‹ Notes sur Ingersoll [microforme] :Chapitre 13 sur 34 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Sur le lieurtre — Les Chananéens — Les Vierges Captives — La llaraude — Les Esprits Menteurs et les Faux-Prophètes.

Ingersoll. — Il‘ Dieu” a ordonné le meurtre de millions.

Commentateur. — I] n'a jamais ni commandé

ni autorisé le meurtre de personne, depuis Abel jusqu’au président Garfeld. Dieu est l’auteur de la vie, c’est lui qui la donne, et ceux qu'il place sur cette terre il peut les retirer à son gré. Personne n’a le droit de vivre sur cette terre une minute de plus que son Créateur ne veut le lui permettre, fut-il innocent ou coupable, n’eût il même pas encore vu le jour. En tant que créatures de Dieu nous lui appartenons absolument, et nous ne pouvons avoir aucun droit contre lui. Pour Dieu la mort n’est que le passage d’un état d'existence à un autre, d’un département à un autre dans ce même univers. La mort n’est pas l’annihilation, ni le retour aux éléments de la matière, elle n’est qu’un passage d’un état à un autre où l’homme conserve son identité consciente aussi réellement et véritablement que lorsqu'il va,

dans une même maison, d’une chambre à une autre. La mort physique, n’est donc, dans la vie immortelle de l’homme, qu’un accident sans importance. Or, celui qui a le droit absolu de faire passer un homme d’une manière d’être à une autre, a également le droit de choisir la méthode par laquelle il l'en retirera que ce soit par vieillesse, maladie ou déluge, par l’épée ou par tout autre accident. Quelle que soit la manière dont l’homme est retiré de cette vie fièvreuse, sa mort est d'accord avec la sentence primitive portée contre notre race par un juge infiniment juste. Cette sentence vous attend, et votre philosophie ne vous obtiendra ni délai dans les procédes, ni exemption,

Mais revénons à notre sujet. Celui qui a le droit absolu sur la vie, ne saurait, en la prenant, se rendre coupable de meurtre, car le meurtre suppose que l’on tue izjustement, et il ne tue pas injustement, celui qui, en vertu d’un droit absolu, prend la vie d’un autre. Il n’y a pas moyen d'échapper à la fôrce de ce raisonnement à moins qu’on ne nie ce droit absolu, ce que vous ne pouvez faire qu’en niant l'existence de Dieu; car dans l'hypothèse qu’il existe, il est Créateur, et en étant Créateur, il en résultera nécessairement pour lui le droit souverain et absolu sur ses créa-

tures. En dernière analyse donc, nier ce droit, c'est révoquer en doute l’existence de Dieu.

Mais vous ne pouvez logiquement nier son existence, puisque vous dites dans votre lecture sur ‘ Les Crânes ”, que vous ne savez pas s’il existe ou non.

Il résulte de tout ce qui a été dit que lorsque Dieu a ordonné l’exécution des Chananéens coupables iln’a pas prescrit le meurtre. Ce n'était pas non plus une violation de son propre commandement, car il défendait seulement de mettre à mort injustement. La destruction de ce peuple coupable était juste, parce qu’elle était ordonnée par celui dui avait le droit absolu de le faire, qu’il fût coupable ou non.

Je me suis assez longuement étendu au sujet de votre article sur le droit absolu qu’a Dieu sur ses créatures, parce que vous revenez sans cesse sur ce que vous appelez meurtre. Quand on a le droit de prendre une chose en tout temps, on ne saurait être accusé d’injustice en se l’appro priant lorsque bon nous semble.

Pour les Chananéens, ils méritaient la mort ; cependant on ne les y condamna pas, mais on les chassa de la Palestine tout comme, à peu de choses près, les blancs chassent les Indiens de l'habitation de leurs ancêtres. La maliee inouïe

et les abominations impures des sept nations communément appelées Chananéennes, étaient portées à un tel excès que leur expulsion cz leur extermination en masse devenait un juste châtiment ou une leçon utile pour les autres nations. On trouvera la nature de leur faute dans le dixhuitième chapitre du Lévitique. Lisez le et vous comprendrez pourquoi Jéhovah a eu en horreur ce peuple bestial. Les Mormons et les Communistes d'Oneida, comparés à eux sont aussi purs et immaculés que la neige balayée par le vent. Pour donner au lecteur une idée de leur incroyable dégradation, je cite quelques versets de la fin du chapitre où Dieu met en garde les Hébreux contre limitation de leur exemple :

‘Ne vous souillez pas comme toutes les nations l'ont fait, je les rejeterai devant votre face. La terre en a été souillée ; je les visiterai pour qu'elle vomisse ses habitants. Conservez mes commandements et mes jugements et ne faites aucune de ces abominations, etc., etc. Car toutes ces détestables choses, les habitants de la terre (les Chananéens et les Amorhéens) qui l’occupaient avant vous l'ont fait, ils l’ont souillée. Prenez garde qu’elle ne vous vomisse, si vous faites ces choses, comme elle a vomi les nations qui y étaient avant vous. Toute âme qui commettra ces abominations périra du milieu de son peuple.”

