‹ Notes sur l'enseignement secondaireChapitre 16 sur 63 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

sciences doivent remporter sur les lettres, dans Téducation, ou les lettres sur les sciences; si le côté esthétique doit prédominer, ou le côté utilitaire ; plane un conflit d'un autre ordre, le conflit des doctrines et des croyances. La crise de renseignement secondaire, la crise universitaire, est solidaire de la crise générale des consciences. Elle ne se produit pas seulement chez nous, mais, comme Ta très bien montré M. Ch.-V. Langlois, dans l'Europe presque entière.

Faut-il continuer à regarder en arrière? Faut-il chercher des directions de vie, là où on les a cherchées jusqu'ici, dans l'influence chrétienne, pour qui le classicisme édulcoré des Jésuites, et celui de l'Université de France, leur héritière, n'est, à bien des égards, qu'un instrument de règne? Ou faut-il regarder en avant? Faut-il demander des directions de vie à la civilisation, à la raison? Faut-il, sans rompre avec un passé, qui est pétri des meilleures et des plus nobles émotions de l'âme humaine, et qui, à ce titre, mérite d'être respecté, conservé comme une relique sainte, croire surtout à l'avenir, presser les paroles les plus neuves des maîtres les plus récents, comme on pressait naguère les paroles lointaines des anciens, pour en exprimer le suc et la sève nourricière? Faut-il partir des faits scientifiquement établis, et tirer de là, par voie de conséquence, notre idée du monde, de la vie, et de l'homme, comme autrefois on tirait cette triple idée du dogme? Faut-il donner pour but à l'édu-

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