‹ Notes sur l'américanisme; quelques-unes de ses lacunes en 1900Chapitre 10 sur 46 · HONDURAS · texte numérisé non relu

HONDURAS

Régions peu connues. — Ce pays est un de ceux encore les moins explorés de rAmérique centrale. Les savants de tout^e spécialité pourraienty trouver de très nombreux et curieux matériaux. Les parties les moins connues sont, à l'est, celles comprises entre Olancho, la rive droite du rio Patuca et la frontière du Nicaragua; au sud, la partie de la frontière avec le Salvador, comprise entre le rio Lempa et Chalatenango (Salvador). L'intérieur même du Honduras, à distance des villes et en dehors des routes fréquentées, est peu connu et exploré. Par exemple, les monts de Pija, région montagneuse et boisée comprise entre les sources des divers rios du Honduras central, débouchant dans la mer des Antilles au nord; la rive droite du rio Calamapa, affluent de l'Ulua, elle rio Aguan, au sud, et enfin Olanchito, à Test.

Grottes, — L'histoire précolombienne du Honduras gagnerait aux fouilles qu'on devrait faire dans l'ile d'Utila (groupe des îles de la Bahia), dans la grotte située à Brandon ridge, près de la « loma » Punkin.

Paléontologie. — A Danli on a récemment trouvé des ossements d'énormes oiseaux fossiles. Nous attendons des renseignements sur cette découverte fort intéressante.

. Races. — Les Jicacos actuels de la côte Atlantique nord-est se tiennent à l'écart des blancs et ne communiquent avec eux (et cela rarement) que par l'intermédiaire des caciques. Les auteurs tels que G.-E. Squier et Wells, qui nous ont parlé d'eux, ne l'ont fait presque que par ouï-dire. On ignore à quelle race ils appartiennent.

Les Ulua (Woolwas), dont on retrouve des débris parmi les Mosquitos du Nicaragua, n'ont laissé de trace de leur passage au Honduras que par le nom d'Ulua attribué actuellement encore à une rivière du centre du pays. Mais d'où venaient-ils? A quelle race appartenaient-ils? Personne ne l'a encore dit. Sont-ce les constructeurs des tertres de Tenampua? L'état d'abâtardissement actuel des débris de cette race au Nicaragua ne prouve pas qu'ils aient dû à l'époque précolombienne être dénués de qualités éminemment utilitaires. Ne pourrait-on pas rechercher si cette race, aux vocables pourvus de voyelles,, et dont le vestige se retrouve au Salvador dans le nom de ville Uluazapa (département de San Miguel) , venait du nord-ouest, c'est-à-dire de la côte du Pacifique, et si elle eut ou put avoir des affinités anthropologiques et ethnographiques avec les Mangues du Nicaragua?

A propos des Amériques et Chapor astiques, dont M. Pinart(Soc. géog..

Paris, 6 février 1897) dil avoir retrouvé la trace, quoique leur existence ait été maintes fois contestée, on peut consulter mon Indic. appr. des vestiges laissés par les habitants précolombiens du Nicaragua (Paris, 1889), où il est question des IndiensÂmerriques ou Amerrisques et des Lenca, à la famille desquels M. Pinart rattache ces deux tribus.

Quant aux Lenca, de l'extrémité sud-est du Honduras, il y a des raisons pour croire que ce sont les vrais précurseurs des Maya, qu'ils ont construit Copan, qu'ils avaient des affinités linguistiques, si pas d'autres, avec les Chorti du Honduras et du Guatemala au nord, et avec les indig-ènes occupant, actuellement les départements de N. Segovia, Matagalpa, Chontales (du Nicaragua) au sud. Mais les preuves, les points de contact manquent, et il est peu scientifique de reconstituer l'histoire par voie d'hypothèses.

Histoire. — La connaissance des traits distinctifs des races précédentes est aussi peu approfondie que leur histoire. La succession des races au Honduras a-t-elle été la suivante : les Jicacos, les Ulua, puis les Lenca ayant chassé les deux précédentes devant eux, et enfin les Nahua conquérant et s'assimilant les deux dernières races ?

A. L. Pinart (Soc. géog., Paris, 6 février 1897) donne aux migrations des Amerriques et Chaparristiques l'itinéraire suivant : partis des côtes de la Mosquitia, ils auraient passé par les hauteurs de Tegucigalpa, Ojojona, Lepaterique, Aguaguiterique, pour allerhabiter les vallées de Paco, del Sana, Torocote, etc. et le Salvador oriental où on les trouve encore. On pourrait peut-être admettre une partie de cet itinéraire, mais en sens inverse, c'est-àdire de la partie méridionale du Honduras sur le Nicaragua et l'ancienne Taguzgalpa.

Pour ce qui est de l'histoire postcolombienne du Honduras, elle n'est pas si claire qu'on pourrait le croire : un fait seulement, entre tous, le prouvera. Une foule d'historiens et chroniqueurs de l'époque ont soutenu que Cristoforo Colombo avait, en 1502, débarqué sur la côte atlantique du Honduras à la pointe de Caxina, non loin du port actuel de Trujillo. M. M. A. Soto soutient, au contraire, que l'amiral est resté à bord de son bateau et que seul son frère foula le sol hondurègne. Cette question n'est pas encore élucidée.

• L'Ile Guanaja ou Bonaca, du groupe des îles de la Bahia (voir mon article sur ces îles à la 3* liv. du Dictionnaire du Commerce, de l'Industrie et de la Banque. Paris, Guillaumin, et C»«, 1898), appelée isla de los Pinos, par C. Colombo, fut, d'après les uns, découverte le 31 juillet 1502, d'après d'autres en 1505. Qui a raison?

Linguistique, paléographie. — La langue de ces peuplades anciennes, à part quelques bribes éparses de vocabulaires, est inconnue à peu près. Leur écriture l'est totalement.

Archéologie. — A-l-on raison d'attribuer la construction des palais de Copan aux ancêtres des habitants actuels du pays ? Etait-ce une race venant du nord-est? Son origine yucatèque pourrait-elle être prouvée par la similitude archi tectonique des édifices de Copan avec ceux du Yucatan et de points intermédiaires tels que Quirigiia (au Guatemala) ?

Faut-il admettre avec Geo. E. Squier que les fameux tertres de Tenampua ont été élevés parla même race que celle (Moundbuilders) qui a construit les tertres de TOhio et du centre de T Amérique du Nord? Des photographies, accompagnées de plans, des formes extérieures des monuments des deux pays, ainsi que des objets trouvés à leur intérieur, permettraient peut-être d'être fixé à cet égard.

Le voyageur Stephens donne la gravure (page 157 de ses Incidents Of travels in Central America, vol. I), d'un autel circulaire vu par lui dans les ruines de Copan. Le D' E. T. Hamy (Essai S interprétation d^un des monuments de Copan, Compte-rendu Soc. Géog., Paris, 1886) a découvert sur cet autel la représentation du taîki, le fameux symbole chinois du principe de toutes choses. Que faut-il conclure de ce rapprochement ?

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