‹ Notes pour servir à l'histoire du Général Richard MontgomeryChapitre 9 sur 13 · ENLÈVEMENT DU CADAVRE DE MONTGOMERY · texte numérisé non relu

ENLÈVEMENT DU CADAVRE DE MONTGOMERY

le ier janvier, 1776

Cheeseman trouvés à côté de leur général. Ces derniers reposent encore dans la cour du quartier-maître général, àu tournant du chemin qui mène à la citadelle de Québec. Quand ces deux braves auront-ils leurs monuments ?

Le 30 août, le général américain avait fait un testament, en passant à la Pointe-àla-Chevelure. L’authenticité de cette pièce est attestée par la signature de Benedict Arnold.

La voici :

Volontés dernières et Testament de Richard Montgomery.

“Je lègue et donne pour son propre usage, à ma sœur lady Ranelagh, résidant dans le royaume d’Irlande, toute ma fortune personnelle. Elle en disposera à sa guise, mais elle ne touchera pas aux legs mentionnés plus loin.

NOTES SUR LE

“Toutes mes dettes légitimes devront être strictement payées.

“Je lègue et donne aussi à ma sœur lady Ranelagh ma propriété de Kingsbridge sise près de New- York. Elle en disposera à sa guise.

“A ma chère et tendre femme Janet Montgomery,je lègue etdonnemes meubles, mes instruments agricoles, mes chevaux, mes bestiaux, mes actions de banque, mes livres. Je joins à ces dons ma montre et mes instruments de physique, d’astronomie et de mathématique.

“Je lègue et donne aussi à ma chère femme ma propriété de Rynbeck, avec les chevaux et tout ce qu’il peut y avoir, à l’époque de ma mort.

“ La belle fortune que ma femme aura plus tard me dispense de lui en donner plus, de lui en donner autant que le voudrait tout mon amour pour elle.

“ La nombreuse famille de ma chère et pauvre sœur va absorber tout ce que j’ai pu économiser. Je recommande vivement à ma chère femme Janet, un ou deux des plus jeunes enfants de lady Ranelagh.

“Je prie l’honorable Robert Livingston, mon très honoré beau-père, et son fils mon beau-frère, en qui j’ai la plus grande confiance, de veiller à ce que ces volontés dernières et ce Testament, qui sont miens, soient exécutés à la lettre. Il peut se faire que la pression que fait sur moi en ce moment la chose publique et mon peu de connaissances légales rendent cette pièce incorrecte ou obscure, mais mes ordres sont précis, et j aime à croire qu’ils seront exécutés en conséquence, sans que l’on tente de se prévaloir des exigences techniques de la loi.

“ Mes frères que je respecte et que j’affectionne tant, se contenteront de ce qu’il me

reste à leur donner : mes vœux les plus ardents pour leur bonheur.

(Signé) Richard Montgomery.

f Robert Walker,

T émoins : <j Edward Mott,

[ J. I. Tétart.

“ Crown Point,” août 30, 1775.”

“ Ceci est pour certifier que les présentes volontés dernières et le présent testament du défunt général Montgomery ont été trouvés parmi ses papiers, quelques jours après sa mort, et que nous y avons de suite apposé les scellés.

“ Benedict Arnold.

“ Donald Campbell.”

Ces lignes sont écrites et signées de la main du général Arnold.

Le testament fut prouvé et enregistré au

bureau du “ Surrogcite ,” à Poughkeepsie, le quatrième jour d’août 1781.

Le général Montgomery n’a pas laissé de descendants.

Cette ferme de Kingsbridge mentionnée dans son testament était voisine de New- York. Elle contenait soixante et sept acres, et s’étendait sur la ligne de division qui sépare les Yonkers de Fordham. Ce fut sur une partie de cette propriété que l’on construisit plus tard le fort Indépendance. Pendant la guerre de la Révolution, la maison de Montgomery fut démolie, les vergers furent dévastés et brûlés ainsi que les arbres de haute futaie : les clôtures servirent aux feux de bivouacs, et la terre elle-même fut employée à élever des fortifications passagères.

Aujourd’hui la propriété de Kingsbridge a une valeur de plusieurs millions.

NOTES SUR LE

Montgomery était surtout un financier et un homme d’ordre. Ses plus petites dépenses étaient notées au jour le jour. Il avait pris cette habitude dès sa plus tendre enfance ; aussi n’avait-il jamais manqué d'argent.

A sa mort on trouva dans ses cantines les sommes et les effets suivants ; ces derniers furent presque tous achetés par le général Arnold.

