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Des transitions

C'est le privilège des esprits supérieurs de concevoir les choses d'une manière si juste, si naturelle et si complète, que leurs idées se suivent et s'adaptent si bien les unes aux autres "qu'elles s'unissent d'elles-mêmes, sans ciment." Pour les simples mortels que nous sommes les idées ne s'unissent et s'enchaînent qu'au moyen de traits d'union que l'on appelle transitions. Les unes sont dites grammaticales, les autre s, oratoire s.

Les transitions grammaticales servent à unir deux idées ou deux propositions. Elles sont généralement composées d'un seul mot (verbe ou côn-4 jonction) ou de, tout au plus, deux ou trois mots (locutions conjonctives). .

Le trait d'union le plus solide et le plus fréquemment usité entre deux idées, c'est le verbe, qui peut toujours, au besoin, se réduire au verbe substantif "est". Pour en arriver là, il faut parfois, décomposer la phrase, tant ce verbe est alors intimement lié avec l'attribut.

La conjonction n'opère pas une fusion aussi parfaite, cependant, elle est très souvent employée. Il yeen a pour toutes les nuances. Elles introduisent une idée:

a) de coordination: et, ou, ni,...

b) de réserve: mais, cependant, néanmoins...

c) d'addition: or, d'ailleurs, de plus, d'autre part,..

d) de preuve: car, en effet,..

e) de conséquence: donc, aussi, ainsi, par conséquent,.'..

f) de subordination: comme, si, que, et toutes -les' conjonctions composées de que: lorsque, parce que,..

Ces transitions ne présentent guère de difficulté, car elles s'apprennent inconsciemment avec la langue. L'enfant est peut être incapable de définir le rôle de ces conjonctions, mais il sait s'en'servir au besoin.

Les transitions oratoires, servent à unir deux preuves, deux aspects différents de la même question, ou même deux points d'un discours. La rhétorique en distingue trois sortes:

a) La transition par filiation naturelle des idées. C'est la meilleure mais non pas la plus facile. Les, esprits cultivés y atteignent assez facilement.

b) La transition complète, qui consiste à résumer en quelques mots ce qui vient :dfêtre dit et 'à annoncer ce qui va suivre. C'est la transition la plus facile et la plus claire; c'est aussi la moins littéraire,

c) , La transition artificielle procède par objection (vous me direz peut ' être que,..), ou par interrogation (Cette règle ne souffre-t-elle pas

d'exceptions*?..) pour se glisser d'un aspect de la question à un autre sans heurt et sans secousse.

C'est l'emploi judicieux des transitions qui permet à l'orateur de donner aux idées plus ou moins disparates qui entrent dans un discours, l'allure d'un tout complet, coulé d'un seul jet.

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