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L'ELOQUENCE ECRITE

On a longtemps fort discuté et l'on discute encore sur l'existence de l'éloquence écrite. Les uns prétendent que ce n'est que par analogie ou par extension que l'on dit d'un écrit qu'il est éloquent, comme l'on dit: un silence éloquent, des larmes éloquentes.

Tout en réaffirmant que le débit communique à un discours la moitié de sa valeur, il faut reconnaître qu'un écrit peut réaliser parfaitement tous les caractères essentiels à l'éloquence, qu'il peut à la fois instruire, plaire et toucher; qu'on peut y étaler les mêmes moeurs oratoires; qu'on peut y observer plus étroitement les convenances; qu'on peut y faire un puissant appel aux passions; qu'il est incontestable enfin, qu'un bon écrivain peut persuader, peut-Être avec moins d'éclat, mais plus sûrement et d'une façon plus durable.

Si l'on en juge par l'influence toujours croissante de la presse, et du livre, la plume serait non seulement un instrument de persuasion, mais probablement le plus efficace.

Divisions de l'éloquence écrite.

Les grandes divisions de l'éloquence écrite sont absolument les mêmes que celles inventées pour classifier les oeuvres artistiques en poésie et en prose. Il peut se trouver des pages vraiment éloquentes dans tous les genres littéraires. Cependant, si certains fragments épiques, lyriques ou dramatiques peuvent parfois instruire, il faut bien admettre qu'ils sont plutôt propres â plaire et à toucher. C'est surtout dans le genre didactique que la véritable éloquence se manifeste avec tous ses caractères essentiels. Les sources les plus fécondes sont: les écrits philosophiques, l'histoire, le roman, la critique littéraire et la presse.

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