‹ Notes sur l'agriculture aux états-unisChapitre 21 sur 61 · PRE RES · texte numérisé non relu

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Les Américains veulent aller aussi vite que possible, voilà qui jusüfie partaitement leur manière de procéder; chose curieuse, 1ls ne font pas trop de cas de leurs races anciennes acclimatées. Ceci est singulier quand on considère combien ils excellent dans l'élevage, mais 1l faut admettre que s'ils avaient des animaux capables de dépasser en tous points ceux de l’Europe, ils n’auraient garde d'en importer encore. Cependant, il est probable qu'ils parviendront dans un avenir peu éloigné à se passer complètement des importations.

Les associations d'élevage en Amérique, qui sont très bien organisées, peuvent nous servir de modèles en plusieurs points. La plupart de ces associations emploient, pour juger le bétail, des échelles de potage détaillées. Les noms donnés aux animaux sont combinés de manière à faciliter les recherches généalogiques. Ils font de même pour les chevaux, comme nous le verrons. On enregistre avec soin la production du lait, le rendement à l'abatage et tout ce qui peut servir de base pour constater les progrès réalisés.

L'élevage et la production du lait sont deux industries bien distinctes aux États-Unis. Les mêmes exploitations se consacrent rarement à l’une et à l'autre à la fois et elles ont chacune leur aire géographique distincte,

Quant aux régions où se fait l’élevage proprement dit, il faut même distinguer celles où l'on fait naître les animaux et les contrées où on les engraisse. Cette dernière spéculation se pratique surtout dans la région du mais.

Les principales races productrices de viande des États-Unis sont :

1° Les Shorthorns. On a amélioré les sujets en ce sens que leur viande ne contient plus ces accumulations de graisses dans les parties ayant le plus de valeur;

2° Les Herefords ;

3° Les A berdeen-Anqus ;

4° Les Galloways ;

»° Les Polled Durham:

6° Les Devons.

Les principales races laitières sont :

1° La race hollandaise. — Au début de la dermière décadé, on considérait la hollandaise comme une bonne laitière au point de vue de la quantité, mais donnant du lait pauvre en matières grasses. Les amateurs de cette race les améliorèrent par une sélection persévérante et parvinrent à présenter des vaches qui battirent dans plusieurs concours, pour la production du beurre, la Jersey la plus renommée (1).

Il y en eut qui fournirent en un an jusqu’à 10,000 litres de lait et 900 livres de beurre. On a peine à croire à de pareils résultats, mais on ne

(4) Voir détail intéressants dans la Revue agronomique, 1893, page 94, — Lepraë, La selection des vaches laitières et les résultats obtenus en Amérique.

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doit pas oublier que toutes ces données, lesquelles sont consignées dans les

herdbooks, se basent sur les déclarations des éleveurs, qui doivent être confirmées par serment de la part de deux témoins oculaires. On n’a jamais constaté de fraudes. D'ailleurs, si les déclarations étaient fausses, elles auraient provoqué les plus vives récriminations de la part des partisans de la Jersey’;

2 La race Jersey. Le lait est très riche, atteignant 6 p. c., parfois 7 à 8 p. c. de matières grasses, et ces animaux n'étant pas trop exigeants sous le rapport de la nourriture, des soins, du climat, etc., les Américains font grand cas de ce bétail. L'extension des jerseys coïncide avec le développement des coopératives laitières. On demande partout du lait riche en matières grasses;

3° Les Guerneseys ;

4° Les Ayrshire

5° Les Shorthorns laitières ;

6° Le bétail brun de Suisse.

Chevaux.

La population chevaline des États-Unis comprend plus de 20 millions de sujets. L'élevage des chevaux trotteurs a atteint un développement considérable et un haut degré de perfection. Les trotteurs dont l'usage est presque répandu partout, servent généralement comme bêtes de trait léger. On les entretient parfois en vue du sport, auquel l'Américain s'intéresse beaucoup, sans perdre de vue toutefois l'utilité pratique des animaux.

Dans l'élevage du trotteur, la généalogie joue un rôle considérable. Une particularité de certains studbooks du trotteur, c'est que les descendants d'un étalon remarquable portent le même nom que lui, plusun prénom; ce qui facilite singulièrement les recherches généalogiques. Ainsi la ferme de MM. Frank à Lexington (Kentucky), que J'ai visitée, possède la célèbre famille des « Wilkes ». Il nous semble que ce système pourrait être avantageusement introduit en Belgique.

