XX INTRODUCTION
nette de renseignement secondaire, il faut savoir d'abord quelle sorte d'hommes on veut former. Pour orienter l'enseignement secondaire, il faut s'être fait une « doctrine de la vie ». En avons-nous une, qui soit, à présent, communément reçue?
Pourquoi n'a-t-on pas réussi à créer l'enseignement classique français? Pourquoi nous a-t-on donné, sous le nom d'enseignement moderne, quelque chose d'hybride et de mal venu — dont je ne voudrais pourtant pas dit*e trop de mal, dans la crainte de me rencontrer avec des critiques qui se placent à un point de vue tout différent du mien, et qui combattent, dans l'enseignement moderne, les idées modernes, leâ idées auxquelles je suis attaché de toute mon âme? Est-ce, simplement, parce que la claire vue de ce qu'il y avait à faire, ou la décision, ou l'esprit de suite ont manqué à nos pédagogues? C'est, en partie, pour ces raisons. Mais les causes apparentes sont peut-être autant d'effets? Peut-être y aurait-il eu suite dans les vues, et décision, et lumière, si un plus grand nombre d'entre nous avaient cru « fortement, dans leur cœur » , comme dit Emerson, que la vérité morale, la vérité totale est fixée, et qu'il ne reste plus qu'à la traduire en un système d'enseignement approprié, comme l'ont fait toutes les sociétés avant te nôtre. Au-dessus, fort au-dessus du conflit pédagogique, sur le point de savoir si les langues et les littératures modernes se prêtent aussi bien que les langues et les littératures anciennes à la formation de Tintelligence ; si les