XXVIII INTRODUCTION
tenait aux lettres, de façon presque nécessaire. La poésie, réloquence, l'histoire sont aisément intelligibles, en leur fonds, en leur substance même, aux plus jeunes gens. Ils en atteignent la moelle. Et ils s'en nourrissent, et ils profitent, à cette nourriture. De la science, au contraire, ils ne saisissent guère, à travers les exercices du collège, que Técorce. Même ainsi limitée, l'éducation de l'esprit par les sciences est indispensable. Mais elle a sa place marquée au moment où l'esprit s'est déjà débrouillé, à l'aide des lettres. Les sciences apportent alors l'initiation à la méthode, l'habitude du raisonnement rigoureux. L'éducation scientifique est une éducation nécessaire, mais elle doit venir après l'éducation littéraire, et s'y subordonner.
Aujourd'hui, la question ne se pose plus dans les mêmes termes *. On demande que l'enseignement secondaire, ou, tout au moins, une branche de cet enseignement, ait un caractère surtout scientifique, parce que les connaissances de cet ordre sont indispensables à la plupart des formes d'activité qui sollicitent la jeunesse. Ce n'esf pas, dit-on, dans les carrières libérales qu'il est souhaitable de voir s'engager le plus grand nombre de nos collégiens. Si quelques-uns d'entre eux songent à devenir magistrats ou professeurs, la destination naturelle des autres, c'est le commerce, l'industrie, la colonisation.
1. Cf. notamment, la déposition de M. Berthelot. Enquête^ t. I, p. 15 et suiv.