Inventaire des effets et autres choses du défunt général Montgomery , dressé au “ Holland House ” le 2e jour de janvier t 776, en présence du colonel Donald Campbell, dit major F. Wissenfelts, du major Mott , de M. Ogden, dit révérend J ohn /. Têtard, et de Aaron Burr, aide de camp.

$ 1 1 1 dollars en billets “ Continentale .”

1 5 chelins, argent légal du Connecticut. Un sac, contenant 45 reçus pour une valeur de 5,740 louis, neuf chelins et 3 pences

half-penny, argent légal de New- York.

Dans ce même sac il y avait une ceinture de wampum blanc (rasade).

78 (half Johannes.)

% d’un (Johannes.)

2 pistoles.

50 (half Joes.)

193 chelins anglais.

Six demi-couronnes anglaises.

20 piastres espagnoles, neuves.

4 chelins — 10 cents en menue monnaie.

Total, ^347. 47

Le 3 janvier fut ouverte une valise noire, en présence du colonel Donald Campbell, du major John Brown, du major Fred.

Weissenfelts et d’Aaron Burr, aide de camp. Elle contenait :

1 7 chemises avec manchettes, dont 3 ont été vendues au général Arnold.

6 chemises vendues de 4 à 8 dollars.

K OTES S U 14 LE

io cravates en battistes ; 6 vendues à Arnold.

6 cravates en mousseline.

1 ici en soie, vendue à Arnold.

9 paires de bas de soie.

3 id en fil.

3 id en laine (une paire a été

donnée au nègre Dick.)

7 mouchoirs en toile et 2 en soie ; vendus à Arnold.

2 bonnets de cotons.

3 pantalons blancs.

2 gilets blancs de Hollande.

2 pantalons de Nankin.

i gilet et un pantalon en Casimir ; vendus à Arnold.

i paire de mitasses indiennes, fort belles, vendue à Arnold.

i paire de mocassins, vendue à Arnold.

i vieille redingote blanche.

î paire de draps (donnée à l’hôpital).

2 taies d’oreillers.

1 paire de souliers en cuir et deux paires en toile.

2 paires de boucles d’argent.

i douzaine de couteaux et de fourchettes, vendues à Arnold.

i paire de demi-bottes avec boucles d’argent.

i paire d’éperons.

i paire de gants.

i manteau brun, de patrouille.

6 cuillères à table, en argent ; vendues à Arnold.

6 cuillères à thé.

6 cuillères à table en argent, et des pincettes à sucre en argent, empruntées à Montréal, remises à Arnold.

5 rasoirs.

i boîte à toilette, i peigne en écaille de

tortue.

Il y avait à part :

1 matelas et deux oreillers.

2 couvertures, i courte-pointe, vendues au colonel Warner.

i robe en buffle, i brosse à habit, vendues à l’aide de camp Burr.

i porte manteau de selle, remis au major Ogden.

i vieille valise, 5 nappes de table, vendues au général Arnold.

Le produit de cette vente rapporta £19 8s. 6d. Montgomery laissait aussi quelques volumes. C’étaient les Rêveries du maréchal de Saxe, les premiers et deuxième livres de Polybe, X Ingénieur de Campagne de Clarroc, les volumes 3, 7, 8 et 10 de la Science Militaire , et le dictionnaire anglais de Johnson.

Ils furent remis, sur autorisation du général Schuyler, au colonel Ed. Audi, qui en donna reçu.

L'inventaire est certifié par Donald Campbell, assistant quartier-maître général, par Mott, Ogden, J. I. Têtard, Fred, Weissenfels, M.B.

La note suivante se trouve au bas de l’inventaire :

“ Sur la demande du colonel Donald Campbell, le gouverneur Carleton a fait remettre la montre et le cachet du général Montgomery. Le colonel Campbell a confié ce précieux dépôt à MM. Jeffries et Minott avec ordre de le remettre à Montréal au général Wooster. Ces bijoux ont été envoyés de là au lieutenant-colonel Ritzma à New- York, qui les a fait tenir à Mme veuve Montgomery avec une copie certifiée de l’inventaire cité plus haut \

1 Mon ami, le savant docteur Coyteux-Prévost d’Ottawa, possède une vieille montre en or qui lui vient de l’un de ses oncles. Sur le boitier on voit finement ciselée, la scène de la mort du général Montgomery.

NOTES SUR LE

On trouva aussi dans les papiers

de Mont-

gomery les notes suivantes sur les chiffres de la garnison de Québec :

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