III. ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE
lo VERSANT ATLANTIQUE ET RIVE GAUCHE DU MISSISSIPI
Généralités. Topographie. — Le relevé topographique du territoire des États-Unis était, il y a quelques mois encore, des plus défectueux. Quoique la topographie n'intéresse pas directement, à proprement parler, Taméricanisme, ce renseignement prouve pourtant que si l'ensemble même du territoire n'est pas relevé, les données scientifiques de moindre importance pour la vie pratique, matérielle, doivent être encore plus négligées.
Courants maritines. — Les mêmes études qui ont permis de trouver que le courant Golfier (Gulf Stream) met une moyenne de deux ans pour parcourir la distance existant entre la Florida et la Norvège, devraient être poussées dans un sens historique. Il serait utile d'étudier les facilités que ce courant a pu donner à des migrations maritimes, soit du sud vers le nord, soit du nord vers l'est. Quelles tribus du golfe du Mexique, Caraïbes ou autres, ont profité de ce courant pour remonter le long des côtes Atlantiques de l'Amérique ? Quels ont pu être les principaux points probables d'atterrissement ? Y a-t-il traces de traditions relatives à des migrations maritimes que desnavi-
gateurs précolombiens aventureux aient tentées sur l'Europe en suivant le courant bienfaisant du Gulf Stream ?
Races. — « Les hommes qui ont creusé les «ashpits, » puits de cendres de la vallée du Petit Miami, non loindeMadisonville,dit le marquis de Nadaillac (page 463-466 deV Anthropologie, juiWei 1891) «et ceux qui dorment dans « les tombes voisines, appartiennent-ils à la race qui a élevé des tertres, les gi- « gantesques fortifications enterre?... Sont-ils les ancêtres ou bien les des- « cendants de ceu^ que nous appelons les moundbuilders à raison de leurs trace vaux et faute d'un meilleur nom à leur donner ? Si, au contraire, ils « remontent à une race différente, pouvons-nous les rattacher aux Peaux- « Rouges, contre lesquels les colons européens eurent si longtemps à lutter « et qui disparaissent de nos jours devant une civilisation qu'ils ne peu- « vent comprendre ni s'assimiler ? Ces questions divisent les Âméricanistes « les plus compétents; de nombreux et savants travaux ont été publiés pour « soutenir les deux hypothèses, et le lecteur impartial est forcé de convenir « que Tune et l'autre peuvent se défendre par d'excellents arguments. »
D'après Brinton, Thypothèse que les mystérieux « constructeurs de tertres » de rOhio étaient des ancêtres des Creeks, Gherokees et autres tribus du Sud, commence à prendre une certaine consistance; mais il est nécessaire que cette opinion soit mieux établie qu'actuellement.
Les Mohegans de New-York, les Monacans de Virginia, les Catawbas de la Carolina du Sud et les Timucuas de Florida n'ont plus de représentants vivants. On ne sait presque rien de ces peuplades.
M"« Cornelia Horsford (p. 32 The graves of Ihe Northmen, Boston, 1893) trouve dans le Tennessee central, la Georgia septentrionale, la Pennsylvania, rOhio et l'IUinois méridional, un genre de sépulture spécial appelé « boxstone )), associé avec des tertres. Elle l'attribue aux Shaw^nee (Chaouni) nom donné par les indigènes aux Northman de la péninsule Scandinave. Dans le groupe Etowah on a trouvé des objets en cuivre aux dessins européens. Etaient-ils dus aussi à l'industrie des Northman? Le fait que dans le sud de la Georgia on ne trouve plus ce genre de sépulture indique- t-il que les Northman n'allèrent pas plus loin?
Histoire des découvertes, — Les Phéniciens se sont-ils avancés dans les parages occidentaux de l'océan Atlantique ? Ont- ils abordé en Amérique? Votan était-il un de leurs chefs, mythique ou réel ? Est-il possible de considérer comme leurs descendants les Macares, tribu des Antilles habile dans l'art de la métallurgie ? Ce sont autant de questions auxquelles on ne peut faire que des réponses plus ou moins problématiques. D'innombrables ouvrages plus ou moins fantaisistes ont traité ces sujets avec une compétence diverse. Presque tous se basent sur les trois inscriptions suivantes trouvées aux États-Unis :
l** une inscription, en caractères mystérieux, d'une roche rouge de l'État de Massachusetts, comté de Bristol, territoire de Berkeley, sur la rive orientale de la rivière Taunton (Cohaunet, des Indiens), par 41« 45' 30' de latitude nord.. Cette inscription a été attribuée tour à tour aux Atlantides, aux Phéniciens, aux Scandinaves, aux Skraelliny^er, aux Sibériens. Malgré tout, elle reste toujours une énigme indéchiffrable ;
2*^ riascription, aussi peu déchiffrable de Grave Creek, trouvée dans les montagnes du même nom, à Touest des AUeghanys, près de Wheeling, canton de Marshall, en Virginia ;
3° la tablette d'argile bitumineuse trouvée à la ferme de Cork, près de Davenport (lowa).
A propos de ces documents, le professeur Gaffarel de Dijon dit : « Il en est (( des trois inscriptions précédentes comme de toutes les traditions sur les « établissements des Phéniciens en Amérique. Jusqu'à nouvel ordre, on « n'a le droit de rien affirmer. Peu de problèmes sont aussi intéressants à « discuter; mais, avant d'en donner une solution définitive, il faudrait « d'autres preuves et des arguments plus solides qui manquent encore et « probablement manqueront toujours. »
On ne peut encore localiser exactement les noms suivants donnés aux diverses parties de l'Amérique boréale :
Irland'H-mikla. — Malgré le manque de précision des sagas islandaises, doit-on considérer comme certaine l'existence de cette colonie islandaise précolombienne, aux approches de Terre-Neuve, de la rive méridionale du Saint-Laurent, des îles qui ferment son golfe ? Faut-il l'identifier avec HvUramannaland ?
Le i/^//M/awd correspond-il au Labrador ou à Terre-Neuve ? le Markland à la Nouvelle-Ecosse ?
Peut-on voir dans le Yinland un des Étals actuels des États-Unis : Rhode Island, New- York, New-Jersey ou Massachusetts ? Les détails font défaut sur l'histoire de la colonisation de cette contrée aux xiii^' et xiv* siècles.
On ne sait si la colonie Scandinave de Noriimbega peut être identifiée, comme le prétendait le professeur Eben Norton Ilorsford, avec Watertown, au confluent de Charles River et du Stony Brook, et si le squelette trouvé en 1840 au Fall River (Massachusetts) est bien celui du fameux Northman Thorwald. Norumbega est-il devenu dans la suite la Nouvelle'F7*a7ice? Le professeur Horsford répond par Taffirmative. Sur les vieilles cartes, la dénomination de Nouvelle-France désigne toute rArnérique du Nord. Mais celles d'époques plus récentes la localisent au nord delà bouche du Kennebec. Que croire?
Ulcaria des frères Nicolo et Antonio Zeni est-elle Terre-Neuve, Anticosti ou toute autre île du golfe du Saint-Laurent? On ne sait pas non plus si
NOTES SUR l'américanisme ISI
leur Estotiland était le Labrador, Terre-Neuve, le Nouveau-Brunswick ou le Bas-Canada, ni si leur Drogeo était le Vinland ou la côte actuelle des Etats-Unis. C'est que la relation des voyages des frères Zeni, partis de Frisland, îles Feroé, vers la fin du xiv« siècle, pour les côtes septentrionales de TAmérique, n'est pas encore d'une authenticité indiscutable. D'après GafFarel, elle est vraie pour le fond, mais fausse pour les détails.
