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CHAPITRE IV

Particularités concernant l'élevage

L'élevage du bétail occupe, dans l'agriculture américaine, une place presque aussi considérable que la production des céréales. Cette importance de la production animale distingue l’agriculture américaine de celle de la plupart des pays du continent européen, où la culture proprement dite l'emporte dans une plus large mesure sur la production animale. L’éleveur américain est toujours guidé par trois idées prédominantes : 1° augmenter la résistance organique de ses sujets par la vie au grand air; 2° exiger des géniteurs ayant, avant tout, une origine reconnue excellente ; 3° développer chez les descendants les aptitudes spéciales qu’il recherche.

Betail à cornes.

La valeur du bétail bovin, dont le nombre est estimé à 70,000,000 de têtes environ, égale presque la moitié de la valeur du cheptel américain.

Le bétail américain descend tout entier d'animaux introduits d'Europe, d'un côté par les Espagnols, de l’autre par les colons anglais.

A partir de 1840, et cela pour régénérer le bétail indigène, on a introduit des reproducteurs appartenant aux meilleures races ARE etona obtenu ainsi d'excellents résultats.

Aux États-Unis, la valeur moyenne d'un animal demeure très inférieure, même à qualités égales, à ce qu'elle est en Europe. C’est ce qui explique l'importation récente du bétail américain en Belgique, et il est possible que l'exportation de la viande abattue prenne encore de l'extension. Les Américains sont de cet avis, non pas que les steppes offrent des ressources inépuisables, mais parce qu'ils font des progrès dans l'élevage et l’engraissement à la ferme. En améliorant leur bétail et en le rendant plus précoce, ils ont abaissé notablement l’âge de la vente.

Les animaux des steppes ne fournissent à l’abatage que 420 à 440 livres de viande, alors que le poids vivant atteint 800 à 850 livres. Les animaux des fermes leur sont supérieurs sous tous les rapports, car ils atteignent parfois un poids de 1,300 à 1,500 livres.

Le bétail ordinaire des fermes appelé « natives » descend des animaux des premières importations. En été il cherche sa nourriture au pâturage et en hiver on le laisse plus rarement à l'air libre. Dans les régions, où il y a des coopératives laitières, on commence à entretenir le bétail à l’étable exclu-

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sivement. Les animaux restent au pâturage jusque bien tard en automne, parce que cette saison est fort douce aux États-Unis. Durant l'hiver on leur donne une nourriture abondante; le foin, qui en est la base, est de bonne qualité, car le fanage n’est presque jamais contrarié par le mauvais temps. Les aliments concentrés, notamment le maïs en épis, égrainé ou concassé, ne sont pas ménagés. On emploie aussi l'avoine, l'orge, le son et divers tourteaux. Le principe est de nourrir abondamment. L'économie porte moins sur le fourrage que sur le service par des ouvriers.

Comme succédané des racines, on a recours à l’ensilage. Le maïs ensilé entre déjà pour une bonne part dans l'alimentation du bétail et son usage fait encore de rapides progrès. On ensile également du trèfle et d’autres produits.

Les Américains visent à faire de l’ensilage doux et le meilleur moyen d’y arriver, selon M. Henry, directeur de la station expérimentale de Wisconsin, c'est de faucher le maïs au moment où la graine sort de la période lactée, car, en ce moment, 1l contient le maximum de matières nutritives. En pratique, il est indifférent que les plantes soient mouillées ou non par la pluie ou la rosée. Le maïs, avant d’être ensilé, est coupé en tronçons de À à1 1/2 pouce. Les silos établis au-dessus du sol, sont développés en hauteur. La forme à base ronde est préconisée. Aux exposititions de Chicago et de Saint-Louis, 1l y avait des silos-types destinés à alimenter le bétail des concours. Le bois est le matériel le plus employé. Les parois sont bien verticales et bien lisses, afin que le tassement soit régulier. On les recouvre souvent de carton bitumé pour empècher complètement l'accès de l'air. On remplit par le toit.

Pour établir les dimensions du silo, on admet que chaque animal doit recevoir une ration égale à 6 p. c. de son poids vif.

Un pied cube de fourrage, ensilé sous une pression moyenne, pèse 40 livres. L’affaissement n’est que 1/6 à 1/8 du volume total.

Les cultivateurs des États-Unis se prononcent entièrement en faveur de l'ensilage des fourrages, mais on ne peut en donner aux bêtes des quantités exagérées ; une dose de 6 p. c. du poids vif semble être la meilleure. Quand le fourrage n’est pas très bon, 1l faut diminuer la quantité.

En général, l’engraissement du bétail n'est pas aussi rapide que dans les fermes du continent, les animaux étant moins bien soignés. En certains endroits cependant, on réalise des progrès notables et l'on obtient des animaux de boucherie en deux ou trois ans. Toutefois, les bêtes précoces sont relativement rares, les Américains auront de la peine à produire couramment de la viande qui égale la finesse de celle des animaux élevés en Europe. Le maïs restera, en effet, toujours l'aliment principal de l'animal à l'engrais. Au surplus le sol et le climat semblent jouer également un rôle. Il en est des viandes comme du beurre et de certains fruits, notamment les raisins, qui sont loin d’avoir cet arome délicat qui distingue les produits d'Europe. | |

Cependant les cultivateurs américains font de grands efforts pour nous égaler sous ce rapport. [ls ont importé des races européennes dont ils tâchent de conserver et d'améliorer les caractères. S'il y a lieu, ils renouvellent de temps en temps le sang par l'importation.

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