‹ Notes servant à l'étude des préceptes de rhétoriqueChapitre 5 sur 38 · CONSEILS PRATIQUES · texte numérisé non relu

CONSEILS PRATIQUES

Premier exercice ; comment bâtir un syllogisme inattaquable.

a- Choisissez comme majeure un principe 'a priori' , un principe de sens commun, ou toute vérité générale que personne ne saurait contester. • ;(un proverbe, une citation à' un auteur qui jouit d'une certaine autori» té peuvent suffire; mais un simple fait, une affirmation quelconque, qui ne serait pas une définition, seraient des bases trop: fragiles).

Rédigez votre majeure à la manière des formules et dépouil" lez-la sans pitié de tout mot inutile. Que votre proposition soit aussi simple que possible: deux termes courts et clairs reliés par un seul verbe. Evitez toute phrase interrogative. Si vous employez un proverbe, réduisez-le d'abord a une proposition simple. ^

b- Votre mineure doit être aussi précise que possible. Si elle, a besoi» de preuve ou d'explication, contentez-vous d'écrire le stfi'ct nécessaire et ajoutez, à la fin, entre parenthèse, (développement) »

La mineure doit nécessairement contenir un des termes de la majeure,

c- La conclusion n'est pas laissée au caprice; elle doit comporter nécessairement les deux termes qui n'ont pas encore été répétés**

Deuxième exercice; développements.

a- L'élève doit s'exercer à ajouter, s'il y a lieu, à la majeure ou à la mineure les développements voulus, en se conformant d'aussi près que possible aux exigences de la logique.

Il ne s'agit pas encore de faire du style ou du pathétique, mais de s'habituer à établir solidement la trame de la preuve. Quand on sera rompu à cet exercice, alors, mais alors seulement, on pourra aborder la question .beaucoup plus délicate des transitions.

Troisième exercice; transitions.

L'exercice de faire des transitions doit commencer par une étude sérieuse de là conjonction et de son utilité., (Il ne suffit pas de se souvenir que la 'conjonction est un mot invariable.) On procédera ensuite à l'analyse de fragments de discours, notant avec soin les mots qui servent de transition et indiquant le sens que ces mots expriment.

Les élèves intelligents ne tarderont pas à saisir, comme par instinct, ce qui manque à leurs compositions pour assurer la suite dans les idées. Quant aux élèves moins avancés, il leur faut se condamner pour quelque temps à faire des transitions complètes afin d'arriver graduellement à comprendre ce qu'est la véritable transition oratoire,

par la filiation naturelle des idées. ' "

Quatrième exercice; pathétique et coloris.

Pour compléter la préparation,, il faut ajouter quelques exercices sur l'emploi du pathétique et des couleurs.

Après cet entraînement préliminaire, il est temps de commencer à écrire des discours complets avec développements oratoires, en

se servant au début de canevas détaillés fournis par le professeur.

NOTE. L'expérience nous s enseigné qu'il ne faut pas s» écarter trop vite de cette méthode progressive. Pour une classî un peu nombreuse, c'es^ Véritablement du temps perdu que de vouloir lancer les élèves sans préparation suffisante dans la composition d;un discours régulier. D» aboird pour le professeur, la correction devient pratiquement impossible; et lors même que cette correction serait faite avec soin, elle touche à trop de points a la fois pour être profita! '•

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