Voici encore d'autres problèmes de géographie historique non résolus : On ne sait sur quelles données reposent les traditions suivant lesquelles Jean de Echaïde ou Mathias de Echevete découvrirent Terre-Neuve au xv^ siècle, et les Bretons, le cap Breton. On n'a aucun document cartographique émanant des Basques ou des Bretons.
On ignore les causes qui amenèrent la destruction des établissements des Northman au Vinland. Est-elle due à un abaissement de la température de ces régions, aux restrictions apportées au commerce par les monarques Scandinaves, à la peste noire au xiv® siècle, aux attaques des Skraeliinger ou aux difficultés des communications? On Tignore.
Le Portugais Joao-Vaz Cortereal a-t-il abordé, en 1464, aux régions boréales américaines ? Peu d'actes authentiques jettent un jour suffisant sur sa vie et ses expéditions.
Les frères Gaspar et Miguel Cortereal ont-ils navigué dans les mers de Baffin, de Davis et de Hudson? On le suppose. Mais tous deux ont disparu sans qu'on pût savoir ni le lieu ni la date de leur mort.
La biographie de Jean Cabot ou Gabotto, présente bien des points obscurs. On ne connaît exactement ni la date de ses voyages ni le lieu de sa mort.
Ethnographie. — Les tribus iroquoises, comme procédés mnémotechniques, se servaient de colliers ou ceintures de coquillages. On n'en connaît qu'imparfaitement l'usage exact.
Ornementalion des poteries précolombiennes. — A propos du remarquable mémoire du prince russe A rs. Poutjatine, n Sur le de'veloppetnent d'empreifiles « depi'oduits textiles sur les poteries russes et leur conformité avec les pro- « duits similaires de V Amérique du Nord u, présenté au Congrès international des Américanistes de Paris, 1890 (voir pages 505/13 du complerendu), M. Thomas Wilson (voir même compte-rendu) parle du même procédé d'estampage en Amérique. Mais il n'a retrouvé des spécimens de ce système d'ornementation par empreintes de produits textiles que sur le versant atlantique de l'Amérique du Nord, soit dans les États de Massachusetts, New^-York, Pensylvania, Maryland, Washington D.-C, North Carolina, Georgia, Florida, et en plus dans les Etats centraux d'Alabama, Mississipi, Tennessee, Ohio, Illinois et Minnesota. — D'autre part, les traces d'estampages textiles russes n'ont été trouvées par le prince Poutjatine que dans les gouvernements d'Iaroslaw et de Vladimir, sur les bords du
fleuve Oka, et aux environs de Bologoje. Il serait peut-être intéressant de rechercher et dans les parties de T Amérique du Nord, citées par M. Wilson, et dans celles de Russie, objet des études du prince Poutjatine, si l'on ne pourrait pas trouver d'autres points d'affinités ethnographiques ou autres entre les races qui ont fabriqué les poteries en question.
Minnesota. — Dans tlie Science du 1*' septembre 1893, M. Albert Schneider parle de la nécessité d'étudier scientifiquement les tertres indiens de la région du lac des Mille Lacs et du lac Warren.
MicHiGAN. Cavernefi* — Entre Marquette et le%Sault Sainte-Marie, près de Grand Island, s'élèvent les hautes falaises dites « Portails » par les anciens voyageurs français et dénommées a Roches peintes » (P/^/wr^rf/toc/cs) parles Américains, à cause delà variété de couleurs des roches degrés, de calcaires, de quartz, percées de cavernes. Bien peu de ces cavernes ont été explorées scientifiquement et bien peu de ces pétroglyphes étudiés.
L'érosion causée parles vagues sur les rives du lac Michigan remonte^telleà 7300 ans, comme le veut le docteur Andrews? Que dire de cette date? Quelle déduction en tirer pour la région circon voisine?
Dunes de sable. — Le vent a amassé des collines de stable d'une vingtaine de mètres de hauteur à la côte est du lac Michigan, à Grand Haven et à Sleeping Bear. On n'aperçoit plus que le sommet des arbres dont le sable a recouvert le sommet, tout en ayant sur les rochers un effet érosif. Les chercheurs pourraient peut-être faire des découvertes curieuses en fouillant ces dunes.
WiscoNsiN. Races. — D'après Walter James Hoffman (p. 32 the Menomini indians^ 14^^ An. Rep. Bur. of. Ethnol., 1" part., 1892/3), on a peu de données sur la population primitive de la tribu Menomini.
Archéologie. — A 10 milles au nord de Kichina, près Wolf river et Green Bay, se trouvent plusieurs grands tertres circulaires non encore examinés. On attribue leur construction aux Dakota ou autre tribu Siou située à l'est de Kichina.
New York (Etat de). — Dans sa brochure intitulée « Interesling archœological studies in and about Buffalo », M. William Clément Bryant parle de nombreux tertres et ouvrages défensifs découverts dans les comtés d'Erie et de Jcfferson, Buffalo, etc.. Il ignore s'ils ont été construits par les mêmes « Moundbuilders » de TOhio et les attribue aux hommes rouges de la famille Huron-Iroquoise. Pour M"^ Gornelia Horsford, ce sont des Huron-Irocjuois, descendants des Xorthman et des indigènes ; la même race qui a fait ces anciens ouvrages en terre aurait-elle aussi construit les for-
tifications de Stony Brook au fort Norumbe^a et à Millis? {The graves oj the Northmeriy p. 23, Boston, 1893).
New Jersey. — Dans le sud de cet État, près de Catawba, à South River, à Chestnut Neck, le long des rivières Grcat, Little Egç Harbor, et MuUica, se trouvent des restes d'Indiens dont on ignore la race.
Delaware. — A quelle antiquité faire remonter Vàge de l'homme dont on a reconnu les vestiges à Claymont?
Ohio. — M. Holmes émet des doutes quant à l'origine glaciaire de l'outil découverte Madisonville par le D' Metz dans la terrasse glaciaire de la rivière du petit Miami. Plusieurs savants, entre autres M. G. Frederick Wright, d'Oberlin, ne partagent pas l'opinion de M. Holmes (Voir the Science New- York, 19 mai 1893).