Ces abominations sont énumérées dans la première partie du chapitre. Lisez-le soigneusement afin de faire connaissance avec les abominables scélérats avec lesquels vous sympathisez.

L'auteur du livre de la sagesse décrit quelques péchés de ce peuple, et justifie leur châtiment dans des termes que je ne puis mieux faire que de citer.

‘ C’est pour cela que vous châtiez, petit à petit, ceux qui errent ; et vous les avertissez de leurs offenses, vous leur en parlez ; afin que renonçant à leur malice ils croient en vous Seigneur. Car ces anciens habitants de la terre sainte, que vous avez en horreur, parce qu'ils ont fait des œuvres détestables à vos yeux par leurs sorcelleries et leurs sacrifices impurs, par ces meurtres sans pitié de leurs enfants, par ces repas où l’on se nourrit d’entrailles humaines, et où l’on dévore le sang au milieu des choses saintes ; et ces parents qui ont sacrifié les âmes sans défense de leurs enfants, ça été de votre volonté de les détruire par la main de nos pères, etc... Cependant vous les avez épargnés en tant qu’hommes, et vous leur avez envoyé, précédant vos armées, des guêpes, pour les détruire peu à peu. Non que vous ne pussiez soumettre ces misérables aux

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justes par la guerre, par les bêtes cruelles, ou les tuer d’un seul mot de votre bouche. Mais en exécutant yos jugements par degrés vous leur avez donné le moyen de se repentir, sachant bien qu'ils étaient une nation perverse et que leur malice naturelle ni leurs pensées ne sauraient jamais être changées, etc... Ni par crainte de qui que ce soit vous n’avez pas pardonné leurs péchés. Car où est celui qui vous dira : Qu'avez-vous fait ? Qui pourra résister à vos jugements? Quel est celui qui se présentera pour venger les misérables? Ou bien encore qui vous accusera d’avoir détruit les nations que vous avez créées ? Il n’y a pas, en effet, d'autre Dieu que vous, qui prenez soin de tous, afin de montrer que vous ne prononcez pas de jugements injustes. Il n’y a ni roi ni tyran, qui puisse s'informer devant vous de ceux que vous avez détruits. Comme vous êtes juste, vous ordonnez tout avec justice ; vous pensez qu'il ne convient pas à votre pouvoir de condamner celui qui ne mérite pas d’être puni. Car votre force est le commencement de la justice, et parce que vous êtes le Seigneur de tous, vous vous montrez miséricordieux envers tous. Vous faites éclater votre puissance lorsque les hommes ne croient pas que vous l’ayez absolue, et vous brisez l’audace de

ceux qui ne vous connaissent pas. Mais vous, le maître de la vertu, vous jugez en toute tranquillité, et vous disposez de nous avec grand respect, car lorsque vous le voulez vous avez la puissance en main, etc. Vous avez rempli vos enfants d’espérance, parce que en jugeant, vous avez donné lieu au repentir des péchés. Car si vous avez puni les ennemis de vos serviteurs, et ceux qui méritaient la mort, avec tant d'égards, /eur donnant le temps et les moyens de changer leur malice, avec quelle circonspection n’avez-vous pas jugé vos propres enfants, etc. Ainsi donc lorsque vous nous châtiez, vous flagellez nos ennemis de bien des manières, afin que lorsque sous jugeons nous puissions penser à votre bonté, et lorsque nous sommes jugés, nous espérions en votre miséricorde. Voilà pourquoi vous avez ainsi grandement tourmenté ceux qui, pendant leur vie, avaient vécu follement et d’une manière impie, par ces mêmes choses qu’ils avaient adorées. Car ils se sont égarés pendant longtemps dans les voies de l’erreur tenant pour Dieu ce qui était au dernier rang des bêtes, et vivant comme des enfants sans intelligence. Voilà pourquoi voux les avez jugés, etc... Mais ceux qui n’ont été corrigés ni par les moqueries, ni par les réprimandes, :

ont expérimenté le juste jugement dé Dieu.” (SAGESSE, XII.)

Nous voyons ici que ces peuples sur lesquels vous répandez à profusion votre sympathie,étaient des sorciers, des meurtriers de leurs propres enfants qu'ils offraient de leurs propres mains aux idoles et des anthropophages. D'un autre côté, nous apprenons les voies miséricordieuses par lesquelles Jéhovah les avertissait et leur donnait le temps et les moyens de se repentir. Lorsqu'ils rejetaient sa miséricorde, il les punissait avec justice, et pour l’avoir fait, vous l’accusez de mewrtre. Ceux qui, sachant les crimes de ces peuples, condamnent le châtiment qui leur a été infligé, sont aussi coupables qu'eux. Vous condamnez le : Mormonisme et le Communisme d’Onéida, et vous vous faites l'avocat complaisant de ces bestiaux Sodomites de Chanaan dont les crimes contre nature ont été une honte pour la race à laquelle ils appartenaient, et ont souil!4 la terre que Dieu leur

avait donnée pour l’habiter.

