‹ Notes rectificatives pour servir à l'histoire des microscopes. Adressées à Messieurs les membres de l'Académie royale des sciences de FranceChapitre 7 sur 12 · TEMPS DD 12 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

TEMPS DD 12 SEPTEMBRE

A M. le rédacteur du Temps.

Monsieur le rédacteur,

Permettez-moi de répondre dans votre journal à deux articles insérés dans le feuilleton du Natio nal de s 27 août et 4 septembre derniers. Ils contiennent quelques assertions inexactes qui peuvent m'être préjudiciables, et qui me dépouillent du titre que m’ont reconnu jusqu’ici les savans, de constructeur des premiers microscopes achromatiques .

Ce n’est point à M. Selligue qu’appartient l’honneur de celte invention. Avaat le 3o août 1824» j’avais fait paraître cet instrument d’après les principes posés par le célèbre Euler en 1774» et M. Selligue qui en fit chez moi l’acquisition, n’avait contribué en rien à sa construction.

Quant à la déperdition de lumière, que l’auteur de l’article du National signale comme conséquence de l’emploi du prisme , celte objection s’appliquerait à tous les Microscopes construits d’après le même système, s’il n’y avait pas une différence énorme entre les prismes faits avec de mauvais verres et pleins destries, et ceux qui sont d’une entière pureté : lcsrniens sont dans ce cas. Pour arriver à ce résultat, je soumets le verre à des préparations particulières qui me donnent des indications infaillibles.

Quant à MM. Bouquet, Trécourt et Georges, ils n’ont fait paraître leur Microscrope que vers 182Q. Aussi bien qu’eux et avant eux, j’ai su faire des lentilles achromatiques d’un millimètre et demi, et mettre presque en contact les systèmes binaires de Crown et de Flint pour les forts grossissemens. II est inexact de dire que M. Bouquet approvisionne de lentilles tous lès opticiens de Paris; pour moi , je ne lui en ai jamais acheté une seule. Il n’est pas plus vrai d’avancer que j’ai copié le microscope de M. Raspail. J’offre de soumettre mes microscopes à une enquête comparative, et me fais fort de livrer au même prix que M. Trécourt des microscopes mieux construits et d’un service plus facile.

Agréez, etc. Vincent Chevalier ,

RÉFUTATION

M. le rédacleur du Temps,

Permeltez-moi , monsieur , de faire une courte réponse aux lettres de MM. Chevalier, insérées dans votre numéro du 7 de mois.

L’auteur du premier Microscope achromatique, à objectif conjugé, est bien M. Selligue (56), qui le construisit en 1 823, sur la demande de MM. Dumas, Brongniart etGuillemin. M.Selligues’adressa àM. Vincent Chevalier pour la confection des verres. Cet opticien eut beaucoup de peine à com-

MonsieurJe rédacteur du Temps,

Le Nationale inséré, dans son feuilleton du 27 août dernier, un article que l’on annonce comme rédigé dans un but scientifique, mais dont le résultat est de favoriser les intérêts pécuniaires d’un de mes confrères aux dépens des miens, malgré les médailles d’or que j’ai obtenues, soit à la dernière 'exposition des produits de l’industrie, soit à la Société d’encouragement.

Comme ce journal a tronqué la réponse que je lui ai adressée dans son numéro du 4 septembre dernier, et que toute discussion nouvelle deviendrait pour lui une bonne fortune, puisque ce serait attirer les regards du public sur un instrument qui parait avoir besoin de ce moyen pour fixer l’attention, je renonce dès ce jour à toute polémique avec lui.

L’Académie des sciences, àlaquclle j’ai eu l'honneur de soumettre mon Microscope, ayant chargé MM. Arago, Dulong et Savartde l’examiner et de lui en faire un rapport, la vérité tout entière ressortira de ce jugement rendu par des savans dont personne, il faut l’espérer, n’osera contester les connaissances et l’impartialité.

Veuillez , Monsieur , insérer cette lettre dans votre plus prochain numéro.

Votre très-dévoué serviteur , Charles Chevalier ,

Ingénieur-opticien, Palais-Royal, n° i63,à Paris.

Paris, 4 septembre 1 834-

(56) M. Selligue eut effectivement l’idée, en 1823, de faire renouveler les tentatives déjà faites en France, pourachromatiser les Microscopes, et il s’adressa pour cela à MM. Vincent Chevalier, père et fils, qui construisirent l’instrument présenté à l’Académie des

sciences.

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