On a beaucoup écrit sur les ouvrages défensifs en terre de TOhio (Geo. S. Squier, Davis, G. Thomas, etc.) sans que, pour tout autant, on soit bien fixé sur leur origine. M. Cyrus Thomas, à la fin de son ouvrage The circular square and octogonal earthworks of Ohio (Washington, 1889), conclut que les fortifications en cercles (d'Observatory et de High Bank), en carrés (de Nuvark, Liberty township et de Baum), en octogones (de Nuvark High Bank), ont pu être construites par les Indiens ; car des peuplades au nord et au suddeTOhio ont édifié des ouvrages similaires ; les Iroquois en érigeaient de polygonaux. Rien, d'après M. Thomas, n'indique l'influence européenne, la situation des ouvrages de Hopeton, par example, au pied d'une falaise, étant contraire aux principes stratégiques. Ils ne seraient pas d'une haute antiquité. Quant aux rapports qui peuvent exister entre les ouvrages de fortification en question et les tertres qu'ils renferment, l'époque de leur fondation n'a pas encore été bien établie. Pour M. Thomas, circonvallalions et tertres auraient le même âge et auraient été construits par la même peuplade. Le fait cité par M. Thomas de Texistencedans les tertres de nombreux objets qui témoigneraient de rapports avec les Européens, pour prouver leur origine relativement moderne, démontrerait l'indécision de l'éminent américaniste à l'égard de Tinfluence européenne aussi bien pour les ouvrages de fortifications que pour les tertres. Toutes ces questions ont donc besoin d'être étudiées à nouveau. Les constructeurs de tertres des États de l'Ohio et du New Jersey étaient-ils des Chercliacs ou des Northman? Etaicnt-ce des populations de même origine que les Nahua du Mexique ? Ont-ils des affinités avec les peuplades Maya-K'kitché qui construisirent les tertres deMixco (Guatemala), de Tenampua (Honduras) et de Ghontales (Nicaragua) ? Toutes ces questions sont encore à résoudre.
Bassins du Krntucky et de Green River. Cavernes. — Une faible partie seulem-înt des cavernes et des bassins a été explorée jusqu'à présent. Une des plus célèbres est la caverne du Mammouth {MammoUi Cave). Une des parties de cette caverne, appelée Chief City, est peu citée ; c'est une immense halle où Ton a trouvé beaucoup de restes d'indiçènes : on en ignore l'origine. En des cavernes voisines de la Mammoth Gave, on a découvert aussi des squelettes d'hommes et quelques débris de leur industrie. Ges considérations prouvent donc qu'il y a encore beaucoup d'explorations à faire dans ces cavernes; les résultats pourraient être d'une grande utilité pour l'histoire de l'homme préhistorique. En effet le n° 47, 22 novembre 1896, du Mouvement Géographique de Bruxelles annonçait qu'on avait découvert, près de la Mamnwih Cave^ une caverne nouvelle, de dimensions considérables, baptisée du nom de « caverne colossale ». Elle renferme un grand nombre de passages, de défilés, de salles, de couloirs, de cheminées, et il faudra beaucoup de temps pour l'explorer à fond. Dans TEdmonson county, il y a (d'après H. G. Hovey, ihe Science^ 7 avril 1893) environ 500 grottes de la Mammoth Gave, qui auraient besoin d'être sérieusement explorées.
Tennessee. — En mai 1896, trois nouvelles cavernes du Tennessee, situées à 2/300 mètres au-dessus du niveau de la mer, ont été explorées scientifiquement par MM. Henry G. Mercer et W. Pepper, du Département d'Archéologie Américaine et Préhistorique de l'Université de Pennsylvannia. Ge sont celles de Big bone cave (comté Van Buren), Zirkel's cave (comté Jefferson), et Lookout cave (comté Hamilton). On y a découvert des traces de la présence de l'homme simultanément avec des os du fossile disparu « megalonyx». Nous attendons les résultats très intéressants pour la paléontologie et l'anthropologie que va publier M. Henry G. Mercer.
Virginia. Cavernes. — La Weyer's cave, située dans le comté d'Augusta, à 17 milles de Staunton est une grotte grandiose. Elle a une longueur de plus de 600 mètres et contient d'innombrables pièces, entre autres le Washington'shall. LaBlovvingcave, qui a environ 30 mètres de diamètre, renferme une source; on ne sait pas si elle communique avec d'autres cavités souterraines, ce qui est fort possible. La Gave of the unknown (comté de Scott), sur le flanc d'une montagne, disposée en chambres assez vastes, n'a été qu'imparfaitement explorée, ainsi que toute la contrée des alentours percée de nombreuses cavernes (the natural tunnel, etc.).
Région saline. — A trois milles de Little Stony Falls, se trouve le lac d'eau douce de Sait Pond, auquel se rattachent une foule de légendes, bonnes à recueillir. Comme pour beaucoup d'autres lacs, ses eaux sont, dit-on, insondables. Les dragages méthodiques produiraient, sans doute, de curieux
résultats, car ce lac est renommé depuis une haute antiquité par son « sait lick » qui attirait toute espèce d'animaux et Tlioinme lui-même. Il y a aussi des « salt-licks » près de Saltville (comté de Tazewell) ainsi qu'au s^rand dépôt salin de la vallée de NorthFork, près de la rivière Holslon. D'après M.Edw. Pollard, on a trouvé en cet endroit une grande quantité de fossiles, qui ont été envoyés à la Smithsonian Institution. De temps immémorial, ces salines furent sans doute le rendez-vous de nombreux animaux que leur instinct y attirait. Le « lick » des animaux devint le « sait spring » des hommes, à peine moins sauvages, qui les suivirent. A quelle époque? Combien de temps avant Tère des Massawomis, à peine connus ? Personne ne saurait le dire. Aussi le comté de Pazewell et ceux qui l'avoisinent donneront-ils lieu à des découvertes fort intéressantes le jour où des explorations historiques et archéologiques seront entreprises en suivant des procédés strictement scientifiques, dans ces grottes, ces lacs, ce sol gardant encore la trace des tribus préhistoriques et précolombiennes qui s'y succédèrent.
Région golfière. Races. — Les Cofachites, dont Rochefort aurait indiqué des vestiges sur le territoire des Etats actuels de Florida, Alabama, Mississipi, ont-ils été les ascendants des fameux Caribes des Antilies, et des Amériques centrale et méridionale? ou bien furent-ils les descendants de ces mêmes Caribes lors de leurs migrations maritimes de retour des côtes de Guyane? Consulter plus loin le chapitre Caribes à l'ISTHME CENTRE AMÉRICAIN et aux ANTILLES.
Florida. Cavernes. — De Rochefort, dans son Histoire morale des AntilleSj parle d'une caverne de toute beauté, située chez les Apalachitcs de Florida, près de Mélilot (province de Bemarin), à Test de la montagne de Olaimi. C'était, d'après lui, un temple des anciens indigènes ; on y voyait une table de pierre soutenue par un pivot. Dans celte caverne et dans celles des environs, les indigènes ensevelissaient leurs morts. Aux alentours, ils plantaient des cèdres et d'autres arbres précieux. Quels étaient ces indigènes et où se trouvaient ces grottes ?
Toponymie. — Le nom de Pensacola, que l'on rencontre en Florida et au Nicaragua (île près de Granada) autorise-l-il l'hypothèse d'une origine commune des peuplades qui habitèrent primitivement ces deux localités si éloignées Tune de l'autre ?
Alabama. Paléo-botanique. — Les impressions de belles feuilles fossiles de dicotylédones et autres trouvées dans des strata tertiaires éocènes à Bells Landing, sur la rivière Alabama, à Greg;çs-Landing, à Barrows-Mill Creek, tributaire de la rivière Conecuh (comté de Covin^^lon) peuvent être d'une grande utilité à la science. Car, d'après M. Daniel \V. Langdon
(Science, 17 février 1893), l'étude de ces empreintes peut servir de clé à la solution critique des problèmes des âges de la région golfière.
Grotte. — Une exploration scientifique est nécessaire de la grandiose caverne, rivale de la Mammoth Cave, située sur le mont Lookout, près du Fort Payne.
