‹ Notes pratiques d'ophtalmologieChapitre 9 sur 11 · II. — Conjonctivite purulente · texte numérisé non relu

II. — Conjonctivite purulente

Observation. — Bolazzi Emilie - 9 mois - de Lonate Pozzolo. - Elle contracta très probablement le mal par contact avec une domestique affectée de conjoctivite des nouveau-nés. - Elle fut admise le 15 août 1885. - Elle présente dans les deux yeux: les paupières très tuméfiées, d’apparence érysipélacée - décloses elles laissent écouler une grande quantité de pus - la conjonctive tarsale est voilée - la bulbaire injectée et chémotique - la cornée droite est dénudée d’épithelium dans le centre. Le jour suivant il y a décroissance de la pyorrhée, mais l’ulcère de la cornée s’est fait plus profond et paraissait entouré d’un gros cercle très gris. On a néanmoins continué le traitement et elle put être renvoyée le 30 août, après 15 jours de cure ne présentant plus qu’un mince leucome au centre de la cornée.

III. — Conjonctivite membranacée avec ulcère cornéen et avancement de l’iris.

De cinq cas nous relatons les deux plus importants.

Observation l.e — S. Jules, de 3 ans, milanais. - Il est malade depuis vingt jours environ, traité d’abord par le nitrate d’argent. - Il entre à la Clinique

le 26 février 1885.- Il présente dans les deux yeux: paupières tuméfiées, sécrétion externe abondante et épaisse - la conjonctive est enflée, couverte de grosses pseudo-membranes faciles à détacher - dessous ces croûtes le tissu est rouge et sanguinolent - la conjonctive bulbaire est injectée et chémotique - la cornée droite est profondément ulcérée dans le milieu inférieur, avec une vaste procidence indienne; la gauche est ulcérée dans deux cinquièmes inférieurs et la chambre est abolie. — On excise la procidence indienne et l’on fait les médications sus-indiquées avec l’iodoforme et l’ésérine. Après un mois environ on avait la conjonctive légèrement hypérémique, des leucomes adhérents qui n’occupaient que le tiers inférieur des deux cornées. On garda pourtant encore la malade pour lui exécuter des iridectomies supérieures dans un but optique.

Observation 2S — M. Antoine, de 6 ans, de Morcote (Canton du Tésin). - Il est malade depuis un mois - il n’a fait aucun traitement à domicile. Il se présente et est admis le 20 novembre 1885. - Dans l’œil droit les paupières sont tuméfiées et closes par suite de photophobie douloureuse. - Conjonctive tarsale couverte de pseudo-membranes blanc-jaunâtres. Dans le quart inférieur de la cornée il y a une vaste procidence iridienne; prèsque tout le reste de la cornée est gris par suite d’infiltration récente. On exécute l’excision de la procidence et en employant le traitement habituel au bout de huit jours seuls on obtient la guérison avec un simple albugo adhérent à la partie inférieure de la cornée.

IV. — Conjonctivite graiiulo-trachomateuse avec acuité blennor-

rhagique et ulcère de la cornée.

On en a noté treize cas, dont voici les quatre plus intéressants:

Observation l.e — Julie Cadorni de Milan, 32 ans. - Elle est depuis plusieurs années affectée de conjonctivite granulo-trachomateuse. Depuis un mois elle a eu une grave recrudescence qui a été vainement soignée de différentes sortes par un autre oculiste. Elle est reçue à la Clinique le l.cr janvier 1885 présentant les phénomènes suivants: dans les deux yeux: paupières très tuméfiées avec tendance à érysipèle, sécrétion abondante de muco-pus jaunecrêmeux; lorsque les paupières sont renversées elles laissent apercevoir une luxuriante végétation de gros granules rouges et jaunes, de grandeur inégale, toutes couvertes d’un mince enduit blanchâtre très difficile à détacher. Dans l’œil droit il y a un léger chémosis péricornéen; la cornée est criblée d’ulcéres et de petits abcès qui laissent à peine entrevoir la couleur de l’iris ét les pupilles. — Dans l’œil gauche le chémosis est très abondant et débordé au travers des paupières la cornée dans les trois cinquièmes inférieurs externes présente une large brèche d’où s’externe presque tout l’iris - les deux autres cinquièmes sont infiltrés et la chambre est abolie - vives douleurs et photophobie très intense. - On lui faisait la même cure avec de très abondantes pulvérisations d’iodoforme, et les instillations d’ésérine en ajoutant seule-

