‹ Notes sur l'américanisme; quelques-unes de ses lacunes en 1900Chapitre 16 sur 46 · BRÉSIL · texte numérisé non relu

BRÉSIL

Rio Negro* — Cet affluent de gauche de TAmazonas ofl^re ceci de curieux que dans sa partie supérieure il est uni à la fois et au système de l'Amazonas et à celui de l'Orinoco ; quand il pleut au nord des montagnes divisant les deux grands bassins, le rio Negro court du nord au sud ; mais quand les eaux de TAmazonas sont en croissance, le courant du rio Negro va du sud au nord. Des études hydrographiques spéciales devraient être faites sur ces phénomènes naturels singuliers.

Territoires peu explorés. — Le fleuve Amazonas compte une dizaine d'affluents qui n'ont pas leurs égaux en Europe et qui pourtant sont encore peu connus et à peine explorés. Aussi, ce qu'Elisée Reclus disait en 1862 du bassin des Amazones {Revue des DeuayMondes^ 15 juin 1862) est encore vr&i de nos jours: «... et pourtant ces régions fertiles sont inoccupées, ce mac( gnifique bassin fluvial est le plus désert de l'Amérique ! Il faut en chercher « les raisons dans le climat trop souvent mortel à l'Européen, dans la prête sence des bêtes sauvages, des reptiles et des moustiques de mille sortes qui « en rendent le séjour intolérable, enfin et surtout dans l'exubérance même « de cette richesse et les violentes manifestations de la nature tropicale. »

Mentionnons rapidement quelques-uns des territoires inexplorés au nordouest de la République brésilienne :

celui compris entre le rio Negro, ses affluents Parana et Piyuna, d'une part, et le rio Yapura, de l'autre, à la frontière de Colombia. Le Yapura ou Japura est le nom brésilien, et le Caqueta est le nom colombien de cet affluent des plus grands et des moins connus de l'Amazonas. La nature et les habitants s'y conjurent pour anéantir les audacieux qui cherchent à en violer les mystères (Crevaux, 1879). Le rio Piquery, affluent de droite du Parana, est connu, mais le rio Cantu, son affluent de droite, ne l'est pas;

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celui compris entre le 70° lat. et le 73** et le 2** longitude (dans le département d'Amazonas) ;

l'explorateur français Ch. Wiener a eu, en 1880, en venant de l'Ecuador» de grandes difficultés à descendre le rio Napo, affluent de l'Âmazonas, les missionnaires des « Misiones de Oriente » lui ayant opposé la résistance la plus opiniâtre. Car, sur leur ordre, les Indiens s'étaient tous retirés dans les tambos, huttes qu'ils possèdent au milieu de la forêt, dans des sites souvent inaccessibles ;

les terrains avoisinant les ruines des tributaires du Maranon, du Napo, du Morona, du Postaca, de FUcayali et du Huallaga sont entièrement vierges et ignorés des gouvernements et des individus de l'Amérique du Sud;

le territoire bordé par le rio Ucayali (Pérou). Ce dernier, grand affluent de droite de l'Amazonas, s'appelle aussi Yacarana et forme la frontière entre le haut Pérou et le Brésil. Ses deux rives sont presque inconnues, surtout celle de droite bordée par la « Région de los Bosques » et les sources des rios Yarua, Purus et Yucarana ;

dans la comarca de Solimoes, figurent, sur la carte de MM. Raymundo A. Nery et Bernardo Ramos (Paris, 1885) comme régions inexplorées :

1*» celle comprise entre la rive droite du rio Xiguirana, affluent de droite du rio Javary,» lui-même affluent de droite de l'Amazonas, et la rive gauche du rio Jutahy ou Hiutahy, grande rivière assez peu connue ; à propos du Javary, la commission brésilienne chargée de la délimitation de la frontière bolivienne a visité en octobre 1897 sur le prolongement de cette rivière, les sources du rio Jaquirana habitées par les Indiens Capanos ;

2® celle comprise entre la rive droite de Jutahy et la rive gauche du Jurua, ou Hyuruhi, lui-même de grande étendue et peu décrit;

3** celle des sources des rios Jurua, TeflFé et Coary, sur la rive gauche du haut Purus ;

sur la comarca du rio Purus on trouve le territoire inexploré compris entre la rive droite du Purus et la rive gauche du rio Ucavari ou Madeira.

II en est de même de la région comprise entre la rive droite du rio Madeira et la rive gauche du rio Tapajoz.

Les géographes ne savent absolument rien sur les affluents de l'Amazonas compris entre le Parou et le Trombelta ou Trombetas. Le Trombetta, luimême, n'a été aperçu qu'à son embouchure et à ses sources, qui sont voisines du rio Blanco.

