‹ Notes pour servir à l'histoire du Général Richard MontgomeryChapitre 8 sur 13 · SH · texte numérisé non relu

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“ 31 déc. 1775, Sault-au-Matelot.

“A la maison de Mr Traiman, ci-devant de Mr Sauvageau du côté nord, était la ire barrière au nord-est du Sault-au-Matelot : les Américains n’y trouvèrent qu’une sentinelle, c’était un matelot qui ayant inutilement appelé la garde, faute de mèche, mit le feu à un canon avec l’amorce de son fusil. Comme il se proposait de tirer encore les Américains le tuèrent à coup de lances. Son coup de canon ne porta pas à faux, car le guide des Américains qui était un Canadien fut tué.

“ Le passage sous la maison de Pierre Paquet est l’endroit où les Américains délogèrent une garde enivrée, qui se tenait dans la maison à l’ouest d’Antoine Paquet, alors appartenant à un nommé Bernier.

Cette garde était composée d’Anglais. Au coin ouest de la maison de Dubé, main-

tenant appartenant à Mr Jacques Voyer, était une barrière que défendait le capitaine Alexandre Dumas, français d’origine. C’est au coin sud-ouest de cette maison que le capitaine d'Ambourgest est entré. Il y avait une palissade en cet endroit jusqu’au quai de Mr Adam Lymbourner alors absent et retiré avec beaucoup d’Anglais dans l’ Ile d’Orléans.

“ Il y avait une batterie au coin nord-est de la maison de ce Mr Lymbourner sur un quai où combattit vaillamment Mr Dalay, qui eut la langue coupée par une balle des Américains logés dans les maisons du Sault-au- Matelot. Dubé y eut le nez coupé par une balle. Il y avait un corps de garde ou un piquet chez Mr Adam Lymbourner.

Cette maison était occupée par Mr William McNider, pendant que Mr Lymbourner était à l’Ile d’Orléans, comme nous venons de le dire.

“ 31 décembre 1775 Près-de-Ville.

“ Au hangar de Mr Anthony Anderson, Qui alors appartenait à l’honorable Harrisson, était la première barrière de ce côté de la ville, mentionnée par Mr René. Il y en avait pourtant plusieurs autres dans la basse ville, mais on ne les mentionne pas parce qu’elles n’ont pas figuré en ce jour par aucun acte militaire. A la potasse de Mr Price était le corps de garde et un peu à l’ouest la palissade. Cette maison maintenant appartient à la succession de la famille Bréhaut. A l’extrémité ouest était un grand hangar où il y avait deux pièces de canon dans le grenier, portant droit sur la plateforme ou le chemin. Il y en avait deux, sous la palissade, un cinquième canon dans une petite bâtisse au bout de la maison, et le canon était à la disposition des miliciens canadiens. Il y avait à l’ouest, à environ

NOTES SUR LE

vingt pas du corps de garde, une autre palissade, par une des embrasures de laquelle le chien mentionné dans la narration de Mr René entra.

“ Plus loin encore à l’ouest, environ cent trente pas, était la barrière ou les deux pieux ou pointes de la barrière mentionnés par M. René, furent inutilement coupés.”

L’envoi de ce premier document était accompagné des remarques suivantes, faites par M. Alfred Garneau :

“ En vidant un tiroir ou j’avais à la longue accumulé de quoi faire une botte de paperasses, j’ai trouvé cette petite note, que j’avais griffonnée à Québec, après une conversation avec le Dr Wells, le 16 septembre 1872 :

“ Lundi, 16 sept. 1872.

“ Le Dr Wells, qui soigne ma sœur toute souffreteuse depuis le printemps, et

qui n’est pas seulement un bon médecin, mais un causeur fort renseigné, a connu autrefois une veuve Gagné (Marie Marc) née vers 1761 ou 1762. A l’époque du siège de Québec par les Bastonnais, ses parents demeuraient à Près-de- Ville, à peutêtre quatre arpents en deçà de la barricade élevée près de la barrière. Leur maison était la dernière habitation de ce côté. Le matin du Ier janvier, une forte détonation ébranla tout à coup les vitres, et les femmes qui se trouvaient seules, réveillées en sursaut et saisies de frayeur, coururent se cacher dans la cave, sous des cuves. Au point du jour, un vieillard vint frapper à la porte, et leur dit qu’on avait tiré sur les Bastonnais à toute mitraille. Lorsqu’il fit grand jour, des miliciens partirent en éclaireurs pour examiner le chemin. Il tombait une grosse neige épaisse. La veuve Gagné racontait qu’à une petite distance de la bar-

NOTES SUR LE

ricade, ils avaient vu un bras roidi sortant d’un amoncellement de neige ; ils déblayèrent et découvrirent un cadavre, puis un autre. . . Ils retirèrent ainsi de sous l’épais linceul blanc qui les avait recouverts durant les dernières heures de la nuit, tant de morts qu’on en remplit dix-huit traîneaux.

“ Une des femmes qui était avec Marie Marc, reconnut parmi eux un Canadien du nom de Desmarais, marchand de la basse ville, proche l’église.

“ Elle disait encore, au sujet de Charland, qui s’était distingué un peu plus tard, qu’il avait reçu en récompense une jolie somme d'argent ; mais qu’il n’avait pas reçu de distinction parce qu’il était taré, ayant été marqué d’un fer rouge à la main pour un méfait.

“ La veuve Gagné est morte à l’âge de quatre-vingts ans ou environ, dans la pleine jouissance de ses facultés mentales, particulièrement de sa mémoire. Elle avait

eu une certaine instruction, et s’exprimait bien, dans un langage correct. Son père était né en France,”

L’attaque contre Québec était préméditée depuis longtemps. Montgomery écrivait à son beau-père le juge Livingston, en date de Montréal :

“ Si mes troupes sont peu nombreuses, celles de Carleton ne sont pas formidables. L’étendue de ses fortifications, en cas de siège pourrait lui être favorable ; mais d’un autre côté elle nous sera utile. Maître de mon secret je peux choisir pour les attaquer une heure particulière (ci par ticular time ) et un endroit (placé) particulier. Pour repousser cette attaque les troupes anglaises doivent être constamment sur le qui-vive et attendre cette heure et guetter cet endroit. Nuit et jour cette nécessité s’imposera à la garnison de Québec. Or, comme il y a des brandons

de discorde dans la garnison, elle peut à un moment donné forcer Carleton de capituler ou bien elle peut opérer une sortie. Cette dernière hypothèse me donne une faible espérance ( giimntering hopé). Le succès de YVolfe n’a été qu'un coup de chance ou mieux encore une série de coups de chance. Tout calcul honnête et scientifique était contre lui, et cela a duré jusqu’au moment où Montréal a permis à son courage de prendre le dessus sur son jugement. Ce jour là, le marquis a quitté sa forteresse pour combattre en plaine. Carleton a été le quartier maître général de Wolfe. Il comprend sa situation et j’ai crainte qu’il ne suive pas l’exemple du général français.”

Carleton qui avait une estime profonde pour Montgomery, le fit enterrer avec les honneurs militaires, ainsi que ses deux aidede-camp, les capitaines Macpherson et

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