'MississiPi. Cliute de Saint Anthony, — Peut-on évaluer à 8.000 ans la durée de période postglaciaire ou récente de cette chute du fleuve Mississipi ?
Quoique explorées maintes fois, notamment en 1832, en 1836, en 1889, au point de vue topographique, astronomique et hydrographique, les sources de la grande artère fluviale des États-Unis sont toujours dans un état presque sauvage, d'un accès difficile, et habitées par des Indiens indépendants. Elles attendent encore des explorateurs sérieux qui étudieront la contrée sous le rapport archéologique et linguistisque.
Quant aux rives du Mississipi, elles sont couvertes de forêts, bordées d'îles couvertes de saules, ainsi que de bancs de sable. Aussi peut-on voyager des journées entières sur ses flots jaunâtres, sans pouvoir constater sur le rivage une trace quelconque du séjour de l'homme. La cause principale qui contribue à rendre déserts et inhabités ces rivages, c'est la grande mobilité du fleuve, charriant une quantité considérable d'alluvions et le peu de sécurité qui en résulte pour les riverains. Ces raisons expliquent l'ignorance scientifique dans laquelle on se trouve relativement aux ruines que, de temps en temps, on aperçoit sur les rives du grand fleuve. Il serait pourtant fort utile d'explorer ces parages avec des dragues, afin d'essayer de déterminer les différentes étapes de la marche des tribus indiennes précolombiennes vers l'embouchure méridionale du Mississipi.
Histoire des découvertes. — A propos du premier voyage de Cavelier de La Salle, ce hardi pionnier de la civilisation française, trop peu connu en France, M. J. Thoulet, analysant l'ouvrage de M.Pierre Margry, intitulé : Cavelier de la Salle et la découverte du Mississipi, diice qui suit {Bulletin de géographie de Paris ^ novembre 1880, page 443) : a ... Malheureusement nous en « sommes réduits à des probabilités et le seul document qui ait pu nous « éclairer, c'est-à-dire la grande carte de la Louisiane, de la collection « d'Anville, et qui doit être une copie d'une carte de M. de la Salle, n'a « pas toute la clarté désirable. Dans cette carte, on voit l'indication d'une « rivière qui, sous le nom d'Ohio-Mosopelea, ou Olighin-Sépou, coule « parallèlement au bord méridional du lac Erié, passe au village indien « de Kantarcntonga, placé presque directement au sud du Niagara, et se « ramifiant ensuite plusieurs fois, à Tune de ses sources dans le lac Tiocro, (( non loin d'Onontagué. Du côté opposé, cette même rivière se jette dans « le fleuve Saint-Louis, lequel se jette à son tour dans le fleuve Mississipi « ou Colbert. En cherchante identifier avec les cartes modernes, on éprouve « de grandes difficultés. »
Louisiane. Races. — Dans le sud de cet Etat, les Indiens Altakapa ont donné leur nom au comté d'Altakapas. Cette tribu avait la réputation d'être cannibale. On ignore d'où elle venait et avec quelles races elle avait des affinités.
Linguistique, — Suivant le comte de Charoncey, la langue des Natchez a disparu sans laisser de traces.
Texas. Débris préhistoriques, — Un ingénieur a découvert à Galveston, en 1892, en forant un puils artésien, à 500 mètres de profondeur, de la glaise gris-vert mélangée de fragments de bois concrètes de chaux et de petites pierres. Quoique l'époque de 200.000 ans attribuée à ce bois par le professeur Singley paraisse exagérée, on peut assigner à cette localité une époque très reculée. Espérons que depuis cette découverte des fouilles auront été faites.
Histoire. — La route suivie par les survivants de Texpédition de Narvaez, en 1527, a été étudiée avec beaucoup de talent par M. Bandelier (2* chap., Contributions io the histonj of the Southwest) ; elle a pourtant été critiquée par le D' J.-G. Shea {Narrative on critical History of America^ vol. II, p. 286).
r — VERSANT PACIFIQUE ET RIVE DROITE DU MISSISSIPI
Montagnes Rocheuses. — On ne sait pas encore si les anciens glaciers qui ont recouvert ces montagnes se soudaient ou non à la grande nappe continentale qui rayonnait de la région située au nord des grands lacs. Deux théories contraires sont en présence. G. Dawson affirme qu'une bande très étendue, dépourvue de glaces, d'une centaine de milles de longueur, a toujours séparé les deux systèmes. Cette hypothèse supposerait l'existence de deux grands centres de dispersion : la mer glaciale orientale vers l'extrémité méridionale de la mer de Hudson, le glacier laurentin et la masse occidentale située dans les Montagnes Rocheuses, vers le 53" de latitude, le glacier des Cordillères. M.Upham soutient au contraire que les deux systèmes étaient confluents.
Paléontologie. — Parmi les mammifères trouvés dans les montagnes Rocheuses et appartenant au début de l'époque tertiaire, il en est un, le phenacod us, animal de la taille du loup, qui attire surtout l'attention. D'après Cope, il offre des caractères essentiellement primitifs, rudimentaires ; on pourrait y voir « l'ancêtre commun des animaux à sabot, des singes et de l'homme » (C. 0. Marsh). Il faudrait élucider cette question. — Que dire aussi de l'anaptomorphus homonculus découvert par Cope dans le Far West? Est-il vraisemblable que ce soit un ancêtre de l'homme?
Sécheresse du Far-Wesl. — La graduelle disparition des herbes à pâturages de l'ouest traitée par M. I. W. Tourney {the Science^ 5 janv. 1894), n'est pas élucidée par Tauteur. Comment expliquer cette disparition?
Races. — Quel est le motif de l'état repoussant et dégradé des Diggers
de la Sierra-Nevada? On ignore s'ils ont toujours été dans cet état, si c'est la famine, les cruautés de leurs ennemis indigènes ou blancs, ou tout autre motif qui les ont réduits à cette misère.
Déformation artificielle du crâne chez les indigènes. — Quoique la pratique de ce genre de déformation ait été répandue chez la plupart des races américaines, elle a cependant laissé des traces plus frappantes chez les races du nord Pacifique, que chez la plupart des autres races du continent américain. Outre les Indiens de British Columbia, de race Noutka, tels que les Tchinouk, Ouakich, Ouallamet, Killemowk, Klackama, Klatsap, Klickatat, Kalaponyah, Snohomich, Niskoually, Kaualitch, Tchémakoum, Spokane, Têtes-Plates, Salich, Tchéhéhi, Makah, Nez-Percés, Ouatlata, qui se livrent à la déformation du crâne, il faut compter aussi les habitants précolombiens du territoire des États actuels de Washington, Oregon, Idaho et Montana. Quoique cette déformation servît à distinguer l'homme libre de l'esclave, l'être beau de celui qui ne l'est pas, la vraie raison de cet usage est encore inconnue. Le docteur Fernand Delisle qui, dans le compte-rendu du Congrès int. des Américanistes de Paris 1890 (p. 307-331), a brillamment traité cette question, a bien observé que la déformation était loin de modifier le volume de l'encéphale. Y a-t-il là un phénomène pathologique ? Jusqu'ici on n'en a pas encore fait la preuve.