La vallée du rio Paranapanema est encore relativement peu connue. Sa source vers la serra Paranapiacaba est encore marquée en pointillé dans la carte du D' Henry Lange {Mitieil. Gotha déc. 92) ainsi que le cours de ses affluents de droite : rio Pardo (son cours supérieur à partir de Santa-Barbara), rio Turvo, rio de Pary, rio Jaguarete,Laranja Doce, das Anhuraas da Baixe ;

ses affluents de gauche: rio Apiahy (cours supérieur), rio Itararé, das CInzas, Tibagy (entre Jatahy et ses sources). Le rio Ivahy, affluent de droite du Parana marqué en pointillé dans la même carte, sauf à sa source.

L'intérieur de la province de Bahia elle-même n'est que peu connu à icause de sa nature accidentée et de son manque de cours d'eau importants, de routes et de chemins de fer. Ces circonstances ont permis à Tapôtre-bril^and Antonio Maciel, dit le Conselheiro, de s'y isoler longtemps (1897).

Le Mamoryha grande, le Panymira et Tlnauynim, principaux affluents de rive gauche du haut Purus, n'avaient pas encore été explorés en 1883.

« Malgré toutçs les explorations efi*ectuées, il n'est pas encore possible de « préciser le point exact où se trouvent les sources du rio Purus ; cependant « certains voyageurs assurent qu'il prend naissance dans le lac Rogagualo, « court de l'ouest à l'est, et se jette dans le Solimoes, à 45 lieues au-dessus « du rio Negro » {Jouimal officiel de l'empire du Brésil^ 1*' mai 1883)*

Quant aux sources du rio Jamary ou Javary (voir plus haut) dans la province de Matto Grosso, elles sont aussi inconnues.

Sur la carte du Brésil du D' Ehrenreich est marqué en pointillé, c'est-àdire comme incertain, le cours du rio Paranatinga, affluent de droite du Tapajoz, — celui du Kuliseu et du Kuluene, bras de la source du Xingu, — celui du bras du Yapura coulant parallèlement au rio Negro sur la rive gauche de l'Amazonas, ainsi que celui du Sao Manoel.

De denses forêts vierges non explorées entourent le rio Yguazu et ses fameuses chutes. Ce fleuve est formé par les nombreux cours d'eau qui viennent d'une part de la Sierra de las Misiones (république Argentine), de l'autre, des montagnes de Santa Catharina et de Sao Paulo, et se jette dans le haut Parana.

Bonne chance nous souhaitons à l'expédition ethnographique allemande partie dans le courant de 1898 pour explorer le Brésil Central et la région des nos Xingu, Atelchu, Romuro, Paranayuba, etc., sous la conduite du D' H. Meijer, assisté des D^» Mansfeld, Pilge et Koch.

Topographie, — « La carte de l'Etat de Rio Grande do Sul n'a été relevée « que par parcelles, dit l'ingénieur civil Max Lyon (dans le Bull, de la Sort ciété de Géographie Paris 20nov. 91), comme du reste celle du Brésil; ce « dernier, étant terra incognita^ dans ses limites extrêmes du nord et de « l'ouest, a peu tenté les géographes explorateurs modernes; pour le gouver- « nement brésilien, c'eût été une opération bien coûteuse que de dresser la « carte du pays faite tout d'une pièce, vu l'étendue des vastes régions com- « prises dans ses limites. Dans le rio Grande do Sul, comme presque parte tout ailleurs au Brésil, c'est à peine si l'on a relevé le cours des rivières « principales au moyen de la boussole et déterminé astronomiquement l'em- « placement des centres de population les plus importants; les diverses

« cartes qui ont été publiées ne donnent donc qu'une image de la contrée.»

On peut en dire autant de nos jours pour le tracé topograpbique des llanos et selvas du centre du Brésil, en dehors des rives des affluents de l'Amazonas.

Géologie préhistorique. — « On présume que, par suite de l'empiétement (( continu de la mer sur le corps continental, le fleuve des Amazones a perdu « de 700 à 800 kilomètres en longueur : Tancien rivage serait indiqué maince tenant par la ligne des fonds qui marque 200 mètres... Les irruptions « de rOcéan décomposent le grand bassin fluvial en bassin secondaire » (E. Reclus, iV. G. f/., p. 33). PeutK>n calculer les dates de ces grandes transformations?

M. Gh.Maunoir(dans le Bull, de la Société de Géographie de Paris, 2' trim. 1885, page 238) résume ce problème dans les termes suivants : — « M. Gor- « ceix a été amené à reconnaître que le soulèvement principal du centre du « Brésil, dirigé N.N.O., S.S.E s'était encore fait sentir pendant l'époque ter- « tiaire. La grande serra d'Espinhaçao, qui sépare les bassins du rio Doce et « du rio Jequitinhonha de celui de Sao Francisco, a dû certainement contid nuer à se former pendant cette période à la fin de laquelle existaient, tout « autour du massif central d'Ouro Preto, de grands lacs entourés d'une « puissante végétation, très semblable à celle des forêts actuelles. Comment (( ces forêts ont-elles disparu en partie? Quelles corrélations lient la flore « actuelle à la flore tertiaire? Voilà des problèmes qui relèvent du savoir <( spécial de M. de Saporta, et pour la solution desquels les matériaux re- « cueillis par l'éminent directeur de l'école d'Ouro Preto seront d'un préce cieux secours. Ces problèmes avaient déjà préoccupé le D' Lund... »

