ENDROIT OU DAMBOURGÈS A ÉTÉ BLESSÉ, QUÉBEC
balles et de boulets s’engouffrait par la rue Champlain ; et, frappant les rocs et les aspérités du cap Diamant, il tombait projectile sur projectile.
Québec, tout rajeuni, sentait couler fièrement son sang de sa veine large et généreuse, et retrouvait enfin son indomptable ardeur militaire.
La canonnade mêlait ses notes basses aux crépitements de la fusillade : la mort semblait planer suspendue au bout de l’aile de la tempête qui passait toujours, emportant l’année qui finissait, et mêlant à la poussière des vanités évanouies beaucoup de sang et beaucoup de sanglots.
Il en fut ainsi jusqu’au point du jour ; puis tout redevint paix et silence.
Québec était sauvée.
Dans la journée, on déblaya la neige autour des morts.
NOTES SUR LE
Au pied de la barricade de Près-de-Ville, on trouva le général Montgomery, ensanglanté et roidi par le froid. Sa main et une partie du bras gauche sortait du banc de neige qui le recouvrait. Les genoux s’étaient rapprochés de la poitrine au milieu des spasmes de l’agonie. A leur poste de combat, près de lui, étaient les cadavres de ses deux aides de camp, McPherson et Cheeseman.
Près-de-Ville était sous les ordres du capitaine Chabot, de l’artillerie canadiennefranyaise. Il avait commandé le feu, et le même coup de mitraille avait foudroyé le général, son état major et tout le peloton d’avant-garde.
L’infatigable chercheur, M. Alfred Garneau, m’a communiqué les renseignements suivants sur ce qui s’était passé pendant cette nuit mémorable. Ces notes sont de l’écriture d’un des ancêtres de ma femme, M. Berthelot d’Artigny.
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