Appellation de tribus indiennes. — L'étymologie d'ara-paho, le nom populaire de la tribu dumême nom, est encore incertaine. Dunbar suggère, sans en être bien silr, que ce nom vient du verbe paouni, tirapihu ou tarapihu = il achète ou il fait du commerce. Ce serait par allusion, dit James Mooney(^A^ Ghost Dance Religion, 2*^ part. 14**^ Ann. Rep. of Bur. ofEthnology. Washington 1892/3), à ce que les Arapaho ont été jadis les intermédiaires commerciaux entre les Paouni, les Osages et d'autres du nord, les Kiooua, les Comanches et d'autres du sud-ouest (lettre Grinnell). Il est bon dénoter que les vieux indiens de la frontière prononcent arapihu. Ce n'est pas du reste le nom que leur donnent les Cheyennes, Chochones, Comanches, Apaches, Caddo, Ouichita. Le nom de Maqpiato = soit nuage bleu, soit ciel clair, donné par les Sioux aux Arapaho, n'a pas de raison connue. La désignation de Ahya'to donnée par les Kiooua n'a pas d'étymologie connue. Quant au nom appliqué par les Ojiboua , de Kaninahoic ou Kanina'vich, on n'en connaît pas le sens.
Le présent exemple pourrait s'étendre à nombre d'autres tribus du Far West.
Culture intellectuelle des races. — M. Cyrus Thomas affirme dans Tlie Science du 5 mai 1893 que les types de la côte occidentale de l'Amérique du Nord, pris dans leur ensemble, ont une ressemblance plus marquée avec l'art et les coutumes de ceux que nous pouvons appeler de la région pacifique (spécialement les îles) ^pi'avec ceux de la côte atlantique. Ceci indique
NOTES SUR l'amériga^nisme 27
du moins une culture dont l'influence s'est fait sentir sur les habitants de la côte Pacifique et qui n'a pas été ressentie sur la côte Atlantique. Un examen plus approfondi de la question élucidera, il faut l'espérer, ces points peu nets encore.
Oregon. Crater lake. — On ignore si la formation de ce cratère est due au même phénomène que celui des îles Sandwich ou à une explosion {Science^ 1886, vol. VII, p. 179).
Pétroglyphes. — On a besoin d'étudier ceux figurant sur les roches situées près des Dalles de Columbia river.
Sculptures. — Près de la rivière John Day, M. James Ferry a découvert, en 1891, des têtes sculptées de singes anthropoïdes. On en a déduit que FOrégon était autrefois peuplé d'hommes venus de pays chauds habités par des singes et qu'ils avaient gardé de ces quadrumanes une tradition assez vivace pour pouvoir les représenter sous leurs traits caractéristiques. Il serait utile de chercher s'il n'existe pas d'autres documents autorisant la confirmation de cette hypothèse.
Idaho. — Il faudrait tâcher de déchiffrer les pétroglyphes décrits par John B. Leiberg {the Science, 22 sept. 1893) du lac Pend d'Oreilles vers le nord Idaho. Il y aurait intérêt à explorer les forêts inaccessibles qui environnent ce lac.
M. Frederick Wright [Man and glacial period, New^-York, 1892) regarde comme remontant aux temps géologiques la petite statuette d'argile de Nampa trouvée sous des coulées de lave à plus de 100 mètres de profondeur. A-t-on trouvé d'autres objets de même matière permettant de confirmer cette hypothèse ?
Nevada. Le rôle du vent comme facteur géologique. — Le géologue Russell signale les effets enveloppants de cet élément à quelques milles au nord du lac Winnemuca, à l'ouest de cet État. En un endroit il cite une ceinture de collines de sable d'environ 23 mètres de hauteur, 65 kilomètres de longueur et 13 kilomètres de largeur; plus loin, à Textrémité orientale du lac Alkali, se trouve une autre rangée de dunes d'au moins 30 kilomètres de longueur sur 90 mètres de hauteur. Ces dunes peuvent avoir enseveli des habitations anciennes et avoir été plus tard recouvertes de végétations. Aussi certaines surprises sont-elles réservées sans doute aux archéologues qui seraient tentés de fouiller ces dunes.
Traces de pieds, — Dans la cour de la prison de Carson city on a trouvé en 1882 des traces de pied marquées dans de la craie pétrifiée ainsi que des empreintes d'énormes quadrupèdes et oiseaux antédiluviens. Cette prison de
ii8 NOTES SUR l'américanisme
Carson est située au sommet d'une colline qui paraît, d'après Kjng, avoir été le bord et la limite d'un grand lac disparu. Quant à ces empreintes, dont le professeur H. W. Harkness a présenté des estampes en séance du 10 août 1882 de l'Academy of Sciences de San Francisco, il prétend qu'elles appartiennent à l'homme quaternaire.
Le D' Lecomte attribue ces empreintes non à un homme, mais à une espèce d'animal édenté, mais lequel?
Pélroglyphes. — Il y aurait intérêt à étudier ceux des roches de la Sierra Nevada, près Summit, de Soda Springs, à 14 milles au sud de Donner Lake et à 2000 mètres de hauteur, — ceux à droite et à gauche des sources de la North Fork de TAmerican river, — ceux des roches flanquant le Walker river, du bloc de basalte de Revielle. Ces derniers pétroglyphes sont attribués par Gilbert aux Chinouma ou Moskis.
Ut AH. Grand Lac Sale. — Le niveau de ses eaux a changé à plusieurs reprises, par suite d'une sorte de marée inégale et irrégulière. On ignore la cause du flux et du reflux de cette mer intérieure dont le lit était autrefois plus étendu. Il serait intéressant d*étudier également l'influence que cette transformation topographique a pu exercer sur le climat de cette région et sur l'ethnographie des races préhistoriques qui l'ont peuplée*
Quant à l'ancien lac de Bonneville, dont les restes sont confondus dans le grand Lac Salé, M. Gilbert {American journal of science^ 1886, XXXI, p. 284) étudie les trois hypothèses de la dessiccation de ce lac, sans pouvoir les résoudre; Ses rives auraient-elles été formées il y a 10.000 ans,comme le voudrait M. Emerson (the Cause of the glacial Pernod. American Geologistj 1890)? Cette opinion est contestable.
Colorado. — Près de Manitou se trouvent les fameuses grandes cavernes, du même nom et la Grotte des Vents qu'il faudrait fouiller systématiquement.
Lors du voyage de l'éminent franco-canadien H. Beaugrand, les gorges du Colorado étaient à peine connues, malgré quelques rapides explorations antérieures. On a bien étudié de nombreux pics qui bordent ce fleuve ; mais, malgré tout, il y avait encore, il n'y a pas longtemps, 72 sommets mesurant de 4500 à 4800 mètres de hauteur, sans nom et non encore explorés.
Le Kanab Wash, affluent du Colorado, descend de grottes au porche majestueux s'ouvrant au-dessous du plateau de l'Utah. Ces grottes sont peu connues.
Au commencement de l'année 1892, un nouveau lac s'est formé dans le désert du rio Colorado au nord-nord-ouest de l'endroit où ce fleuve se jette dans le golfe de Califomia. Les Indiens prétendent que ce lac existait au
commencement du siècle, que, depuis de longues années, il était desséché et que le cours du Colorado change tous les 50 ans (Meyners d'Eslrey). Il serait curieux d'explorer ces parages pour y retrouver des traces d'habitations dont l'emplacement aurait suivi les variations du cours du fleuve.