Cavernes. — Pour ce qui est des cavernes brésiliennes, voici ce que MM. Zaborowski et baron de Rio Branco en disent dans la Grande Encyclopédie (Paris, 1889, p. 1086/7, 173« liv.) :

a Le savant danois Lund rencontre dans les cavernes calcaires de la (( vallée du rio das Velhas des restes d'animaux éteints et dans six de ces « cavernes une certaine quantité d'ossements humains (1841/1843). Celle « de Sumidouro, entre les rivières das Velhas et Paraspeba, à trois lieues « de la ville de Santa Luzia, lui a fourni à elle seule des restes de trente « individus plus ou moins pétrifiés, recouverts d'une brèche très dure, « et, parmi les débris, 16 crânes dont 8 en bon état. Il n'y a pas d'exemple « d'os humains quaternaires trouvés en si grand nombre dans des cavernes.

Ces ossements gisaient dans le plus grand désordre, mêlés avec des restes « de plusieurs espèces d'animaux, les unes encore vivantes, d'autres éteintes (( ou émigrées, ce qui exctut toute idée de sépulture. Plusieurs crânes monte traient un trou de même grandeur et de forme oblongue, évidemment « produit par un instrument de pierre à bout pointu. Lund a émis l'opinion

(( que les individus en question auraient été des prisonniers de guerre mis « à mort d'un coup de hache de pierre sur la tempe. Il y avait des mâchoires « inférieures, écrivait-il quelque temps après (28 mars 1844, lettre à Rafn) « qui n'étaient pas seulement dépourvues de toutes les dents, mais qui (( étaient tellement usées, qu'elles ressemblaient à une plaque osseuse, épaisse tt seulement de quelques lignes. Cela indiquerait déjà l'usage du fameux bo- « toque des Botocudos. — M. Gaudry croit qu'il faudrait distinguer dans a la caverne de Sumidouro deux couches quaternaires : la moins profonde, « caractérisée par les espèces les plus récentes et par les ossements humains, « serait contemporaine du renne de l'Europe occidentale; — la couche « inférieure, caractérisée par les espèces éteintes, correspondrait à l'époque a du mammouth. Selon lui, l'homme fossile de Sumidouro existait à coup a sûr à l'époque du renne, mais il manquait peut-être à celle du mammouth; « Quoi qu'il en soit, ces crânes offrent un haut intérêt pour l'anthropolo- « giste. Ils diffèrent de tous les crânes fossiles de TEurope par plusieurs « caractères, dont le plus frappant est la grande hauteur de la voûte (hyp- « sisténocéphalie), jointe à une excessive dolichocéphalie. Ils diffèrent aussi a de ceux de Thomme précolombien des Sambaquis, qu'on trouve dans les a provinces méridionales du Brésil. »

Il reste donc encore beaucoup d'études à faire sur les premiers habitants de ces grottes.

Races. — La question des races est excessivement complexe au Brésil, plus qu'en aucun autre pays d'Amérique. Elle est due à l'immensité de son territoire, à l'hypothèse très probable de l'envahissement de ses diverses parties par des races de toute origine, à leur acculement les unes sur les autres et enfin à leur mélange presque forcé devant l'acheminement progressif des blancs vers les régions centrales du Brésil, de l'Uruguay, du Paraguay, de l'Arjentina, du Pérou, de Bolivia, de l'Ecuador, de Colombia, du Venezuela et des Guy ânes.

La tribu des Manaos qui, vers le xvi« siècle, occupait les , rives du rio Negro vers son confluent avec l'Amazonas, a-trelle eu des rapports quelconques avec les tribus qui construisirent Manayuflh (dans le Michigan, États-Unis), Manao ou Managua (hameau de l'île de Cuba, près la Habana), ainsi que Managua, la capitale du Nicaragua? Ne sont-ce que des similitudes de noms sans affinités ? Ces diverses localités ont-elles été toutes habitées primitivement par des membres de la grande famille Arrouage, mi-arrouak ou maîpoure et occupées dans la suite par leurs ennemis de race caraïbe qui les en auraient délogées ? On n'a que peu de documents à cet égard.

