‹ Notes servant à l'étude des préceptes de rhétoriqueChapitre 32 sur 38 · ARTICLE QUATRIEME - L'ELOQUENCE DE LA CHAIRE · texte numérisé non relu

ARTICLE QUATRIEME - L'ELOQUENCE DE LA CHAIRE

L'éloquence de la chaire ou éloquence sacrée, c'est la prédication de la parole de Dieu pm' gcb ffiiinistros, faite aux hommes pour les instruire et les sauver.

^Parole de Dieu. Voilà ce qui la distingue de toute autre espèce d'éloquence. Il s'agit de l'Evangile et de l'ensemble des vérités révélées que l'éloquence sacrée a pour but de faire accepter à l'intelligence et au coeur. . . ' ■ ■ no'„

Par ses ministres. Pour exercer un ministère aussi important il faut en avoir reçu la mission,

L'orateur sacré 1' emporte donc sur 1' orateur -profane 1° par la nature de sa mission qui lui vient de Dieu. "Pro Christo

legationè fungimur." 2° par les vérités qu'il enseigne. C'est son privilège de n'avoir à

parler que de grandes choses.

3° par le but qu'il se propose: continuer la mission du Christ, sauver

les hommes,

Les sources de l'éloquence sacrée.

1, L'Ecriture sainte est la source première et principale de l'éloquence sacrée parce qu'elle contient le trésor des vérités révélées. Elle renferme aussi. des trésors d'éloquence:, images, touchantes, grandioses ou terribles, exemples merveilleux de toutes les vertus.

2. Les Pères de l'Eglise qui ont brillé par là sainteté de leur vie autant que par la profondeur et l'éloquence., de leurs ouvrages. Le prédicateur peut s'en servir en leur empruntant leurs interprétations sur la Sainte .Ecriture, en invoquant leur témoignage pour fixer la tradition catholique, en se rendant propres leurs mouvements oratoires.

Les meilleurs modèles d'éloquence parmi eux sont: S. Jean Chrysostome, S. Basile, S. Grégoire de Nazianze, S. Augustin, S. Cyprien, S. Ambroise, S. Jérômo, S. Bernard, Tertul21?n.

3. La théologie, dont le fl jnbeau doit constamment éclairer l'exposition du dogme et de la. morale; la liturgie; l'histoire de l'Eglise, qui offre des exemples et des traits frappants. On peut se servir des auteurs profanes ,pc . . vu qu'on le fasse avec tact et sobriété.

Différentes espèces de discours sacrés.

1. L'homélie est une explication familière de l'Evangile ou d'un livre quelconque de l'Ecriture sainte d'où l'on tire des réflexions morales pour l'instruction et l'édification des auditeurs. C'est l'espèce la .plus utile aux fidèles et la plus ancienne 'dans l'Eglise.

2°, Le prône est une instruction courte et familière sur un^ sujet de dogme ou de morale. Cette espèce est souvent préférable à un sermon en règle; car la plupart des auditeurs ont plus besoin d'être instruits que -d'entendre de beaux développements oratoires sur la religion.

3. Le sermon est un discours religieux sur un sujet dogmatique ou moral, où l'on observe plus rigoureusement les préceptes de l'art oratoire. Il comporte: texte, exorde,-. division, plan régulier, péroraison.

Le. texte tiré de la Sainte Ecriture, .doit renfermer en substance le sujet du discours, et même en indiquer les principales divisions. Il ne doit être ni trop long (il ne se retiendrait pas), ni trop court (il paraîtrait singulier),

L' exorde doit être simple, pieux^ modeste, adapté au sujet et aux ^ dispositions de l'auditoire; court, parce que d'ordinaire, le prédicateur n'a pas à dissiper de préventions personnelles et ne doit pas parler trop longuement;:."

La péroraison peut renfermer jusqu'à quatre parties: une courte récapitulation des vérités' contenues dans le sermon; ^les conséquences morales qui en découlent; une exhortation pathétique qui détermine les volontés encore flottantes; une invocation à Dieu ou aux saints pour obtenir la grâce dont il s'agit.

4. La conférence est un 'discours où l'orateur de la chaire présente les •j "preuves de la religion et la défend contre les attaques de l'hérésie

et de l'incrédulité. On exige d'un conférencier des preuves fortes, de la méthode et de la clarté dans la discussion. Qu'il s'attache, de préférence aux argument s, .qui se lient à la conduite des^chosés humaines et aux grands faits "de l'histoire. Il ne doit s'arrêter qu'aux objections naturelles et ; qui naissent du fond même du sujet;__il doit les exposer loyalement et dans toute leur force, mais être sûr .que la réponse sera victorieuse et détruira toute fâcheuse impression. •

5. Le panégyrique est l'éloge d'un saint. C'est surtout dans les faits racontés, et dans les leçons que l'on tire" de la vie du saint qu'il consiste. •-•.'-• . ,

6. L'oraison funèbre tient: à- la fois de'l'i.'loge et du sermon. Elle comprend l'hommage du héros, la consolation adressée aux amis qu'il a laissés sur la terre, et une exhortation adressée à ceux qui survivent pour qu'ils imitent les grands exemples de sa vie.

Page 1