Vers les montagnes de San Footh, près de Boise, se trouve un district minier encore inconnu. Près de Denver, il y avait, en 1890, des refuges assurés pour le gibier dans les solitudes inaccessibles et inexplorées des montagnes de Saguache et de La Garita, dans les Rocheuses. L'exploration de ces montagnes permettrait de faire, sans doute, des découvertes intéressantes.
Kansas. Cumanches ou Comanches. — Le nom populaire de cette tribu est d'étymologie hispano-américaine, inconnue. Quand, en 1719, on les trouva répandus depuis le territoire actuel du Western Kansas jusqu'au Bolson de Mapimi (Mexique), d'où venaient-ils?
Arkansas. Ruines. — En avril 1892, des ouvriers travaillant au canal de Santa Cruz mirent à jour, à Phonix, et à une profondeur de 7 mètres, des ruines d'édifices à trois étages, d'une longueur de 100 mètres sur 60 de largeur. Ces édifices sont en bon état, sauf les toitures qui se sont effondrées sous le poids du sable. On a trouvé en outre 18 cadavres momifiés. Il est à espérer que l'on aura opéré des fouilles scientifiques de ces ruines et qu'elles permettront de s'assurer de l'authenticité de la légende suivante : on serait en présence d'une antique cité des Nahua ensevelie depuis plusieurs siècles, à la suite d'une tempête de sable.
California. Ours des cavernes. — Les restes du mammifère Carnivore le plus puissant que l'on ait trouvé jusqu'à ce jour en Amérique, dans une caverne du comté de Shasta (arctotherium simum) pourraient-ils donner un indice de la période de la caverne dans laquelle ils ont été trouvés et des objets de fabrication humaine qui les accompagnaient?
Dans le comté de Stanislas on a trouvé en avril 1882 des empreintes de pieds mesurant 19 pouces de long. On les attribue à un animal qui aurait environ 7 mètres de hauteur. Mais quel serait cet animal ?
Crâne de Calaveras. — M. Frederick Wright (Man and the glacial period, New York, 1892) a-tril raison de le considérer comme parfaitement authentique?
Indiens Ichouma. — Cette tribu éteinte qu'on dit avoir habité l'île de San Miguel, d'où venait-elle?
Linguistique. — La langue des Indiens Mutsun a une certaine analogie avec celle des Seris, habitants primitifs de la Sonora (Mexique) (A. L.
Pinart, Bulletin de la Société de Géographie de PariSy septembre 1889, page 201). Cette question mériterait d'être étudiée à fond.
Grottes. Pélroglyphes. — M. David P. Barrows, dans the Science^ i août 1893, parle, sans en intei^préter le sens ni l'origine, des pétroglyphes de la Perris Valley, Southern California. Dans la Radec Creek, à 30 milles à l'est de Temecula, se trouve une caverne couverte de dessins similaires à ceux de Perris. A un quart de mille de cet endroit, on peut voir les ruines d'un village abandonné qui s'appellerait Sequala. Elles sont visitées par les Indiens Cahvilla. Que conclure de la coïncidence existant entre les peintures sur roches de Perris et les dessins des vêlements de danse des vieux Indiens Cahvilla, dont l'habitat actuel est à San Jacinto, à 20 milles de Radec Creek ?
Non loin de San Bernardino, dans les montagnes de cette région sauvage et déserte, on a découvert, à la fin de Tannée 1891, un grand nombre de grottes spacieuses et profondes dontTentrée était garnie de ruches d'abeilles ; mais le fond n'en a pas été exploré et mériterait de l'être.
Dans la Black lake Valley, près du village de Benton (comté de Mono), à 4 milles au sud de l'étang, se dressent quelques monticules de basalte, à la base desquels gisent de gros blocs de ce même produit, amoncelés sans ordre. Sur le» parties plates du rocher sont gravés des signes hiéroglyphiques parmi lesquels Oscar Loew constate la présence de symboles caractéristiques chinois ; cette découverte lui suggère toute une théorie sur les relations linguistiques et autres que la Chine a pu entretenir avec l'Amérique (Voir Mitteilungen Gotha, 1876, volume XXII, n« II, page 138). Cette théorie est sujette à caution. C'est un beau thème de discussion pour les sinologues.
Arizona. Races, — « Les Arizoniens précolombiens et les anciens Zuûis « présentent plus d'homogénéité dans leurs caractères physiques que les Zu- « nis actuels. A quelles causes attribuer ce fait? Je ne puis faire qu'une sug- « gestion. Le type zufii a-t-il changé durant les trois derniers siècles, par « évolution naturelle, ou bien a-t-il été altéré par des éléments étrangers ? « Peut-être aussi que si mes examens portaient sur un plus grand nombre « de Zuûis vivants je trouverais une plus grande similitude avec les anciens <( Arizoniens. Une plus complète solution de la question relative à l'affinité so- « matologique des anciens Arizoniens et des Zunis actuels doit être réservée « aux recherches de l'avenir ». (Somalological observations on Indians of the Southwest by D' Herman F. G. ten Kate, Boston, 1892).
Les Zuûi désignent sous le nom de Zippiakne quelque tribu vivant jadis au sud-ouest de leur localité. M. Bandelier avoue qu'il ne peut dire ce qu'est devenue cette tribu.
Une note retrouvée dans les papiers du regretté savant français de Quatre-
fages par le D' E.-T. Hamy , Téminent successeur du premier, et intitulée « QueS' iionnaire relatif aux résultais du croisement des blancs et des peaux rouges dans le sudrouest des Étals-Unis » se trouve dans le n° 8 de 1898 du Journal de la Société des Américanistes de Paris. Les adeptes studieux de Taméricanisme devraient étudier ce questionnaire remarquable et tâcher d'y répondre.
Falaisiers ou cliffdwellers. — L'explorateur norvégien Cari Lumholtz a trouvé, dès 1891, dans la Sierra Madré, près des sources du rio de Piedras Verdes, une série de grottes contenant des ruines de véritables petits villages. L'entrée de ces grottes a dû être fermée autrefois par d'immenses, murailles dont il existe encore des vestiges. On distingue encore très nettement les différents étages dont se composaient ces singulières habitations. Autour de ces grottes, se trouvent des espèces de cimetières dans lesquels M. Lumholtz a trouvé des cadavres parfaitement conservés dans le salpêtre. Ces découvertes n'ont pas élucidé la question de l'origine, de l'histoire et de l'époque de la disparition des falaisiers. Les ruines gigantesques qu'ils ont laissées supposent une population d'au moins 100.000 individus.
Quelles affinités peut-on établir entre ces falaisiers et ceux des provinces septentrionales du Mexique, des Indiens Tunebos deColombia (à l'est delà sierra de Cocui) et enfin ceux de la province du Cuzco (Pérou) ? Les Navajos actuels sont-ils descendants des falaisiers ?
Histoire. — Les ruines de Casa-Grande^ qui se trouvent à 12 milles au sud ouest de Florence et à 3 milles du rio Gila, ont été assimilées par quelques auteurs à celles de Cibola. Mais d'autres, tels que M. A. F. Bandelier. disent : « Si oui ou non les « sept villes » dont Nuûo de Guzman entendit parler à Mexico environ en l'an 1529 (Gastaneda, Relation du voyage de Cibola, p. 1, chap. i) étaient celles maintenant connues sous le nom des sept villages de Cibola ou Zuûi, jusqu'à présent il a été impossible de le déterminer. » (An outline of the documentary history of the Zuni tribe.)