La question du peuplement des Antillles par les tribus d'origine caraïbe venues du sud-est, du centre du Brésil, prend chaque jour plus de consistance. Elle parait fort probable d'après les rça§çignements ethnographiques re-

cueillis par le D' Paul Ehrenreich aux sources du Xingu et Texistence d'un courant marin parlant de l'embouchure de TAmazonas, suivant la côte des Guyanes et prenant la direction nord-ouest pour aboutir aux Antilles. Il est très vraisemblable que les Caraïbes des affluents de la rive droite de TAmazonas aient profité de ce courant pour attaquer leurs ennemis Arrouagues des Antilles. Mais, en admettant l'exactitude de cette hypothèse, il reste toujours la question de savoir comment ces tribus caraïbes étaient arrivées au centre du Brésil. Il y a tout lieu de croire que leur point initial était au nord-ouest. Venaient-ils du golfe du Mexique, en suivant la côte Atlantique de l'Amérique Centrale? Attaqués, refoulés par les Arrouagues, ont-ils été acculés aux contreforts des Andes pour de là envahir le bassin de l'Amazonas? C'est ce que les Américanistes devraient rechercher, c'est ce qu'ils fUe pourront faire qu'une fois que l'exploration minutieuse de cette immense contrée aura été faite.

Le Journal officiel de l'empire du Brésil du 1^' mai 1883 dit, à propos des populations indigènes du Brésil: — «Outre les 18 tribus d'Indiens sauce vages, plus ou moins connues, on en compte encore sur les affluents du « Punis beaucoup d'autres. — On peut évaluer le nombre des Indiens qui « composent les tribus connues à 5.000 et 7.000 à 8.000 indigènes environ a errant au milieu des forêts. »

Nous allons maintenant donner les quelques renseignements détaches suivants, sans lien apparent, sur les diverses tribus peu ou point connues encore du Brésil. Pour ce faire, nous mettrons pas mal à contribution les renseignements que le voyageur allemand D*' Paul Ehrenreich a eu l'obligeance de nous envoyer par correspondance, ou que nous avons trouvés émanant de lui, soit dans les Mitteilungen de Gotha de 1890-1891, soit dans sa conférence à la session de Paris (1890) du Congrès international des Américanistes :

c'est à peine si l'on sait quelque chose des Indiens nomades et anthropophages, les Porentiutin, habitant les contrées sauvages situées entre le Madeira et le Punis inférieur ;

dans le bassin de l'Amazonas, les Mura, nomades, les Juri, sur le bas Yapura, les Tecuma, à la frontière péruvienne, les Ouaoupe, sur la rive droite du rio Negro, n'ont pu encore être assimilés d'aucune façon avec aucun des grands groupes dans lesquels on peut tant bien que mal faire rentrer les principales tribus du Brésil.

Crevaux vit sur les bords du Yapura des Indiennes de la tribu des Tamas originaires du rio Caguan. « Elles ont, dit-il, un air de famille très frap- « pant avec les femmes de la Guyane. De plus, elles ont des habitudes que « nous avons observées chez les Galibis. Ainsi elles portent une grosse (( épine noire dans le lobule du nez et une autre dans la lèvre inférieure.

« L'une d'elles est occupée à broyer du maïs avec une g^rosse pierre ayant « tout à fait la forme d'un croissant; cet ustensile de ménage est commun « dans riça... J'ai trouvé une pierre semblable aux environs de la ville de a Para où elle était employée par les anciens indig-ènes (p. 707).

« Les Indiens Carijonàs et Coreguajes ont les mêmes traits, la même « langue, les mêmes usages et emploient les mêmes dessins que les Rou- « couyennes de Guyane (p. 708).

(( Plus je vais, plus je trouve des rapprochements entre les indigènes du (c Yapura et ceux de la (îuyane. Je commence à croire qu'ils appartiennent « tous à une même famille (p. 710).

« Les Indiens Orejones des bords de l'Iça (nom brésilien) ou Putumayo « (nom colombien) sont anthropophages (p. 687).

« Les Indiens du haut Amazone, comme ceux des Guyanes, fuient la grande « rivière pour se réfugier dans les affluents ; la pêche et la chasse y sont « plus faciles, et ils ne sont pas tracassés par les blancs qui veulent exploiter « leur travail et leur ravir leur liberté (p. 696). Cela se comprend aisément : (( car sur le Yapura il y a des blancs qui se montrent plus sauvages que les « Indiens (p. 698).

« Les Indiens Trios, qui occupent le tiers supérieur et les sources du rio « Tapanahoni, inspirent de la frayeur aux Indiens avoisinants de race rouie couyenne (p. 673). »

•(( Il serait périlleux de s'aventurer chez les Oyacoulets du haut Maroni et chez les Indiens de la Crique Conyari, qui, bien qu'appartenant à la même famille (roucouyenne) sont restés absolument isolés à la suite de guerres avec leurs voisins. — N'est-il pas étrange de trouver à moins de cent lieues de la côte de la Guyane française des gens qui en sont encore à l'âge de pierre ? Tels sont les Oyacoulets qui font la terreur des nègres Bonis ; ils sont si sauvages qu'ils ne connaissent pas encore la fabrication des pirogues » [p. 668 de V Exploration des fleuves Yaiifj Parouj Iça et VapiirUy affluents de r Amazone (1878-1879), par le D' J. Crevaux, Bul. Soc. Géog. Paris, 4* trim. 1882]. '

Dans les parties non civilisées de la province du Para, il y a encore une tribu Tupi considérable à l'état libre. On n'a que quelques renseignements sur la partie orientale de cette population, les Tembe des rios Acara et Capim supérieurs. Par contre, on ne connaît à peine que les noms des Tupi sauvages de la rive gauche du Tocantins des régions supérieures des fleuves débouchant à Portel : ce sont les Pacaja, les Jacunda, les Anta ou Tapiraua.