ment 5 incisions transversales de la grosse procidence iridienne. En moins de quinze jours la pyorrhée avait presque complètement cessé et voici comment les yeux se présentaient le 16 janvier - œil droit - la paupière supérieure légèrement œdémateuse, granulations moins denses, mais petites et rouges-jaunâtres - la conjonctive bulbaire blanche - la cornée ne présente qu’un seul petit ulcère brillant dans le centre - œil gauche: les paupières sont à peu près entièrement détuméfiées : les granulations considérablement diminuées la conjonctive bulbaire blanchâtre dans le centre devient rosée près de la cornée; l’infiltration dans cette dernière a disparu peu à peu et les deux cinquièmes supérieurs internes sont transparents ; des trois autres cinquièmes, largement ouverts, une grande partie s’est reconstituée avec une cicatrice demi-transparente; l’avacement iridien s’est reserré. — Le 30 du même mois : la cicatrice s’était complétée - en employant un traitement régulier on laisse nn espace utile pour exécuter une iridectomie ce qui a été fait ensuite avec un heureux résultat.

Observation 2 .“ — Ballarini ïïetor, 23 ans, de Lodi, sous-officier. - Depuis plusieurs années, il est affecté d’une ophtalmie granulo-trachomateuse et il fut admis à la Clinique d’où il sortit très amélioré. Il y revient le 12 janvier 1885 avec une très grave recrudescence due probablement à quelque cause rhumatismale. Dans l’œil gauche il présente les paupières tuméfiées de couleur rouge-ponceau, brillantes et chaudes. - Décloses elles donnent cours à un pus abondant conjointément aux larmes - il y a chémosis sarcomateux tout autour de la cornée; la conjonctive et couverte d’une espèce d’enduit blanchâtre d’épaisseur irrégulière qui infiltre profondément le tissu par ce que l’on ne réussit pas à le détacher - la cornée a un vaste ulcère central perforé dans le quel se trouve adhérent le petit cercle de l’iris, douleurs bulbaires lancinantes - on empoloie le traitement habituel. - Après douze jours le catarrhe puriforme est sensiblement diminué - l’ulcère s’est détergé et se répare, la moitié supérieure interne du petit cercle pupillaire n’est plus adhérente.

Un mois après on obtient la guérison avec un petit-leucome adhérent à l’iris et après un autre mois l’adhérence s’est rompue et la vue retournait presque normale (nous ne disons rien de l’œil droit qui fut perdu).

Observation 3.c — Vital Cantù - menuisier de Sérégno - 40 ans. - Il avait été admis l’Institut en 1884 à la suite d’une forte recrudescence d’anciennes granulations dans l’œil gauche avec ulcère de la cornée et avancement de l’iris.

On lui avait exécuté dans un but optique et curatif une pupille artificielle supérieure interne. — Il se représente le 1e janvier avec les mêmes symptômes dans l’œil droit. Les paupières fortement tuméfiées sécrètent un pus abondant - les granulations sont abondantes irrégulières, la conjonctive tarsale hypérémique, la conjonctive bulbaire est chémotique - la cornée couverte en totalité par un pannus sarcomateux - à la suite du traitement usuel et dans l’espace d’un mois on obtient la cessation entière du catarrhe

puriforine, la diminution des granulations trachomateuses et la guérison presque complète du pannus coruéen.

Observation 4.e — Monici Réné - 24 ans, cantonnier de Milan. Malade depuis 7 mois d’une conjonctivite gramüo-trachomateuse dans l’œil gauche - il avait eu récemment une grave recrudescence. Il présentait le jour de son admission à l’Institut - 24 septembre 1885 - les paupières énormément tuméfiées sécrétant en abondance une humeur purulente - la conjonctive tarsale couverte de granulations, grosses, irrégulières, rouge-jaunes, infiltrées de l’habituel enduit blanchâtre - la conjonctive tarsale chémotique, la cornée vascularisée par un vaste ulcère central et une légère hernie de l’iris réunissant la partie supérieure du circuit - douleurs vives et continuelles on suit le traitement usuel - un mois après de tous ces symptômes imposants il ne restait qu’un leucome applani légèrement adhérent à la partie supérieure du petit circuit; les trois cinquièmes inférieurs de la cornée sont indemnes. On le garde encore à la clinique pendant quelque temps pour lui faire une iridectomie dans le bas qui réussit très satisfaisante.

Ulcères cornéens multiples plus ou moins vastes et compliqués.

Un nombre infini de cas qu’il est superflu de relater.

VI. — Conjonctivites granulo-trachomateuses avec ulcères et pannus cornéens.

Cas très nombreux dont la description est également superflue.

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