Faudrait-il y voir les sept cavernes de Chicomoztoc? Ce qu'il y a de certain, c'est que, dès la première découverte, en 1S38, par Cabeza de Vaca de « Casa Grande », il n'en restait qu'une vague légende parmi les indigènes qui l'occupaient. Leurs ancêtres n'avaient pas du reste été les premiers habitants de cette localité. Cette ville, qui aurait renfermé 100.000 habitants, aurait été détruite par le feu. Cette tradition est peu précise et il serait à souhaiter qu'on pût un jour, en continuant les fouilles déjà commencées, obtenir, au moyen des vestiges de nature anthropologique et ethnographique, quelques renseignements sur les habitants de Casa-Grande. Seraient-ce les ancêtres des Indiens Zuni habitant actuellement la contrée? C'est ce qu'il faudrait prouver (Voir au New-Mexico (Gran Ouivira) et au MEXIQUE à l'Etat de Zacatecas l'article sur la grotte de la Quemada).
Elles sont fort intéressantes les discussions sur Thistoire de Tusayan ou
3â- NOTES SUR L AMERICANISNE
Moki, ainsi (jiie des Sept cavernes et des Sept villes de M. A. F. Bandelier (p. 9, Conlributions). On peut en dire autant de Touvraçe de M. Cosmos Mindeleff intitulé « The repair ofCasa Grande- Ariwna (XV*** Ann. Rep. Bur. of Ethnoloy:y, 1893/ 4). Espérons que les étudiants nouveaux de l'Américanisme y trouveront des données pour élucider cette question fort vague encore.
Religion. — IIuehue-Tlapallam, le groupe des populations nahua, est représenté dans les traditions comme issu de la <( Blanche Colombe nébuleuse ». Cette personnification des contrées du nord, comme le dit le D'E. T. Hamy {Revue de Géorirapliiey Paris, p. 1886) se retrouverait-elle avec sa tradition dans le haut Arizona ?
M. J.WalterFewkes, dans son remarquable ouvrage << Tusayan Katcinas » (XV« Ann. Rep. Bur. of Ethnology, 1893 4) sur les cérémonies religieuses des Indiens tusayan, hopioumoki, représenleà lapl. CIVun bouclier soyaluna, dont le symbole lui est totalement inconnu.
A propos de la danse religieuse du serpent à Walpi, le capitaine John G. Bourke {llie Amer. Aniliropol. avril 1893) signale trois points non encore élucidés :
1® on ignore si les Moki attachent une signification au circuit cérémonial à droite ou à gauche de la roche sacrée;
2** sait- on si les tribus indigènes de la côte atlantique de l'Amérique du nord se servent du sucre d*érable dan^ leurs cérémonies religieuses, comme les Moki du miel dans les leurs ?
3° on ne sait la signification à attribuer au cadeau d'une racine de cotonnier ayant poussé dans le grand canon des rives du Colorado que font aux Moki lesKo-ho-ni-no ou Havasupai, lors des cérémonies de la danse duserpent.
Quoique beaucoup de personnes aient assisté à la danse du serpent à Miconinovi (Tusayan), décrite en premier par M. Cosmos MindeleS {Sciencey vol. Il, 4 juin 1886), cependant cette cérémonie reste encore une des plus obscures parmi ces représentations religieuses. C'est du moins ce qu'affirme M. Jesse Walter Fewkes dans ses « Tusayan Snake Cérémonies » (16'*' Ann. Rep. Bur. of Amer. Ethnbl. 1894, 3, Washington, 1897).
Linguistique, — M. J. W. Povvell, dans ses « Indian linguistic families of America Nortli of Mexico » (7^'' Annuàl Report Bureau of Etlinologyy 188S-1886, Washington, 1891), dit, à la page 140, que, malgré le grand nombre d'études linguistiques entreprises jusqu'à présent et le soin apporté à ces études, il reste encore bien des cas douteux à résoudre.
Un exemple : Buschmann a confondu en une seule les familles shoshonéenneetnahuatlane. Les langues shoshonéennes sont celles que l'auteur connaît le mieux; il peut assez bien les parler. LV*vidence de parenté indiquée par Buschmann et d'autres avec lui lui paraît douteuse. Une partie est un jargon emprunté à différentes langues, une autre partie provient de ressem-
blances accidentelles; d'autres faits semblent autoriser la conclusion qu'elles devraient être considérées comme une seule branche. L'auteur préfère, en l'état actuel de la science, ne pas se prononcer. Il incline à croire que les peuples qui parlent ces langues ont emprunté à d'autres tribus une partie de leurs vocabulaires.
D'après les uns, les Indiens Ho-pi ou Yo-pi ont des affinités linguistiques avec les Chochones ; d'après d'autres, ces affinités sont encore à trouver (p. II, Catalogo de lu Exposicion Hemenway, Madrid, 1892). Le savant Salvadorien professeur Santiago I. Barberena trouve au contraire que les Yopi ont une affinité linguistique avec les K'kitché du Guatemala (Diario de El Salvador, San Salvador, 4 fév. 93). Il se base sur les noms de deux divinités Yo-pi, Talawigpikikatcina ou dieu éclairé, et Salicomana ou vierge ou maïs, dont il explique l'étymologie par le k'kitché. Il y aurait lieu de confirmer cette prétendue affinité par des études plus étendues.
Circulaires ou écritures figuratives. — Le nègre Estévan, pour annoncer son arrivée au chef des Indiens de Cibola, dit le Frère Marcos de Nizza, lui avait envoyé une gourde à laquelle était attachée une corde ou un chapelet de grelots, ainsi que deux plumes, dont l'une blanche et l'autre rouge. Que signifient ces signes? Sur quels principes se basait cette écriture?
Dans le manuscrit de 1681 des hiterrogatorios y declaraciones lieohas de orden de Don Antonio de Slermin (cité par M. A. F. Bandelier, p. 106, Doc, Hist. of the Zuni tribe, Boston, 1892), il est fait mention d'une conjuration des Pueblos et des Apaches en 1650. Du village de Taos jusqu'à la province de Moqui, on fit circuler deux peaux de chamois recouvertes de signes peints indiquant un appel aux armes contre les blancs. Il serait utile de savoir la signification des signes en question.
Pélroglyphes. — Les « painted rocks d'Oatmans flat » décrits par A. L. Pinart, ont, d'après ce voyageur, des affinités avec les inscriptions hiéroglyphiques vues par lui en Sonora (Mexique) près de Caborca, au pueblo de Kaux-ka. C'est une question à revoir.
Les nombreuses inscriptions découvertes de 1873 à 1879, dans l'Arizona, par le même savant, n'ont pas encore été déchiffrées. Est-il possible d'identifier quelques-uns des caractères d'inscriptions découvertes dans ces régions avec des caractères de la vieille langue chinoise, comme le disent quelques sinologues?
On ne sait pas plus qui a tracé les pictographes du rio Zuni,àFishsprings, près de Zufii, et ceux d'Oakley springs (dans l'est de TElat).