Dans les immenses territoires arrosés par l'Amazonas et ses importants affluents sur les plateaux de l'intérieur du Brésil, il existe de nombreuses tribus ayant encore échappé complètement à la civilisation et connaissant à peine l'existence des blancs.

L'intérieur du Brésil est encore un inonde inconnu, plus encore peut-être que l'Afrique actuelle : nous ne connaissons presque rien des pays situés entre les grands tributaires de TAmazonas et on y peut rencontrer à chaque pas des tribus complètement inconnues, n Même dans les régions du Haut ({ Xingu que nous avons visitées, m'écrivait, en 1891, le D^ Ehrenreich, il « y a encore une quantité de tribus mal connues ou complètement inconnues, « comme les tribus Nahuqua sur le Kuluene. Les Suya, les Manitsaua, les <i Goustenao et les Vaoura ne sont aussi connus que superficiellement. Mais « il n'est pas même nécessaire de pénétrer dans ces contrées éloignées et peu « accessibles : il y a encore assez à faire à la cdte, spécialement sur tout le (T territoire du Para. »

Le nom est encore inconnu de cette race qui, tout le long des côtes du Brésil, a laissé des sambaquis ou débris de cuisine. Appartenaient-ils au groupe Gès (Botocudos) ou bien sont-ce des Pampéens? Y a-t-il un rapport à établir entre la botoque des Botocudos, celle des Groenlandais et la grosse épine noire que s'insèrent dans la lèvre supérieure les Galibis de la Guyane française et les Tamas du rio Caguan (région du Yapura-Caqueta) ?

A propos des Botocudos, le M'' de Nadaillac m'a exprimé, par note manuscrite, sa croyance, mais pas sa certitude scientifique, que les os trouvés par Lund à Lagoa Santa pouvaient être attribués à cette tribu.

Les Indiens des villages voisins des rivières Andira et Maués (province de TAmazonas) n'ont guère été visités. C'est non loin d'eux qu'a trouvé la mort le vaillant D*" Crevaux. Cette région mériterait d'autant plus d'être soigneusement visitée que ses habitants cherchent plus à la cacher aux regards des gens civilisés.

Les Tapirape du bassin de l'Araguaya n'ont pas encore été visités par des explorateurs.

On n'a pu encore assimiler à aucune des grandes familles brésiliennes les tribus suivantes, qui restent encore tout à fait isolées :

sur le territoire de la côte orientale, la tribu presque éteinte des Kiriri- Sabuja (y a-t-il similitude de nom avec les ruines de Saboya, en Colombia?), habitant le rio Sao Francisco ;

dans le Matto Grosso et le Goyaz, les Trumai, aux sources du Xingu, les Caraya sur la rive droite de l'Araguaya moyen etdu Xingu, les Boroto, entre le Haut Paraguay et la source de l'Araguaya ; enfin, les Guato, sur le haut Paraguay ;

on ne possède encore aucun vocabulaire des hordes Kayuma, vivant entre l'Araguaya et les bras orientaux des sources du Xingu ;

la masse principale des Cayapo libres du nord habite actuellement les contrées sauvages inconnues, comprises entre le bas Araguaya et le Xingu moyen. L'influence européenne n'est pas encore arrivée jusqu'à eux. Ils auraient besoin d'être visités par une expédition civilisatrice ;

les Âkoué ou A-kuen, véritables Chavantes, se trouvant sur la rive gauche du rio das Mortes, affluent de TAraguaya, où aucun Européen n'a encore été les voir;

près de la ville de San José dos Campos novos de Paranapanema campent des indiens sauvages Cajues ou Cayua, Corvados ou Coroados et Cha vantes. Leur domaine comprend également les Campos et les forêts aboutissant à la rive droite du Paranapanema, où l'homme civilisé n'avait- pu encore pénétrer en 1889. La coutume des Cayua d'entretenir des feuxtoujours, où qu'ils se trouvent, est-elle spéciale seulement à ce peuple et aux Indiens de la Terre de Feu? Cette particularité pourrait-elle être un indice probant des affinités ethniques existant entre les Cayua et les Fuégiens? ou bien cet usage est-il commun à tous les habitants indigènes de l'Amérique ? Le D^ Henri Lange (déc. 1892) dit qu'il est très difficile d'évaluer le nombre des indiens sauvages vivant dans la vallée de Paranapanema.

