INTRODUCTION. XIX
secondaire *. Cette définition continue à me paraître exacte, et je crois que, si Ton veut bien y refléchir, on en comprendra la portée. Mais je ne me dissimule pas qu'elle ne ralliera jamais tous les suffrages. Elle sera combattue , notamment , par les pédagogues qui afTectent de confondre les idées générales avec les mots vagues et vides, et qui combattent, sous le nom de dilettantisme, l'initiation, pourtant si nécessaire, à la marche de la civilisation, à ses lois, à Tacquis non seulement matériel, mais moral de Tesprit humain.
Allons plus avant. S'il est si malaisé de s'entendre, lorsqu'il s'agit d'enseignement secondaire, c'est que cet enseignement doit répondre moins aux besoins pratiques d'une société, qu'à ses idées, à ses convictions, à ses croyances même. Il est fait pour former, en dehors de toute vue professionnelle (cette considération n'intervient que tard, vers la fin des années de collège, et dans la partie des études qui peut, à peu près indifféremment, se placer au lycée, comme chez nous, ou à l'Université, comme en Allemagne et aux États-Unis) le type de l'homme éclairé, d'esprit ouvert, de sentiment libéral et généreux, de l'homme apte à remplir toutes les tâches de la vie, précisément parce qu'il aura eu, dans sa jeunesse, par un commerce assidu ^vec les plus belles œuvres des poètes, des historiens, des moralistes, des penseurs, la rêvélation de son humanité. Pour concevoir une idée