INTRODUCTION. XVII
ceux qui, moins capables, peuvent impunément perdre temps et argent.
Si maintenant on se demande quel est le but de renseignement secondaire, et, par conséquent, quelles sont les matières qu'il doit comprendre, quelle en est la clientèle naturelle, Tembarras commence. Tout à rheure, tout était clair, net, presque indiscutable. A présent, tout est sujet à controverse, imprécis et obscur.
La clientèle? Y vient qui veut, ou qui peut. Tel s'en passe, à qui Ton aurait pu croire cette initiation indispensable. De grands savants, des écrivains de génie ou de talent — pour ne parler que d'écrivains et de savants — ont à peine connu le collège, ou même n'y ont jamais mis les pieds. Faut-il pousser les jeunes gens vers les études secondaires? Faut-il, au contraire, les en détourner, pour les jeter plus tôt dans la vie active ? L'une et l'autre opinion à ses partisans également convaincus, également sincères. Quelques amis de la démocratie soutiennent qu'il y a intérêt à donner, au plus grand nombre possible, ce qu'on appelait, il y a vingt ou trente ans, l'instruction intégrale. D'autres font remarquer qu'il importe à la culture de l'énergie, de ne pas confiner nos enfants dans les classes, presque jusqu'à l'âge d'homme. Il n'est pas commode de prendre parti entre ces thèses, qui se recommandent toutes deux de considérations très plausibles.
Les matières? Sous l'ancien régime, c'était très