Quant aux Canoeiros, on ne sait rien sur leur compte; on ignore même si c'est leur vrai nom. Ils doivent habiter vers le nord-est des Bororo. Les Indiens Chunchus ou Sirionos sont restés indomptés et sauvages etse sont opposés à toute expédition se proposant de descendre le Madré de Dios. Ils habitent entre le Tono et Tlnambari, sur les dernières pentes des Andes (pages 253 et 259). Les Indiens Tuyuneres des environs du confluent des rios Tono et Piûi-Pifli sont sauvages et attaquent les explorateurs européens (p. 236 de l'article : Le Madera et les rivières qui le forment {Beniy Madré de DioSy Or ton et Abona), par le D' Juan Francisco Velarde, Bull. Soc. Géog. Paris, 2* trim. 1887).

On n'a aucun document linguistique sur les Arara ou Yuma qui s'étendent du bas Xingu aux rios Madeira et Purus. D'après le voyageur français André Bresson {Bolivia, p. 507), ces Arara vivent sur les limites septentrionales du Brésil avec la Bolivia, sur les rives du rio Madeira, près du rapide d'Araras. Cette tribu belliqueuse est de nombre réduit. Retirés dans les forêts, ils ne font que des apparitions fugitives, mais dangereuses du côté de la rivière. La façon redoutable avec laquelle ils manient de grands arcs et des flèches démesurées empêche de les approcher et par conséquent de les connaître. Les Indiens Ouitotos, de la rivière Arara, sont appelés ainsi, c'est-à-dire ennemis, dans la langue des Carijona etdesRoucouyennes. Les habitants de l'Amazonas les appellent Miranhas. Eux-mêmes se nomment Macoushis. Il est très bon de noter l'analogie de ce dernier nom avec celui de Macusison de la Guyane anglaise (J. Crevaux, 1878-1879). La province de Spirito Santo que traverse le rio Doce, était l'une des moins connues du pays, en 1888. Les indigènes de la vallée du rio Doce, rébelles à toute civilisation, sauvages comme leurs ancêtres, et de plus anthropophages, inspirent une terreur traditionnelle qui a contribué à tenir à l'écart les émigrants et les

spéculateurs. Les pays qui bordent le rio Sao José, tributaire septentrional de la lagune Inparana, sont sauvages, couverts d'épaisses forêts et peuplés de hordes d'indiens nomades.

Les Indiens Bugres, qui vivent dans les montagnes de Santa Catharina, dans la région des sources du haut Uruguay et du Rio Tubarao, n'ont pas encore été visités. Jusqu'à présent, on n'a pu encore entrer en rapports avec eux. On ne connaît pas leur langue.

Peut-on dire que les Indiens 6ès du Brésil remplissent toutes les conditions de probabilité permettant de croire à leur autochtonisme?

M. de S** Anna Nery (p. 33 de l'art. Le peuplement de r Amérique chaude^ n** S, Journ. Société des Américanistes de Paris, 1898), a trouvé dans une seule chronique manuscrite d'un missionnaire flamand, le Père Jean-Philippe Bettendorf, les noms d'une vingtaine de tribus dont aucun auteur ne fait mention. — Voir cette liste à la page 34 du dit Journal. De quelles races étaientrils ?

Histoire. — D'après le Dr. D. G. Brinton {Races and peopleSy 1890), des données positives manquent sur les premières migrations des Tupi-Guarani ; mais, malgré cela, l'évidence tend à montrer qu'elles furentdans la direction du sud vers le nord et que les Tupi déplacèrent un peuplé antérieur dont le type physique était différent et dont le degré de civilisation était inférieur.

Selon la tradition et les mémoires de Dieppe, de Desmarquets, L. Vitet, etc. il paraîtrait que le Brésil a été découvert par des Français, avant le Portugais Pedro Alvarez Cabrai. Ce serait Jean Cousin de Dieppe qui aurait, en 1488, découvert l'embouchure de l'Amazonas. Le savant publiciste brésilien baron de Santa Anna Nery et le professeur Paul Gaffarel, qui se sont tous deux fort occupés de la question, ne se prononcent pas à ce sujet. C'est que, jusqu'ici, aucune preuve vraiment authentique, aucun document officiel de tout repos n'a été trouvé de ce voyage et n'a confirmé l'affirmation des mémoires et légendes des Dieppois. t^estque le grand fleuve supposé découvert par Cousin peut avoir aussi bien été l'Amazonas qu'un autre fleuve du littoral compris entre la Guyane et le Rio de la Plata.

Le Castillan Martin Pinzon, compagnon du premier voyage en Amérique en 1492, de Christoforo Colombo et de son associé, ne serait-il pas le même qui, après avoir louvoyé sur les côtes du Brésil, avec le Dieppois Jean Cousin, fut cassé en 1489, déclaré impropre à servir dans la marine dieppoise, et apporta à Colombo le résultat de ses connaissances nautiques sur le Brésil septentrional ? Ce ne sont que des hypothèses vraisemblables, maisnon basées sur des documents ; on aurait pu les rechercher dans les archives de la ville de Dieppe, mais malheureusement elles ont été maintes fois brûlées et mises au pillage.

