‹ Notes pour servir à l'histoire du général Richard Montgomery [microforme]Chapitre 9 sur 30 · DEAN VE · texte numérisé non relu

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de linfectation des ennemis, votre grandeur nous enverra quelque mandement. il ne me conviendrait pas d'en prevenir le temps, je nay rien fait, et

jattendrai vos ordre

jai l'honneur detre avec le plus profond respect de votre grandeur Monseigneur

le tres humble et tres obeissant serviteur

MoONTGOLFIER.

Peu fait pour la vie politique, Montgomery était un militaire dans toute l'acception du mot. Il ne connaissait qu'une chose, l'obéissance ; il ne se courbait que devant une autre chose, la discipline. Choisi parmi les huit premiers brigadiers généraux ,il ressentit profondément toute la responsabilité de cet honneur que lui confiait sa nouvelle patrie, et il se promit d'en être digne jusqu’à la fin.

Cet honneur le laissa calme mais décidé.

Il avait déjà un pressentiment de l'avenir.

Il écrivait à l’un de ses amis :

GÉNÉRAL RICHARD MONTGOMERY 3l

ir nous “ Le Congrès vient de me faire l'honneur endrait de me donner un brevet de brigadier géné- 1 t e , » .

Put ral. Voila, certes, un événement qui va couper court à mes rêves de vie tranquille, spect ; ‘ de vie rurale. Ne leseront-ils que momen- 4 p -] PA AE) | tanément ? Ne le seront-ils pas four lou ut jours ? Cette haute position était inattendue UE : pour moi : jé ne l'avais pas sollicitée. Tout de même le vœu d’un peuple opprimé, forcé ontgo- À de choisir entre la liberté et l'esclavage, -eption doit-être obéi.” chose Il fallait partir. Mme Montgomery accomantune . CE pagna son mari jusqu'à Saratoga.

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Le beau-frère de Montgomery était aussi essentit ‘ * à du voyage. Il avait alors onze ans, mais il e cet k : * Ë conserva toujours le souvenir de cette sépaatrie, et te LA à ration, et longtemps après Edward Livings à la fin. ser RARE ton en parlait ainsi :

décidé.

‘avenir. ‘“Le moment de se dire adieu était

venu. Nous n'étions que trois dans la

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chambre du général : lui, ma sœur et moi.

Montgomery était assis tout rêveur dans un fauteuil. Sa pensée semblait scruter l'avenir. Un silence douloureux planait sur ma sœur et sur le général, pendant que ma curiosité d'enfant était tout yeux pour admirer le bel uniforme chamarré d’or que portait Montgomery. Tout à coup la voix sonore et grave du général rompit le silence :

“ I] récitait la tirade du poète anglais :

“ Zis a mad world, my master. ZT once thought so ; now I know tt.

“Son ton vibrant, son calme, son grand air, me suivent encore, quand je songe à ce jour-là. Je me retirai sans bruit.”

Wolfe, la veille de sa mort, récitait à demi voix à son état major l’élégie de Grey, qui se termine par ces mots :

—Le chemin de la gloire ne conduit qu'au tombeau !

t moi. Montgomery allant lui aussi au sacrifice, lans un résumait toutes les douleurs de cette sépaavenir. ration dans cette citation.

a sœur “__Ces paroles furent les dernières qu'il riosité prononça ; depuis je n'ai jamais revu le géné- - le bel ral, ajoute tristement Edward Livingston.” Mont-

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Montgomery, pendant la campagne canadienne, n'écrivit que neuflettres à sa femme. En ces temps-ià les communications postales entre leCanada et New-York étaient longues et pleines de périls. Par le plus beau temps, un sloop mettait une semaine à faire le trajet entre Albany et New-York. En comparant les dates, on se convaincra que plusieurs de ces missives furent au-delà de deux mois en route.

Voici la première ; elle est datée de l’Ileaux-Noix, septembre 12, 1775 :

Ma CHÈRE JANET,

Je suis tout navré ; mes troupes se conduisent si mal, que je me repens amèrement d’avoir accepté ce commandement. L'autre jour, je descendis la rivière avec 800 ou 900 hommes ; le but de cette petite

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LETTRE AUTOGRAPHE DU GÉNÉRAL MONTGOMERY, ADRESSÉE AU COLONEL BEDDEL., ST-JEAN

expédition était de couper les communications entre Saint-Jean et Montréal. Il était nuit quand ce détachement fut conduit aux chaloupes, Moins d’une demi-heure après, il me revint dans le plus grand désordre, Cette panique avait été causée par quelques traînards qui faisaient quelque bruit dans les broussailles. La première ligne se débanda et entraîna les autres daus sa fuite. Ils sautaient comme des moutons ; je ne saurais dire si quelques-uns d’entre eux ont résisté à la couardise, mais ce que je sais, c'est que tous se sont conduits plus ou moins mal,

A force de prières, de menaces et de reproches, je les forçai à rebrousser chemin et à regagner les embarcations. Une heure après, ils me revenaient avec la même frayeur et la même rapidité.

Dans une de mes dernières excursions, mon avantgarde a surpris dans une cabane un officier Canadien et quelques Indiens ; cet officier et un Indien furent tués, mais les autres ayant riposté quelques coups de fusil, tout mon monde s'est mis à tirer à tort et à travers. Sur quoi ? sur qui? sur rien |

Mais revenons à mes chaloupes. L’officier commandant était Ritzma. Il me démontra coute l’impossibilité de faire marcher ses gens. Le matin suivant, j'essayai de les persuader de nor "eau ; mais

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sans le moindre succès. Pour résumer, jamais de ma vie je n’ai vu une collection plus complète d'aussi lâches misérables (#wsi//animous wretches). Ah ! si je pouvais, sans éclabousser mon honneur, laisser aujourd’hui cette armée, je ne resterais pas ici une heure de plus. J'ai grand peur qu’on ne nous ait représenté bien « trop exactement le caractère de ce peuple. Néanmoins, il y a ici certains hommes qui m'inspirent de la confiance. Ils s’occupent beaucoup du soldat, de son instruction, de son bien être, et tous ces soins me laissent sous l'impression qu’ils peuvent réussir à en faire des hommes. Le pis c’est que nous sommes assez malheureux pour avoir des Canadiens qui sont témoins de toutes ces hontes ! Que vont-ils penser des braves Bastonais ? Je n’en sais rien. S'ils les jugent comme moi, ils ne sont pas prêts à mettre leur confiance entre les mains de pareils amis.

Vous ne montrerez cette lettre qu'à votre père. Elle desservirait à coup sûr notre cause, si elle était lue par d’autres ; et il faut cacher nos faiblesses.

Puissé-je dans ma prochaine vous donner de meilleures nouvelles !

Adieu, ma très chère Janet, Croyez-moi votre très affectueux, RICHARD MONTGOMERY,

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Quel contraste entre cette lettre de Mont-

gomery appréciant ainsi ses troupes, et ce billet, écrit en français, que le lieutenantcolonel MacLean adressait quelque temps après à ses officiers. M. Alfred Garneau me permet de le citer en entier, avec ses fautes d'orthographe. Il n’en a que plus de saveur.

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