevé par ordre du Congrès , le 25 janvier 1776, ajin de redire