Le même sort est réservé à la tradition vraisemblable, mais non documen-

tée, de la découverte des plaines de Piratiningua et de la tribu des Guaynazes près SaoPaoIo, par le Portugais JoaoRamalho en 1490.

El Dorado. — Quant à la localisation de la région légendaire, lieu de toutes les richesses, dénommée El Dorado^ et recherchée avec rage par les aventuriers de diverses nationalités, elle est très difficile à faire. Les uns la placent près de la ville de Manoa, plus tard Manaos. D'autres, comme le Dr. J. Crevaux, la rapprochent de la Guyane française ; Texistence de grottes formées par des roches micacées aurait servi de base à cette légende de rhomme doré, s'enduisant les cheveux et le corps, non de paillettes d'or, mais bien de cette poussière connue sous le nom de sable d'or ou or des singes.

Ville enchantée. — Que dire de la ville enchantée perdue au milieu des forêts vierges que recherchent les savants depuis longues années ? Cette ville serait sur la ligne de Téqùateur. D*après la version hypothétique de la première expédition faite en 1753, et publiée dans le l^*" volume de IdL Revue de Vlnslilui Historique de Rio de Janeiro^ non loin de ces ruines se trouvait une inscription en un dialecte mi-égyptien, mi-grec archaïque. En 1840, le chanoine Benigno deCarvalho fut chargé d'élucider cette question. Ce fut en vain. En 1883, M. Spinola fit le même effort, inutilement, d'après nos renseignements ; il faut éclaircir enfin ce mystère.

Linguistique. — La plupart des langues parlées jadis par les tribus éteintes du Brésil sont ignorées. Il en est de même de celles encore parlées actuellement. Ce n'est pourtant qu'après connaissance approfondie et comparaison attentive de leurs lexiques et grammaires avec les mêmes documents d'autres parties d'Amérique qu'on pourra se faire une idée vraie des migrations diverses des nombreuses tribus qui peuplèrent le vaste territoire de la république brésilienne.

Que faut-il conclure de la similitude à plusieurs centaines de kilomètres de distance des langues parlées par les Roucouyennes de Guyane, d'une part, les Carijona et Coreguajes, de l'autre, dans lesquelles le feu est indiqué par le mot (( tata » et l'eau par « touna » ?

Nous en donnerons un exemple par la langue des Tucanos, du rio Negro et de l'Amazonas supérieur. Le D' Franz Pfaff, qui les a visités vers 1889, ne peut avec assurance leur assigner une affinité quelconque de races avec quelque autre tribu. Néanmoins le D' Brinton assimile cette langue au groupe linguistique betoya. Le savant linguiste nord- américain considère comme très importante cette langue tucano. Il déplore l'absence de matériaux suffisants pour déterminer l'extension de ses affinités au nord et à l'ouest. Il se contente de signaler quelques similitudes entre des racines betoya et choco et d'observer que cette langue emploie les mots uma et orne pour homme, et ira pour femme, rapportés par les premiers explorateurs vers 1515, comme

en usage le long^ de la côle nord du Venezuela et de Tisthme de Panama. Ces mots certainement appartenaient à la langue betoya. Quant à la région en question, elle part du golfe d'Uraba jusqu*à Punta de Nombre de Dios, le long du rivage de l'isthme de Panama. Cette affinité est-elle une preuve de l'origine nord-ouest des tribus des bords du rio Negro? ou bien est-ce seulement une similitude fortuite ?

La langue zeona ou seone comprenait plusieurs dialectes* Bile était parlée entre le moyen Putumayo ou Iça, au nord, et le bas Napo et l'Âmazonas, au sud. Cette langue a disparu et sa parenté avec la langue betoya eût pu être d'une grande utilité, si Ton eût eu d'elle certaines données. Le D' Brinton signale l'existence d*un ouvrage ancien unique, publié sur cette langue, ainsi que la nécessité de sa reproduction pour le faire connaître au public savant. Espérons que le vœu du D' Brinton se réalisera I

Sémantique. — L'origine du mot Amazonas est absolument incertaine : estelle d'origine indigène ? A-t-elle été donnée par les premiers explorateurs européens, et est-elle tirée du grec ? Dans ce second cas, il y a encore deux interprétations : ce mot viendrait-il de AfAo^wy, sans mamelle, ou de «fta, ensemble et t^cdva, ceinture, femmes ayant des ceintures, ou femmes liguées, réunies? nul ne le sait. Si le nom Amazonas est d'origine européenne, quel serait le nom indigène précolombien du principal fleuve sud américain ?

On ignore encore l'étymologie exacte du nom du rio Marafion, Maranhao, Maranham ou Maragnan, celle de Maraiia (tleuve aux eaux sales et rapides) étant fort douteuse.

