Lorsque vous dites que M. Black a admis
que Jéhovah avait établi l'esclavage, vous affirmez ce qui n’est pas. C’est le comble de l’imprudence de faire des assertions qui peuvent être si aisément renversées. Vos remerciments étaient prématurés, puisque M. Black, au moins dans l’article auquel vous répondez, n’a jamais admis rien de semblable. Il a dit : “ Jéhovah & permis à son peuple de choix de garder les captives qu’ils avaient faites dans la guerre ou de les acheter des païens pour en faire leurs servantes pour la vie.” C’est à dire qu'il à permis aux Juifs de suivre, en cette matière, les coutumes de leur temps. Est-ce là admettre que Jéhovah ait établi l'esclavage ? Comme un avocat plus ‘“ fin” et plus habile que capable, vous changez le mot fermit en celui 2’éfablit. Il n’est pas nécessaire de vous dire qu'il y a une différence entre permettre et établir. Il est peu digne du grand apôtre de la ‘‘ sincérité ”’ et de ‘“ l'honneur irréprochable ” de dénaturer ainsi les idées de son antagoniste, et cela doit faire monter la rougeur même à votre front d'être surpris dans une si pitoyable chicane.
3. Exterminer, de ex et ferminus, signifie éloigner des limites, expulser, chasser. C’est ce que les Juifs ont fait aux Chananéens, tout comme nous exterminons les Indiens de ce continent C'est la logique de la migration, la loi du mouve-
ment humain. La race, dans ses mouvements sur la surface de la terre, est gouvernée par des forces sociales dont les individus et les nations n'ont pas conscience. Quelque sautillant philosophe de l'avenir nous condamnera, nous du dix-neuvième siècle, aussi améèrement pour exterminer l’Indien que vous condamnez l’Israélite pour avoir dépossédé le Chananéen. Et il aura la même influence que vous sur son siècle, mais pas davantage.
4. Lorsque vous dites que votre adversaire a admis que Jéhovah avait persécuté ‘ pour des op: nions jusqu’à la mort,” vous dénaturez encore sa pensée. Dieu, en tant que Dieu, rend chaque créature responsable de sa pensée, mais en tant que maître temporel de la Judée, il lui a infligé des châtiments seulement pour des actes extérieurs. Il n’est mentionné dans le code criminel des Juifs aucuns châtiments pour les péchés de pensée ou de simples opinions. Il n’est donc pas vrai de dire que Dieu a puni ou persécuté pour de simples opinions. Les crimes qui tombaient sous le coup du code criminel juif étaient des actes que l’on pouvait prouver, sujets à l'évidence, Les pensées et les opinions, à moins qu’elles ne soient traduites en actes, ne sauraient être ni établies ni prouvées. Par conséquent personne n’a jamais été puni en Judée pour ses opinions.
Ingersoll. — La plupart des théologiens ont essayé de recouvrir, de cacher sous diverses couleurs le pitoyable rapport des crimes inspirés, mais M. Black a été assez audacieux et assez honnête pour admettre la vérité.
Commentateur. -— Ici vous transférez vos faux exposés de M. Black aux théologiens ; et M.
Black à coup sûr appréciera à sa juste valeur votre compliment lorsqu'il songera que l’aveu, pour lequel vous brûlez de le féliciter, aux dépens des théologiens, il ne l’a jamais fait. Vraiment, votre adversaire a été assez audacieux et assez honnête pour admettre la vérité, mais il n’a été ni assez stupide, ni assez idiot pour admettre ce que vous lui attribuez, tandis que vous n’avez été ni assez sincère, ni assez honnête pour fidèlement établir ce qu’il admet, M. Black n’est évidemment pas un théologien. Il a admis quelques propositions non de fait mais de principe qu’il n’aurait pas dû admettre, et pris certaines positions qu'il ne pouvait victorieusement garder. Dût cela paraître singulier à vous et à lui, ce sont ces mêmes positions qui ne sont pas chrétiennes. Un exemple suffira. M. Blackdit que la création a été un miracle. Les théologiens ne s'accordent pas avec lui sur ce point.
Maintenant pour ce qui est des théologiens,
vers lesquels vous prenez votre essort par-dessus les épaules de M. Black, voici ce que je vais en dire. S'ils étaient coupables d'autant de platrages, de mastiquages, de fausses représentations, de basses tricheries, d’habiletés, de tromperies, de flatteries des passions et des erreurs populaires, que vous en avez commis dans ce seul article, je serais tout disposé à les regarder comme des chevaliers d'industrie de la pire espèce, inspirés, non par l'esprit du christianisme, mais par celui de l'impiété.
Vous pensez que ce n’est pas attaquer la décence que d’accuser les théologiens de vouloir perpétrer et perpétuer la fraude, de les appeler hypocrites etc,et cependant s'ils 8e retournent contre vous et vous appellent un spéculateur qui échange la pauvreté en dollars, un fourbe, un menteur, vous commencez à leur parler en pleurnichant du Maître qui leur dit de présenter l’autre joue. Vous êtes un homme courageux. Vous provoquez à un combat à mort et sur le terrain vous dites sérieusement à votre antagoniste qu'il ne peut, nine doit, selon vos principes, vous brûler la cervelle ; tandis que vous revendiquez pour vous le droit de le percer au cœur si vous pouvez. Il n’y a pas, dans votre vocabulaire,d'épithète ni assez basse ni assez vénéneuse pour jeter aux prêtres et aux
théologiens mais lorsqu’un (policeman) comme M. Black essaye de vous immatriculer, vous vous indignez, vous glapissez et gémissez sur la décence et l'étiquette du débat.