Fermes à grains et à fourrages
Ce type a pris naissance dans certaines parties où le bétail a disparu graduellement et a fait place aux grains, aux pommes de terre, au foin, etc., destinés au marché. La caractéristique de ce second genre de ferme réside dans la relation qui existe d'une part entre les récoltes ordinaires de racines et de grains, y compris les graminées, et d’autre part, entre la culture des légumineuses comme fourrage ou celles des plantes à enfouir comme engrais vert pour maintenir la quantité d'humus et d'azote du sol, alors que les éléments minéraux sont largement restitués par les engrais commerciaux. C'est le système employé par plusieurs fermiers de l'Ohio, de la Pensylvanie, du Maryland et du New-York et auquel ils ont été poussés par la force des choses,
En ce qui concerne spécialement l'Ohio, M. Thorne, directeur de la station | expérimentale de cet Etat, estime que l'élevage v déclina lors de l’ouverture | des vastes ranches de l’ouest coïncidant avec une diminution du prix du bétail. Vers la même époque, les nouvelles machines à manipuler le grain réduisirent les frais de la production. Les capitaux exigés pour une ferme semblable sont minimes.
Quelques années plus tard. le développement de la culture des céréales dans le Nord-Ouest en fit baisser le prix et laissa les fermiers de l'Est en mauvaise situation. La valeur des terres diminua de moitié. On voulut recommencer l'élevage du bétail, mais les fermiers n'avaient plus les capitaux nécessaires.
Le cheptel bovin dans l'Ohio a diminué de moitié depuis 1870.
On se trouve en présence de conditions semblables dans toutes les grandes régions d'élevage de l'Est. L'industrie laitière prit naissance dans ces contrées au moment où cette dépression se produisit. Ce fut le salut de beaucoup de fermiers.
Tout système de culture ayant pour résultat d'améliorer ou d'épuiser rapidement le sol, aura tôt fait de fournir ses preuves alors qu'un système, sans
(4) Systems of Farm Management in the United States, by W.-J. SPILLMAN, s Agrostologist, Bureau of Plant Industry; Yearbook of the U. $S. Department of Agriculture for 1902,
aucune tendance radicale dans l’un ou l’autre sens, devra être expérimenté
. pendant une longue suite d'années.
Il a été généralement reconnu que le sol ne peut maintenir sa fertilité que si une large proportion des récoltes est consommée à la ferme. Un sol épuisé ne peut guère être ramené économiquement à sa fertilité primitive sans l’aide
du bétail.