Les trois dernières syllabes du nom de la vallée méridionale du Brésil : Paranapanema et le nom de Panama, chute d'eau du rio Parou, qui signifie : papillon^ dans la langue des Apalaï et des Roucouyennes, ces deux noms (le localité, dis-je évoquent leur rapprochement avec le nom du fameux isthme central de l'Amérique et ses diverses étymologies (voir à Colombia) et celui de la tribu Panamakas du Nicaragua. Y aurait-il des rapports linguistiques à établir entre ces noms divers?

On ignore le nom primitif indigène de l'île Fernando Noronha, située à environ 290 milles au nord-est de Pernambuco. On aurait aussi besoin de savoir les noms indigènes d'une foule d'autres localités anciennes.

Religi07i. — Comme nous ne connaissons que très imparfaitement un très petit nombre de langues indigènes du Brésil, il va sans dire qu'il est encore plus difficile de saisir les idées générales qui dominèrent l'esprit de ces populations, surtout celles ayant trait aux croyances, pratiques religieuses, leur origine et le but qu'elles recherchaient. Néanmoins, M. Santa Anna Nery, dans son remarquable « Pays des Ajnazofies », Paris, a pu démêler les considérations suivantes (p. 261) : « Tout en maintenant pour le reste du pays des « Amazones et pour la plus grande partie des tribus indigènes l'existence

(< d'un fétichisme primordial, il est permis d'admettre que certains groupes « d'Indiens se sont élevés à un système religieux moins rudimentaire.

a Ici deux suppositions se présentent à la pensée : ou ces naturels privi- (( lé^iés ont atteint d'eux-mêmes, par des causes internes et externes non « encore déterminées, ce degré de religion effective qui se traduit par « des œuvres d'art et par un ensemble de rites publics ; ou bien ils ont « emprunté ces progrès à des étrangers. Tout semble recommander la der- « nière hypothèse.

c( Il est possible que des migrations mexicaines soient venues se fixer, à (( des dates reculées, dans les îles de Marajo et de Pacoval ; il est possible « aussi que les contacts fréquents et probables des Indigènes du haut « Amazonas avec ceux du Pérou aient introduit chez ceux-là certaines formes « religieuses plus avancées. »

Sambaquis, — Les débris de cuisine trouvés sur les rives de l'Océan Atlantique n'ont pasété encore explorés aussi scientifiquement qu'ils auraient dû l'être et, malgré les travaux divers de Lund,Wiener, Nadaillac et autres, ils doivent faire l'objet de nouvelles études approfondies. Il y a aussi à établir des comparaisons entre ces kjœkkenmœdings et ceux de Waramuri en Guyane Anglaise.

Archéologie. — On ne sait pas grand' chose sur les monuments architectoniques laissés par les populations primitives du Brésil.

Pétroglyphes. — Le passage ci-joint de l'ouvrage de MM. Zaborowski et Rio Branco (page 1088 de la 173« livraison du Dictionnaire d'encyclopédie^ Paris, 1889) donne un aperçu des principales inscriptions sur roches du pays, sans pour cela en indiquer le sens, qui est encore à déchiffrer : (( Les (( inscriptions sur rochers se trouvent presque toutes dans la vallée du « Sao Francisco et de l'Amazone. Elles sont taillées sur les rocs, quelquesce unes présentant des traces de peintures diverses, d'autres simplement « coloriées en rouge. (]e sont des arabesques, des signes variés,, des figures (c humaines, des animaux, des soleils, des flèches. Elles paraissent indé- (c chiffrables et ne représentent peut-être que le caprice des artistes indiens. « La seule qui pourrait avoir une interprétation est celle que les natura- « listes Spix et Martius ont publiée dans leur atlas de voyage, plus connue « par une reproduction peu fidèle de A. Debrel. Elle se trouve dans la Serra (( do Anastacio, entre Monte Santo et le Sao Francisco. On croit y voir l'histo- « rique d'une bataille commencée la nuit. Non loin de cet endroit on trouve <( d'autres inscriptions, à Tiuba (Pedra das Lettras, entre Monte Santo et « Villa Nova de Râinha), à Grota Funda, près de Jacobina, à Talhada, Pé (( da Serra, Salgado, Brejo (en face de Piranhas), à Olho d'Agua do Casado « (Alagoas, près de Piranhas), dans le Pancma, affluent du Sao Francisco, « etc... En dehors des zones que nous avons indiquées (Sao Francisco et

l46 NOTES SUR L^AMKRICAMSMÊ

« bassin de rAmazoïie), on connaît des inscriptions dans le versant oriental « de la Serra do Bacamarle (Parahyba), à Ceara, au Maranhao, et, plus au « sud, dans la Serra da Onca (rio Doce), et à Rio Grande du sud. Dans le « bassin de TAmazone ces inscriptions sont nombreuses à Itacotiara, pierre (( peinte, dans le rio Negro, le Madeira, le Xinçu, le Yapura, etc..) Une (( inscription avait été découverte dès 1774 par Cabrai d'Almeida. »

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