Archéologie, — On n'a jamais su l'exacte antiquité ni le nom des constructeurs des monuments dont on voit les ruines à Si-Ka-Ki près du canon de Keam. On n'en a jamais fait d'exploration systématique et scientifique (p. 10 CataL Exp. Hemenway^ Madrid, 1892).
On peut en dire autant des cités précolombiennes en mines, du sud-ouest de r Arizona, dont M. ^Cosmos MindelefF a fait la description dans ses Àborigifial remains in Verde Valley. Arizona (13'*' Rep. B. of. Elhnol.).
A propos des « Cliff ruins » du Canyon de Chelly — dont la région est habitée par des Navajos et dont le nom indigène prononcé tchey-i vient du Navajo tsé-yi, M. Mindeleff (page 94, 46 k. An. Rep. Bur. of Amer. Ethn. 1894/5), parle de la nécessité de faire des excavations dans les vieux villages situés en des lieux ouverts. Ces fouilles donneraient des résultats de grande valeur. Les traditions relatives aux premiers habitants de ces régions remplies de ruines d'habitations et de sépultures, d'accès inaccessible, sont vagues. Ces ruines de Chelly sont-elles d'origine HopiouMoki? L'habitation dans les falaises est-elle une phase de l'architecture pueblo?
Le vase céramique polychrome (p;48, Cal. Exp. Hemenwaij), très apprécié par les Hopi pour sa grande antiquité (?), porte des symboles dont les Indiens actuels ne comprennent pas la signification.
M. O. T. Mason cite, dans son Primitive iravel and transportation (Washington, 1896), un vase en terre cuite desZuniàbase concave, très rare dans les anciennes collections américaines (pi. 4); il ignore si cette forme curieuse est préhistorique ou postcolombienne.
Chaussures. — Dans le même ouvrage (pl.V, fig. 1 et 3) sont représentées des sandales en fibre deyuca attribuées aux falaisiers et d'autres venant des Aînos du Japon. Je leur trouve une similitude très grande. Que peutron en conclure?
Boumerang des Zuhi. — Cet instrument de chasse des Zuni offre de grandes similitudes avec celui encore en usage chez les habitants indigènes du centre de l'Australie. Il serait nécessaire, pourperraettre de faire de l'usage de cette arme une déduction sérieuse pour les affinités ethnographiques des deux races, de l'étudier dans les deux parties du monde en question. Pour ce qui est de l'Amérique, consulter : Alvar Nouez Cabexa de Vaca (p. 223, vol. 7, trad. Ternaux-Compans); — Clavigero (Historia de la Baja California^ Mexico, 1852) ; — chirurgien Corbusier, pour les Apaches Yumas (American Antiquariaîi nov. 1886); — John G. Bourke (Sacred Ihmts oflhe American IndianSy p. 361, compte. rendu Cong. Jnt. Am. Paris, 1890). Pour l'Australie, M. John Fraser, de Maitland, est au courant de cette question.
Autre bâton de jet. — 0. T. Mason, en comparant l'atlatl mexicain du lac Patzcuaro etlea throwing stick » des falaisiers du Colorado, en déduit (Sd^m:^, IS sept. 1893) que les tribus qui habitaient les deux régions en question avaient entre elles des affinités ethnographiques. Ceci est encore à démontrer d'une façon plus approfondie.
New Mexico. — Où placer les ruines de l'ancienne ville mythique de Gran Quivira? Dans la Sierra de Sandia, peut-être?
NOTES SUR L^ÂM^RIGANISME 3S
On ne peut encore localiser les Sept Cavernes lé^g^endaires de Chicomoztoc, berceau des Aztèques. Clavigero les place à environ 20 milles au sud de Zacatecas, sur les bords d'une rivière (voir au MEXIQUE et à VÊlçat d^Ari' zona à Casa grande). Mais Duran,Acosta et d'autres chroniqueurs l'identifient avec Aztlan. Sur la carte de Gemelli, Oztollan ou a lieu de grottes » peut-être assimilé à Chicomoztoc. L'historien H. H. Bancroft (Native races of tlie Pacific States) avoue l'impossibilité actuelle de déterminer la position exacte de cette région. MM. F. H. Cushing et ten Kate, de la Hemenway Southwestern Expédition, ont dû, cependant, ces dernières années, se rapprocher vraisemblablement du lieu en question.
Origine des Moha\)es ou Mojaves de la frontière. — D'après le capitaine John G. Bourke(the Amer /Anihropol. avril 1895) les Mohaves, selon leur légende, tirent leur origine deCottqnwoodisland, du rio Colorado, à quelque distance en amont du fort Mojave, près de la forêt du rio Virgen. Le cher qui les conduisit à l'embouchure du Colorado et au déjà s'appelait Ku-kumat. Que conclure de cette origine et de cette affinité avec le héros mythique Gucumatz des Maya K'kitché?
Mojaves. Hiéroglyphes, — Récemment encore, les Mojaves recouvraient les rochers de leurs régions d'inscriptions hiéroglyphiques. A. L. Pinart croit pouvoir affirmer que les Indiens acluels connaissent parfaitement la signification de ces caractères, qu'ils emploient encore, maisdontils prennent le plus grand soin à cacher la signification aux blancs. Il est à désirer que des savants sagaces et habiles arrivent à obtenir cette traduction : elle serait peut-être fort utile pour interpréter des inscriptions semblables que Ton rencontre dans des régions plus septentrionales des États-Unis. Toujours d'après A. L. Pinart, les Comanches du Texas emploient des inscriptions hiéroglyphiques en rouge, bleu, blanc et jaune ; ces inscriptions ont des affinités avec celles qui ont été trouvées par l'explorateur français à la roche du caôon de Jiosauri, près de Chinapa (Sonora, Mexique).
Tarahumara. — Les Indiens Tarahumara des districts méridionaux des États-Unis, près de la frontière commune des États Mexicains de Chihuahua, Sonora et Sinaloa (consulter à ce sujet Quelques observations sur la distribution géographique des OpataSy des Tarahumars et des Pimas, etc., parle D' E. T. Hamy (Bull, de la Société d'Anthropologie, Paris, 1-15 novembre 1883), se tiennent strictement à l'écart des Mexicains, et quand on pénètre par force dans leurs villages, ils refusent de répondre aux questions de l'étranger. II serait pourtant nécessaire d'obtenir de ces Indiens, par la persuasion, ce que l'on ne peut obtenir par la violence.
Mescal des Kiowas. — Le produit dont il s'agit, provenant de la macération de cinq à six sortes de cactus, en latin anhabonium Lewinii, ne doit pas être confondu avec le breuvage enivrant du même nom. On le trouve
surtout au Texas et dans la vallée du rio Grande, berceau des Indiens Kiowas*. Celte substance, mâchée et avalée lentement, le soir, dans une cérémonie mystique, religieuse, autour d'un feu, n'affecterait, selon MM. James Mooney, D"^ Prentiss, Morgan, Weir Mitchell et Havelock Ellis, que les sens les plus intellectuels, sans ploni^er dans la torpeur et Toubli. Cette pratique, qui ne cause aucun effet pernicieux, procure à ceux qui y ont recours des visions agréables d'objets brillants, aux couleurs vives et éclatantes. Consulter à ce sujet un article de la « Contemporary Review, London, janvier 1898, de M. Havelock Ellis. 11 serait bon de rechercher l'origine et l'objet de cette coutume.