Des exercices systématiques imposés aux animaux dénotent les plus grands progrès. Dans son numéro du 17 septembre 1897, la Breeders’ Gazette annonçait que l'élevage américain est parvenu à faire «le cheval de 2 minutes ». « Après de longues années d'efforts incessants, d'essais patients et de dépenses fabuleuses, dit le journal, un cheval, Star Pointer, a couru un mille en un peu moins de 2 minutes (159"1/4).» Récemment, la jument Lou-Dillon, attelée à un sulky, a couvert le mille en 1'581/2.

L'élevage du cheval de gros trait a pris beaucoup d'importance aux États- Unis, surtout dans l'Est.

Il n’y a pas de races indigènes de gros trait. On importe surtout des reproducteurs du Perche et de l'Angleterre. Comme on tient compte du poids, on achète même parfois d'après cette donnée. |

Les Américains se sont pourvus également en Belgique; cette importation, après avoir cessé presque complètement, semble reprendre depuis quelques années. Les Américains nous achètent non seulement des chevaux adultes

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mais encore des poulains de 2 et 3 ans. Certains sujets achetés ici, il y a quelques années à peine, se présentaient à l’exposition en superbe condition.

Depuis quelque temps, les Américains ont commencé l'exportation de leurs chevaux dans divers pays d'Europe. En 1897, cette exportation s'est élevée à 45,649 têtes (!}. La Belgique en a reçu une quantité suffisamment grande pour contrarier considérablement le marché de chevaux. Nous avons pendant quelque temps eu la crainte que les Américains ne se mettent à exporter en grand des chevaux divers de gros trait et ne viennent ruiner notre élevage principal (?). Il semble cependant que les produits des chevaux belges, importés aux États-Unis, ne conserveront pas la masse et la force des produits directement importés. Cette diminution des qualités, qui a déjà été constatée pour le cheval belge en d’autres pays, obligera les Américains à nous racheter fréquemment des reproducteurs pour régénérer la race importée. Actuellement l'envoi de chevaux américains en Belgique a presque complètement cessé.

Porcs:

Les porcs forment une population d'environ 47,000,000 têtes. Presque tous les porcs américains descendent de races anglaises perfectionnées ou de leurs croisements. On y rencontre le berkshire, le yorkshire, le tamworth et surtout le polandchina.

Ces races parfaitement acclimatées sont devenues de vraies races américaines. Il n'est plus guère question de les améliorer encore : le cultivateur américain qui s'efforce de leur conserver les qualités acquises, ne craint pas les dépenses pour se procurer de bons reproducteurs.

Laissant les animaux en liberté au pâturage, il ne les rentre que rarement en hiver, ne mettant alors que des hangars à leur disposition. Le pâturage se compose généralement de trèfles. Les mères et les porcelets reçoivent un supplément de lait écrémé avec un aliment concentré.

Dans l’élevage du porc, comme dans celui des autres animaux, on accorde une grande importance à la généalogie.

L'engraissement du porc se fait de cinq manières :

1° Exclusivement au pèturage, avec ou sans aliments supplémentaires;

2° En partie au pâturage et en partie sous des hangars près de la ferme, avec de la nourriture concentrée;

9° Près de la ferme, au moyen d'aliments concentrés ;

4° Eté et hiver dans des porcheries ;

0° Près des bœufs, nourris avec du maïs entier et dont les porcs utilisent les grains non digérés retrouvés daus les excréments.

Nous avons déjà vu que les stations expérimentales ont constaté que les aliments pour les pores valent mieux crus que cuits. Divers cultivateurs ont appliqué ces données et ont obtenu des résultats meilleurs.

(!) Breeders’ Gazette, 1898, p. 172.

(2) Société centrale d'agriculture, séance du 1* décembre 1897.

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ETES Moutons et chèvres.

L'élevage de moutons se fait sur une très grande échelle. Les sujets appartiennent surtout aux races anglaises de boucherie. Les chèvres y sont également assez nombreuses. Ces animaux se rencontrent surtont dans les régions pauvres où le gros bétail ne pourrait s'engraisser.

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