La sympathie fait de nous une curieuse espèce.

Zngersoll. — “ Il (Dieu) a donné des vierges en pâture à la volupté des ravisseurs.”

Commentcteur. — Si j'étais un infidèle ou un athée zélé pour le suçcès de la cause, je vous conseillerais d’être moins téméraire dans vos affirmations. Toute cause, boûne ou mauvaise, a à souffrir d'avocats dépourvus de jugement. Le moins \il [ \ t

judicieux des avocats est celui qui fait des assertions sans preuve, ou en appelle à l'ignorance, parce qu’il fait naître le soupçon et jette le discrédit sur la cause qu'il défend. Je nie tout court l’assertion que vous apportez plus haut, et j'en appelle à la seule autorité qui puisse nous informer sur le sujet, à savoir l'Ancien Testament. La loi martiale des Hébreux n'abandonnaïit pas les captives à l’insolence ou à la brutalité des vainqueurs. Au contraire, elle avait des ordonnances pour proscrire les moindres familiarités du soldat avec leurs captives. Si vous étudiez le vingt-unième chapitre du Deutérorome, verset 10 et verset 14, vous verrez que le soldat devait faire de sa captive son épouse, ou respecter son honneur et sa personne.

Au lieu de permettre cette licence que les coutumes et les lois des autres nations toléraient, les lois des Hébreux tenaient le soldat sous le frein. Elles montrent que les Juifs avaient devancé, et de beaucoup, les autres nations dans les règlements qui mitigent les horreurs de la guerre. Les nations paiennes de cette époque permettaient toutes sortes de familiarités avec les captives, et après, on les vendait comme esclaves, ou bien on les livrait à la luxure des esclaves. La loi juive le défendait strictement et d’une manière pré

Et cependant, en présence de tout cela, vous avez l’effronterie d’accuser le Très Haut d’avoir permis aux Juifs ce qu'il leur défendait, et ce que, seuls de toutes les nations anciennes, ils défendaient par des lois particulières et très sévères. Que vont penser les hommes honnêtes et de bon sens d’une philosophie qui a besoin d’être achalandée et soutenue par de telles falsifications de l'histoire ?

Zngersoll. — “ Il (Dieu) a donné aux maraudeurs juifs les troupeaux des autres.

Commentateur. — Ces maraudeurs, ainsi que vous les appelez, n'auraient pas absolument pu avoir de meilleur titre. Dieu, comme Créateur de tout, a un souverain domaine sur toutes choses, et il est le seul. Le droit de confisquer les propriétés est reconnu dans toutes les sociétés civiles, mais la société civile ne peut avoir ni exercer des droits plus élevés que ceux de son Créateur. Notre gouvernement a confisqué, lors de la dernière guerre, pour la valeur de plusieurs millions de dollars, et cependant, il n’est jamais venu à l'esprit de personne, si ce n’est d’un philosophe descendant des singes, que cette confiscation ait été un vol. Ce qui justifie la guerre justifie la confiscation.

Après la bataille de Shiloh, j'ai vu des centaines

de voitures chargées de coton, se dirigeant vers le Nord, vers Pittsburg. C'était la propriété du Sud, mais le gouvernement s’en était emparé et le vendait aux spéculateurs du Nord, ou aux maraudeurs, comme vous les appelleriez. C'était le mouton et la brebis de l’homme du Sud. Le gouvernement l'avait confisqué et le vendait pour se dédommager. Vous approuvez cette mesure, et vous avez raison. Mais sur quel principe pouvezvous justifier notre gouvernement d’avoir confisqué la propriété de ses ennemis, quand vous condamnez la même mesure lorsqu'elle est pratiquée par le gouvernement des Juifs. La confiscation est un moyen de guerre, et doux entre tous, parce qu'il tend à y mettre fin.

Ingersoll. — “ I\ (Dieu) a envoyé au loin des esprits menteurs pour tromper ses propres prophètes.”

Commentateur. — Je donnerai cent piastres aux pauvres de mon village si vous, ou l’un de vos disciples, parvenez à étayer cette affirmation. Je connais bien et à fond les textes des Rois et d'Ezéchiel que vous vous imaginez probablement devoir vous tirer d'affaire, maïs si vous comparez soigneusement ces textes avec votre affirmation, vous trouverez que votre zèle vous a emporté audelà des bornes de la discrétion, et que votre

haine du Créateur l'emporte sur votre amour de la vérité.

Dieu a en horreur les esprits menteurs, les fauxprophètes, les faux-philosophes, les trompeurs de touces sortes, anciens et modernes, et cependant, il les laisse exister parce qu'il ne peut les empècher sans détruire le libre arbitre et la liberté humaine. Il y avait des lois qui condamnaient ces faux-prophètes et les autres séducteurs populaires, mais ces lois n'étaient pas seulement mises en vigueur parce que les faux prophètes flaitaient les passions du peuple, leur disant des choses agréables. C'étaient, à leur époque, des conférenciers populaires, et ils ne sont pas morts sans postérité:

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